Roi Lion Multivers. Univers A-2026 : La destinée parralèle de Scar.
Chapitre 6 : Arc 1 : L'enfance. Chapitre 6 : De nouvelles rencontres.
13705 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 07/07/2026 23:38
Les rayons du Soleil levant percèrent les crevasses et orifices de la petite grotte où dormaient les lionceaux, réveillant Taka. Il s’apprêta à réveiller son frère, mais se souvint de ce que Mufasa avait fait hier soir. Il sortit de la grotte. Seul.
En sortant du Rocher, il croisa son père en compagnie de Jafara. Le lion à la crinière tricolore, frère de Tabia et Meselesh. Il était très proche d’Ahadi qui, tout comme Kitwana, le considérait comme un frère. Il faisait partie des ministres qui entouraient le Roi et l’aidaient à gérer le Royaume. Il secondait beaucoup Ahadi, au-delà de la simple tâche que lui imposait son poste de ministre. Il était Porte-Parole des Autres Animaux de la Terre des Lions. Un poste qu’il n’appréciait pas spécialement mais qu’il avait accepté afin d’aider Ahadi. Il travaillait fréquemment avec Moyo, la Chargée du Protocole, des Cérémonies et Réunions, dont il avait été Second, avant d’accepter son Poste de Ministre Porte-Parole des Autres Animaux.
Taka l’aimait beaucoup et chahutait souvent avec lui comme il chahutait avec son oncle, sa mère ou Kitwana. Il n’était pas membre de la famille Royale, mais beaucoup considérait qu’il avait l’allure et la grâce d’un Prince.
— Taka ? Déjà réveillé ? s’étonna son père.
— Oui… Bonjour Jaf.
— Bonjour jeune Prince, fit le lion qui le salua d’un signe de tête.
Taka s’approcha de lui et Jafara vint frotter sa tête contre lui tout en commentant :
— Je vois qu’à peine levé tu as déjà ta petite mèche bien coiffé…, ajouta-t-il en ébouriffant la tête du lionceau.
— Roh Jaf ! râla Taka qui se déroba.
— On dirait ton père au même âge…, ria le lion alors que le Prince remit sa mèche en arrière.
— Vraiment ?
— Oui je mettais aussi ma mèche en arrière quand j’étais lionceau, confirma son père. Puis à l’adolescence quand ma crinière est devenue plus longue ma mèche tombait toujours sur le côté donc je l’ai laissé comme ça.
— Et j’aurai la même crinière que toi ?
— Je ne suis pas sûr. Ta mèche est plus fine, je pense que tu auras la même crinière que mon oncle Amari.
— Roh…
— Râle pas petit Prince. Ton grand oncle est un lion magnifique.
— Ça c’est bien vrai, confirma Ahadi qui ajouta : Jaf je te laisse contacter les zèbres concernant leur conflit. Et n’oublie pas de prévenir que Asante viendra les voir lorsque le Soleil sera au centre du ciel.
— Oui oui je m’en charge. Majesté…, fit le lion qui le salua en inclinant sa tête avant de se retourner pour partir.
— Jaf…, l’interpela Ahadi à la fois amusé et exaspéré.
— Oui mon Roi ?
— Arrête avec le protocole et approche…
Le lion obéit, s’approchant d’Ahadi qui frotta sa tête contre la sienne avant de l’enlacer d’une patte.
— Fait attention à toi, ne prend pas de risque.
— Oui c’est promis, assura Jafara qui le salua ensuite d’un signe de tête avant de partir.
Ahadi se tourna vers son fils.
— Il est où ton frère ? Tu ne l’as pas réveillé ?
— Non. Il va encore se mettre en colère et me faire mal comme hier…
— Il t’a déjà fait cela avant ?
— Parfois. Mais il ne m’a jamais mordu aussi fort.
Son père frotta sa tête contre la sienne. Taka le laissa faire quelques secondes avant de tourner la tête, et demanda :
— On doit retrouver Sarabi, Sarafina et Maka à l’étang du rocher plat, je peux y aller maintenant ?
— Je préfère que tu attendes ton frère. En attendant qu’il se réveille tu peux jouer autour du Rocher des Lions si tu veux. Mais ne t’éloigne pas et ne t’approche pas des lionceaux des lionnes de la Fierté Royale, d’accord ? Ne va pas au Sud du Rocher…
Plusieurs lionnes de la Fierté Royale amenaient régulièrement leurs lionceaux au Rocher, afin de les garder sous surveillance toutes ensembles, ne pouvant pas toujours les laisser avec les membres de leurs Clans pour une raison ou une autre. Ces lionceaux restaient toujours au Sud du Rocher, non loin de la grotte de la Fierté Royale où les lionnes se réunissaient et se reposaient. C’était un des rares endroits où Mufasa et Taka n’avaient pas le droit d’aller dans le Royaume. Leur père leur avait toujours dit de se méfier des lionceaux des lionnes de la Fierté Royale. Ils avaient donc interdiction d’y aller.
Avant qu’ils n’aient l’âge d’aller jouer en dehors du territoire du Rocher des Lions, son frère et lui étaient toujours restés dans les alentours, au Nord du Rocher, sous la surveillance des lionnes de la Fierté Royale. Une fois assez grand pour aller sur les autres territoire, Ahadi préférait largement les laisser partir vers les territoires de leurs amis, plutôt que de les voir aller au Sud du Rocher des Lions où se trouvait les lionceaux de la Fierté Royale.
— D’accord Papa c’est promis, fit Taka qui partit aussitôt.
Le Roi regarda son plus jeune fils sauter de rocher en rocher, soucieux. Il alla retrouver son épouse, surement aux côtés des lionnes de la Fierté Royale, de l’autre côté du Rocher des Lions.
Cette partie du territoire était composé d’une savane et d’un ensemble de rocher parsemé de plusieurs terriers où les lionceaux aimaient se cacher. Raison pour laquelle les lionnes les laissaient ici. En cas de danger, ils pouvaient s’y abriter.
Ahadi traversa les rochers et croisa trois des lionceaux de la Fierté Royale. L’un d’eux, Sefu, qu’il connaissait bien car il s’agissait du fils de Jafara et de Safi, vint le voir. Ressemblant beaucoup à sa mère, il avait le pelage gris taupe clair, et une mèche bicolore : blanche et grise foncé. Ses yeux étaient du même vert foncé que son père. Il était accompagné de son frère adoptif, Manjano, un lionceau costaud et bagarreur à la mèche brune et au pelage ocre jaune. Un troisième lionceau était avec eux : Sekou. Petit lionceau timide au pelage crème clair, des tâches aux pattes et à la mèche blanc cassé et blond aux pointes. Il avait les yeux noirs de son père. Il était le fils de Coumba, la Seconde de la Fierté Royale, celle qui la dirigeait en l’absence de la Reine, et de Kwame, un vieil ami d’Ahadi.
— Bonjour Ahadi !
— Bonjour Sefu.
— On cherche de nouvelles cachettes pour pas que Mhina nous trouve. T’en connais ?
— Réfugie-toi en hauteur, derrière les rochers. Tu le verras arriver sans qu’il te voie et tu pourras changer de cachette si besoin.
— Ok merci !
Les lionceaux partirent aussitôt en courant. Mais ils furent interceptés par d’autres qui arrivèrent sur leur gauche.
— Trouvez ! T’as perdu ! s’exclama un des lionceaux qui avait plaqué Sefu au sol.
C’était Mhina. Un lionceau au pelage crème, à la mèche blanc cassé et aux yeux jaunes. Il était le fils de Basma, une lionne qu’Ahadi appréciait beaucoup pour sa gentillesse et son intégrité. Il lui avait même confié le poste de Ministre Chargé des Ressources.
— Hé ! Mhina t’as triché ! T’as pas compté jusqu’à trente ça compte pas !
Les lionceaux se chamaillèrent alors que le Roi continua sa route, se disant que Mhina était décidément un tricheur tout comme sa tante Coumba. La Seconde de la Fierté Royale était en effet la sœur de Basma.
Ahadi retrouva sa Reine non loin au milieu de la savane, patrouillant sur le territoire du Rocher, aux côtés de quelques lionnes dont deux de ses plus fidèles assistante et amies : Safi, la mère de Sefu et épouse de Jafara, qui possédait le même pelage gris-taupe que son fils et des yeux orange. Elle était Troisième de la Fierté Royale, Chargée de la sécurité du Rocher des Lions. Puis Artémis, la Troisième, Chargée de la Chasse, dont le groupe renforçait les autres en dehors des chasses. C’était une lionne athlétique, au pelage blond avec des tâches aux pattes. Celles que les lionceaux ont à la naissance, et qui disparaissent à l’adolescence. Mais certains les conservent à l’âge adultes, notamment les lions et lionnes de son Clan qui gardent tous leurs tâches de naissance.
Les deux lionnes saluèrent Ahadi d’un signe de tête qu’il leur rendit.
— Un problème ? s’inquiéta Uru.
— Non, du tout. C’est juste pour te dire que Taka joue seul au Nord du Rocher en attendant que son frère se réveil. Si tu pouvais garder un œil sur lui…
— Il pourrait rejoindre les lionceaux de la Fierté, il serait en sécurité, proposa la Reine.
— Uru… Tu sais très bien ce que je pense de ça…
— Mon chéri… Mufasa et Taka sont assez grand pour se défendre maintenant. Et ils sont surveillés. Tu sais qu’ils finiront bien un jour par rencontrer les lionceaux de la Fierté. Et ce qui t’es arrivé ne leur arrivera pas forcément.
— C’est vrai, Sefu est avec les lionceaux en plus, et crois moi il ne laisse personne se faire embêter. Si il arrive quelque chose à tes fils je le saurais, assura Safi.
— Puis ce ne sera pas pire que ce qu’ils ont vécu avec Tafarik et Taj, ajouta Artémis.
— Peut-être…, avoua Ahadi qui finit par dire : Mais on verra plus tard… S’il te plait Uru, veille sur lui, c’est tout.
— Très bien mon Roi, fit Uru en inclinant la tête avec un sourire espiègle.
— Cesse de te moquer de moi, fit son époux à moitié amusé, frottant sa tête contre la sienne et lui chuchotant : Soit prudente.
— Toi aussi mon Roi…
Ahadi lui lécha tendrement la joue avant de se retourner pour reprendre sa route. Uru le regard s’éloigner, avant de se tourner vers les lionnes :
— Têtu comme un zèbre quand il s’y met…, répliqua-t-elle.
— Je t’ai entendu Uru…, fit Ahadi au loin, le ton mesquin.
— Oups…
Taka avançait à l’affut, dans les hautes herbes, puis sauta sur une sauterelle qui lui échappa. Il la poursuivit. Les yeux rivés sur elle. Focalisé sur elle. Oubliant l’environnement qui l’entourait. Il suivit l’insecte à travers les rochers, grimpant de plus en plus haut sur le Rocher des Lions. Jusqu’au moment où il posa une de ses pattes sur une fissure et que le sol se déroba. Il dévala une pente, percutant quelque chose qui trébucha avec lui. Se relevant, il fit face à un lionceau au pelage gris taupe et à la mèche blanche et grise.
— Je suis désolé, je n’ai pas fait exprès… La roche a cédé je suis tombé, s’excusa Taka.
— Oh t’inquiète, c’est pas grave je n’ai rien, fit le lionceau avec un sourire en se relevant. Je ne t’ai jamais vu dans le coin ? T’es nouveau ? Moi c’est Sefu. C’est ma maman qui est dans la Fierté et mon père est Ministre. Et toi ? tu t’appelles comment ?
Le regard de Taka s’écarquilla, comprenant où il s’était aventuré par mégarde. Un rapide coup d’œil vers le Rocher des Lions confirma ses craintes. Il était au Sud. Là où il n’avait pas le droit d’aller.
— Je… je ne devrais pas être là…
Taka fit demi-tours et courra, voulant remonter la pente qu’il avait dévalé.
— Hé mais attends… Non ne vas pas par-là ! Les rochers sont glissant tu vas tomber ! s’exclama Sefu qui partit le rejoindre, voulant s’assurer qu’il ne lui arrive rien.
Il le suivit, grimpant quelques rochers, puis glissa sur une pente. Ses griffes ne parvinrent plus à adhérer. Regardant derrière lui et se préparant à la chute, il sentit des crocs l’agripper au niveau du cou et le tirer.
Taka le hissa sur une plateforme puis le lâcha.
— Merci…, fit Sefu qui se releva. T’as des griffes vachement acérées pour réussir à grimper cette pente…
— Euh… Peut-être, je sais pas, fit le Prince en se retournant.
— Hé attends pourquoi tu t’enfuis comme ça ?
— Mon père m’interdit de venir ici, je vais avoir des ennuis si je reste…
— Oh c’est dommage, t’aurais pu venir jouer avec nous. Si jamais ton père change d’avis n’hésite pas venir nous voir.
Sefu sauta sur un rocher un peu plus bas, rejoignant un chemin qui le ramena au milieu des hautes herbes. Taka de son côté se retourna, courant pour rejoindre au plus vite le Nord avant d’être vu par ses parents. Ceci sans savoir que Uru, perchée un peu plus haut, en compagnie des lionnes, avait vu toute la scène.
— C’est bon, il retourne au Nord du Rocher, dit Safi.
— Il est obéissant ton fils, constata Artémis.
— Ça, c’est quand il le veut…, fit Uru d’un ton exaspéré. Allé on y va les lionnes.
Taka recommença à chasser de petits insectes, faisant cette fois attention à bien rester au Nord du Rocher. C’est peu après que Mufasa arriva, lui sautant dessus depuis un rocher, l’immobilisant au sol.
— Nan Mufasa lâche-moi ! se débattit Taka.
— Calme-toi je vais rien te faire, fit son frère qui ne bougea pas pour autant, attendant qu’il se calme pour lui demander : Pourquoi tu ne m’as pas réveillé ce matin ?
— T’es sérieux ? Tu me poses la question ? Je t’aurais réveillé tu te serais mis en colère et tu m’aurais fait mal !
— Taka…
Mufasa baissa ses oreilles, reculant pour laisser son frère se relever. Mais ce dernier se contenta de s’allonger sur le ventre, les oreilles plaqués avec un air méfiant.
— Ecoutes, je… Je t’ai dit que j’étais désolé. Et je te promets que je ne recommencerai plus. Même si tu me mets en colère, je contrôlerai mes crocs et je te ferai plus mal, surtout si tu t’excuses. C’est promis. D’accord ?
Le regard de Taka s’adoucit, même si il resta méfiant.
— Ok… On verra si tu tiendras ta promesse…
— Oui je le ferai, assura son frère qui s’approcha et frotta sa tête contre la sienne.
Cette fois, Taka ne le repoussa pas. Mufasa fini par l’enlacer entre ses pattes, le serrant contre lui, faisant attention de ne pas poser sa tête là où il l’avait mordillé. Taka se détendit, s’allongeant sur le côté et se laissant faire. Ils restèrent ainsi un moment, blottit l’un contre l’autre, jusqu’au moment où Taka chuchota :
— On va retrouver les autres ?
— Oui on y va, répondit son frère en se levant.
Ils se mirent en route, en silence.
Arrivé à l’étang, ils virent Sarabi et Sarafina s’amuser à plonger Maka dans l’eau.
— Deux contre un vous n’avez pas honte ? demanda Mufasa.
— C’est lui qui nous a cherché, protesta Sarafina qui poussa à nouveau Maka dans l’eau.
— Vous en avez mis du temps à venir, j’ai cru que vous ne viendrez pas, commenta Sarabi.
— Taka ne m’a pas réveillé ce matin, répondit simplement Mufasa alors que Taka, refusant d’approcher l’eau, alla s’installer à l’ombre de l’arbre.
Maka sortie de l’étang et alla directement voir le Prince, allongé contre le tronc de l’Acacia.
— Bah alors, on réveille pas son frère…, taquina-t-il, posant une patte sur lui et commençant à le mordiller.
— Non Maka me touche pas ! Aïe…
Le lionceau stoppa, surpris de lui avoir fait mal alors qu’il l’avait à peine touché. Taka s’était levé pour prendre ses distances, passant sa patte sur son cou.
— Qui t’as fait ça ?
— C’est moi, avoua aussitôt Mufasa. On s’est disputé et… Je lui ai fait mal.
Maka regarda à nouveau Taka, s’approchant de lui, puis commençant à lui lécher le cou.
— Non me touche pas, recula aussitôt le Prince. C’est rien ça va passer…
Son camarade n’avança pas plus, décidant de le laisser tranquille.
— Et si on jouait cache-cache ? proposa Sarabi. Taka tu nous cherches !
— Et cette fois tu me trouveras pas, fit Maka le regard taquin.
— Alors là tu peux rêver, répliqua Taka, le sourire amusé.
Plus tard dans la journée, plusieurs des adultes s’étaient réunis. Allongés en cercle, au milieu des herbes de la savane, tout près de la pointe du Rocher des Lions, ils discutaient de chose et d’autres.
A la droite de la Reine Consort Uru, Kitwana, la mère de Maka et Sarafina. Son frère Tambo, un lion, tout aussi fin et athlétique que sa sœur, au pelage beige, yeux bleus et crinière châtaine. Leur tante Moyo et leur cousine Jamila, fille de Moyo, dont le ventre arrondi annonçait la venue prochaine d’un heureux évènement. A ses côté, Jalia, la mère de Sarabi. A gauche d’Uru, son frère Asante et Jelani. En face, le Prince Kijivu puis Jafara et sa compagne Safi.
Jafara, alors allongé, se redressa pour mieux voir arriver Ahadi, au loin.
— Ah, notre Roi arrive… Qui va-t-il embêter aujourd’hui ?...
— Pour une fois pas moi, répondit Asante. Il s’est déjà vengé de ce que je lui ai fait ce matin.
— C’est peut-être moi, dit Uru. J’ai dit qu’il était têtu comme un zèbre ce matin.
— C’est peut-être moi aussi, ajouta Kitwana. Je l’ai fait tomber dans la boue tout à l’heure et comme la Garde est arrivé pour un problème à régler il a dû partir avant de me rendre la pareil…
— Oula oui je crois que nous avons notre gagnante là, ria Kijivu.
— Sérieux Kit t’en a pas marre de le chercher, s’agaça son frère Tambo allongé contre elle.
— Si j’en avais marre j’arrêterais mon cher frère, tu ne penses pas ?
Le Roi arriva, le sourire espiègle, passant lentement derrière Kitwana, sur ses gardes. Mais il ne fit rien.
— Pour répondre à ta question Jaf… C’est toi que je vais embêter…
— Quoi ?! s’étonna l’intéressé.
Ahadi se plaça à côté de lui, attrapant son cou pour le tirer en arrière. Jafara se laissa faire, s’allongeant sur le côté alors que le Roi posa une de ses pattes sur son épaule, s’allongeant également auprès de lui.
— Mais qu’est-ce que je t’ai fait ? demanda-t-il.
— Il n’y a pas un message que t’as oublié de transmettre ce matin ?
— Euh non…, fit le lion réfléchissant. Les toucans, les zèbres, les hippopotames, les suricates… Non j’ai tout transmis. Aïeu…
— Faux, répliqua Ahadi en lui ébouriffant la crinière. T’as oublié de dire aux zèbres qu’Asante allait venir les voir lorsque le Soleil sera au milieu du ciel…
— Mais si ! J’ai dit qu’il passerait. Enfin, j’ai pas précisé quand, c’est vrai j’ai oublié, mais j’ai dit qu’il passerait.
— Ouais, sauf que les zèbres ont perdu patiente et ont failli se battre avec les gnous pour la Prairie des Trois Arbres du Marécage…
— Oh c’est pas vrai… Je leur ai dit de patienter qu’on allait s’en occuper…
— Bah c’est des zèbres, ils sont têtus comme notre Roi, rappela Uru le ton espiègle en fixant Ahadi.
— Là t’aggrave ton cas ma sœur, commenta Asante alors que son beau-frère lança un regard mesquin a son épouse.
— Boh ça va, c’est pas pire que ce que je lui ai fait ce matin…, intervient Kitwana.
— Oh ne t’inquiète pas ma petite Kit, je m’occuperai de toi plus tard, c’est prévu, dit sournoisement Ahadi.
— Sérieux tu fais pas d’effort, tu pourrais pas perdre la mémoire de temps à autre et oublier ce que je t’ai fait ce matin ?…, répliqua la lionne.
— Ça t’arrangerai bien c’est sûr, fit le Roi le sourire mesquin.
— Nan c’est Jaf qui la perd, sa mémoire, se moqua Asante.
— Va te faire voir Asan…, répliqua Jafara. J’avais tellement de message à délivrer ce matin je pouvais pas me souvenir de tout, j’ai pas une mémoire de tortue moi…
— Justement tu devrais prendre une petite tortue comme assistante, comme ça tu n’oublieras rien…
— Asante, ça suffit, intervint Ahadi. Commencez pas à vous chamailler tous les deux.
— Oui mon Roi. Tout ce que tu voudras mon Roi…
— Et c’est moi que tu traites de fayot, répliqua Jafara.
— Jaf, ne t’y met pas non plus.
— Ok je me tais.
Le calme revenu, Ahadi demanda :
— Alors Kit, tes petits vont mieux depuis que j’ai banni Angolo ?
— Beaucoup mieux. Je vois bien la différence, ils sont bien plus détendus. Mais je m’inquiète par rapport à certains membres du clan.
— Ah ? Pourquoi ?
— Certaines lionnes et certains lions du Clan se méfient de mes lionceaux, surtout de Maka, et ne veulent pas les laisser approcher des leurs. Ou alors ils les surveillent. Ils pensent que… Puisque que Angolo est leur père, ils risquent d’être des lionceaux violent eux aussi.
Ahadi se mit à rire :
— Sérieux ? Mais ça ne veut rien dire. Asante et moi on a eu tous les deux des pères violent, pourtant on est pas violent pour autant…
— Hum… Je me souviens quand même que notre Roi a eu une période durant son adolescence où il était pas mal agressif…, fit Uru le ton espiègle.
— Oui je l’avoue mais c’était pour me défendre. Je m’en prenais pas gratuitement aux autres comme le faisait mon père. Je ne suis pas devenu comme lui… C’est pas héréditaire ça.
— Malheureusement certains membres de mon Clan semblent penser que c’est le cas…, se lamenta Kitwana.
— A dire vrai, intervint Moyo, la tante de Kitwana. C’est surtout ma sœur, Maza, et sa fille Telama qui montent les autres contre Kit.
— Quoi ? s’étonna Ahadi. Mais pourquoi ?
— Comme tu le sais Angolo avait fini par devenir Chef du Clan, notamment par de subtile intimidation, et sous prétexte que sa mère ayant été Cheffe, il devait naturellement lui succéder. Quand tu l’as banni, différents lions et lionnes se sont présenter pour être Chef, et c’est ma sœur Maza qui a été choisi. Sa fille Telama aimerait lui succéder. Sauf que, elles ne sont pas stupides. Elles savent très bien que Maza a été choisie pour son lien de parenté avec Kit. Car dans notre Clan, Kit a beaucoup d’influence. Elle a été Seconde de la Fierté Royale, elle entretient des liens étroits avec les membres de la familles Royales. Elle a été formée par la Reine Amani en personne…
— Ouais. Sans compter le fait qu’elle a toutes les qualités pour être une bonne Cheffe, comprit Ahadi. Donc Maza et Telama ont peur qu’elle leurs fasse de l’ombre, où convoite la place de Cheffe de Clan ?
— C’est ça. Ces derniers temps Kit a contesté certaines décisions prise par Maza. C’était que des conseils, mais Maza, l’a mal pris et se sent menacée par elle car elle sait très bien que Kit pourrait parfaitement prendre sa place si elle le souhaitait...
— Du coup Maza et Telama utilisent Sarafina et Maka pour dénigrer Kit auprès des autres. Dès que Maka joue avec les autres lionceaux, Telama est constamment en train de le reprendre comme si il était toujours violent avec les autres lionceaux alors que non, expliqua Jamila.
— Les trois fils de Telama sont bien plus violents que lui, confirma Tambo. Et bien sûr Maza et Telama ne leur disent rien. C’est même plutôt l’inverse.
— Oui et t’en a fait les frais d’ailleurs, confirma Jamila.
— Comment ça ? Il s’est passé quoi ? demanda Ahadi.
— Un soir où le Clan s’était réuni au complet, avec les adultes éparpillés en plusieurs groupes comme c’est souvent le cas le soir, les lionceaux se sont mis à jouer entre eux comme toujours, expliqua Tambo. En les regardant, j’ai vu qu’à un moment les trois fils de Telama ont commencé à embêter leur cousin Dipita. Tu sais c’est le dernier fils de Tumaini, la sœur de Telama. Il a deux mois maintenant. Maka est bien sûr intervenu pour défendre son cousin. Il a juste poussé ses trois autres cousins d’un coup de pattes pour les éloigner de Dipita. Et ils s’en sont pris à Maka. Ils n’ont pas retenu leurs crocs, ils ont voulu délibérément lui faire mal. Donc je suis intervenu. Je ne leurs ais rien fait, je ne les pas touché. Je me suis contenté de leur dire de le lâcher et ils se sont écartés quand je me suis approché. Telama est arrivé et m’a donné un coup de griffe, en disant que Maka les avait attaqués et qu’ils ont fait que se défendre. Puis elle a parlé bien fort pour que les lions et lionnes du Clan qui étaient autours entendent bien. J’ai expliqué ce qu’il s’est passé Telama a refusé de me croire et a demandé à Dipita si ce que je disais était vrai. Tu parles elle lui a tellement mis la pression qu’il a été incapable de répondre le pauvre.
— Le jour où t’es venu avec une griffure sur la joue c’était elle ? s’étonna Ahadi.
— Ouais.
— Et depuis les trois fils de Telama en profite. Ils s’amusent à provoquer Maka, et quand il se défend, ils se mettent à crier comme si c’était lui qui les agressait ou qu’il leur faisait mal, ajouta Kitwana. Du coup j’ai dit à Maka et Sarafina de ne plus jouer avec eux. Ils jouent de temps à autres avec d’autres lionceaux du Clan sous notre surveillance. Du moins, ceux qui n’ont pas peur d’eux, comme les fils de Tumaini, qui a bien compris le petit jeu de sa sœur.
— Alors c’est pour ça que Maka et Sarafina reste peu dans leur Clan et viennent toujours jouer avec Mufasa et Taka au Rocher ou ailleurs, comprit Uru.
— Oui. Ils sentent bien que certains lions et certaines lionnes se méfient d’eux et disent à leurs lionceaux de ne pas jouer avec eux. Au Clan, soit ils sont seuls, souvent à l’écart, soit ils sont avec les quelques lionceaux avec qui ils peuvent jouer. Dipita et d’autres. Mais le plus souvent ils sont hors du territoire avec Mufasa, Taka et Sarabi.
— En clair elle est en train de les transformer en paria, dit Uru.
— Ça c’est inadmissible, ajouta Ahadi.
— Si il n’y avait que ça, intervint Jamila. Si tu savais les rumeurs qu’il y a sur Kit en ce moment…
— Oh ça va c’est des débilités ça ne m’atteint même pas…, répliqua Kitwana.
— C’est quoi ces rumeurs ? demanda aussitôt Ahadi.
— Par exemple j’ai entendu des lionnes dire que Kit avait choisi Angolo comme compagnon uniquement parce qu’il était Chef du Clan et qu’elle voulait profiter de son pouvoir.
— Pourtant on sait tous qu’il était avec elle uniquement parce que c’est un des rares lion capable de supporter le sale caractère de ma sœur, intervint Tambo que Kit mordilla aussitôt.
— Arrête de l’embêter…, répliqua Moyo alors que sa nièce et son neveu se chamaillèrent. Puis tu sais très bien que c’est Angolo qui voulait à tout prix épouser Kit car c’était la Seconde de la Fierté Royale. C’est lui qui cherchait du prestige, pas l’inverse. Et comme la mère d’Angolo était une amie de ta mère aussi, qu’elle voulait avoir Kit comme belle-fille car elle l’a toujours apprécié, Kit a accepté en pensant que tout allait bien se passer… Sauf qu’une fois devenu Chef, Angolo a vite changé de comportement…
— Oui oui, je le sais tout ça, je disais ça pour l’embêter c’est tout. C’est bon je m’excuse, lâche-moi Kit ! répliqua Tambo immobiliser par sa sœur qui le tenait fermement entre ses griffes et ses crocs.
Elle retira ses crocs mais continua de le serrer entre ses pattes.
— Je te lâche uniquement si tu dis que c’est moi la meilleure, lui dit-elle.
— Oh c’est pas vrai…, répliqua son frère agacé. Ok c’est bon t’as gagné c’est toi la meilleure. Contente ?
— Oui très, confirma sa sœur en lui ébouriffant la crinière avant de le libérer.
— Et sinon il y a d’autres rumeurs sur Kit ? demanda Ahadi.
— Oui. Par exemple elle est amie avec toi uniquement parce que t’es Roi, ajouta Jamila. Qu’elle compte sur ta protection et ton influence pour atteindre ses objectifs…
— Tu parles… Vu le caractère qu’il a si c’était juste ça qui m’intéresserai ça ne vaudrait pas le coup, taquina Kitwana qui s’allongea sur le côté, fixant Ahadi avec un sourire espiègle.
— Roh Kit tu l’as pas déjà assez embêter ce matin ? répliqua son frère.
— Il semblerait que non puisqu’elle continue, fit Ahadi, croisant ses pattes le regard sournois. Donc elle me supporte uniquement pour avoir des privilèges c’est ça ?
— Oui. Il y en a qui pense que c’est uniquement pour ça qu’elle a eu le poste de Seconde de la Fierté Royale. Et pas parce qu’elle en a les capacités. Que sinon elle n’aurait pas perdu le défi que lui a lancé Coumba et sa place de Seconde.
— En clair elles misent sur son seul échec pour la discrédité, dit Uru.
— Si t’avais défié Coumba a ton tour pour reprendre ta place de Seconde comme je t’avais dit de le faire il n’y aurait pas ce genre de rumeur, répliqua Tambo.
— Elle a gagné à la loyale Tam… Et même si je la défie je ne suis même pas sûr de gagner contre elle, se défendit sa sœur.
— Non elle n’a pas gagné à la loyale, intervint Ahadi. Elle t’a défiée alors que tu n’étais pas encore en état de combattre. T’étais pas tout à fais remise de tes blessures causées par les hyènes et t’avais mis bas peu avant… T’aurais été en pleine forme tu aurais gagné.
— On n’en sait rien.
— Si tu le sais.
— Roh mais t’es têtu !
— J’te retourne le compliment.
— Ahadi, j’ai perdu. On va pas revenir là-dessus. C’est elle qui est Seconde de la Fierté maintenant, il faut que tu t’y fasses. Et ne te plains pas, c’est une bonne Seconde elle aussi.
— T’es bien meilleur qu’elle, répliqua Ahadi.
— Il dit vrai, confirma Uru. T’es efficace. Tu te coordonnes très bien avec la Garde du Roi Lion. T’as toujours réussi à créer une bonne cohésion entre les lionnes. Avec toi elles ont toujours donné le meilleur d’elle-même. Coumba est… plus dure. Il y a déjà trois lionnes qui ont quitté la Fierté.
— Elle vient juste d’être nommé Seconde, il faut qu’elle s’adapte. Elle finira par apprendre comment être une bonne cheffe.
— Et si c’est pas le cas ? répliqua Ahadi. Toi t’as toujours eu les qualités pour être une bonne Seconde c’est pour ça que ma mère t’a formée, comme elle a formé Uru à devenir Reine. Dès le début t’as été une excellente Seconde.
Kitwana soupira, détournant la tête, l’air agacé :
— On ne peut pas changer de sujet ?
— Kit si…
— Ahadi, intervint Uru. Changeons de sujet, d’accord ?
Son époux se résigna, faisant un signe de tête affirmatif.
— Oui tiens on va parler de cette rumeur que j’ai entendu sur les lionceaux cachés de notre Roi…, intervint Jafara le ton amusé.
— Quoi ? C’est quoi encore cette histoire ? s’étonna Ahadi.
— Oh bah j’ai entendu des lionnes dirent que Kit et toi vous êtes… très très proches et certains pensent que Maka et Sarafina sont en réalité tes lionceaux.
Ahadi surpris regarda Kitwana, visiblement exaspérée, puis ils observèrent la réaction d’Uru qui, elle, se mit à éclater de rire, roulant sur le dos.
— Ahah c’est trop drôle ! Rien que de vous imaginer tous les deux en train de…
— Ah non ! s’exclamèrent Ahadi et Kitwana d’une même voix, occasionnant des rires chez leurs amis.
— Comment peuvent-elles penser ça, s’étonna Kijivu. Ça se voit que Maka et Sarafina ne sont pas tes lionceaux, ils n’ont rien de toi.
— Ils ont pas grand-chose d’Angolo non plus, intervint Jamila. Son père était issu du Clan des Rives Calcaire, il avait une crinière beaucoup plus claire et le pelage un peu moins beige. Sarafina et Maka tiennent surtout de leur mère.
— C’est pas faux, admit Tambo qui ajouta : mais ils sont plus costauds que les autres lionceaux du Clan et ça ils le tiennent d’Angolo.
— Maka a une mèche plus rêche aussi, ça c’est de son père qu’il le tient, ajouta Moyo.
— C’est vrai. En tout cas ils sont pas de notre Roi ça c’est sur… A moins que… ? taquina Tambo.
— Roh arrête Tam ! s’exclama Kit qui le mordilla.
— Cette histoire va trop loin, je vais m’en mêler, décida Ahadi.
— Non ne fait pas ça, intervint aussitôt la lionne. Ça pourrait empirer, tu ne peux pas intervenir, ça fait partie des règles établit entre les Clans et les Monarques. Les Rois et Reines ne peuvent pas choisir les Chefs des Clans, ni intervenir dans leurs décisions et leur façon de gérer le Clans du moment que les principales règles du Royaumes sont respectées... Et t’es déjà en conflit avec les membres de certains Clan depuis que Tigisi et les autres ont été bannis…
— Je me moque d’être en conflit avec les Clans. Je ne vais pas me mettre à les craindre, c’est eux qui vont me craindre, répliqua Ahadi. J’ai déjà prévu de remettre de l’ordre dans tout cela lors de la prochaine réunion des Clans. Etant donné ce qu’il s’est passé dernièrement je compte bien leur faire comprendre que je les aurais à l’œil et que je n’hésiterai pas à intervenir en cas de malveillance. Si Maza et Telama comprennent qu’elles sont surveillées, elles vont surement se calmer. Et elles auront intérêt à le faire…
— T’es sûr de ce que tu fais ? Il va y avoir des lions et des lionnes à qui ça ne plaira pas ça…, s’inquiéta Kitwana.
— Et bien ils n’auront qu’à quitter le Royaume. Depuis Mohatu 2 certains Clans ont pris trop d’assurance et se croient tout permis. Ici le Roi c’est moi. Ce qui me donne le droit de défaire, modifier les lois de mes ancêtres à ma guise et d’en créer de nouvelles.
— Peut-être mais fait gaffe. Si tu contrôle trop les affaires des Clans certains pourraient monter les autres contre toi en te traitant de tyran…
— T’inquiète pas j’ai tout prévu, rassura-t-il. Puis j’en ai parlé à la Reine Bara. J’ai son soutient et celui des Lions du Passé.
— Très bien, c’est bon à savoir.
— Allons Kit… Notre bon Roi a peut-être un sale caractère mais c’est pas un tyran, taquina Jafara.
— Lèche-patte va…, commenta le Chef de la Garde.
— Asante…
— Ok je me tais…
— Fais gaffe… Il y a les lionceaux qui arrivent et qui ont prévu de te prendre en embuscade…, ajouta Ahadi le sourire espiègle.
Peu après, Mufasa, Taka, Sarabi, Sarafina et Maka sortirent des hautes herbes où ils étaient cachés et se ruèrent sur Asante qui se mit à courir avant de se retourner pour leur faire face. Se trouvant vite dépassé, il parvint à se déloger et prit la fuite, grimpant en haut d’un grand roché inaccessible pour les lionceaux.
— Roh mais pourquoi c’est toujours moi ? Vous pouvez pas vous attaquer à quelqu’un d’autres sérieux ?! râla-t-il alors que les lionceaux sautaient, essayant de l’atteindre.
Ne parvenant pas à l’attraper, ils finirent par jouer entre eux, se chamaillant sous le regard des adultes qui les observèrent, amusé. Kitwana, toujours soucieuse des rumeurs qui courraient au sujet de ses petits, demanda :
— Sérieusement, vous trouvez que mes lionceaux sont violents ?
Ils regardèrent Mufasa et Taka sauter sur Maka, le plaquant férocement au sol.
— Non, pas plus que les miens, fit Ahadi amusé.
— Même avec les autres lionceaux du Clans ils ne sont pas violent avec eux Kit, assura Jamila.
Sa cousine observa Maka et Taka se mordillant et se poussant.
— Oui… Enfin, j’aimerai quand même que Maka face un peu plus attention avec Taka, comme il est plus frêle que lui, j’ai peur qu’il lui fasse mal.
— Aïeu ! Doucement avec tes crocs Taka ! se plaignit Maka.
— Pardon…
— Apparemment c’est plutôt l’inverse, commenta Uru qui s’allongea sur le côté, se blottissant contre Kitwana qui se mit à toiletter le cou de sa Reine.
Les lionceaux jouant ensemble et l’ayant complètement oublié, Asante descendit de son rocher et alla rejoindre les adultes.
— Oh te revoilà… T’as survécu à l’assaut des lionceaux, se moqua Ahadi.
— Ahah très drôle, répliqua Asante. Qu’est-ce qu’il fait mal avec ses crocs ton fils sérieux…
— Oui j’arrête pas de dire à Mufasa d’y aller doucement, surtout avec son frère…
— Ah mais non c’est pas de Mufasa que je parle mais de Taka… Crois moi il a les crocs pointus. Il n’a pas hérité que de ta crinière noire ou de tes beaux yeux verts…
— Beaux yeux verts, répéta Ahadi espiègle. Tu oses me draguer devant ton compagnon…
— Roh mais non ! Tu sais très bien que t’es pas mon genre.
— Mouais mouais… J’espère que ça te fais pas peur un peu de concurrence Jelani ?
— Oh mais je ne suis pas de taille face à un Roi, répondit le Garde. Vas-y je te laisse.
— Non merci, sans façon il est à toi…
— Nan mais vous êtes sérieux vous deux ! s’exclama Asante regardant tours à tours son compagnon et son Roi qui se mirent à rire.
— Ouah t’es vachement désiré…, commenta Jafara.
— Ferme-la…
— Sinon quoi ?...
— Arrêtez-vous deux, stoppa Ahadi.
Asante, le regard espiègle, eu une soudaine envie de l’embêter. Il s’approcha et s’affala à moitié sur lui.
— Asante…, s’exaspéra Ahadi. Va-t-en de là…
— … Hum… Non, je suis bien comme ça.
Il pencha sa tête en arrière et lui mordilla l’oreille, faisant aussitôt réagir son Roi qui râla :
— Oh mais qu’il est chiant quand il s’y met…
Ahadi le fit tomber et l’immobilisa au sol entre ses pattes avant, l’une sur le cou, l’autre sur les épaules, le mordillant jusqu’à ce qu’il arrête de bouger, au bout de quelques secondes.
— Je confirme, ton fils a les mêmes crocs que toi, s’exaspéra Asante.
— Pire que les miens ? taquina Ahadi qui fit exprès de le mordiller a nouveau quelques secondes pour le faire réagir.
— Aïeu ! fit aussitôt Asante. Non pas pire que les tiens. Pire que les tiens ça n’existe pas…
Ahadi se mit à rire, toilettant la crinière de son beau-frère.
— En tout cas Taka est bien en forme pour un lionceau qui ne devait pas survivre, fit remarquer Moyo en observant les petits qui jouaient.
— Quoi ? s’étonna Jamila. Comment ça il ne devait pas survivre ?
— Quand ils sont nés, Taka était très maigre et il mangeait très peu. Pas assez pour prendre suffisamment de poids, expliqua Ahadi le regard douloureux. Le Mjuzi Royal nous avait dit qu’il avait peu de chance de survivre, et… de ne pas trop nous attacher.
— Et on a fait tout l’inverse, intervint Uru. Ahadi a voulus qu’on l’appelle Taka, comme le surnom de sa mère, pour lui porter chance. Et on restait auprès d’eux le plus longtemps possible. Comme il mangeait peu je veillais à ce qu’il tête plus souvent que son frère, et quand je dormais c’était Ahadi qui veillait sur lui et le replaçait pour qu’il puisse téter.
— Asante, Kit, Jaf et Tam m’ont aussi relayé quand je m’absentais et que Uru dormait, ajouta Ahadi. On n’a rien lâché. Ça a été dure, mais finalement au bout de quelques jours le Mjuzi Royal nous a dit qu’il avait bien repris du poids et qu’il était sorti d’affaire.
— C’est un costaud ce petit…, fit Asante. Il a même échappé aux crocs d’Omari.
— Oh purée me rappelle pas ça…, fit Ahadi.
— Omari a failli le tuer ?! s’étonna Jamila.
— Oui… Quand il est venu avec ses frères, il a réussi à rentrer dans la Caverne. Uru et moi on l’a aussitôt suivi, et comme Uru est plus rapide elle a réussi à l’attraper.
— De justesse, les crocs d’Omari se sont posés quelques secondes sur Taka, expliqua la lionne.
— Je me souviens encore du cri qu’il a poussé…, se rappela Ahadi qui en frissonna. Uru a attrapé Omari au cou pour le faire lâcher et le tirer en arrière. Je suis arrivé je lui ai donné un coup de griffe au visage, il a réussi à se dégager et a fui. Je l’ai poursuivi et Uru est resté avec les petits. La suite vous la connaissez…
— Ouais, t’as filé à Omari la raclée de sa vie, résuma Asante.
— Et Taka il a été blessé ?
— Heureusement non, il a juste eu mal quand Omari l’a saisie. Et il sursautait et se crispait quand on entrait en contact avec lui. Ça s’est calmé quand il a ouvert les yeux. Ce qui est arrivé dès le lendemain de l’attaque d’ailleurs…
— C’est peut-être pour ça que Taka n’aime pas qu’on le touche, ajouta Uru.
— Oui c’est possible. En tout cas il a eu beaucoup de chance. Chétif comme il est ça aurait pu être plus grave… Mufasa aurait mieux encaissé les crocs d’Omari, il était déjà bien costaud à cet âge-là. Mais Taka…
— Le plus étrange c’est qu’en général c’est Mufasa qui dort sur lui, donc normalement c’est lui que Omari aurait dû attraper, ajouta Uru. Mais ce jour-là c’est Taka qui s’était allongé sur le dos de son frère.
— Entre ça puis le fait d’avoir failli ne pas survivre à la naissance, c’est à croire qu’il a la poisse ce petit, fit Jafara.
— C’est toi qui vas nous porter la poisse en disant cela…, répliqua Asante.
— Ne commencez pas tous les deux…, stoppa Ahadi. Bref Taka a survécu à tout cela et… Même si il est chétif…
Il regarda Taka courir et sauter sur Maka, le plaquant au sol.
— Il est en pleine forme… Et nous fais pleins de bêtises, ajouta le Roi d’un ton exaspéré.
— Oh t’exagère il ne fait pas autant de bêtises que ça…, ironisa Asante.
— Oh que si, il me rend dingue, fit aussitôt Ahadi, déclenchant les rires de ses amis. Il se met tout le temps en danger. Je lui dis de ne pas s’approcher d’un truc… Il le fait ! Et il est tout le temps en train de grimper partout puis après il saute pour descendre. Et de haut en plus. Un de ces jours il va finir par se casser quelque chose…
— N’empêche jusque-là il ne s’est jamais rien cassé, commenta Uru.
— Oui bah on va éviter que ça arrive…
— Sa Majesté ne serait-elle pas un brin surprotecteur avec son plus jeune fils ? demanda Asante le ton espiègle.
— Non, se défendit aussitôt Ahadi. Pas plus qu’avec Mufasa…
Il jeta un œil sur ses fils et vit avec effroi que Taka était monté en haut du rocher où s’était réfugier Asante un peu plus tôt.
— C’est pas vrai qu’il a réussi à monter jusque-là ! s’exclama-t-il en se levant aussitôt pour aller le voir.
Amusé, Asante chuchota aux autres :
— Vous avez remarqué que c’est toujours lui le premier à intervenir quand ils sont en difficulté ?
— Oh que oui…, confirma Kitwana.
— Taka descend de là tout de suite ! fit Ahadi en arrivant au rocher. Tu vas tomber et te faire mal…
— Je… J’ai peur de descendre…, avoua Taka tremblant, recroquevillé en haut du rocher.
— Ah c’est malin… Viens je vais t’aider, lui dit son père en se dressant sur ses pattes arrière, atteignant à peine le haut du rocher où se trouvait son fils.
— Non je… Je préfère que ce soit Maman…
— Mon Chéri, ton père arrivera mieux que moi à te faire descendre, lui dit sa mère. Fait-lui confiance.
Le lionceau regarda son père, soucieux.
— Viens approche du bord… Ne t’inquiète pas tu vas pas tomber je suis là.
Taka s’approcha doucement, continuant de trembler.
— Si je te tiens pour t’aider est-ce que tu arriveras à descendre tout seul ?
— N… Non… J’ai trop peur.
— Ok alors approche encore un peu. Sors bien tes griffes pour ne pas glisser sur la roche.
Le lionceau avança encore un peu, ses pattes avant se retrouvant à la verticale sur la paroi. Cette fois il était assez près. Ahadi l’attrapa doucement au niveau du cou et le tira vers lui, l’attrapant entre ses pattes avant et se laissant tomber sur le dos, son fils sur lui. Taka qui ne s’était pas attendu à cela se mit à rire, avant de sauter dans l’herbe. Il s’apprêta à rejoindre ses camarades qui étaient repartis jouer, mais Ahadi qui venait de se lever, le reteint, une patte devant lui.
— Minute… T’oublis pas quelque chose ?
— Quoi ?! s’exclama Taka d’un ton râleur, voulant aller jouer.
— Qu’est-ce qu’on dit quand quelqu’un nous aide ?
— Ah oui… Merci papa chéri que j’aime de tout mon cœur…
Le lionceau tenta de partir, mais son père le retint à nouveau.
— J’ai pas terminé Taka…
— Mais quoi encore ?! J’ai dit merci…
— Taka… Déjà de un, ne me parle pas sur ce ton. Et de deux, je te laisse aller jouer, mais ne retourne pas sur ce rocher d’accord ? Je te fais confiance alors ne recommence pas. Sinon tu viendras avec les adultes.
— Ok ok promis je remonte plus sur ce rocher… Je peux aller jouer maintenant ?
— Va jouer, s’exaspéra son père qui lui ébouriffa la mèche en ajoutant : Et arrête de te mettre en danger ! D’accord ?
— Oui oui d’accord, fit Taka qui parvint à se déloger et courra rejoindre les autres.
De son côté le Roi alla rejoindre ses camarades.
— Taka a l’air d’avoir un sacré caractère, fit remarqué Jalia, la mère de Sarabi.
— Oh que oui, confirma Ahadi. Il m’épuise des fois…
— Genre t’arrives à mettre à genou tout un Clan mais t’as du mal à te faire obéir par un lionceau de six mois ? fit Tambo le ton moqueur.
Le Roi, qui venait de s’allonger en face de lui, croisa ses pattes avant, le fixant d’un sourire espiègle. Attitude qui signalait qu’il allait devoir attendre un peu avant de le vanner à nouveau car la prochaine fois qu’il allait l’embêter, il allait venir le mordiller comme il le faisait avec Asante et parfois Kitwana, qui eux passaient leur temps à dépasser les limites. Mais ce n’était pas le cas de Tambo, Kijivu et Jafara qui, bien qu’ils aimaient bien charrier Ahadi, évitaient de dépasser les limites.
— Répète ce que tu viens de dire, fit le Roi avec un sourire mesquin, le ton amusé.
— Non non c’est bon je m’excuse, dit aussitôt Tambo.
— P’tit joueur, se moqua Kitwana posant la patte sur la tête de son frère et lui ébouriffant la crinière.
— Hé je suis pas comme toi ou Asante je joue pas avec le feu moi.
Ahadi se mit à rire, amusé, avant de reprendre plus sérieusement :
— Le problème de Taka c’est que devant moi oui il va obéir. Bon il va râler, mais il obéit. Par contre quand j’ai le dos tourné il n’en fait qu’à sa tête. Puis alors il commence à négocier. Quand il fait une bêtise, il me fait sa tête de lionceau battue et me promet qu’il ne recommencera plus…
— Plus exactement il dit : « Je te promet que je ne recommencerai plus mon petit Papa chéri… », ajouta Uru, leur camarade se mettant à rire.
— Vraiment il dit ça ? demanda Kitwana.
— Ah je te jure que c’est vrai, confirma Ahadi.
— Et beh… Si il est comme ça à 6 mois, à l’adolescence ça promet…
— Ah m’en parle pas, j’ai pas hâte…, se lamenta-t-il.
— Bah prépare toi ça va vite arriver, rappela Uru. Dans six mois ils auront un an et vont commencer leur entré dans l’adolescence…
— Et ils pourront assister aux tournois et même y participer en candidat libre, ajouta son frère.
— Oui bah pas tout de suite, ils attendront un peu… Et y-a rien de drôle Asante.
Ahadi se mit à le mordiller.
— Un autre qui va surement avoir un sacré caractère aussi c’est Maka…, ajouta Tambo.
— Y-a des chances…, confirma sa sœur. J’espère qu’il aura moins de caractère qu’une certaine personne…
— J’ai un très bon caractère ! protesta Ahadi.
— Comment tu sais que je parle de toi ? demanda Kitwana qui posa sa tête sur sa patte avant, le regard espiègle.
— Ça m’étonnerait que Maka soit pire que lui… Aïeu, dit Asante qui se fit mordiller.
— Boh de toute façon Maka ne devrait pas poser de problème, intervint Tambo. Avec Kit on a bien réussi à calmer le sale caractère d’Ahadi quand il était plus jeune.
A peine fini sa phrase, il plaça sa patte devant sa bouche, l’air de dire « oups ».
— Oh la boulette…, ria Asante alors que tous se tournèrent vers Ahadi, l’air amusé et attendant la suite des évènements.
Ce dernier afficha un sourire mesquin. Il attendait justement le moment où Tambo baisserait sa garde et l’embêterai à nouveau pour le taquiner à son tour.
— On va voir qui va calmer qui, fit le Roi en se levant lentement.
— Non non je m’excuse ! Je retire ce que j’ai dit…, dit aussitôt Tambo qui s’allongea à moitié sur le dos.
Ahadi se contenta d’agripper sa crinière au niveau de l’encolure, le tirant pour l’obliger à se rallonger sur le ventre afin de pouvoir lui ébouriffer le dessus de la tête, ce qu’il détestait. Tambo ne résista pas, se contentant de soupirer, agacé, alors qu’Ahadi s’allongea auprès de lui, une patte sur sa tête avec un sourire satisfait.
— Roh c’est pas drôle je pensais que t’allais un peu plus lui résister quand même, fit Asante déçu.
— A quoi bon je suis pas de taille contre lui…
— Et dire que t’as remporté cinq fois les compétitions de combat libre…, fit Asante. Tu parles d’un champion…
— Allons tu sais très bien que c’est notre Roi le vrai champion du Royaume, rappela Jafara.
— Lèche-patte…
Jafara, non loin d’Asante, lui lança du sable au visage d’un coup de patte sur le sol. Le Chef de la Garde réagit aussitôt, se levant puis l’immobilisant pour le mordiller.
— Aïe, fais doucement avec ma patte ! se plaignit Jafara qui abandonna toute résistance, ne pouvant le repousser avec sa patte boiteuse.
— Asante…, avertie Ahadi.
— Oui oui je sais, pardon, fit le Chef qui cessa aussitôt son attaque, s’allongeant auprès de Jafara et toilettant sa crinière pour s’excuser.
— Tu comptes participer au prochain tournois des combats libres Tam ? demanda Jalia.
— Bien sûr.
— Si tu remporte la compétition se sera ta sixième victoire, fit remarquer Kijivu. Encore une septième et tu pourras devenir Lauréat dans la Catégorie des Combats Libre alors.
— Ouais, c’est ce que je vise justement.
— Comme Jela, ajouta Asante. Encore deux victoires au tournois des Lions Forts et il sera Lauréat.
— Deux Lauréats en plus dans notre groupe…
— Ne vous précipitez pas, j’ai pas encore le titre…, intervint Tambo.
— Y-a pas de raison que tu ne l’aies pas, lui dit Ahadi qui se mit à toiletter sa crinière. Tu fais partie des lions les plus fort du Royaumes…
— Quand je serai Lauréat je le serai oui…
Leurs discussions fut interrompu par l’arrivé de Mufasa et Taka, suivit par leur camarade restant un peu en retrait.
— Papa… Il a y des lionceaux là-bas… On peut aller les voir ? demanda Mufasa.
Ahadi regarda dans la direction que son fils lui indiqua. De l’autre côté du Rocher des Lions, ils pouvaient voir une quinzaine de lionceaux jouer aux milieux des roches.
— Se sont les lionceaux des lionnes de la Fierté et des membres du Conseil, je vous ai déjà dit de ne pas les approcher…
— Ahadi…, intervint Uru. Tu te souviens de ce que je t’ai dit ce matin ? Laisse-les aller les voir. On est là. Si il se passe quelque chose on peut intervenir…
Il hésita, puis répondit :
— Ok… Vous pouvez aller jouer avec eux mais si il y a le moindre souci vous venez nous voir.
— D’accord, fit aussitôt Mufasa qui frotta sa tête contre celle de son père.
Les lionceaux partirent en courant, sous le regard méfiant d’Ahadi.
— Relax, fit Jafara se prélassant contre Asante qui continuait de toiletter sa crinière. Sefu est avec eux il ne laissera rien leur arriver…
— C’est pas Sefu qui m’inquiète, c’est Mhina…
— Bof ? Ok il est pas toujours gentil avec ses camarades, mais il est loin d’être comme ceux que nous avons connu quand nous étions lionceaux. Il est facile de le remettre à sa place lui.
— On va bien voir… J’arrive à les entendre d’ici…
Sur le chemin, Maka s’inquiéta :
— On est vraiment obligé d’aller les voir ? Avec Sarafina on les a déjà croisés, il y en a c’est de vrai crétin…
— T’inquiète pas je te protègerai…, se moqua Taka.
— Toi ? C’est plutôt l’inverse oui…
— Espèce de…
— Commencez pas à vous chamailler vous deux, avertit Mufasa.
Ils arrivèrent vers les lionceaux qui arrêtèrent leur jeu, se rassemblant, certains s’allongeant sur des rochers. A peine arrivé Mhina les interpella :
— Tiens tiens, mais c’est Maka et Sarafina… Vous êtes bien loin de chez vous, qu’est-ce que vous êtes venu faire ici ?
Maka sembla mal à l’aise. Mufasa et Taka s’échangèrent un regard, décidant de rester en retrait pour observer.
— On est venu jouer dans les environs avec nos amis et… Euh…
— Hé mais je te reconnais toi… ! s’exclama un lionceau.
C’était Sefu qui descendit du rocher sur lequel il s’était allongé pour aller voir Taka.
— C’est toi que j’ai vu ce matin non ?
— Oui c’est moi, confirma Taka.
— On voulait savoir si on pouvait venir jouer avec vous, ajouta Mufasa.
— Jouer avec nous ? ria Mhina. Ça reste à voir. On n’accepte pas n’importe qui ici…
Mufasa et Taka s’échangèrent un regard surpris.
— Roh Mhina…, fit Fisseha, une petite lionne blonde aux pattes tacheté l’air agacé.
— Mhina, commences pas…, répliqua Sefu exaspéré.
— Vous savez qui nous sommes ? poursuivit le lionceau ignorant ses camarades. Nous sommes tous des lionceaux qui ont des lions et lionnes influant comme parents. Ma mère est Ministre et gère les ressources du Royaume. Et ma tante n’est ni plus ni moins que la Seconde de la Fierté Royale. Ce qui n’est plus le cas de votre mère, Maka et Sarafina étant donné que ma tante a battu votre mère et qu’elle a perdu sa place de Seconde…
Maka montra les crocs.
— Mon grand-père est aussi le Chef des Eclaireurs et mon oncle Tambo est l’un des Seconds… Si on voulait on pourrait aussi venir jouer ici…
— Et de toute façon ça ne change rien cette histoire, intervint Taka. Que je sache il n’y a pas que les lionceaux des Fiertés ou du Conseil qui peuvent venir joueur ici…
— Oui c’est vrai. Vous pouvez venir jouer ici, avoua Mhina. Mais pour jouer avec nous et bien… Comme je l’ai dit, on ne fréquente pas n’importe qui, ça a toujours été comme ça dans ce groupe. Donc tout va dépendre de qui vous êtes tous les deux et qui sont vos parents…
Sarabi et Sarafina éclatèrent rire. Un sourire mesquin apparut sur le visage de Mufasa et Taka qui avaient bien hâte de faire descendre ce petit prétentieux de son piédestal. Maka leur demanda aussitôt :
— Oh je peux lui dire s’il te plait ? Je peux, je peux, je peux ?
— Vas-y fais-toi plaisir, dit Mufasa.
Maka fixa Mhina, le sourire espiègle :
— Je vous présente le Prince Taka, Deuxième Héritier du Roi Ahadi et de la Reine Uru. Et son frère, le Prince Mufasa, Premier Hériter du Roi Ahadi et de la Reine Uru. Futur Roi de la Terre des Lions.
Maka et ses camarades se délectèrent de voir la mine de Mhina se décomposer. Les autres lionceaux se rapprochèrent aussitôt, intrigué, surpris ou admiratif comme Sefu qui s’exclama :
— Ah mais oui ! J’aurais dû deviner ! Mon père m’a dit comment vous étiez tous les deux. L’un grand, crinière rousse et pelage ocre jaune, et l’autre plus petit, crinière noire et pelage roux. Sans oublier les yeux verts !
— Mais, qui est ton père en fait ? demanda Taka.
— Jafara, le Porte-Parole des Autres Animaux de la Terre des Lions.
— Jaf ?! Ton père c’est Jaf ?!
— Oui oui !
— Mais alors… Vous êtes vraiment les Princes Héritiers du Royaume ? demanda Mhina.
— Et oui, confirma Mufasa. Et comme tu l’as dit… Nous aussi nous n’avons pas pour habitude de fréquenter n’importe qui… Alors…
Il se retourna pour partir, imité par son frère et ses amis.
— Hé non attendez ! s’exclama aussitôt Sefu qui les rattrapa.
Il se plaça devant eux, leur barrant la route, avant de poursuivre :
— Ne faites pas attention à Mhina, c’est qu’un crétin, il fait ce coup-là à tous les nouveaux…
— C’est pas vrai !
— Si t’es qu’un crétin ! répliqua Sefu qui poursuivit : Il y a des lionceaux ici qui n’ont pas de parents qui sont au Conseil ou dans la Fierté Royale, comme Badou.
Il désigna un lionceau un peu plus âgé, le pelage jaune pâle, dont la mèche, aussi touffu et rêche que celle de Maka, était crème et brune.
— Si Badou est ici c’est parce que c’est mon cousin ! défendit Mhina. Nos mères sont sœurs et ma tante qui est Seconde de la Fierté Royale est aussi sa tante.
— C’est bien ce que je disais…, fit Sefu. Il y en a qui sont ici parce que c’est leurs oncles ou tantes qui sont au Conseil ou dans la Fierté Royale, et d’autres c’est parce que c’est des cousins plus ou moins éloigné…
— Oui c’est vrai, intervint Fisseha. Parfois mes cousins viennent jouer avec nous et leurs parents ne sont ni dans la Fierté Royale ni au Conseil.
— Voilà ! Alors venez jouer avec nous tous les cinq, insista Sefu. On allait commencer une partie de cache-cache…
— Un cache-cache ? C’est mon frère qui va être content, fit Mufasa qui s’amusa à ébouriffer Taka qui le repoussa d’une patte en râlant.
— Mais, vous êtes vraiment frère tous deux ? interpella Badou, septique.
— Oui pourquoi ?
— Vous ne vous ressemblez pas du tout.
— Bah ça veut rien dire, intervint Sefu. Les frères et sœurs ne se ressemblent pas forcément, surtout si leurs parents sont différents.
— C’est vrai. Moi j’ai hérité du pelage de mon père et ma crinière c’est du côté de ma mère, expliqua Mufasa d’un haussement d’épaule. Taka a hérité du pelage de notre mère et sa crinière de notre père. Mes yeux je les tiens de notre mère, Taka les tiens de notre père.
— C’est pas faux ça, en fait vous êtes les exactes opposé tous les deux, ria Sarabi.
— Ouais, ria également Mufasa. Alors p’tit frère, partant ou une partie de cache-cache ?
— Mais toujours mon cher frère…, répondit Taka le regard taquin.
Mhina s’avança vers eux le sourire sournois :
— Ils viennent juste d’arriver, on devrait peut-être trouver un autre jeu. Il ne faudrait pas les décourager après tout…
— Et pourquoi on serait découragé ?
— Je suis imbattable à ce jeu. Les autres mettent longtemps à me retrouver…
— Ah oui ? fit Mufasa qui se tourna vers son frère. On accepte de jouer avec vous mais à une condition… C’est Taka qui cherche…
— Pourquoi lui ?
— Ils nous trouvent toujours tous rapidement, répondit Sarabi.
— Impossible, tu ne me trouveras pas, fit Mhina.
— On verra bien, dit Mufasa qui chuchota à l’oreille de son frère : trouve-le en premier, ridiculise-le…
— J’y compte bien, confirma Taka.
Il alla se placer devant un rocher pour compter pendant que les autres se précipitèrent pour se cacher. Et comme prévu avec son frère, il fit en sorte de trouvé Mhina en premier. Et très rapidement. Ce qui ne manqua pas d’agacer le lionceau :
— C’est pas possible ! T’as triché !
— Non. Je suis juste meilleur que toi…
Taka passa devant lui, le narguant d’un sourire. Mhina le poussa pour le faire tomber et l’immobilisa au sol :
— Avoue que t’as triché !
— Lâche-moi tout de suite !
— Avoue-le !
Mhina fut bousculer par un lionceau qui lui fonça dessus, l’envoyant rouler au sol. Il se releva aussitôt, faisant face à Maka qui s’était placé devant le Prince qui se releva.
— Je t’interdis de le toucher !
— Ah oui ? Viens je t’attends ! Ma tante a mis la misère à ta mère et je vais faire pareil !
Une provocation qui réussit, Maka lui sauta dessus. Le lionceau fut surpris de la force que ce dernier, un peu plus jeune, pouvait avoir et perdis rapidement l’avantage. Son cousin, Badou, arriva. Il se mirent à deux sur Maka. Taka intervint aussitôt, agrippant Badou au cou pour le tirer en arrière, rapidement aidé par Sarafina et Sarabi, alors que Mufasa bouscula Mhina. Son cousin et lui reculèrent alors que les autres lionceaux arrivèrent, les encerclant pour les empêcher de continuer à se battre. Sefu les disputa :
— Mais ça va pas Mhina !?
— Il a triché !
— Non il n’a pas triché ! C’est juste toi qui est mauvais joueur !
— Je veux ma revanche !
— Certainement pas ! répliqua Mufasa. Hors de question que tu rejoue !
— Quoi ?! s’étonna Mhina.
— On va refaire une partie, mais sans toi. Si c’est pour être aussi agressif quand tu perds c’est pas la peine que tu joues !
— T’as pas le droit de m’interdire de jouer !
— T’en est sur ? Je suis un Prince, Premier Héritier du Trône et le futur Roi. Alors si je dis que tu joues plus, tu ne joues plus ! C’est clair ?
Mufasa avait beau être plus jeune que lui, il faisait presque sa taille, et Mhina n’osa pas lui tenir tête.
— Oui…, marmonna-t-il.
— Tu pourras participer à la partie suivante, à condition de ne pas recommencer et de faire des excuses à Taka et Maka…
— Maka ?! Mais c’est lui qui m’a attaqué !
— Tu l’as provoqué ! Et vous étiez à deux sur lui.
Mhina fixa Maka, en colère, puis partie, l’air boudeur, suivit par son cousin Badou et trois autres de leurs camarades. Les autres restèrent auprès des Princes. Mufasa se tourna vers son frère :
— Tu recompte Taka ?
— Allez vous cacher.
Ils partirent aussitôt alors que le lionceau commença son décompte.
Parmi le groupe des adultes, Ahadi avait observé et surtout écouté la scène de loin.
— Alors ? demanda Asante. T’arrives toujours à les entendre ?
— Ouais. Ils ont réussi à remettre Mhina à sa place. La situation semble sous contrôle.
— Ah ! Tu vois ! Qui avait raison ? demanda Uru, toujours allongé contre Kitwana.
Ahadi eu un sourire exaspéré alors qu’il se leva. Il s’approcha se sa compagne, frottant sa tête contre la sienne en disant :
— C’est toi ma Reine…
Puis il releva la tête et ajouta avec un ton espiègle :
— Kiiiiit….
— Oulala… J’aime pas du tout la manière dont tu as prononcé mon nom, fit la lionne allongée contre Uru.
— Ouais ça pu ça, confirma Asante.
Ahadi eu un petit rire avant de poursuivre :
— Mais non tout vas bien se passer… Viens donc avec ton Roi, on va faire un petit tour…
— Ah vous allez faire de nouveau lionceaux cachés ? plaisanta la Reine Consort.
— Uru ! protesta aussitôt Ahadi.
— Désolé c’était tellement tentant…
— Vaut mieux qu’elle le prenne comme ça, plutôt qu’elle pense que tu la trompes…, fit Jafara.
— Oui c’est sûr, je ne vais pas me plaindre…, dit Ahadi qui ajouta : Kiiiit… Ne fais pas attendre ton Roi…
— Roh… J’imagine que des excuses ça changera rien ?
— Non ça changera rien…
— Ok…
Kitwana se leva lentement, l’air exaspéré et suivit Ahadi, le rattrapant. Le pas lent il s’éloignèrent du groupe.
— C’est normal qu’on se dirige vers les marécages ? demanda-t-elle.
— Oui c’est normal…
— Je te préviens si t’as l’intention de me jeter dans la vase je t’emmène avec moi dans ma chute.
— Ok. Du temps que t’y est aussi ça me convient…
Les soir venu, Mufasa et Taka expliquèrent à leurs parents, venus leurs dire bonne nuit, ce qu’ils s’étaient passé avec les autres lionceaux, notamment la dispute avec Mhina.
— Je n’aime que vous abusiez de votre rang tous les deux mais cette fois-ci c’était mérité, approuva Ahadi. Mhina est revenu jouer ensuite ? Il s’est bien conduit ?
— Oui. Il ne s’en est pas reprit à Taka. Et il a arrêté de bouder quand il perdait.
— Ouha, il s’améliore, dit Uru qui toilettait Mufasa.
— Papa… Mhina a dit que sa tante était la Seconde de la Fierté Royale et que c’était elle la Cheffe de la Fierté Royale, c’est vrai ? demanda Taka.
— Et non. C’est votre mère qui commande la Fierté. Ça a toujours été les Reines et les Reines Consort comme votre mère qui commandent la Fierté Royale. Et en leur absence, c’est la Seconde de la Fierté qui dirige. A savoir effectivement Coumba, la tante à Mhina.
— Le plus souvent nous séparons la Fierté en deux aussi, expliqua Uru. L’une reste avec le Groupe du Rocher pour le garder, et l’autre va parcourir le Royaume avec le Groupe de Patrouille ou celui de la Chasse.
— C’est vrai qu’avant c’était Kit qui était Seconde ? Et que la tante à Mhina l’a combattu et pris sa place.
— Malheureusement oui…
— Pourquoi malheureusement ?
— Parce que Kit est une Seconde très efficace, expliqua Uru. Plus que ne l’est Coumba.
— La mère de Kit, Lulith, était elle-même Seconde de la Fierté lorsque ma mère était Reine. Kit a été formée dès son plus jeune âge par sa mère ainsi que la mienne pour devenir à son tours Seconde de la Fierté. Et comme on s’entend bien, Uru et Kit avec la Fierté Royale, Asante et moi avec la Garde, il y a toujours eu une bonne coordination, un bon travail d’équipe.
— Chose qui est plus difficile avec Coumba aujourd’hui…, fit Uru.
— Mais alors, Papa, pourquoi tu ne vire pas Coumba pour que Kit redevienne Seconde ?
— Parce que la Fierté est gérée par les Reines, donc ta mère, je n’ai pas le droit de décider qui en est viré. Je peux juste leurs dire quoi faire si il y a besoin et aussi faire entrer des lionnes dans la Fierté…
— De la même manière que je ne peux pas intervenir dans la Garde du Roi Lion, ajouta Uru. C’est le Roi ou la Reine en titre qui nomme les Chefs de la Garde, et c’est les Chefs qui décident qui entre dans la Garde ou non.
— Oui. Il n’y a que si votre mère est absente du Royaume que là je peux intervenir sur la Fierté, et si je m’absente du Royaume, elle dirige aussi la Garde.
— Dans ce cas Maman tu peux virer Coumba ?
— Malheureusement non. En fait pour vous expliquer, Kit et la Fierté Royale avaient repoussées des Hyènes. Kit a été blessée et elle a mise au monde Maka et Sarafina durant la nuit. Etant en convalescence et ayant des lionceaux en bas âge, quelqu’un devait la remplacer durant son absence. Coumba était Troisième Chargé de la Patrouille à ce moment-là. Elle était la mieux placée pour être Seconde.
— C’était surtout la seule qui voulait la remplacer, intervint Ahadi. Safi, Artémis avaient refusés, même les Quatrième de la Fierté ne voulaient pas du poste de Seconde.
— Oui c’est vrai. Bref, j’ai dû coup nommé Coumba Seconde de la Fierté Royale, en attendant que Kit soit de nouveau apte à reprendre son poste... Et… Le lendemain de la naissance de Maka et Sarafina, Kit, toujours très professionnel, est venue au Rocher des Lions pour savoir si les dernières Hyènes en fuite avaient bien quitté le Royaume. Il s’en est suivit une dispute avec Coumba, qui lui a dit qu’elle n’était plus Seconde de la Fierté qu’elle n’était plus en état de l’être et qu’elle n’avait pas à se mêler de ce qui ne la regardait pas. Kit a rappelé que Coumba n’était Seconde de la Fierté que le temps de la remplacer et qu’elle allait bientôt reprendre sa place.
— Elles, ont toujours été rival, depuis leur plus jeune âge, expliqua Ahadi. Et quand Coumba est devenu Seconde pour la remplacer, elle s’est dit qu’elle valait autant que Kit. Et même qu’elle était plus forte qu’elle. Que c’est elle qui devait être Seconde et pas Kit. Et avant qu’on intervienne, Coumba l’a défié dans un Changamoto…
— C’est quoi ?
— C’est un défi lancé pour régler un conflit ou départager deux adversaires. C’est encadré par des règles bien précises : Droit de blesser et même de tuer par exemple. Mais surtout, personne n’a le droit d’interférer dans ce défi. Pas même moi en tant que Roi. Je n’ai pas le droit de modifier le résultat, et on ne pouvait pas non plus stopper le combat. Une fois le défi accepté par les deux adversaires, on ne pouvait plus rien faire.
— Et quand Coumba a défié Kit, la finalité était que si Coumba gagnait, elle resterait Seconde de la Fierté et que ni moi, ni votre père n’aurait le droit de la remplacer par Kit. Voir de la remplacer tout court.
— Et on peut dire que Coumba a bien joué son jeu… Elle a défié Kit alors qu’elle savait qu’elle n’était pas complétement remise de ses blessures et que sa mise-bas avait été éprouvante. Kit était encore bien fatigué.
— Kit a toujours gagné contre Coumba. Mais ce jour-là, sa fatigue et ses blessures on joué en sa défaveur et… Kit a perdu. Elle n’a plus le droit d’être dans la Fierté, alors qu’elle a toujours été faites pour cela…
— Mais, il y a bien un moyen pour qu’elle redevienne Seconde ?
— Oui, il faudrait qu’elle défi à son tours Coumba à un Changamoto, avec pour but de reprendre sa place si elle gagne. Mais elle refuse toujours de le faire. Et c’est pas faute d’insister…
— Je sais que c’est agaçant, mais tant qu’elle ne se sent pas prête à l’affronter on ne peut pas l’obliger à le faire. C’est par pour rien qu’elle hésite, je te rappelle que les conséquences si elle perd sont graves…
— Tu crois que c’est à cause de cela qu’elle hésite ?
— C’est évident oui.
— C’est quoi les conséquences ? demanda Mufasa.
— Dans un Changamoto, celui qui lance le défi annonce ce qu’il espère gagner en le remportant. Si il gagne, il obtient ce qu’il a annoncé, si il perd… Son adversaire peut faire ce qu’il veut de lui.
— Si Kit perd le combat, Coumba peut exiger qu’elle soit bannie du Royaume. Elle pourrait même la tuer, précisa Uru. Et Kit ayant des lionceaux, elle ne prendra pas un tel risque. Ce qui est compréhensible. Donc on ne va pas l’obliger à affronter Coumba, n’est-ce pas mon époux ?
— Oui oui d’accord… On va devoir supporter Coumba un moment… A moins qu’un jour elle se fasse tuer… Après tout un accident est vite arrivé…
— Ahadi !…
— C’est bon je plaisante… Du moins, à moitié. Je t’avoue qu’à la moindre erreur de sa part, je n’hésiterai pas à la bannir du Royaume après ce qu’elle a fait. Après tout on a pas le droit de la virer de la Fierté, sauf si elle commet une faute grave…
— Oh je pense qu’elle en est bien consciente et qu’elle va scrupuleusement éviter d’en faire.
— Oui malheureusement…
— Allons, ça pourrait être pire, ok il faut recadrer Coumba de temps en temps, mais elle fait quand même du bon travail.
— Mais Kit faisait un excellent travail. Là, disons qu’on a de la chance d’avoir Safi, Artémis et Tazama en tant que Troisième qui gèrent bien leur groupe. Même quand Coumba était Troisième dans la Patrouille, c’était surtout Tazama en tant que Quatrième qui la gérait…
— Je suis d’accord. Actuellement c’est surtout Safi, Artémis et Tazama qui font tourner la Fierté Royale, avec ou sans Coumba… Mais en attenant on a pas le choix.
Uru se leva.
— Allé, les garçons, il est temps d’aller dormir.
Elle frotta sa tête contre ses lionceaux et son époux fit de même, avant de sortir tous les deux de la grotte. Mufasa vint se blottir contre Taka, puis lui dit :
— Hé Taka…
— Quoi ?
— T’oublis pas de me réveiller demain.
— Pourquoi ? Ça t’a manqué ce matin que je ne te réveille pas ?
— Ça dépend… Quand tu me tire les oreilles et que tu me fais tomber non ça ne me manque pas !
— Mais y-a rien d’autre qui te réveille ! On dirait un crocodile qui hiberne durant la saison sèche…
— Tu sais ce qu'il te dit le crocodile !
Mufasa le mordilla doucement et Taka le repoussa. Ils se mirent à se chamailler.