Le Remède d'un Amour Interdit - Tome I

Chapitre 0 : PROLOGUE

1227 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 08/05/2026 17:44

 

Le feu, le meuglement des bovins, l’odeur de foin fumant, le sifflement des flèches… Cachée dans un coin de la cabane, proche de la fenêtre, je voyais, sentais et entendais tout. Une invasion barbare pillait et brûlait le village où je vivais depuis mon mariage.


Terrifiée, je posai la main sur la petite bouche de mon bébé âgé d’à peine un an. Nichée dans un pan de tissu passé autour de moi, j’essayais d’étouffer ses cris. Je fis un bond lorsque la porte s’ouvrit, puis je soufflai en découvrant qu’il s’agissait de mon époux. Il s’avança vers moi et me tint fermement par les épaules.


- « Prends quelques affaires et pars ! » dit-il sur un ton autoritaire.


Je plissai les yeux et fis non de la tête. Je ne voulais pas partir, je ne voulais pas le laisser. Il me secoua et j’ouvris les yeux larmoyants. On se regarda un instant, puis je sentis ses lèvres se poser sur les miennes. Ce fut bref, mais j’oubliai tout le reste le temps de ce baiser. Il caressa les cheveux de notre fille avant de lui embrasser le front.


- « Maintenant, fuis !! » furent les derniers mots que j’entendis sortir de la bouche de mon époux.


C’est le cœur serré que je le regardai partir et lui obéis. J’empaquetai le strict nécessaire à la hâte. Baluchon sur les épaules, je blottis ma fille contre ma poitrine et m’enfuis par la porte de derrière. Je savais qu’il n’y survivrait pas, mais je devais me montrer forte ! Pour son honneur, pour notre fille bien-aimée, pour nous !


Je courus dans les champs de blé sans jamais me retourner. Les épis se brisaient sous mes pas tandis que mon enfant pleurait contre moi. Après une folle course et des heures de marche, je n’entendis plus les cris ni les bruits de lutte. Juste les sons de la faune et de la flore environnantes. Puis quelque chose se brisa en moi.


- « Ça y est, il est parti », murmurai-je, une larme perlant sur ma joue. « Papa est parti », ajoutai-je en regardant mon bébé qui dormait paisiblement.


Simple roturière, jeune veuve, un enfant sous les bras, je devais rentrer dans le petit hameau où j’étais née. Je traversai champs, bois et villages en essayant de ne pas trop me faire remarquer. Je ne savais par quel miracle j’avais réussi à échapper à ce raid, mais je devais rester vigilante.


Jour après jour, je remarquai que mes pas ne m’emmenaient pas là où je l’avais décidé. Je compris très vite qu’ils me guidaient vers la capitale. Pourquoi ? Je m’étais posé plusieurs fois la question… Certainement l’intuition d’une mère qui voulait le mieux pour sa fille.


C’est épuisé, les pieds douloureux, que j’arrivai dans un quartier bien connu : le quartier des plaisirs. Bien que le crépuscule fût tombé, aidée par la lueur des nombreuses lanternes, je reconnus cet endroit. J’avançai dans sa rue principale où je pus reconnaître les nombreuses maisons closes dont j’avais entendu parler. Les courtisanes attiraient les hommes d’un sourire et d’un geste de la main. Je détournai le regard vers les rues attenantes. Je m’y aventurai et remarquai qu’il s’agissait de nombreux commerces et échoppes. Ces dernières, malheureusement fermées, me firent soupirer.


- « Je verrai ça demain. »


J’avais beau être débrouillarde, il fallait que je puisse me nourrir convenablement. Peu d’argent en poche, il m’était impossible d’aller loger une nuit dans l’un des établissements qui proposaient juste de quoi boire un verre et passer la nuit. Il fallait que je puisse dormir un peu ; dans le cas contraire, j’allais m’écrouler.


Je continuai d’avancer parmi les nombreux passants en évitant leurs regards, serrant un peu plus mon enfant contre moi et arrivai au beau milieu de petites maisons et cabanes à l’aspect délabré. J’hésitai à frapper aux portes pour demander à m’abriter pour la nuit. Ces personnes, qui devaient se contenter de peu, allaient-elles accepter d’aider une parfaite inconnue ?


Loin de chez moi, ne connaissant ce lieu que de nom et de rumeurs, je rebroussai chemin. Quelques habitations plus loin, j’aperçus un abri où était stocké du foin. Cela ferait l’affaire ! Je regardai autour de moi. Personne en vue. À pas rapides, courant presque, j’allai me réfugier dans cette petite grange et m’assis entre deux grosses piles de paille.


Éclairés par un timide rayon de lune qui passait à travers les jours des planches de bois, je sortis de mon paquetage une couverture que j’étalai sur le foin dont l’odeur sèche me piquait le nez avant d’y déposer avec délicatesse mon bébé réveillé.


- « Je vais te changer, tu en as bien besoin ! » murmurai-je à ma fille qui me souriait en gigotant les jambes.

Le froid mordait mes doigts et mes pieds engourdis ; je la langeais aussi vite que je le pouvais. J’avais honte de lui laisser les mêmes linges, mais je n’avais pas eu le choix. Je l’enroulai dans la couverture et souris lorsqu’elle se mit à babiller.


- « Qu’essaies-tu de me dire ? Tu as faim, c’est ça ? »


J’en eus la certitude lorsqu’elle s’agita de plus belle et qu’elle se mit à pleurer. Non, non, non ! Il ne fallait pas que quelqu’un nous entende ! Je la pris immédiatement contre moi et lui donnai le sein. Je la regardais téter tandis que mon estomac criait famine. Mais je pouvais attendre. Mon bébé rassasié, je me couvris la poitrine et l’endormis en fredonnant doucement la mélodie qu’elle entendait tous les jours depuis sa naissance.


Ses yeux clos, la respiration calme et régulière, je me tus. Devant moi, la pénombre s’étirait tandis que mes pensées revenaient à l’attaque : sa violence, ma fuite, et surtout mon époux qui n’était plus. Ses bras protecteurs, ses rires, la couleur de ses yeux, ses baisers ; plus jamais je ne pourrais les voir ni les sentir. Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? Et notre fille, Ah-duo, se souviendrait-elle de lui ? Je sentis mon cœur se serrer et les larmes me monter aux yeux. Je ne pus me contenir et éclatai en sanglots. Ma peine à moitié soulagée, j’essuyai mon visage d’un revers de manche et regardai mon bébé dormir paisiblement. Je n’étais pas sereine, j’avais peur d’être découverte ici, mais je sentais le sommeil s’emparer de moi. Très vite, je fermai les paupières et m’endormis.



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🌿Merci pour votre lecture.


📜 Note de l'auteur : Cette histoire prend quelques libertés avec le canon original, notamment en explorant la sensualité et l'intimité entre les personnages. Le récit traite de la redécouverte du corps et du désir avec douceur et maturité. 🌸 Fanfiction basée sur l'univers de "Les Carnets de l'Apothicaire" de Natsu Hyūga. Personnages originaux (OC) inclus.

 

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