Le Remède d'un Amour Interdit - Tome I
Chapitre 1 : Premier pas dans l'inconnu
1488 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 09/05/2026 09:06
Je me réveillai doucement. Le chant des oiseaux, celui des criquets, le bruissement du vent remuant les feuilles des arbres ; tous ces sons me parvinrent petit à petit aux oreilles. J’ouvris lentement les yeux et plissai un instant les paupières : la lumière du jour qui s’infiltrait par les planches de la cabane m’éblouit. Je regardai autour de moi, les outils et les brouettes que je n’avais pas vus en entrant la veille au soir, puis posai les yeux sur mon enfant toujours endormi contre moi. J’avais un peu bougé cette nuit, car je me trouvais avachie contre le tas de foin. Je me redressai lentement ; la paille craqua sous mon poids. Je m’étirai un peu puis sursautai lorsque j’entendis un coq s’égosiller.
- « J’ai trop dormi, il faut que je sorte d’ici ! »
Paniquée, je me redressai en soutenant bien mon enfant, toujours enroulé dans sa couverture. Elle se réveilla au moment même où je grimaçai : mes pieds me provoquaient une douleur atroce. Mais je n’avais pas le temps de penser à ça. J’attrapai mon baluchon comme je le pouvais puis me dirigeai vers la porte de la petite cabane.
- « Chut », dis-je à ma fille qui commençait à babiller, avant d’entrouvrir la porte.
Je regardai de chaque côté et, à part quelques volailles, je ne vis personne. Je soupirai de soulagement et en profitai pour m’échapper. En ignorant les douleurs de mon corps, j’avançai aussi vite que je le pouvais en me cachant derrière des ballots de paille et des arbres. J’avais échappé à des sauvages, je ne pouvais pas me faire prendre par des fermiers ! Il fallait que je trouve un endroit où m’asseoir. Je regardai autour de moi et remarquai un grand chêne où se trouvait, à son pied, un gros tronc couché sur le sol.
- « Parfait, ça ! » dis-je, un petit sourire au coin des lèvres.
Je sortis de ma cachette et, à pas rapides, rejoignis le petit coin boisé. Je m’assis sur l’énorme souche et enlevai mon enfant de sa couverture pour la nicher dans mon tissu de portage. Les nuits étaient fraîches, mais les journées étaient chaudes et parfois humides en ce début d’automne. Je fourrai la couverture dans mon paquetage puis en profitai pour nourrir ma fille, qui ne tarderait pas à réclamer.
Tandis qu’elle tétait et se régalait, je réfléchissais à ce que j’allais bien pouvoir faire maintenant. Il n’était pas possible de continuer mon chemin. Mes pieds ne me porteraient plus très loin, et ma fille et moi avions besoin de pouvoir nous rafraîchir et nous changer. Et surtout de trouver un endroit où dormir. Je n’avais pas d’autre choix que de trouver un travail. Mais où ? Je sortis de mes pensées lorsque je sentis ma fille libérer mon sein, que je cachai aussitôt.
- « Tu es prête pour une petite balade ? » lui demandai-je.
J’eus le droit à un magnifique sourire en réponse. J’embrassai la joue bien ronde de mon bébé puis me levai. Je fis demi-tour et ignorai la douleur de mes pieds, que je sentais gonfler petit à petit. J’arrivai très vite sur la petite place où les gens commençaient à sortir de leurs maisons pour entamer une journée de dur labeur. Je connaissais très bien cela pour faire partie de cette classe sociale. Je me dirigeai vers les ruelles commerçantes, la poussière se levant sous chacun de mes pas. Et c’est difficilement, boitant presque, que j’arrivai devant des échoppes déjà ouvertes et différentes boutiques où je vis, par les fenêtres, des personnes faire le ménage. Je savais à quoi je ressemblais : chignon défait, vêtements souillés, un bébé dans les bras. Cela ne serait pas facile, mais je devais tout de même essayer.
Je m’engageai dans la rue où les marchands vantaient leurs produits en criant pour attirer la clientèle.
« Venez regarder mes bijoux, vous ne trouverez pas meilleure qualité ! »
« Des épices pour pimenter vos plats ? Approchez, j’ai les meilleures ! »
Certains étals de nourriture dégageaient une odeur des plus alléchantes. Je mourais de faim, mais je préférais attendre un peu avant de dépenser le peu d’argent qu’il me restait. Je m’avançai timidement vers un commerçant de fruits et légumes à qui je proposai mon aide contre quelques pièces. Mais il m’envoya paître. Je ne pouvais pas lui en vouloir : dans cet état, je n’allais sûrement pas lui amener de potentiels acheteurs. Je continuai à proposer mes services à d’autres échoppes, mais j’obtins toujours la même réponse.
J’étais fatiguée, le brouhaha qui commençait à se faire entendre me donnait mal à la tête et mes jambes avaient du mal à me porter. Arrivée à l’extrémité de la ruelle, je décidai de tenter ma chance auprès des auberges et des tavernes. Faire le ménage, cuisiner, servir boissons et repas, c’était tout à fait dans mes cordes. Je mentais à moitié aux différents gérants et leur expliquais que j’avais absolument besoin de travail, mais j’obtenais toujours une réponse négative accompagnée d’une petite tape aux fesses qui n’amusait qu’eux.
Sans m’en rendre compte, j’étais arrivée au beau milieu du quartier des plaisirs. La plupart des bordels étaient fermés à cette heure-ci. On pouvait quand même voir des jeunes filles balayer devant les portes ainsi que de magnifiques jeunes femmes accoudées aux fenêtres pour profiter des chauds rayons du soleil. Je détournai le regard et caressai les cheveux gras de mon enfant, qui commençait à s’agiter. Je décidai donc de faire une dernière tentative, la dernière pour aujourd’hui.
Difficilement, je continuai mon chemin et aperçus une jeune fille, certainement une adolescente, qui nettoyait les fenêtres à coups d’eau et de chiffon.
- « Bonjour, excusez-moi », dis-je en prenant un ton assuré.
La jeune fille sursauta et se tourna vers moi, la main sur le cœur, avant de froncer les sourcils en me fixant.
- « Je suis désolée, je vous ai fait peur. Est-ce que le gérant est là, s’il vous plaît ? » demandai-je gentiment.
- « Qu’est-ce que… »
L’adolescente fut coupée dans sa phrase par un homme d’une quarantaine d’années, trapu et rondelet, vêtu d’un tablier auquel pendait un morceau de tissu mouillé.
- « Qu’est-ce que vous voulez ? » demanda-t-il sur un ton un peu agressif.
- « Bon… bonjour, je viens d’arriver dans cette ville et je cherche du travail, est-ce… »
- « Dans cette tenue ? Avec un marmot ? » me coupa-t-il avant de rire.
J’allais encore essuyer un refus. Je puisai dans mes dernières forces et mis fin à sa moquerie.
- « Je suis bien consciente de l’état dans lequel je suis et que j’ai un bébé avec moi. Mais je suis bonne cuisinière, je sais faire énormément de choses. »
Je m’approchai doucement et continuai :
- « Cette jeune fille pourrait s’occuper de mon enfant, je suis sûre qu’elle le ferait très bien. Laissez-moi une chance, s’il vous plaît, je vous… »
- « Allez, fiche-moi la paix et retourne d’où tu viens ! » me dit-il froidement.
Il me lança son chiffon humide au visage, qui atterrit sur celui de mon enfant, la faisant pleurer. Les gens autour de nous regardaient la scène en chuchotant avant de passer leur chemin. En colère, le linge dans la main, j’interpellai cet homme qui retournait dans son établissement.
- « Je ne peux pas retourner d’où je viens ! Vous m’écoutez, oui ?! »
Le gérant fit la sourde oreille et rentra dans son auberge, la jeune fille sur ses talons. Furieuse de ce nouvel échec et de l’humiliation que je venais de subir, je lançai le chiffon de toutes mes forces, qui alla s’écraser contre la porte. Puis je serrai mon bébé contre moi et lui murmurai des paroles rassurantes à l’oreille pour la calmer. Est-ce que je finirai ici ? Ne sachant pas où aller, j’avançai en traînant la patte.
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🌿Merci. Où Suiren vas-telle se retrouver ?
✨ Note de l'auteur : Cette histoire prend quelques libertés avec le canon original, notamment en explorant la sensualité et l'intimité entre les personnages. Le récit traite de la redécouverte du corps et du désir avec douceur et maturité. 🌸
Fanfiction basée sur l'univers de "Les Carnets de l'Apothicaire" de Natsu Hyūga. Personnages originaux (OC) inclus.