Roi Lion Multivers. Univers A-2026 : La destinée parralèle de Scar.

Chapitre 5 : Arc 1 : L'enfance. Chapitre 5 : La Pluie Glacée

10727 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 26/05/2026 00:02

Le lendemain matin, Ahadi rentra dans la Caverne, voulant parler à Taka. Il croisa ce dernier, courant à tout allure, poursuivit par son frère qui s’écria :

— J’vais te tuer !

Ahadi attrapa Mufasa d’une patte lorsqu’il passa à coté de lui, mettant fin à la course poursuite.

— Comment ça tu veux tuer ton frère ? répliqua-t-il d’un ton sévère.

— Mais… Il m’a encore fait tomber du rocher où on dort… ! protesta le lionceau.

— Et alors ? Tu vas quand même pas le tuer juste parce qu’il t’a fait tomber d’un rocher…

— Mais non c’est une façon de parler…

— Et bien j’aime pas cette façon de parler, tonna Ahadi qui ajouta : Va attendre en bas du Rocher, je dois parler à ton frère.

— Mais pourquoi ? s’inquiéta Taka qui s’approcha. J’ai rien fait…

— J’ai pas dit que t’avais fait une bêtise, dit Ahadi avant de se tourner vers Mufasa : Allé file…

Mufasa quitta la Caverne et descendit le Rocher, laissant Taka seul face à son père.

— T’exagère quand même tu pourrais le réveiller autrement…

— Mais si je fais pas ça il met des heures à se réveiller…, se plaignit Taka.

Ahadi soupira puis reprit :

— Au sujet de ta peur de l’eau…

Le regard de Taka s’écarquilla.

— Je n’veux pas en parler, dit-il aussitôt en se retournant, honteux.

— Non on en parle, fit Ahadi qui lui barra le passage.

Taka, par instinct, recula, plaquant ses oreilles. Son père s’allongea face à lui pour être à sa hauteur.

— Ecoute Taka, tu n’as pas à avoir honte d’avoir peur. Tout le monde ressent la peur et beaucoup développent des phobies… La peur est un mécanisme de défense. C’est ce qui te protège. C’est ce qui nous aide à accumuler l’énergie nécessaire pour faire face à un danger. Et chacun gère sa peur à sa manière. Toi aussi tu trouveras comment gérer ta peur de l’eau. Et tu en feras peut-être une force aussi. D’accord mon fils ?

— D’accord Papa…

Ahadi voulus frotter sa tête contre la sienne. Taka le laissa faire quelques secondes avant de détourner la tête. Comme toujours, son père n’insiste pas. Il se releva, puis ayant envie de l’embêter, il lui ébouriffa le peu de crinière qu’il avait sur la tête.

— Papa ! râla le lionceau en repoussant sa patte, faisant rire Ahadi.

— Allé va retrouver ton frère. Et pas de bêtise…

— Oui oui pas de bêtise, fit Taka qui replaça sa crinière en arrière et courra hors de la Caverne. 

Taka descendit du Rocher du Lion, à la recherche de son frère. Repensant à la discussion avec son Père, il n’entendit pas Mufasa, dissimulé dans les herbes, arriver par derrière pour lui sauter dessus.

— Vengeaaaaance ! s’écria-t-il en le plaquant au sol.

Taka tenta de le repousser mais en vain, il était trop fort. Il ne parvint pas à se relever. Et son frère lui agrippa le cou, resserrant ses crocs.

— Nan nan ! Suis désolé ! J’m’excuse ! s’exclama aussitôt Taka.

 Mufasa, ignorant les excuses de son frère, le mordilla férocement.

— Ahou ! Arrête Mufasa je t’ai dit que j’m’excusais ! Arrête !

Il finit par le lâcher et Taka se releva péniblement, massant sa nuque.

— Je t’ai dit pardon ! protesta-t-il. T’étais pas obligé de me faire aussi mal !

— Et toi aussi ! Quand tu m’as fait tomber j’me suis cogné contre la paroi !

Taka l’observa, surpris.

— Désolé je savais pas… Je voulais pas te faire mal, je voulais juste te réveiller…

Il s’approcha de son frère, les oreilles plaqués, frottant sa tête contre sa gorge. Mufasa fit de même, signant ainsi la fin de leur conflit.

— Vient, on doit retrouver les autres au Lac Ndefu…

— Au lac ?! paniqua Taka. Non je… Je veux pas y aller…

— Pourquoi ?

— Je… je veux pas m’approcher de l’eau…

— Et bien tu ne t’en approcheras pas. C’est tout. Allé vient.

Taka hésita, puis suivit son frère.

— Mufasa…

— Oui ?

— S’il te plais, ne dis pas aux autres que j’ai peur de l’eau… Je… Je ne veux pas qu’il le sache…

— Ok, je te le promet je ne dirai rien.

— Merci…

Mufasa frotta sa tête contre la sienne avec un sourire puis ils poursuivirent leur chemin.

 

Ils retrouvèrent Sarabi, Sarafina et Maka, déjà présent au bord du lac, au milieu des arbres, jouant dans l’eau. A cet endroit elle n’était pas profonde, mais suffisamment pour y plonger toute la tête. Ce qui effraya Taka. Si son frère se rua dans l’eau, se chamaillant avec les autres lionceaux, lui préféra s’allonger à l’ombre d’arbre.

Maka ne mit pas longtemps à remarquer son absence, le cherchant avec l’idée de s’amuser à le faire tomber dans l’eau. Le repérant, il rejoignit Taka, toujours allongé au pied de l’arbre.

— Bah, tu viens pas ?

— Non je… J’ai mal dormi, je suis fatigué, inventa le lionceau.

— Dommage… J’avais tellement hâte de te rouler dans l’eau comme une pauvre petite brindille, nargua Maka en se retournant pour rejoindre les autres.

Taka, piqué au vif, se rua sur lui, le faisant tomber et le mordillant. Maka le repoussa rapidement, le plaquant eu sol puis le mordillant à son tour avant de s’enfuir vers l’eau. Taka voulus le poursuivre, mais s’arrêta net. Maka se retourna, constatant que son camarade ne l’avait pas suivi.

— Bah, tu viens ?

— Je te l’ais dis, je suis fatigué ! grommela Taka qui alla s’allonger prêt d’un grand rocher.

— Ok, ok, fit Maka qui retourna dans l’eau, se ruant sur sa sœur.

Taka s’ennuya. Regardant ses amis et son frère jouer. Les observants, il remarqua que certains endroits du lac était vraiment peu profond, juste assez pour tremper les coussinets. Il se dit que si il faisait attention à rester dans ces zones, il ne pourrait pas avoir la tête sous l’eau.

Il ne lui fallut pas longtemps pour prendre sa décision. Il fonça droit sur Maka, le poussant dans l’eau, avant de courir dans la zone où l’eau était peu profonde. Son camarade le rattrapa aussitôt, le faisant tomber avant de le mordiller doucement.

Taka devait l’avouer, par cette chaude journée, c’était rafraichissant de jouer dans l’eau. Il se chamailla aussi bien avec Maka, que Mufasa, Sarabi et Sarafina, à tours de rôle, prenant garde de bien rester dans les zones peu profondes.

Comme bien souvent, Maka prenait un malin plaisir à s’en prendre plus souvent à lui qu’aux autres. Et en particulier à l’immobiliser au sol. Et comme toujours Taka résista, essayant de le repousser. Maka, qui l’avait agrippé au cou, resserra un peu plus ses crocs pour l’empêcher de s’enfuir. Un peu trop fort. Taka céda sous le coup de la douleur et s’exclama :

— Aïe ! Maka lâche-moi tu me fais mal !

— Pardon, dit aussitôt le lionceau en le lâchant.

Il commença à lécher son cou pour atténuer la douleur qu’il lui avait causé, mais comme d’habitude, Taka le repoussa d’une patte en râlant : 

— Laisse-moi !

— Mais pourquoi ? Ton frère fait pareil quand il te fait mal et tu le laisse faire…

— C’est mon frère, c’est pas pareil…

Mufasa s’approcha, expliquant :

— Ne le prend pas mal Maka… C’est pas contre toi. Taka n’aime pas qu’on le toilette ou qu’on le touche d’une manière générale. Il n’accepte les contacts que lors des jeux. En dehors de cela, il n’y a que moi qui peut l’approcher sans problème. Il est un peu plus tolérant avec notre mère, notre oncle, et certains adultes. Mais moins avec d’autres, comme avec notre père. Il n’aime pas trop les contacts avec lui. Et il n’aime pas qu’on touche sa mèche, mais ça tu le sais déjà…  

— Mais… Comment font vos parents pour le toiletter ?

— Bah il râle, fit Mufasa en haussant des épaules.

— Ouha… C’est que notre Prince est une vraie précieuse, taquina Maka. Je devrais peut-être t’appeler Princesse d’ailleurs…

Il fit exprès de lui ébouriffer sa mèche avec sa patte pour l’embêter. Taka le poussa puis, énervé, lui agrippa l’oreille et le mordit de toute ses forces.

— Aïe ! Lâche-moi ! répliqua aussitôt Maka qui se laissa tomber au sol.

Mais Taka ne le lâcha pas, posant ses pattes sur lui pour l’empêcher de se relever tout en continuant de le mordiller férocement…

— Taka lâche-le !

Le lionceau reconnu la voix de son père et lâcha aussitôt son camarade. Conscient de la bêtise qu’il venait de faire et qu’il allait à nouveau se faire disputer, il se retourna et se coucha, les oreilles plaquées, tandis que Maka se releva et recula en massant son oreille avec sa patte.

Ahadi arriva, mais pas seul. Kitwana, la mère de Maka et Sarafina, était à ses côtés.

— Je peux savoir ce qui t’as pris de lui faire ça ? demanda le Roi en s’approchant de Maka.

— Je suis désolé, je ne recommencerai plus…, fit aussitôt Taka.

Ahadi inspecta l’oreille de Maka, avant de frotter sa tête contre lui pour le consoler.

—  Ce n’est pas à moi qu’il faut dire ça Taka, lui dit-il.

— Je… Je suis désolé Maka.

— C’est bon j’ai rien, répondit le lionceau qui ajouta : Et c’est pas sa faute, c’est parce que je l’ai embêté.

— Non Maka, rien ne justifie un tel comportement, répliqua Ahadi qui s’approcha de son fils qui plaqua sa tête au sol.

Sarabi et Sarafina s’étaient approcher de Mufasa, restant à l’écart.

— Moi aussi, il y en a qui m’énerve parfois… Asante par exemple, poursuivit Ahadi qui passa derrière Taka avant de s’arrêter face à lui. Et si il est vrai que je le mordille dans ces cas-là, je ne serre pas autant mes crocs sur lui.

— En même temps avec les tiens ça vaut mieux pas, commenta Kitwana qui frottait sa tête contre son fils pour le réconforter.

— C’est pas faux…, avoua le Roi qui poursuivit. Et même toi Taka, en mordant Maka ainsi tu aurais pu le blesser. Je te l’ai déjà dit, tu dois doser ta morsure. En mordillant légèrement on peut déjà faire mal alors pas la peine d’y aller aussi fort. Et si ce que tu voulais c’était que Maka s’excuse parce qu’il t’a embêté, t’étais pas obligé de lui faire ça. T’avais juste à lui dire de s’excuser.

— Exactement, confirma Kitwana qui ajouta à son fils : et d’ailleurs toi aussi excuses-toi pour avoir embêter Taka.

— Je suis désolé Taka…

— Autre chose à ajouter Kit ? demanda Ahadi.

— Non tu as tout dit… Pour le reste je vais avoir une petite discussion avec mon fils…

— Oh non M’man…

— Je te laisse ramener Sarabi à son Clan alors, lui dit Ahadi.

— Tu ne veux pas venir t’abriter dans les grottes de mon Clan ? demanda la lionne.

— Non, pas la peine, il y a de quoi s’abriter sur le chemin.

— Pourquoi on doit s’abriter ? demanda Mufasa.

— Les oiseaux ont prévenu qu’on allait avoir de la Pluie Glacée sur le Royaume. Une pluie très froide. Il faut nous abriter.

— Sarafina. Sarabi, appela Kitwana. Venez les filles. Nous partons.

Ils s’éloignèrent, et Kitwana n’attendit pas d’être à son Clan pour sermonner son fils, lui chuchotant :  

— Maka… Pourquoi tu l’as embêté ? Je t’ais déjà dis de faire attention à ce que tu fais. Mufasa et Taka ne sont pas des lions ordinaires. Se sont des Princes…

Taka, de son ouïe fine, avait entendu. Et son père aussi.

— Kit…, appela-t-il.

— Oui mon Roi ? demandant la lionne en se retournant.

— Oublis pas de dire à ton fils que c’est pas parce que les miens sont des Princes que tout leur est permis… Après tout, c’est une leçon que ma mère, mon oncle, ainsi que toi, ma chère grande sœur, m’ont également apprise…

— Ah bon ? fit semblant de s’étonner Kitwana. Je ne m’en souviens pas…

— Menteuse… Oh et j’ajoute aussi que c’est mal avisé de ta part de dire à ton fils de ne pas embêter les miens parce qu’ils sont Prince, alors que toi tu embêtes tout le temps ton Roi…

La lionne se mit à rire.

— Bon ok je l’admets tu marques un point… Sa Majesté a encore quelque chose à ajouter ou je peux disposer ?

— Non je n’ai rien à ajouter tu peux disposer, répondit Ahadi un sourire amusé.

— En ce cas à plus tard, Votre Majesté.

Le sourire espiègle, elle s’inclina avant de partir. Ahadi se mit à rire.

— Venez mes fils, en route.

Les lionceaux suivirent leur père, Taka restant un peu en retrait et silencieux.

— Et on va où Papa ? demanda Mufasa.

— On va aller se réfugier dans un abri rocheux pas loin le temps que la Pluie Glacée passe. Puis après on ira embêter votre oncle…, expliqua le Roi, le regard amusé. Il est en pause avec Jelani dans l’une des plaines du territoire du Clan des Rives Calcaires.

— Oh c’est loin…

— Oui du coup je vais pouvoir discuter également de certaines choses avec vous deux…

Taka, toujours en retrait, comprit qu’il allait encore être sermonné lui aussi.

— Mes fils, vous êtes des Princes, et des héritiers du trône. Cela signifie que les autres lions doivent vous respecter. Mais vous n’êtes pas au-dessus des lois pour autant. Si vous les enfreignez, vous serez sanctionné comme n’importe quels lions du Royaume. Taka…

— Oui Papa ? répondit le lionceau d’une voix à peine audible.

— Si t’avais blessé Maka juste parce qu’il t’a ébouriffé la tête, crois-moi que t’aurais été consigné.

— Mais je ne voulais pas le blesser. Je n’aurais pas fait exprès et t’as dit que si c’était un accident, c’était excusé…

— Mais t’as fait exprès de le mordre très fort, et ça, c’est pas un accident. Et je t’ai expliqué dans quel cas c’était un accident, tu t’en souviens ?

— Oui, c’est quand on fait des griffures sans le faire exprès avec nos griffes ou nos crocs lorsqu’on joue.

— Et blesser en enfonçant ses crocs comme tu l’as fait c’est pas un accident. Tu dois faire attention Taka. Là pour le moment tes crocs sont pas encore assez acérés mais quand tu seras plus grand se sera le cas, sans parler de tes griffes. Et tu le sais bien, on a pas le droit de blesser. Sauf si c’est parce qu’on vous attaque et vous blesse aussi, et uniquement pour vous défendre. La règle est la même pour tout le monde… Si tu attaques et blesses quelqu’un Taka, il aura le droit de d’attaquer aussi pour se défendre, même si t’es un Prince. Et si quelqu’un porte plainte parce que tu l’as blessé volontairement, tu seras sanctionné comme n’importe quels lions. Ne compte pas sur moi pour te protéger si tu es en tort. Et ça vaut pour toi aussi Mufasa. Ce n’est pas parce que t’es le futur Roi que tu échappes à cette règle…

— C’est compris Papa.

— Vous êtes des Princes tous les deux. Et parce que vous êtes des Princes vous avez le devoir de montrer l’exemple. Ne l’oubliez pas.  

— Oui Papa.

— Taka ?

— Oui Papa, je n’oublierai pas…

Le tonner se fit entendre au loin. Un rapide coup d’œil dans le ciel et le Roi constata que les nuages étaient bien noirs. Et quelques gouttes commencèrent à tomber. Taka en reçut une sur le museau. Une goutte si froide qu’il passa aussitôt sa patte sur son nez pour retirer l’atroce sensation de froid. Mufasa lui, se gratta l’œil en se plaignant :

— Ah ! C’est super froid !

— C’est pour ça qu’on appelle ça la Pluie Glacée. Venez mes fils.

Il les conduisit sous un rocher plat situé non loin de là, pour s’abriter. La pluie redoubla d’intensité. Elle ne pouvait pas les atteindre, mais l’air ambiant se rafraichit. Taka commença à avoir froid et à trembler. Il se roula en boule et Mufasa vint s’allongé contre lui, sa tête et une patte posé sur son cou. Ahadi fit de même, s’approchant de ses fils, posant sa tête sur eux pour les tenir au chaud avec sa crinière.

— Combien de temps la pluie va durer ? demanda Mufasa.

— C’est aléatoire. Ça peut durer une dizaine de minutes, ou quelques heures.

Les minutes s‘écoulèrent. La pluie tombait toujours. Ahadi toilettait tendrement Mufasa qui commençait à s’assoupir. Ce qui était loin d’être le cas de Taka, toujours bien réveillé.

— Papa…

— Oui mon fils ?

— Pourquoi cette pluie-là elle est si froide ?

— La Montagne du Royaumes des Gorilles. Celle qui est loin, très loin au de-là des limites de notre Royaume et qu’on peut à peine voire d’ici. Tu m’avais demandé c’était quoi ce truc blanc au sommet de la montagne. Tu te souviens de ma réponse ?

— Oui. Tu m’avais dit que c’était de la neige et que la neige c’était de l’eau qui devenait solide, blanc et froid.

— Bonne mémoire… La Pluie Glacée vient de cette montagne. Le vent amène sur la Terres des Lions des nuages remplient d’air froid provenant de la montagne. Cela occasionne un orage, avec le tonner et les éclairs, et cette Pluie Glacée.

— Et la neige c’est aussi froid que la Pluie Glacée ?

— Encore plus.

— Et bien je ne veux pas aller dans la neige alors.

Ahadi se mit à rire.

— L’orage se calme. La pluie va bientôt cesser.

En effet, peu après, elle s’arrêta. Ahadi et ses fils se remirent en route. L’air était encore bien froid, de même que la terre. En général après la pluie, Mufasa et Taka s’amusaient à sauter dans les flaques d’eau et à s’arroser. Mais l’eau était encore tellement froide qu’ils évitèrent d’y jouer.

Les puissants rayons du Soleil finirent par réchauffer les environs, alors qu’ils passèrent à côté du Rocher des Lions. Ils continuèrent leur route pour le rejoindre le Clan des Rives Calcaires tout au Sud du Royaume. Sur ce territoire, se trouvait le Delta du Fleuve Sinueux. Il se séparaient en un ensemble de petit cours d’eau, peu profond et calcaire.

Ils traversèrent l’un d’eux. Parcourant ensuite une grande prairie verdoyante, ils arrivèrent à un petit bosquet. Asante et son compagnon Jelani s’y étaient allongés à l’ombre d’un arbre, tête contre tête. Le Chef de la Garde redressa la sienne en voyant arrivé Ahadi et ses fils.

— Que nous vaut l’extrême honneur de la visite de notre illustre Souverain et de ses deux adorables héritiers ? demanda-t-il le ton espiègle.

— Te moquerais-tu de moi par hasard ? demanda le Roi.

— Bien sûr que non. Jamais je me moquerai de notre grand et puissant Monarque…

— Menteur, fit Ahadi qui passa derrière son beau-frère le regard mesquin.

Il lui agrippa doucement l’oreille, l’obligeant à poser sa tête sur le sol. Asante se laissa faire, se mettant à rire et se plaignant d’un « aïeu » qui sonnait particulièrement faux. Ses neveux en profitèrent pour lui sauter dessus alors qu’Ahadi se tourna vers le Second de la Garde.

— Jelani…

— Oui ? demanda le lion en tournant sa tête vers lui.

— Un de mes fils, au cours d’une discussion, a souligné le fait que tu étais le lion le plus fort du Royaume, et donc, plus fort que moi… Ça te dis de leur faire une petite démonstration ?

Jelani se redressa aussitôt, s’allongeant sur le ventre.

— Ah non non non non non. Certainement pas !

— Oh allé, juste une petite lutte amicale, insista Ahadi.

— C’est toujours non.

— Se sera comme à l’entrainement…

— Justement ! Même à l’entrainement t’es une horreur à combattre.

— Poule mouillée, se moqua Asante.

— Oh désolé de ne pas être aussi résistant à la douleur que l’illustre descendant d’Askari que tu es, répliqua Jelani. Moi je suis douillet, et la réponse est non. Je déclare forfait.

Jelani se rallongea sur le côté et ajouta :

— Je t’ai déjà affronté une fois, ça m’a suffi…

— Ah bon ? Tu t’es déjà battu contre Papa ? s’étonna Taka.

— Oui, le jour où j’ai intégré la Garde lorsque ton père en était le Chef.

— Ah oui ? Tu étais déjà dans la Garde quand Papa était Chef ?

— Oui. Ça fait longtemps que je suis dans la Garde.

— En fait, intervint Ahadi. A l’origine, c’était mon cousin Omari qui occupait le poste du Lion Fort de la Garde. Sauf que je l’ai viré après qu’il ait attaqué votre oncle. Peu après il y a eu le tournois des lions et lionnes les plus forts dont les affrontements sont basés uniquement sur la force. Tournois que Jelani a gagné. J’ai envoyé Asante lui dire que si il le souhaitait, il pouvait venir intégrer la Garde. Et le lendemain il est venu.

— Pourquoi tu t’es battu contre lui si il devait entrer dans la Garde ? s’étonna Mufasa.

— Parce que j’affrontais, amicalement bien entendu, comme dans les tournois, tous les nouveaux qui intégraient ma Garde afin de tester leur compétence et établir l’entrainement qui convient, expliqua Ahadi.

— Et aussi pour bien nous prouver que c’était toi le Chef et qu’on avait pas intérêt à contester ton autorité, ajouta Asante le sourire mesquin.

— Oui il y a un peu de ça aussi, admit Ahadi.

— Un peu beaucoup oui… Aïeu ! ajouta Asante que le Roi venait de mordiller.

— Et alors, ça a donné quoi l’affrontement ? demanda Taka.

Jelani eu un rire nerveux puis expliqua :

— Quand je me suis retrouvé face à ton père, avec la différence de taille que nous avons, je me suis dit : Bon je vais y aller mollo. Il est plus petit, un peu plus jeune, surement moins fort que moi… Et en plus c’est mon futur Roi, je vais éviter de me le mettre à dos…

— Surtout avec le caractère de mauvais perdant qu’il a, taquina Asante avant qu’Ahadi ne lui mordille le cou. Aïe ! Je retire ce que j’ai dit !

— Arrête de le chercher Asante, s’exaspéra Jelani alors que le Roi le lâcha.

— Je le cherche pas, je le trouve, comme il est mauvais à cache-cache… Aïeu ! Ok ok j’me tais !

— Décidément t’as décidé de m’embêter aujourd’hui, constata Ahadi qui s’était allongé près du Chef de la Garde, l’immobilisant, une patte posée sur son épaule et une autre sur sa tête pour le maintenir au sol.

— Je vais m’abstenir de répondre, fit Asante.

— Ça vaut mieux oui t’es vraiment pas en bonne posture pour le faire, confirma Ahadi qui commença à toiletter la crinière de son beau-frère.

— Je disais donc, reprit Jelani qui se tourna vers les deux lionceaux. Je me suis retrouver face à votre père et… J’ai dû tenir quoi… quatre secondes avant de me retrouver au sol ?

— Ouais c’était à peu près ça, confirma Asante.

— Mais comment c’est possible ? s’étonna Taka. T’es plus grand que lui…

— Bah justement c’est là le piège. Ton père est très fort pour quelqu’un de sa taille. Il arrive à me stopper quand je le pousse. Mais il lui manque encore un peu de force pour me faire reculer.

— Comment il a fait pour te faire tomber alors ?

— Il se sert de ma propre force à son avantage. Il va trouver le moyen de me faire perdre l’équilibre, et en profiter pour me renverser. Ou alors il va m’attraper à un endroit qui fait mal pour me déstabiliser et me faire tomber aussi. Il adore faire ça, n’est-ce pas mon Roi…

— Je t’ai dit que je te ferai pas mal… Fais-moi confiance, je sais contrôler mes crocs quand même…

—  Ah bah heureusement que tu les contrôles bien tes crocs, intervint Asante. Que vu que tu as le don de toujours viser là où ça fait mal…

— Oui mais je le fais pas toujours. Surtout avec toi Jela, je sais que t’es sensible à la douleur donc je vise rarement où ça fait mal. Admets-le.

— Je l’admets mon Roi.

— Alors viens lutter avec moi…

— C’est toujours non…

— Ahadi, intervint Asante. Pourquoi tu lui donne pas l’ordre de venir faire une petite démonstration, il ne pourra pas refuser. Tu le fais tout le temps ça avec moi…

— Oui parce que tu m’embête tout le temps. Lui il m’embête jamais donc je le ferai pas…

— C’est pas juste…, se plaignit Asante prenant une voix de lionceau.

— Et ouais la vie est injuste… Allé Jela, vient on va faire la démonstration.

— Roh c’est pas vrai… Bon je sens que tu vas pas me lâcher avec ça…, répliqua le Second de la Garde en se levant.

— Je confirme, répondit Ahadi qui se leva également, la mine réjouie.

— Mais je te préviens, t’as intérêt à faire attention à tes crocs…, fit Jelani alors qu’ils commencèrent à s’éloigner pour aller lutter un peu plus loin.

— C’est une manière de parler à son Roi ça Jela ? demanda Ahadi le regard espiègle.

— Euh… Je…

— C’est bon relax je te taquine.

Il ébouriffa la crinière de Jelani qui soupira, exaspéré.

— Comment je fais pour vous supporter tous les deux ?

— J’en sais rien mais j’avoue que ça mérite des félicitations, répondit Ahadi.

Les deux lions s’arrêtèrent et se firent face, à un mètre de distance. La différence de taille était bien visible, le Roi ayant quelques centimètres en moins. Et Jelani était bien plus costaud.

Ce fut ce dernier qui lança l’assaut, esperant l'avoir par surprise. Mais Ahadi le stoppa. Le Second de la Garde n’avait pas menti, il était bel et bien capable de contrer sa force. Puis il agrippa sa crinière et parvint à le déséquilibrer et à le faire tomber, sous le regard surpris et admiratif des lionceaux.

  Jelani se releva.

— Alors, je t’ai fait mal ? demanda Ahadi.

— Non.

— Tu vois, quand je te dis que je peux contrôler mes crocs, tu peux me faire confiance…

— Ouais enfin, t’as pas utilisé tes crocs parce que t’as trouvé un moyen de me déséquilibrer et me faire tomber. Je t’aurais résisté, tu aurais fini par sournoisement placer tes crocs là où ça fait mal pour me faire lâcher et me faire tomber…

— Oui c’est possible…

— C’est sur oui !

Ahadi se mit à rire alors qu’il rejoignait Asante et les lionceaux.

— Alors c’est vrai qu’on peut vaincre un lion plus grand que soit ? demanda Taka.

— Bien sûr, répondit son père.

— Il suffit de profiter de moment d’inattention…, ajouta Asante qui vint se placer à côté de son Roi qui leva une patte pour frotter sa tête, retirant quelque chose qui lui gênait. Comme ça.

Sournoisement, il fit un croche patte à Ahadi qui, alors sur trois pattes, tomba. Le Chef de la Garde l’immobilisa aussitôt, ses griffes sur sa gorge, puis ajouta avec un sourire espiègle :

— Et voilà comment on profite de l’inattention de son Roi pour le soumettre…

Ahadi se mit à rire, un rire jaune, avant de dire :

— Ok, là t’es mort…

Jelani soupira, allant s’allonger auprès des lionceaux et posant de le bout de sa patte sur son front l’air exaspéré, disant :

— Sérieux Asante t’es vraiment suicidaire…

— Mais nan… Il me suffit juste de négocier : je le lâche uniquement si il promet de rien me faire.

Profitant à son tour du fait que le Chef de la Garde soit distrait par sa discussion, Ahadi se délogea. Il fut si rapide que les lionceaux n’eurent même pas le temps de voir comment il s’y était pris. Asante, déstabilisé, se retrouva face à Ahadi qui le fixa d’un sourire mesquin, ajoutant :

— A moins que je n’arrive à me déloger…

— Oups…

Asante se mit aussitôt à courir tout en s’écriant :

— Ok j’mexcuse !

Ahadi lui laissa quelques secondes d’avance avant de le poursuivre.

— Il va vraiment le tuer ? s’inquiéta Taka.

— Mais non, assura aussitôt Jelani. Ton père plaisante. Il sait faire la différence entre un lion qui veut vraiment le défier, et ton enquiquineur d’oncle qui veut juste l’embêter. Nan là ton père va l’attraper, l’immobiliser et le mordiller jusqu’à ce qu’il arrête de se débattre et s’excuse. Et ensuite ton oncle va revenir et il va se plaindre comme un gros bébé en disant que ton père n’était pas obligé de lui aussi mal, alors qu’en vérité il lui a pas fait grand-chose…

Et en effet tout se déroula comme l’avait décrit Jelani. Un peu plus loin, Ahadi rattrapa Asante qui, mit rapidement au sol, se débattit. Il le mordilla à plusieurs reprises jusqu’à ce que le Chef de la Garde abandonne. Là le Roi se mit à rire, et le sourire amusé, il lui ébouriffa la crinière.

Asante se releva et les deux lions retournèrent auprès de Jelani et des lionceaux.

— Sérieux t’étais pas obligé de mordiller si fort, râla le Chef de la Garde qui s’allongea sur le côté avec une tête boudeuse.

Ahadi se mit à rire et s’allongea auprès de lui, toilettant sa crinière comme il avait l’habitude de le faire après leur chamaillerie.

— Arrête de te plaindre, je pourrais aussi décider de moins retenir mes crocs…

— Nan nan nan ! C’est très bien comme ça, continue, se ravisa aussitôt le Chef de la Garde, faisant rire le Roi.

— Sérieux Asante, intervint Jelani alors que Mufasa et Taka commencèrent à se chamailler. Tu devrais arrêter de geindre, il pourrait te faire bien pire…

— Ouais, t’as de la chance d’être mon beau-frère.

— C’est clair…, confirma Jelani. C’est pas toi qui va finir dans le même état que le dernier lion qui a eu la stupidité de défier notre Roi…

— Ah tu veux dire celui dont tu m’as parlé tout à l'heure qui a été banni temporairement ce matin ? Il s’est passé quoi au juste tu ne m’as toujours pas dit ?

— On l’a croisé après que Jela et moi avions régler le problème des rhinocéros. Il était avec quatre autres lions. Il a protesté ma décision concernant le bannissement de ses deux frères dans un autre Royaume, et il a exigé que je revienne sur ma décision. Et comme j’ai refusé il m’a mis au sol…

— Euh question, interrompit Asante : il a vraiment réussi à t’immobiliser au sol ou c’est toi qui t’es laissé faire pour le piéger ?

— Je l’ai piégé bien évidement, répondit le Roi le regard pleins de malice. Une fois persuadé d’avoir le dessus sur moi il m’a dit… Comment il a dit ça Jela ?

— Il a dit que si tu voulais avoir la vie sauve t’avais intérêt à revenir sur le bannissement de ses frères…

— Oula… Il a du passé un sale quart d’heure celui-là quand tu l’as renversé.

— Oh que oui, confirma Jelani qui ajouta : Ahadi l’a déstabilisé et l’a agrippé à la gorge avant de le faire tomber. Et quand Ahadi l'a lâché, il a eu la très mauvaise idée de le repousser et d’essayer de se relever. Résultat : morsure à la nuque.

— Ouille ça fait mal ça…

— Tu le sais bien, on s’en prend pas impunément au Roi…, fit Ahadi le regard mesquin.

— Surtout toi oui.

— Ça c’est sûr, confirma Jelani.

— Du coup tu l’as banni avec les quatre autres lions qui l’accompagnait ?

— Ouais. Pour quatre jours. Et je dois avouer que j’attends avec impatience la fin de leur bannissement, car je l’attends au tournant celui-là… Vu ce qu’il m’a fait il a intérêt à y mettre les formes si il veut revenir…

— Je pourrais venir avec toi ? demanda Asante le regard espiègle.

— Toute la Garde viendra. Quelques lionnes de la Fierté Royale aussi. Ça fera son petit effet… Et si je décide de le laisser revenir sur la Terre des Lions, il aura intérêt à bien se tenir. Au moindre écart, le bannissement sera définitif. Comme ses frères…

— A ta place je l’aurais déjà banni définitivement, répliqua Asante.

— Tu sais très bien que je laisse toujours une chance.

— Ouais… T’es trop gentil…

— Ça t’arrange bien ça, répliqua Jelani.

— Hé ! Mêle-toi de tes affaires toi…, répliqua Asante, son compagnon se mettant à rire. N’empêche quand je pense qu’il a vraiment cru qu’il avait réussi à t’immobiliser… C’est trop drôle…

— Pourquoi ? Personne n’y arrive ? demanda Taka, stoppant le jeu avec Mufasa.

— Ah ça, y-en a pas beaucoup qui sont capable de faire tomber ton père, confirma Jelani. Et l’immobiliser encore moins. Moi j’y suis jamais parvenu encore…

— Tu veux prendre ta revanche ? demanda Ahadi, un sourcil relevé avec un sourire espiègle.

Jelani hésita.

— Tu fais attention à tes crocs ?

— Comme tout à l’heure, c’est promis.

Le Garde se leva, imité par le Roi. Les deux lions s’éloignèrent avant de se faire face. Ahadi eu un sourire mesquin et lui dit :

— Si tu perds t’as un gage !

— Quoi ?! s’étonna Jelani.

Le Roi lui sauta aussitôt dessus. Jelani, qui avait failli se laisser surprendre, eu le réflexe de le contrer et le stoppa. Le Garde tenta de le renverser, usant de sa force, mais Ahadi se laissa tomber, retournant la force de Jelani contre lui pour le renverser et l’immobiliser.

— Perdu ! fit le Roi le ton amusé.

— Décidément j’arriverai jamais à te battre, répliqua Jelani qui se releva.

— Boh, un jour peut être…

Ils retournèrent auprès des lionceaux et d’Asante qui ne manqua pas de faire remarquer avec un sourire espiègle :

— T’as mis plus longtemps que d’habitude à le faire tomber. Tu te ramollis mon Roi…

Ahadi le fixa de son regard acéré et sournois.

— Toi t’as vraiment décidé de m’embêter, répliqua-t-il en regardant ses fils avec une lueur espiègle. Les garçons, attrapez-le.

Les lionceaux sautèrent aussitôt sur leur oncle qui s’écria :

— Hé ! C’est de la triche ça ! Aïe ! Doucement vous deux ! 

Il se mit à fuir ses neveux, sous les rire d’Ahadi. Uru arriva :

— Toi t’as encore embêté ton Roi, constata-t-elle alors que Mufasa et Taka laissèrent leur oncle pour venir la voir.

— Non c’est pas vrai…, répondit son frère.

Ahadi, qui s’était approché de lui, se mit à lui mordiller l’oreille.

— Aïeu ! Ok je retire ce que j’ai dit…, fit le Chef de la Garde.

Uru marcha entre son frère et son époux, chassant ce dernier d’un coup de tête :

— Allé, laisse-le, dit-elle d’un ton doux.

Ahadi s’écarta de plusieurs pas, alors que sa Reine s’allongea près d’Asante, appelant ses deux fils à venir la rejoindre. Ils vinrent aussitôt s’allonger entre leur père et elle.

— Alors j’ai le droit à quoi comme gage mon Roi ? demanda Jelani qui s’était allongé à côté d’Asante, toiletté par sa sœur.

Ahadi réfléchit quelques secondes puis afficha un sourire espiègle.

— Vu ton sourire je n’ose même pas imaginer ce que t’as en tête, commenta le Garde alors que son Roi vint le rejoindre.

Ce dernier se mit à rire et lui chuchota quelque chose à son oreille. Jelani se mit à rire à son tour avant de regarder Asante.

— Ok, visiblement je suis concerné, fit le Chef de la Garde. Je peux savoir c’est quoi le gage ?

Alors qu’Ahadi s’allongea auprès de lui, le regard sournois, Jelani expliqua :

— Je ne vais pas entrer dans les détails comme il y a les lionceaux mais… C’est quelque chose dont tu vas êtres privé ce soir…

Uru se mit à rire alors qu’Asante réfléchit, finissant par comprendre :

— Ah non ! Non non non non non ! Certainement pas ! Je suis pas d’accord là, je proteste ! s’exclama-t-il aussitôt en se levant.

Ahadi éclata de rire alors que le Chef de la Garde vint le voir, se postant devant lui et exigent :  

— Je veux une revanche !

— Tu veux que j’affronte à nouveau Jela ? continua de rire le Roi.

— Non, toi contre moi ! Et si j’arrive à te faire tomber tu annules ton gage !

— Ok, fit Ahadi qui se leva lentement, le regard plein de malice. Défi accepté mon beau-frère…

— Sérieusement vous deux vous n’avez rien de mieux à faire de vos journées que de vous chamailler tout le temps ? demanda Uru qui toilettait Mufasa.

— Non, répondirent en cœur les deux lions qui s’éloignaient.

Ils s’arrêtèrent un peu plus loin, se faisant face, puis se tournant ensuite autour. Lançant par moment, l’un commel’autre, de fausses attaques avant de reculer, testant les reflex de l’autre.

— Oncle Asante il arrive à faire tomber Papa ? demanda Taka qui était venu s’assoir auprès de Jelani.

— De temps à autre, répondit ce dernier. Cela dépend de son sérieux.

— Et étant donné que là mon frère est très très très motivé et que votre père veut juste l’embêter y-a de grande chance que votre oncle gagne son pari, ajouta Uru.

— Sauf si Ahadi a envie de le faire râler encore plus…

— Oui c’est possible, ria la Reine.

— Et qui d’autre est capable de le faire tomber ? demanda Taka les yeux rivés sur son père et son oncle.

— En dehors d’Asante, les seuls que je connais qui sont capable de le déséquilibrer et l’immobiliser au sol sont votre Maman et Kit. Ah et aussi Tambo, le frère de Kit. Il y arrive parfois. Et Gamba, le cousin de votre père, répondit Jelani. Il y a en peut-être d’autres mais je les connais pas. Et il y en a qui sont capables de le faire tomber, mais Ahadi parvient toujours à se défaire et à retourner la situation contre eux donc je les compte pas.

— Et t’en fait partie ? devina le lionceau.

— Ouais…, grommela Jelani l’air dégouté. A chaque fois que j’arrive à faire tomber ton père il me renverse avec lui comme il l’a fait tout à l’heure… Regarde bien d’ailleurs il va peut-être le faire aussi avec ton oncle…

Taka ne loupa rien. Ce fut Asante qui déclencha les hostilités, sautant sur Ahadi et attrapant sa crinière à l’encolure, tentant de la faire tomber. Mais le Roi resta fermement campé sur ses pattes et parvint à se défaire. L’un et l’autre s’attrapèrent et se dérobèrent ainsi plusieurs fois de suite, avant qu’Asante n’arrive à attraper solidement Ahadi. Le déstabilisant en plaçant ses griffes à un endroit précis de la patte avant du Roi, qui se délogea, mais perdit l’équilibre. Il se laissa tomber en agrippa le Chef de la Garde pour l’entrainer dans sa chute. Une fois à terre il le renversa, l’envoyant rouler au sol, se relevant aussitôt pour l’immobiliser. Asante ne résista pas et ne tenta pas de le repousser, sachant que cet effort serait vain.

— Perdu ! fit Ahadi le ton amusé.

— Carrément pas ! s’exclama aussitôt le Chef de le Garde. J’avais dit que je gagnais si je te faisais tomber et je t’ai fait tomber ! Même si après tu m’as renversé…

— J’ai fait exprès de tomber donc ça ne compte pas, taquina son beau-frère.

— Arrête de tricher sérieux ! T’as fait exprès de tomber quand t’as compris que j’avais réussi à te déséquilibrer et que de toute manière t’allais tomber !

— Non pas du tout.

— Ahadi ! C’est pas du jeux là !

Le Roi se mit à rire et décida d’arrêter de l’embêter.

— Ok je l’admets t’as réussi à me faire tomber. Et j’annule le gage de Jelani.

— J’espère bien oui !

— T’as fini de râler ? s’amusa Ahadi, ébouriffant la crinière d’Asante.

Il retira ensuite ses pattes qui le maintenait immobile au sol pour le laisser se relever. Une fois debout le Chef de la Garde continua de le fixer d’un air hargneux. Ahadi sourit, amusé, puis frotta sa tête contre la sienne.

Ils rejoignirent ensuite les autres, le Roi allant s’allonger au côté de sa Reine, et se mit à toiletter également Mufasa qui s’était couché sur les pattes avant de sa mère, commençant à s’assoupir. Asante quant à lui, vint s’allonger contre Jelani, et sournoisement, fit un croche patte à Taka avant de l’enserrer entre ses pattes et le mordiller !

— Hé ! protesta le lionceau qui se mit à le mordiller également.

— Asante, c’est pas parce que t’as perdu que tu dois t’en prendre à mon fils, taquina Ahadi.

— De un, je n’ai pas perdu, de deux, je me venge pas je joue, râla Asante sous le rire amusé de son beau-frère.

— T’arrête de l’embêter, chuchota Uru fixant son époux d’un air exaspéré.

— Aïeu ! Doucement avec des griffes Taka…

— Désolé…, fit le lionceau qui recommença à mordiller son oncle.  

— Taka…, vient auprès de moi, appela Ahadi afin qu’il laisse son oncle et son compagnon tranquille.  

Le lionceau hésita.

— Mais… Je veux rester avec Oncle Asante…

Ahadi n’insista pas, déçu, sans pour autant le montrer. Asante s’en mêla, chuchotant à son neveu :

— Allé, va voir ton père…

Le lionceau se résigna, partant et s’approchant timidement d’Ahadi avant de s’allonger à côté de lui. Par habitude, ce dernier commença à toiletter le cou de son fils, mais ce dernier se déroba, roulant sur le dos et se plaignant :

— Non pas ma crinière !

— Ok je ne touche pas, fit Ahadi qui écarta sa tête et croisa ses pattes avant avec un regard sournois.

Sa longue queue vint doucement s’abattre sur Taka qui râla :

— Papa !

— Oups…, fit semblant son père.

Le lionceau, alors distrait par le jeu, se leva et tenta d’attraper et d’immobiliser la queue d’Ahadi qui s’amusa à la faire bouger dans tous les sens. Asante se mit à rire en observant son neveu qui de temps à autre trébucha.

Le Chef de la Garde s’allongea sur le côté, s’étirant et se blottissant contre Jelani qui se mit à toiletter sa crinière.

— C’est quand je pourrais célébrer votre Union ? fini par demander le Roi.

— Demande à Jela, c’est lui qui veut pas, fit Asante.

— C’est pas que je veux pas, protesta Jelani. C’est que… Je… Je pense que je suis pas prêt.

— C’est quoi une Union Papa ? demanda Taka qui s’allongea à côté de lui.

— C’est quand deux êtres qui éprouvent des sentiments l’un envers l’autre décident de se jurer fidélité. Pourquoi tu ne te sens pas prêt Jela ?

— Il n’est pas prêt à assumer la pression que lui mettent certains membres de sa famille et son Clan, intervint Asante.

— Quelle pression ? demanda Ahadi.

— Comme tu le sais, Jela est né avec une taille et une force exceptionnelle. Il est invaincu dans chacun des tournois des Lions Fort auxquels il a participé et ce, depuis son adolescence. Et son Clan attend de lui qu’il transmettre ses gênes à des lionnes de son Clan pour engendrer des lions aussi forts que lui.

— Sauf que… Je n’en ai aucune envie. J’ai jamais voulus fonder de famille. Et ça ils le savent, j’en ai déjà parlé.

— Ouais, sauf qu’ils se disent qu’un jour tu changeras d’ais, tu te lasseras de moi et que tu fréquenteras une lionne de ton Clan, répliqua Asante.

— Avec le caractère que t’as si j’avais dû me lasser de toi se serait fait depuis longtemps, taquina Jelani.

— Hé !

Asante le mordilla et Jelani le repoussa en riant.

— Bref, le problème c’est que comme certains membres du Clan sont persuadés que lui et moi, c’est qu’une passade, poursuivit le Chef de la Garde. Si un jour on s’uni et qu’on officialise notre relation, il y en a qui vont… Pas aimé du tout…

—  Et je ne suis pas prêt à les affronter justement, avoua Jelani.

— Je vois… Comme ma mère qui n’a jamais osé contredire son père, qui a épousé Tendaji à contre cœur, et a toujours caché la relation qu’elle avait, compris Ahadi.

— Oui, c’est la même chose.

— Tu sais, elle a toujours regretté de ne pas avoir osé tenir tête à son père.

— Je sais. Mais bon pour le moment je ne me plains pas. Asante et moi on est pas obligé de se cacher. La plupart nous tolère, c’est déjà ça…

— Rassure-moi, personne ne t’a agressé ? demanda Ahadi.

— Non, répondit aussitôt le Garde. Crois-moi, ceux qui vivent sur la Terre des Lions savent très bien que tu ne tolères pas les agressions dû à des différences d’opinions, de relations ou de pelages. Non le pire que je puisse avoir c’est des regards de dégoût de la part de certains quand je suis au côté d’Asante. Mais la grande majorité des lions et lionnes de mon Clan n’en n’ont rien à faire.

— Comme toujours, c’est toujours une minorité de lions qui posent problème…, fit Uru.

— Jela, tu sais qu’il y a des lionnes célibataires, ou des lionnes qui sont unis a des lions stériles, ou des couples de lionnes, qui cherchent des géniteurs ?

— Oui.

— A dire vrai tous les deux on a déjà aidé un couple stérile, et une lionne célibataire, à avoir des lionceaux, expliqua Asante. Mais on ne les reconnait pas. Ce ne sont pas nos lionceaux, c’est ceux qui les élèves qui sont leurs parents. La seule chose qu’on a accepté de faire c’est de veiller à leur sécurité et si ils perdent leurs parents, on les adopte.

— Et justement c’est pour ça que ça ne règle pas le problème, ajouta Jelani. Ce que veulent les membres de mon Clan c’est que je reconnaisse les lionceaux, en tant que père.

— En clair c’est qu’une question de prestige, d’influence et de notoriété pour ton Clan ? demanda Ahadi

— C’est cela.

— Mouais… Bah écoute ton Clan va devoir se faire une raison. Ils finiront bien par passer à autre chose.

— Ou alors un jour tu trouveras peut-être le courage de l’affronter, fit Asante avec un ton de reproche.

— Mouais…, fit Jelani peut convaincue.

— Sérieux Jela… T’es, actuellement du moins, le lion le plus fort et le plus grand de la Terre des Lions, et t’as même pas le courage de t’opposer à certains membres de ton Clan ? Sans compter le fait que t’es douillet comme pas possible… En fait t’es une vraie chochotte…, taquina Asante.

— C’est moi que tu traites de chochotte ? s’offusqua Jelani qui tenta de l’attraper.

Le Chef de la Garde, s’attendant à sa réaction, lui échappa de justesse, courant pour prendre ses distances avec un sourire espiègle.

— Attends que je t’attrape toi…, répliqua Jelani qui se leva. Ahadi, tu m’autorises à le tuer ?

Le Roi se mit à rire.

— Fais lui tous ce que tu veux je m’en fiche, répondit-il.

— Quoi ?! s’exclama Asante avec une voix aiguë.

— Viens par-là toi…, s'approcha Jelani.

— Euh non je ne sais pas pourquoi j’ai pas très envie.

Asante se retournant, s'enfuyant à toute allure, poursuivit par Jelani. Les deux lions disparurent au milieu du bois.

— Bon bah je crois que je vais pas célébrer d’Union…, fit Ahadi.

— Et que tu vas devoir trouver un autre Chef de la Garde…, ria Uru.

— Il va vraiment le tuer ? demanda Taka.

— Mais non voyons il plaisante mon chéri…

— Maman, appela Mufasa. Il va encore y avoir de la Pluie Glacée ?

— Non, pas pour le moment en tout cas.

— On peut aller retrouver les autres pour jouer alors ?

— Allez-y. Mais rentrez avant le couché du Soleil, d’accord mes garçons ?

— Oui Maman, Taka ! Viens on va retrouver les autres…

Les deux lionceaux partirent en courant, sous le regard attendri de leurs parents. Ahadi s’allongea, se blottissant contre son épouse qui posa sa tête sur sa crinière.

 

Le soir venue, le couple Royale décida de passer du temps avec ses deux lionceaux. Ahadi et Uru s’étaient allongés dans un coin de la grotte où les deux petits dormaient, leur racontant des histoires sur certains de leurs ancêtres.

Leur père leur parlait beaucoup de sa mère, la Reine Amani et son oncle, ancien Chef de la Garde, Amari. Tous deux avaient quitté la Terre des Lions peu avant la naissance de Mufasa et Taka, avec de nombreux lions et lionnes et plusieurs de leurs cousins. Ils étaient partis aider le Royaume de l’Arbre de Vie, qui subissaient les attaques de plusieurs Royaumes voisins qui s’étaient unis contre eux. Amani et Amari ont participé activement à la défense et y ont péri avec bon nombre des leurs, rejoignant la Terre des Ancêtres. Ahadi avait depuis des contacts réguliers avec eux, leur parlant à travers les nuages.  

Peu avant de dormir, les lionceaux se mirent à jouer, chahutant. Leurs parents les laissèrent s’amuser un peu, Ahadi allongé contre Uru qui toilettait sa crinière. 

Une dispute finit par éclater entre les lionceaux. Leurs parents ne surent pas comment ça avait commencé. Ils virent juste Mufasa râler. Taka le traiter de menteur avant de se jeter sur lui pour le mordiller. Visiblement trop fort car son frère cria de douleur. Taka le lâcha aussitôt et, sachant son frère énervé, comprit qu’il allait se venger :

— Pardon ! Je suis désolé ! Je retire ce que j’ai dit c’est bon t’as gagné…, tenta de l’apaiser le lionceau qui par instinct roula sur le dos. 

Mais Mufasa ignora ses excuses et lui sauta dessus, mordillant férocement son pelage à l’encolure.

— Aïe ! Arrête ! Je t’ai dit que j’étais désolé ! s’exclama Taka qui tenta en vain de le repousser.

— Mufasa lâche-le ! tonna Ahadi qui s’était redressé.

Le lionceau stoppa aussitôt son attaque.

— Mais…

— Il n’y a pas de mais, coupa son père. Viens ici tout de suite !

Les oreilles de Mufasa se baissèrent, ainsi que sa tête, alors qu’il s’approcha lentement de lui. Taka en profita pour se relever et aller se recroqueviller dans un coin. Sa mère se leva et alla s’allonger auprès de lui, l’enlaçant entre ses pattes. Ayant besoin de réconfort, il se blottit contre elle et il la laissa le toiletter.

Mufasa s’arrêta face à son père, toujours allongé, les pattes avant croisés, le fixant de son regard perçant et sévère.

— Je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre vous mais peu importe, Taka s’est excusé et tu connais les règles, on n’attaque pas quelqu’un qui s’excuse ! Est-ce que moi je m’amuse à mordre ceux qui s’excusent ou qui se couchent face à moi ?

— Non…, admit Mufasa qui baissa la tête avant de répliquer : Mais c’est pas ma faute il m’a mis en colère et…

— Ce n’est pas une excuse ! coupa son père. Tu dois te contrôler ! Moi aussi a des moments je suis en colère. L’autre fois quand Tigisi et Meselesh ont attaqué mon cousin et sa compagne ça m’a mis en colère. J’aurais bien aimé planter mes crocs dans leurs cous. Mais je me suis contrôlé parce que non, ça ne se fait pas ça. Dans ce genre de circonstance, tu ne peux pas te permettre de te venger…

— Mais tu fais pareil avec Asante ! Il s’excuse et tu le poursuis !

— Non justement c’est pas pareil. Déjà ça reste un jeu entre nous. Si je le poursuis c’est parce que c’est pas de vrai excuse. Ensuite je contrôle mes crocs. Et surtout quand il arrête de se débattre je le laisse tranquille. Là ton frère s’est excusé et n’a opposé aucune résistance face à toi quand tu l’as agrippé. C’est indigne d’un lion. Et, plus que tout, c’est indigne d’un futur Roi de la Terre des Lions. Tu dois contrôler ta colère et réfléchir avant d’agir. De plus ta réaction était disproportionnée. T’as fait plus de mal à ton frère qu’il ne t’en a fait et tu as fait exprès. Lui non. Et je te rappelle qu’il est plus fragile que toi. Combien de fois je t’ai dit d’y aller doucement avec lui ? Je suis d’accord pour que vous jouiez ensemble tous les deux mais uniquement si tu fais attention. Si c’est pour lui faire mal et le blesser je vais vous interdire de jouer ensemble et vous séparer…

— Non non ! fit aussitôt Mufasa. Je suis désolé Papa, je ne recommencerai pas et je ferai attention je te le promets. Je me calmerai dès qu’il s’excuse…

— J’espère bien, sinon vous ne jouerez plus ensemble…

Il se leva.

— Allez dormir tous les deux, fit-il en s’approchant de Taka, toujours auprès de sa mère qui venait également de se lever.

Tous deux frottèrent leur tête contre le lionceau qui resta allongé en boule. Le Roi s’approcha ensuite de son ainé et frotta sa tête contre la sienne en lui disant :

— N’oublie pas Mufasa, tu as la chance d’être plus grand et plus fort que les autres, quand on a cette chance on en profite pour protéger les autres, on ne les tyrannise pas…

— Oui Papa…, fit le lionceau d’une petite voix.

Ahadi sortit jetant un coup d’œil à Taka, toujours prostré. Uru frotta sa tête celle de Mufasa avant de suivre son époux.

Une fois rejoint la Caverne principale du Rocher, Uru l’avertit :

— Je sais que ça t’inquiète de voir Taka jouer avec son frère car t’as peur qu’il se blesse, mais rassure-moi t’as pas l’intention de les séparer ?

— Non c’est juste une menace. Je vois bien que Mufasa fait quand même attention et, il le protège. Je lui fais confiance. Même si c’est vrai que j’ai toujours peur que le pire arrive, admit-il.

— Ouha ! Y-a du progrès. Quand ils ont commencé à marcher et à se mordiller t’avais toujours peur et t’intervenais à chaque fois pour les séparer, se souvint-elle.

— Oui et à chaque fois tu me disais de les laisser, qu’ils ne faisaient que jouer et de n’intervenir que si c’était nécessaire, se rappela Ahadi. J’avais très peur c’est vrai mais maintenant Mufasa sait qu’il doit faire attention, et il le fait. Même si parfois ça dérape, comme ce soir… Mais bon comme dit ma mère, ça fait partie de l’apprentissage…

— C’est vrai… Et sinon… Pourquoi tu n’as pas obligé Mufasa à s’excuser ? Ou consigné ?

— T’as vu la réaction de Taka ? Il va surement se méfier de lui maintenant. Et je veux que Mufasa comprenne que ses actes ont des conséquences et qu’il se débrouille pour réparer la bêtise qu’il a fait avec son frère…

— Très bien, je te laisse gérer alors.

— Bien sûr que c’est moi qui gère, c’est moi le Roi après tout, taquina Ahadi le ton espiègle.

Uru le fixa, le regard malicieux.

— Ta mère serait là elle te ferait ça…

Elle lui tira l’oreille, le forçant à se coucher, avant de se mettre à courir, sortant du Rocher, poursuivit par son époux. Ils terminèrent leur course au milieu des herbes hautes de la savane, Uru se retournant pour faire face à Ahadi, lui sautant dessus. Ce dernier fit de même, l’agrippant doucement entre ses pattes et ses crocs et la renversant. La lionne abonna toute résistance, se laissant tomber tout en riant. Gisant sur le dos, son époux s’allongea à moitié sur elle, l’enlaçant entre ses pattes avant et mordillant doucement son encolure, vers ses oreilles, là où elle était chatouilleuse, occasionnant ses rires.

— Ok c’est bon t’as gagné, ria-t-elle en le repoussant d’une patte.

Ahadi cessa de la mordiller, et commença à la toiletter tendrement. Uru fit de même, enlaçant le cou de son époux entre ses pattes avant. Se blottissant contre elle, il lui chuchota un « je t’aime » auquel elle répondit un « je t’aime aussi ».  

 

Loin de ce moment plein de tendresse, dans la petite grotte du Rocher du Lion, un silence pesant persistait alors que les deux lionceaux s’observèrent. Taka, toujours recroquevillé dans son coin, le regard méfiant. Mufasa, qui n’avait pas bougé non plus, l’air navré. Il finit par se diriger vers son frère qui réagit aussitôt :

— M’approche pas ! s’exclama-t-il en reculant d’un pas, sur la défensive.

Mufasa s’arrêta, surpris.

— Mais, je vais rien te faire. Je veux juste dormir près de toi, lui dit-il en s’approchant doucement.

Son frère se recroquevilla, méfiant, alors qu’il s’allongea contre lui, posant une de ses pattes sur son dos et sa tête sur ses épaules. En général Taka en profitait pour se blottir contre lui, mais cette fois il le repoussa :

— Aïe… Ne me touche pas…

— T’as toujours mal ?

— Oui…

— Désolé, je ne voulais pas…

— Si tu voulais me faire mal ! protesta Taka.

Mufasa eu quelques secondes de silence, finissant par admettre :

— Oui c’est vrai, mais pas autant.

— Et bien c’est réussi.

— Taka…, commença Mufasa en frottant sa tête contre lui.

— Non, ne me touche pas… Laisse-moi tranquille, coupa son frère qui se décala et se rallongea en boule, enfouissant sa tête entre ses pattes.

Mufasa se contenta de poser la sienne sur ses pattes avant, tout près de son frère, lui chuchotant :

— Je suis désolé. Je ne te ferais plus mal…


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