Le Remède d'un Amour Interdit - Tome I
Chapitre 6 : Chapitre 6 : Entre ses mains
6518 mots, Catégorie: G
Dernière mise à jour 22/08/2026 17:59
CHAPITRE 6 : ENTRE SES MAINS
Je m'apprêtais à examiner les mains de ma patiente lorsque plusieurs coups résonnèrent dans la pièce. Le sourire que nous échangions s'estompa tandis que nous nous tournions vers la porte, qui s'ouvrit lentement.
Une jeune femme entra puis referma délicatement derrière elle avant de s'avancer dans la pièce. Sa tenue de travail vert jade, ornée de motifs floraux dorés, se mouvait doucement au rythme de sa démarche discrète. Je m’excusai auprès de ma patiente, qui hocha la tête, puis me levai. J’en profitai pour bouger discrètement mes jambes, parcourues de fourmillements, avant de rentrer mes mains dans les manches de ma veste.
Les mains jointes, elle s'arrêta devant nous puis s'inclina avec respect. Elle se pencha si bas que l'on avait presque l'impression que ses deux chignons, attachés d'un ruban assorti à sa robe, l'entraînaient vers l'avant. Cela me fit sourire intérieurement.
Elle se redressa lentement et je la vis poser brièvement les yeux sur ma patiente avant de nous regarder tour à tour, la Radine et moi.
- "Monsieur Luomen". dit-elle d'une voix timide.
- "Bonjour, Meiling". répondis-je posément.
J'inclinai poliment la tête, ce qu'elle fit à son tour avant de se tourner vers la maquerelle qui tirait sur sa pipe.
- "Madame, vous m'avez fait demander ?"
Cette dernière recracha lentement un nuage de fumée sur le côté avant de la fixer.
- "Tout est en ordre dans l’annexe ?". l'interrogea-t-elle, tandis que la jeune femme acquiesçait.
Ma vieille amie hocha la tête, satisfaite, puis se plaça à côté de son employée. Elle regarda ma patiente, toujours assise sur les coussins de la table basse. Je me tournai à mon tour dans cette direction.
- "Meiling, je te présente Suiren, le joli minois". dit-elle en la désignant du bout de sa pipe.
La jeune femme lança un drôle de regard à sa patronne tandis que cette dernière souriait, un tantinet amusée. « Joli minois » était très certainement la raison de sa réaction. Elle se tourna ensuite vers ma patiente, qui grattait nerveusement le tissu de sa robe du bout de ses doigts, agrandissant malgré elle un morceau déjà troué.
- "Dame Suiren, enchantée de faire votre connaissance". dit-elle en s'inclinant.
Je vis la jeune mère écarquiller les yeux avant de secouer doucement la tête.
- "Je... Je ne suis pas une dame... Suiren suffira". murmura-t-elle.
- "Vraiment ?" s'étonna Meiling.
- "Oui..."
Je croisai son regard embarrassé. Je l'avais moi aussi nommée ainsi. Suggérait-elle que j'en fasse de même ? L'appeler simplement par son prénom ? Cette seule idée me mit étrangement mal à l'aise. Je ne pensais pas m'en sentir capable.
- "Je ne sais pas si..." hésita Meiling.
- "Nous n'avons pas que ça à faire". intervint la Radine agacée.
Nous nous tournâmes tous vers elle. Elle regarda tour à tour les deux jeunes femmes, les sourcils légèrement froncés.
- "Vous allez très certainement travailler ensemble toutes les deux. Appelez-vous donc par vos prénoms". dit-elle avec calme et fermeté.
L'étonnement se lut immédiatement sur le visage de Meiling. Employée pour ses talents culinaires, elle travaillait seule depuis deux ans. Même si elle ne le montrait pas, apprendre qu'elle aurait bientôt une collègue devait très certainement la ravir.
Je posai discrètement mon regard sur ma patiente, qui semblait tout aussi surprise. S'attendait-elle à tenir un autre rôle au sein de cet établissement ?
- "Allez, j'attends". dit la Radine.
Elle ramena un bras sur sa poitrine, sa précieuse pipe à la main, et observa les deux jeunes femmes en tapant du pied. Devant l'impatience de la maîtresse des lieux, la jeune cuisinière se lança.
- "Enchantée, Suiren". dit-elle d'une voix hésitante.
- "Enchantée, Meiling". répondit ma patiente avec la même hésitation.
Elles se saluèrent d'une légère inclinaison de la tête avant d'échanger un sourire des plus timides, qu'elles me communiquèrent. Puis la jeune cuisinière se tourna vers la Radine et moi. Elle serra légèrement les mains avant de prendre la parole.
- "En quoi puis-je vous être utile ?"
- "De quoi n'as-tu plus besoin ?" m'interrogea ma vieille amie, un air sérieux sur le visage.
- "Je peux m'en charger moi-même."
- "Holà ! Il faut que je te rappelle que tu as une patiente qui t'attend ?"
D'un signe de tête, elle désigna la jeune femme, vers qui je me tournai. Les mains à plat sur ses cuisses, elle attendait patiemment, le regard fixé sur la panière où dormait toujours son enfant. Elle était très certainement stressée par l'arrivée de Meiling. Il fallait qu'elle conserve l'apaisement qui s'était peu à peu installé en elle depuis son arrivée. Je reportai mon attention sur la Radine et la jeune cuisinière.
- "Si je l'ai fait venir, ce n'est pas pour faire joli. Elle va s'en occuper". me lança ma vieille amie.
Je la vis jeter un regard à Meiling, qui acquiesça avec un léger sourire. J'hochai la tête en le lui rendant, puis regardai attentivement autour de moi.
Mes yeux croisèrent malgré moi ceux de ma patiente qui, à présent, nous observait. Je détournai aussitôt le regard, craignant de m'y attarder.
Mon attention se porta sur mon paquetage, le trépied et le bain médicinal à côté de moi, qui continuait à diffuser ses fragrances. Après avoir observé les lieux, j'indiquai à Meiling qu'elle pouvait retirer le seau ainsi que les serviettes sales. Je lui demandai toutefois de laisser deux linges propres ainsi que les deux bols d'eau.
La jeune femme acquiesça d'un léger signe de tête avant de s'exécuter. Je m'agenouillai à nouveau devant ma patiente, tandis que la jeune cuisinière, le baquet et les linges entre les mains, marqua un bref arrêt auprès d'Ah-Duo avant de quitter momentanément la pièce.
Je levai la tête vers la jeune femme et captai aussitôt son regard patient. Ses iris noisette portaient quelque chose que je ne savais ni nommer ni diagnostiquer. C'en était presque frustrant. Je repris contenance lorsque je la vis détourner les yeux.
- "Avant d'appliquer le baume, il faut que j'examine vos mains". la prévins-je d'une voix douce.
Elle posa son regard sur moi en crispant légèrement les poings. Je savais qu'elle ne désirait pas être touchée. Alors j'attendis, essayant de ne pas la contempler à nouveau comme l'ensemble des fleurs sauvages qui croisaient quotidiennement mon chemin. Après un court moment d'hésitation, elle me tendit timidement ses mains.
Je les pris avec délicatesse et une pulsation soudaine troubla le calme que je m'imposais. Je baissai immédiatement la tête et me forçai à ignorer cette sensation aussi douce que déstabilisante.
Ressaisis-toi, Luomen, tu es médecin.
Je pris une légère inspiration que je soufflai avec discrétion et repris immédiatement mon examen. J'examinai attentivement le dos de ses mains. De fines égratignures striaient sa peau. Les plus anciennes étaient déjà recouvertes d'une mince croûte brunâtre, tandis que les plus récentes demeuraient rouges, comme irritées par des frottements répétés.
Des épis de blé, des ronces, des branches de buissons. J'en étais certain.
Mais pourquoi s'y approcher ? Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Je levai lentement les yeux et croisai son regard curieux qui s'emplit peu à peu d'appréhension.
A-t-elle vu une once d'inquiétude dans mes yeux ?
- "Ça va aller". la rassurai-je d'une douce voix.
Elle hocha légèrement la tête et m'adressa un discret sourire que je lui rendis. Je lâchai son regard et retournai délicatement ses mains pour examiner ses paumes. Une chaleur se diffusa lentement en moi à la sensation de la douceur de sa peau glissant contre la mienne. Je me forçai à l'ignorer, même si cela devenait de plus en plus préoccupant.
Je tournai la tête vers la porte en l'entendant s'ouvrir. Meiling était de retour. Elle s'avança lentement vers nous et nous informa, sa patronne et moi, que le travail était fait.
La Radine... J'avais oublié sa présence.
Comme elle, je remerciai la jeune cuisinière, qui inclina respectueusement la tête.
Je suivis son regard qui s'était posé sur les mains de ma patiente que je tenais toujours entre les miennes. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais je sentis mon cœur se serrer et le feu me monter aux joues. Il n'y avait pourtant aucune raison de réagir ainsi. Meiling m'avait déjà vu soigner bon nombre de personnes, mais mon corps réagissait de manière anormale aujourd'hui.
Je me concentrai à nouveau sur les mains de ma patiente. Il ne fallait surtout plus rougir. Surtout ne pas paraître nerveux. Et ne pas regarder la jeune mère plus longtemps que nécessaire.
Derrière moi, j'entendis le rire étouffé de la Radine. Évidemment, ma soudaine gêne n'avait pas échappé à son regard perçant. Je décidai de l'ignorer et de m'appliquer à ce pour quoi j'étais ici : ausculter, soigner et ne pas me laisser distraire.
J'examinai avec attention les fines écorchures présentes sur les paumes de ma patiente. Aucune écharde ne semblait s'être logée sous sa peau. Je vérifiai néanmoins chacun de ses fins doigts, examinant le pourtour de ses ongles encrassés ainsi que les plis de ses phalanges à la recherche du moindre gravillon qui risquerait d'infecter une plaie. Il n'y avait rien.
J'observai un instant les callosités formées à la base de ses doigts et au creux de sa paume. Elles étaient très certainement dues à des années de labeur.
Travaillait-elle dans les champs ?
Puis je remarquai que le reste de sa peau conservait une douceur inattendue, presque aussi délicate que les traits de son visage.
Je relevai lentement la tête et relâchai ses doigts avec la même précaution que si j'avais craint d'abîmer quelque chose de fragile. Elle me fixa avec une certaine curiosité, mêlée d'une légère inquiétude.
- "Il n'y a rien à retirer de vos plaies. Vous allez pouvoir commencer vos soins. Je vais vous accompagner à chaque étape". dis-je posément.
Elle hocha la tête et m'adressa un discret sourire que je lui rendis. Je me tournai vers le trépied et saisis délicatement l'un des bols d'eau claire que je présentai à ma patiente.
- "Lavez-vous les mains, je vous prie, dis-je en l'y invitant d'un léger mouvement de tête. Mais veillez à ne pas insister sur vos blessures". ajoutai-je calmement.
- "D'accord..."
Elle plongea ses fines mains dans l'eau et les nettoya avec précaution. Son regard était concentré sur chacun de ses gestes et, moi, je ne pouvais m'empêcher de l'observer en silence. Un léger sourire apparut peu à peu au coin de ses lèvres. Comme pour son visage, elle devait certainement apprécier de sentir la saleté disparaître de sa peau.
Je sentis mon pouls s'accélérer lorsque nos regards se croisèrent. Puis j'entendis les clapotis de l'eau contre les parois du bol, d'abord rapides, avant de se faire de plus en plus rares. Je baissai aussitôt les yeux et remarquai les nombreuses ondulations qui troublaient encore la surface de l'eau. Je m'étais, une fois de plus, attardé sur la douceur de son expression et, pendant ce temps, elle attendait simplement de pouvoir se sécher les mains. J'aurais dû lui tendre une serviette bien plus tôt, mais le trouble qui m'habitait m'empêchait de travailler avec toute la rigueur dont je faisais habituellement preuve.
Je ne m'attardai pas davantage et me tournai vers le guéridon afin d'y déposer le bol pour prendre un linge. Mon geste s'interrompit brusquement, au point que je faillis renverser l'eau. Meiling tendait déjà une serviette propre à ma patiente. Je regardai cette dernière l'accepter avant de remercier sa future collègue d'un timide signe de tête.
À cet instant, un malaise s'installa en moi. Comment avais-je pu oublier cela ?... Me sentant observé, je repris contenance et déposai délicatement le récipient avant de me tourner vers la jeune cuisinière.
- "Merci, Meiling". dis-je avec sincérité.
- "Avec plaisir, répondit-elle en s'inclinant légèrement. Vous allez bien, Monsieur Luomen ? Vous n'avez pas l'air dans votre assiette". me demanda-t-elle en me scrutant d'un air légèrement inquiet.
- "Oui, je vais bien, dis-je d'une voix que je m'efforçai de garder rassurante. Mais je crois manquer de sommeil". ajoutai-je posément.
Encore cette excuse absurde ? J'ai très bien dormi...
Je regardai brièvement du coin de l'œil la jeune mère qui nous observait patiemment avant de voir Meiling me regarder d'un air perplexe, sans rien ajouter.
- "La fatigue, hein..."
Je plissai discrètement les paupières en entendant la voix de ma vieille amie, puis me tournai vers elle. Je la vis poser sa pipe avec délicatesse sur le meuble contre lequel elle s'accouda avec élégance. Un sourire amusé étira le coin de ses lèvres. Je fronçai les sourcils puis me tournai vers ma patiente en évitant le regard observateur de Meiling, qui suivait nos échanges en silence.
Elle tenait le linge dans ses mains et attendait, les joues légèrement rosies. Elle devait très certainement se sentir mal à l'aise d'être mêlée à ces taquineries.
- "Excusez-nous, dis-je, quelque peu gêné, tandis qu'elle me rassurait d'un timide signe de tête. Vous pouvez vous sécher les mains en tamponnant doucement pour..."
- "Éviter d'irriter un peu plus les plaies ?"
Je la fixai un instant. Elle avait vraiment retenu ce conseil. Cette attention me fit plaisir.
- "Oui, c'est bien cela". répondis-je posément.
Elle m'adressa un timide sourire que je lui rendis, puis commença à se sécher les mains. Discrètement, je l'observai.
Elle était appliquée et très concentrée. J'étais sûr d'une chose : elle m'avait observé avec beaucoup d'attention, car je pouvais la voir reproduire exactement les mêmes gestes que j'avais employés pour lui sécher les pieds. Je la vis relever la tête et regarder autour d'elle, hésitante, le linge pendant entre deux doigts.
- "Je vais le prendre."
Instinctivement, je tendis la main vers ma patiente, qui me remit doucement la serviette. Je la posai sur celle contenant encore l'aiguille ayant servi aux soins de ses pieds, puis attrapai ma petite boîte renfermant l'onguent. Je l'ouvris et, aussitôt, le même parfum floral et végétal embauma ce doux instant. Je relevai lentement la tête et croisai son regard.
- "C'est à vous, maintenant". dis-je d'une voix calme.
Je lui présentai le contenant. Elle tendit doucement la main et hésita.
- "Je... j'ai peur de mal faire". dit-elle en se mordant timidement la lèvre.
- "Vous ne risquez rien, la rassurai-je d'une douce voix. Prenez simplement votre temps."
Je l'encourageai d'un léger signe de tête. Elle acquiesça et préleva une petite quantité de baume du bout de son index, qu'elle observa avec attention. Le reflet doré du baume illumina son regard. Elle commença à l'étaler doucement sur l'une de ses anciennes égratignures lorsque des gémissements brisèrent le calme de la pièce. Je la vis s'arrêter net dans son geste et tourner vivement la tête dans cette direction.
- "Ah-Duo !" paniqua-t-elle.
Je suivis son regard. Le bébé s'était réveillé et remuait dans la panière, laissant éclater des sanglots. Du coin de l'œil, j'observai la jeune mère. Elle voulut se lever lorsque ma vieille amie intervint. D'un signe de la main, elle lui ordonna de se rasseoir. Ma patiente obéit malgré l'inquiétude que je pouvais lire sur son visage et dans ses mains tremblantes, qu'elle avait instinctivement portées en direction de son enfant.
Puis les pleurs s'estompèrent lentement. Je détournai les yeux de la jeune mère et regardai en direction du petit couffin. Avec la douceur que je lui connaissais, Meiling venait de prendre le bébé dans ses bras. Elle la soutenait bien droite et lui parlait calmement. Les pleurs firent peu à peu place à de petits reniflements. J'entendis ma patiente soupirer de soulagement. Je tournai la tête vers elle et vis un franc sourire éclairer son visage.
Pourquoi sourit-elle ainsi ?
Je reportai mon attention sur Meiling et la vis sortir de sa manche une petite brioche cuite à la vapeur qu'elle tendit à Ah-Duo.
La petite fille saisit la brioche entre ses deux mains potelées. Après l'avoir observée avec envie, elle y planta ses toutes petites dents. La pâte moelleuse s'écrasa légèrement sous ses doigts tandis qu'elle mâchonnait avec application, poussant de petits « mmh » satisfaits entre deux bouchées.
- "Me... Merci, Meiling". dit timidement la jeune mère.
Je vis la jeune cuisinière se tourner vers nous, tandis que la petite Ah-Duo savourait son en-cas entre deux sourires.
- "Je vous en prie". répondit Meiling avec sincérité.
Je regardai tour à tour les deux jeunes femmes s'échanger un sourire. Puis je surpris dans le regard de ma patiente une profonde reconnaissance devant le simple geste de Meiling.
- "Allez, termine ce que tu étais en train de faire, dit la maquerelle sur un ton presque autoritaire. Plus vite tu auras terminé et plus vite tu pourras retrouver ta fille". ajouta-t-elle d'une voix plus douce.
La jeune mère hocha la tête. Elle observa un instant sa future patronne rejoindre Meiling et son enfant. Elle reporta son attention sur le baume présent sur ses mains, qu'elle fixa un instant, puis posa les yeux sur moi.
- "Est-ce que je pourrais porter ma fille ?" me demanda-t-elle, soucieuse.
- "Bien sûr, mais il faudra attendre que la crème ait bien pénétré votre peau". la rassurai-je d'une douce voix.
- "D'accord."
Son regard glissa jusqu'à Ah-Duo avant de revenir sur ses mains. D'un geste doux, elle recouvrit ses anciennes égratignures de baume. Elle était souriante et détendue. Un sourire étira malgré moi mes lèvres en apercevant le bout de sa langue dépasser légèrement, signe de toute la concentration qu'elle mettait à cette tâche. Je suivis ses mouvements avec attention. Son doigt fin étalait l'onguent sur l'une des blessures les plus récentes.
- "Attention de ne pas trop insister sur les rougeurs". intervins-je calmement.
Elle s'arrêta net dans son geste et releva la tête.
- "Oh, désolée, je m'y prends mal. Vous devriez le faire". dit-elle d'une voix fébrile.
Elle me tendit timidement ses mains.
- "Non, vous vous débrouillez très bien. Il faut simplement éviter d'insister sur les zones encore inflammées". expliquai-je posément.
Elle demeura silencieuse. Son regard cherchait visiblement à comprendre. Il me rappela celui que j'avais moi-même lorsque je découvrais les premiers enseignements de la médecine.
- "Je vais vous montrer."
Elle acquiesça avec un léger sourire. Je prélevai une noisette d'onguent du bout du doigt avant de l'étaler délicatement sur la rougeur. La chaleur de sa peau traversa brièvement le bout de mes doigts.
Pourquoi je remarque cela ?
J'écartai cette pensée aussi vite qu'elle était apparue et poursuivis ma démonstration, joignant le geste à l'explication. Une fois celle-ci terminée, je constatai que ma patiente n'avait pas quitté mes mains des yeux. Son expression attentive laissait deviner qu'elle avait parfaitement compris.
- "À votre tour. Reprenez un peu de crème."
Je lui tendis le petit pot. Elle en regarda le contenu et prit une noisette avant de reproduire chacun de mes gestes avec beaucoup de délicatesse. Elle évitait soigneusement les rougeurs, exactement comme je venais de le lui montrer.
Je l'observai quelques instants. Elle apprenait vite, et moi, j'étais intrigué. Depuis tout à l'heure, une même interrogation me revenait sans cesse et me brûlait les lèvres.
Pourquoi tient-elle tant à effectuer ces soins elle-même ?
La plupart des patients étaient soulagés de laisser le médecin s'en charger. Mais pas elle. Cette jeune femme semblait vouloir comprendre chacun de mes gestes. Comme si apprendre avait autant d'importance que guérir.
- "Vous... vous souhaitez me demander quelque chose, Monsieur l'Apothicaire ? demanda-t-elle timidement. J'ai fait quelque chose qu'il ne fallait pas ?" ajouta-t-elle.
Je fus pris de court un instant.
Mince... elle a remarqué que je l'observais.
- "Non, vous êtes très appliquée. Mais..."
Ma phrase resta en suspens.
Ais-je le droit de lui demander cela ?
Son regard attendait patiemment ma réponse. Je ne la fis pas attendre plus longtemps.
- "En réalité, je me demandais pourquoi vous teniez tant à faire ces soins vous-même ?"
Un léger sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle continuait d'étaler l'onguent sur l'une de ses plaies.
- "Je vous ai vu faire avec ma fille, puis avec moi. Je trouve cette manière de soigner beaucoup plus agréable que de simplement frotter une feuille sur la peau. Et... ça sent bon". répondit-elle d'une douce voix.
Elle porta ses mains jusqu'à son visage et inspira doucement le parfum du baume, un sourire discret aux lèvres, puis tourna la tête vers moi.
- "Je suis curieuse... Excusez-moi". ajouta-t-elle en me regardant timidement.
- "Vous n'avez pas à vous excuser, répondis-je avec un léger sourire. Je suis d'accord avec vous. C'est plus agréable pour les patients. Merci d'avoir répondu à ma question."
J'inclinai légèrement la tête. Elle fit de même avant de reprendre tranquillement le soin de ses paumes.
Elle était simplement curieuse. Tout comme je l'avais été en l'interrogeant. J'avais eu ma réponse. Pourtant, une étrange impression persistait. J'aurais voulu lui poser une autre question, puis une autre encore. Comme si cette simple conversation ne me suffisait pas.
Je refermai doucement le couvercle de la petite boîte d'onguent. Inutile de me laisser distraire. Je devais continuer à observer l'évolution de ses soins. Quelques minutes plus tard, elle avait terminé. J'inspectai une dernière fois ses mains. Les rougeurs étaient correctement protégées et l'onguent avait été appliqué avec soin.
- "Vous vous en êtes très bien sortie". dis-je avec sincérité.
- "Merci."
Un sourire illumina son visage. Je lui en rendis un discret.
- "Ça y est, vous en avez terminé ?"
La voix de ma vieille amie nous fit sursauter tous les deux. Les mains croisées devant la poitrine, elle s'avançait vers nous de son pas élégant, suivie de Meiling qui portait toujours Ah-Duo. La petite avait terminé son pain vapeur et son visage avait été soigneusement débarbouillé. À peine aperçut-elle sa mère qu'elle tapa joyeusement dans ses mains.
- "Ma... Ma..."
- "Inutile de demander si tout s'est bien passé, lança ma vieille amie en nous observant tour à tour. Ta fille a compris que le Saint était un bon maître."
La Radine me lança un regard taquin, tandis qu'elles s'arrêtaient près de nous. Je levai les yeux au ciel.
Elle est vraiment incorrigible.
- "Oui, Monsieur l'Apothicaire explique clairement les choses."
La voix de ma patiente venait de se mêler aux babillements de sa fille. Une pulsation fit battre ma poitrine un peu plus fort. Discrète, mais difficile à ignorer. Je tournai légèrement la tête et croisai le regard sincère de la jeune femme.
- "Merci."
Sa voix était presque un murmure, son regard empreint de gratitude.
- "Je vous en prie, je n'ai fait que mon travail."
Nous échangeâmes un timide sourire, puis j'attrapai deux linges propres. J'en gardai un dans ma main et tendis l'autre à ma patiente.
- "Essuyez-vous le bout des doigts". dis-je d'une voix calme.
Elle hocha la tête et prit la serviette. J'essuyai soigneusement mes doigts encore recouverts de baume et, discrètement, je regardai ma patiente en faire de même. Une fois terminé, je lui pris la serviette qu'elle hésitait à poser à côté d'elle, puis déposai le tout sur les autres linges toujours au sol, près de moi.
Je relevai les yeux et sentis le coin de mes lèvres s'étirer. La jeune mère tendait son index vers son enfant, qui le lui attrapa et l'emprisonna dans sa toute petite main. Elles se fixèrent d'un regard complice et tendre tandis qu'un large sourire illuminait leurs visages.
Cette scène attendrissait tout le monde dans la pièce. Je pouvais voir Meiling et les apprenties, toujours en retrait, regarder la scène avec douceur. Même la Radine avait laissé tomber son masque de fierté.
Mais j'allais devoir les interrompre.
- "Dame Suiren ?" l'appelai-je avec une légère gêne.
Je vis toutes les têtes se tourner vers moi. Mais seule ma patiente me regardait avec une légère surprise qui se transforma très vite en appréhension.
- "Sauriez-vous reproduire mes soins sur vos pieds ?" lui demandai-je avec sérieux.
La jeune femme entrouvrit la bouche, hésitante.
- "Et pourquoi devrait-elle faire ses soins elle-même ?" me demanda la Radine.
Je levai la tête vers ma vieille amie, qui posa gracieusement les mains sur ses hanches et me regarda avec intérêt.
- "Je suis attendu à la cour tôt demain matin, lui rappelai-je posément. Je ne reviendrai pas avant une semaine. Les compresses doivent être changées tous les jours, ainsi que..."
- "Ça va, j'ai compris, me coupa-t-elle. Hé, joli minois !" appela-t-elle en direction de la jeune femme.
Je vis ma patiente tourner brusquement la tête vers sa future patronne et lâcher la main de son bébé, qui plongea aussitôt le bout de ses doigts dans sa bouche.
- "Tu t'es bien débrouillée avec tes mains, apparemment. Tu devrais pouvoir en faire de même avec tes pieds ?" l'interrogea-t-elle avec sérieux.
Le regard de la future mère glissa de ses mains à ses pieds en un court instant, avant de se poser sur la maîtresse des lieux avec incertitude. Je la savais capable de le faire, mais je pouvais comprendre sa crainte. Je voulus intervenir, mais Meiling me devança.
- "J'ai déjà vu Monsieur Luomen faire ce genre de soins. Je peux vous aider, si vous voulez ?" se proposa-t-elle timidement.
Les deux futures collègues se regardèrent un instant. Elles échangèrent un timide sourire, puis ma patiente nous regarda, la Radine et moi.
- "D'accord."
- "Eh ben voilà, on y arrive ! s'exclama ma vieille amie en claquant légèrement des mains. Le Saint, explique-leur ce qu'il faut faire". m'ordonna-t-elle.
J'acquiesçai. Meiling s'approcha d'un pas et, comme la jeune mère, elle écouta mes explications avec la plus grande attention. Lentement, je reproduisis chaque geste en leur expliquant la marche à suivre. Je leur montrai quel baume appliquer et quel tissu déposer sur les plaies.
Même la petite Ah-Duo, penchée légèrement en avant, semblait écouter et commenter mon enseignement en babillant.
Mon instruction terminée, je me penchai sur mon paquetage et préparai l'ensemble du matériel dont elles auraient besoin. Le tout étalé soigneusement sur un grand carré de chanvre, je posai la main sur mon menton et vérifiai une dernière fois.
Désinfectant, onguent, compresses, bandages, baume... Ah ! Il manque quelque chose.
Je me redressai et ajoutai avec soin le baume destiné aux rougeurs des fesses de la petite Ah-Duo.
Tout y était.
Je nouai le tissu et me relevai lentement. Je remarquai que la jeune mère souhaitait en faire de même. Mais la douleur encore présente et ses sandales légèrement trop larges la déstabilisaient, c'était évident.
Naturellement, je lui tendis la main.
Elle posa son regard noisette sur moi, puis avança sa main avec hésitation. J'attendis, ne souhaitant pas la brusquer. Après un court instant, elle attrapa ma main du bout des doigts afin de ne pas retirer le baume de ses plaies.
Cette chaleur étrange s'insinua à nouveau en moi tandis que j'aidais la jeune femme à se lever avec délicatesse.
Debout, elle me remercia d'un sourire discret que je lui rendis. Je lâchai lentement sa fine main et, malgré moi, fis glisser mes doigts les uns contre les autres, comme pour chercher encore un peu de ce contact.
Mon cœur manqua un battement lorsque je me rendis compte de cela.
Je fixai la jeune mère, qui échangeait, souriante, avec son bébé désormais bien éveillé. Puis je n'entendis plus rien, hormis cette voix qui ne cessait de s'interroger :
Pourquoi ce trouble ?
Je sortis de mes pensées lorsque je reçus un léger coup de coude dans les côtes. Je me tournai dans cette direction et croisai le regard espiègle de ma vieille amie, tandis qu'un léger murmure de voix et de gazouillis me parvint aux oreilles.
Je fronçai légèrement les sourcils avant de détourner le regard.
La surprise me saisit lorsque je vis la petite Ah-Duo me montrer ses petites mains dodues et me parler dans son propre langage. Je ne pus empêcher un sourire d'étirer mes lèvres devant le comportement de cette bambine.
Reproduit-elle les soins des mains de sa mère ?
- "Tu..."
J'hésitai un instant, puis posai les yeux sur ma patiente, qui m'encouragea d'un sourire. Je le lui rendis avant de reporter mon attention sur la petite fille.
- "Tu veux que j'examine tes mains ?" demandai-je d'une douce voix.
La fillette me regarda quelques secondes de ses grands yeux, puis hocha vivement la tête.
- "Vi ! Vi !"
Elle me tendit aussitôt un peu plus ses petites mains.
Je pris ce « vi » pour un oui. Son enthousiasme ne laissait guère de place au doute.
Je regardai autour de moi, cherchant un endroit où poser le petit paquetage que j'avais préparé pour ma patiente et Meiling.
- "Donne-moi ça et occupe-toi de la petite."
Ma vieille amie attrapa le sac improvisé avec précaution et me montra d'un signe de tête la petite Ah-Duo, qui gigotait, les mains tendues.
Je la remerciai d'un hochement de tête avant de me tourner vers la bambine, qui m'adressa un large sourire.
J'attrapai ses toutes petites mains avec douceur et fis mine de les examiner. Bien que cela ne fût qu'un jeu pour la petite fille, je ne pus m'empêcher de faire réellement ce à quoi j'avais dédié ma vie : soigner et soulager les maux des autres.
Je ne trouvai aucune éraflure, aucune ecchymose. Cette jeune mère avait très bien protégé son enfant, et Meiling avait pris soin de lui laver les mains avec attention.
Je lâchai ces dernières et regardai la petite fille, qui me fixait les yeux grands ouverts, attentive.
- "Tes mains vont bien". dis-je calmement.
Elle sembla comprendre, car elle me sourit avant de taper dans ses mains tout en répétant :
- "A-Dou ! A-Dou ! A-Dou !"
Comme les trois femmes qui m'entouraient, j'esquissai un sourire devant le comportement enjoué de la petite fille.
Les bébés sont vraiment fascinants.
Je voulus reprendre le paquetage des mains de ma vieille amie, mais la bambine tendit les bras vers moi avec vigueur.
J'avais l'habitude de prendre les bébés dans mes bras afin de leur prodiguer des soins. Je l'avais fait avec cette enfant, sur demande de sa mère.
Mais là, c'était différent.
Elle voulait quitter les bras de Meiling pour rejoindre les miens.
Je restai immobile, ne sachant quoi faire. Puis la fine voix de ma patiente vint se mêler au mécontentement de la petite fille.
- "Je crois qu'elle veut que vous la preniez dans vos bras."
Je posai lentement les yeux sur la jeune mère, qui me fit comprendre d'un léger signe de tête que je pouvais répondre à la demande de son enfant.
A-t-elle compris que j'attendais son autorisation ?
J'acquiesçai en même temps que j'échangeai un timide sourire avec la jeune femme. Je tendis mes mains à la bambine, qui gesticula en exprimant des babillements de satisfaction.
Meiling me la tendit lentement et, avec la plus grande délicatesse, je la pris dans mes bras et la ramenai bien droite contre moi.
Elle me fixa un instant avec intérêt avant d'explorer mon visage d'une main. Je la laissai découvrir mes joues, mes yeux, mon nez et ma bouche de ses petits doigts.
Notre petit cercle était silencieux.
Le seul bruit que l'on entendait était les « oh ! » que la bambine émettait à chaque palpation des parties de mon visage qu'elle découvrait pour la première fois. Elle avait l'air émerveillée par cette nouveauté et je souris.
Je faisais la même chose lorsque je découvrais une nouvelle plante ou un nouveau remède.
Puis elle retira sa paume de mes lèvres et saisit l'une des mèches de mes cheveux avant d'éclater de rire.
Ce n'était pas la première fois qu'elle attrapait mes cheveux et cela avait l'air de beaucoup l'amuser. Je laissai échapper un léger rire et esquivai son geste lorsqu'elle essaya d'attraper l'autre.
- "Ah-Duo ! Ça suffit..."
Lorsque la petite fille entendit sa mère la réprimander gentiment, elle stoppa son geste et regarda dans sa direction. Je récupérai doucement ma mèche et en fis de même.
Je remarquai aussitôt les yeux brillants de ma patiente ainsi que ses lèvres qui tremblaient légèrement. Ce petit moment semblait avoir fait naître chez elle une émotion profonde. Et l'épuisement se lisait de plus en plus sur ses traits.
Je décidai alors de mettre fin à ce petit moment.
- "Mon travail est terminé, il est temps pour moi de vous laisser. Vous avez besoin de repos". dis-je d'une voix calme.
La jeune mère m'adressa un sourire qui me semblait forcé. Je lui en rendis un discret, puis me tournai vers Meiling, à qui je tendis délicatement la petite Ah-Duo.
Cette dernière protesta brièvement. Dans les bras de la jeune cuisinière, elle suça ses petits doigts en fixant sa mère, qui lui caressa un instant la joue bien ronde avec tendresse.
Je me tournai vers ma vieille amie, à qui je repris des mains le petit paquetage, lorsque la fine voix de ma patiente m'interpella.
- "Mon... Monsieur l'Apothicaire ?"
Je me tournai lentement dans sa direction.
- "Comment puis-je vous dédommager ?" me demanda-t-elle, les mains jointes.
Je fus surpris par sa demande. J'avais pourtant précisé que je n'attendais rien en retour.
- "Ce n'est pas nécessaire". répondis-je en secouant lentement la tête.
- "Mais... J'ai sali votre veste tout à l'heure. Laissez-moi la laver..."
Ma veste ?
Je baissai lentement la tête et regardai le pan de mon vêtement. Une trace d'humidité mêlée à de la poussière y était visible.
Mais ce n'est que de l'eau...
Je relevai la tête et posai les yeux sur la jeune femme. Elle plissait le tissu de son col et me fixait, le regard chargé d'espoir.
Rares étaient les fois où j'acceptais quelques pièces en échange de mon travail. Accepter quelque chose de cette jeune femme, qui avait davantage besoin de repos que de s'occuper d'une corvée de linge, était inconcevable.
- "Guérissez bien, cela suffira". dis-je d'une douce voix.
Elle lâcha lentement le col de sa robe et mon cœur se pinça lorsque je vis une once de déception dans son regard.
Pourquoi ai-je ressenti cela ?
Elle n'insista pas et hocha la tête, un léger sourire au coin des lèvres.
- "Meiling, tu vas conduire joli minois jusqu'à sa chambre". ordonna ma vieille amie.
- "Bien, Madame."
Meiling donna quelques explications à la jeune mère tandis que ma vieille amie distribua des tâches aux deux apprenties, qui n'avaient pas bougé de place.
Je vis l'une d'elles prendre un petit baluchon tâché et troué à certains endroits. Je fis immédiatement le lien.
Mon regard glissa sur ma patiente, qui écoutait attentivement sa future collègue.
Elle a fui quelque chose... Mais quoi ?
Je sursautai légèrement lorsque la seconde adolescente se présenta devant moi. Je lui tendis lentement le petit sac renfermant le nécessaire pour les soins de la nouvelle arrivante et de son bébé. Elle le prit avec précaution de ses deux mains avant de le ramener contre elle.
L'adolescente inclina la tête avec respect. J'en fis de même et la regardai rejoindre sa camarade.
- "Fini de discuter !"
La voix quelque peu ferme de ma vieille amie se fit soudainement entendre. Meiling et la jeune mère stoppèrent leur timide discussion et se tournèrent aussitôt vers leur patronne.
- "Allez-y, les gamines vont vous suivre". les prévint-elle d'une voix redevenue calme.
De la tête, elle désigna les deux apprenties qui attendaient silencieusement, côte à côte.
- "Bien, Madame, dit Meiling de sa douce voix. Bonne journée, Monsieur Luomen". ajouta-t-elle.
Elle inclina la tête tandis qu'Ah-Duo m'adressait de petits signes de la main accompagnés de sourires qui éclairaient son visage joufflu.
A-t-elle compris qu'elles allaient partir ?
Je rendis le salut de Meiling, puis adressai à mon tour un signe de la main à la petite fille, qui me communiqua son sourire.
Puis mon regard capta celui de la jeune mère.
- "Encore merci, Monsieur l'Apothicaire". dit-elle en s'inclinant avec respect.
- "Je vous en prie". dis-je en m'inclinant à mon tour.
Nous échangeâmes un sourire. Je la regardai se retourner et talonner Meiling, d'une démarche lente et mal assurée. Les deux apprenties, têtes hautes et bien droites, les suivirent.
La porte à présent fermée, je la fixai.
Ma consultation était terminée.
Lentement, je baissai la tête et observai mes mains.
Pourquoi ai-je l'impression que mes mains n'ont pas seulement soigné cette fois ?
Merci pour votre lecture. J'espère que ce nouveau chapitre vous aura plu. N’hésitez pas à me laisser votre avis qui compte beaucoup pour moi 🌸