D'Eau et de Feu

Chapitre 29 : Retour à Possible-Ville

3560 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 08/08/2026 11:07

Chapitre 29


Écume sentit son corps s’envelopper d’une douce chaleur, elle ouvrit les yeux et s’aperçut que le soleil était levé, sans doute depuis un moment. Ses rayons illuminaient la grotte par l’entrée étroite, et les stalactites et stalagmites lui donnaient l’apparence d’une gueule de dragon.



Pour la première fois depuis un moment, elle n'avait pas fait de cauchemars et se sentait parfaitement reposée. Levant la tête, elle aperçut Cendral qui tentait de tailler une petite roche avec ses griffes.


Leurs regards se croisèrent, et il lui fit un faible sourire. 


— Salut. Bien dormi ? 


— Hum… oui, ça va. Et toi ? lui répondit Écume.


— Un peu mieux. 


Il souffla sur la roche pour en chasser la poussière. Le dragon l'observa d’un air dégoûté. 


— Bon… ce n'est pas vraiment le rendu que j’imaginais mais… elle est… 


— Moche ? proposa Écume en regardant la roche difforme.


Cendral soupira, puis esquissa un sourire. 


— Oui… c'est pas faux. Je vais me contenter du bois, je crois.


Il s'apprêtait à lancer la petite roche par l'entrée quand Écume l’interpella.


— Hé ! J’aime les trucs moches aussi. Donne-la-moi.


Le dragon la lui donna avec un air étonné, Écume la prit, et la glissa dans sa bourse aux côtés de sa statuette.


Cendral lui sourit, et se leva. 


— Bon, on a encore de la route. On y va ?


— Attends, il faut changer ton pansement, on ne l’a pas fait hier.


Le dragon jeta un coup d’œil au pansement, et hocha la tête, s’allongeant pour laisser libre accès à son amie.


Écume sortit de la grotte, et alla chercher ce qu'il fallait. Maintenant qu’elle avait l’habitude, cela ne lui prit que quelques instants. Elle s'assit à côté de Cendral et retira l’ancien pansement devenu sale et poisseux.


Elle observa la plaie sous tous les angles. Le trou s’était presque entièrement résorbé, mais la chair était toujours à vif. Cependant, la plaie était propre et il n’y avait aucun signe d’infection.


Glacier a vraiment fait du bon travail là-dessus… mais je suis loin d’avoir ses compétences médicinales.


Mais tu l’as observé plusieurs fois le faire, alors tu sauras te débrouiller.


Écume commença à nettoyer la plaie doucement, puis plaça l’onguent, ce qui fit siffler Cendral. Enfin, elle plaça les quelques feuilles qu'elle avait trouvées, et la terre humidifiée pour refermer le tout.


Elle prit quelques instants de plus pour s’assurer que tout était bien en place.


Ça semble pas mal. J’espère que ça tiendra. 



Cendral se releva, et prit un flacon dans sa sacoche, c'était l’un des remèdes qu’avait préparés Ardente. Il but une grande gorgée puis rangea le récipient, avant de se tourner vers Écume.


— Prête ? 


Elle se releva à son tour, et hocha la tête. Le grand dragon sortit de la grotte en se contorsionnant et Écume le suivit. Le soleil était à mi-hauteur, et l’atmosphère était lourde, annonçant une journée chaude. Ils prirent la direction de l’ouest vers les montagnes qui trônaient au centre du continent.


Ils volèrent à basse altitude pendant un long moment, profitant des flux d’air en mouvement qui entouraient les montagnes. Vers le milieu de journée, ils passèrent les montagnes et arrivèrent dans la partie ouest du continent, en direction du Royaume de Sable et de Possible-Ville.


La vue était dégagée jusqu'à l’horizon, pas un seul nuage ne venait troubler le ciel bleu azur. Peu après, ils firent une halte afin de chasser et de pouvoir manger un peu.


Écume réussit à attraper une biche dodue, et plusieurs lapins, et ils partagèrent le repas.


— Une fois là-bas, on fera notre rapport à la Reine Épine, en espérant qu’elle pourra nous aider pour les deux autres, proposa Écume.


— Oui… j'espère aussi. Je suis fatigué de cette traque, répondit Cendral d'une voix lasse.


C'est vrai que ça fait un moment, j'ai l’impression que notre rencontre remonte à des siècles… 


Elle observa son ami, et vit qu’il était épuisé. Il avait des cernes sous les yeux, semblait avachi sur lui-même, et son regard n’abritait qu'une petite flamme au fond de ses yeux.



Cendral lâcha ce qui restait de sa proie, puis se leva. 


— Heureusement que tu es là. Je ne suis pas encore assez en forme pour chasser.


— Ça viendra. Tu guéris relativement vite.


Le dragon regarda son pansement en grommelant.


— Pas assez vite… 


— Avant d'y aller, je vais nager un peu, mes écailles sont desséchées à cause de la chaleur. Tu veux venir ?


— Euh… ouais. Mais bon, je n'ai jamais été complètement à l’aise dans l’eau. 


— Allez Cendral, ça ne te fera pas de mal. 


— Hum… répondit l’Aile du Ciel, sceptique. 


La dragonne s’éloigna vers la petite rivière qu’elle avait repérée lors de sa chasse, Cendral la suivit d’un pas hésitant.


Arrivée près de la rive, Écume sauta dans l’eau claire et nagea quelques brasses, Cendral l'observant depuis la rive.


Elle sortit la tête de l’eau et se rapprocha de lui.


— Tu devrais venir, l’eau est bien réchauffée par le soleil, tu vas voir.


— Ouais… je ne sais pas. Et le pansement ? La terre qui le maintient ? Elle va partir ? 


— Eh bien, j’en referai un si besoin. S’il te plaît, essaye au moins.



Cendral s'approcha de l’eau et y trempa une griffe d’un air dubitatif. Il resta là, hésitant. 


Bon, il va lui falloir un coup de pouce. 


À l’aide de la puissante queue d’Aile de Mer, Écume propulsa une grande vague d’eau directement sur Cendral. 


Le dragon la regardait d’un air outré, trempé jusqu’aux os et dégoulinant de partout, avec quelques plantes aquatiques.


— Voilà, maintenant que tu es déjà mouillé, autant y entrer, non ?


— Merci de ton soutien… 


Il entra tout doucement dans la rivière jusqu'à être quasiment immergé, seule sa tête dépassait. Un sentiment de soulagement se peignit sur son museau.


— Alors ? C'est pas agréable. 


— Si… répondit le dragon dans un soupir.


Et voilà, j’avais raison !


— C’est pour ça que j’aime l’eau… en dehors du fait que je suis une Aile de Mer bien sûr. L’eau est douce, elle t’enveloppe comme une seconde peau et apaise mes écailles. 


Le dragon prit une profonde inspiration en fermant les yeux, savourant l'instant.


— Oui… je comprends pourquoi. J’essaierai de le faire plus souvent.


Écume repartit nager quelque temps pendant que Cendral restait immobile au milieu du cours d’eau où il pouvait se tenir debout sur ses pattes arrière.


Elle finit par ressortir de l’eau, aspergeant les plantes environnantes et attendit que Cendral la rejoigne. Quand il fut sur la berge, elle inspecta son pansement. Une partie de la terre s’était effectivement retirée mais l’ensemble tenait bien en place, elle ramassa un peu de boue sur la rive et la disposa pour tout bien maintenir.


Ils décollèrent tous deux quelques instants plus tard, plus reposés et apaisés.







Écume commençait à reconnaître un peu le paysage, et au loin, elle distinguait la forme abstraite qu'était Possible-Ville, trônant sur ses deux rives. 


On y arrive encore…


— Ça va aller cette fois ? 


Cendral la regarda d’un air interrogateur. 


— Que veux-tu dire ? 


— Eh bien… par rapport à la ville, vu que la dernière fois tu… enfin tu vois.


— Ha… oui, ça ira mieux. Je ne suis plus tout à fait le même dragon. Certaines choses ont changé, grâce à toi. Donc oui, ça devrait aller, ne t’en fais pas.


Une sensation étrange parcourut les écailles d’Écume, mélange de joie et de tristesse.



Alors que le soleil avait atteint son zénith, les deux amis se tenaient immobiles à l'entrée de la ville. Ils regardaient les dragons s’occuper dans les allées, un peu plus loin.


Cendral leva une patte hésitante, puis après quelques instants, fit le premier pas, puis le second, et avança ainsi dans les rues couvertes de roche et de sable.


Écume marchait à ses côtés, scrutant chaque museau de dragon. Malgré la terrible attaque survenue il y a peu, la vie semblait avoir repris son cours. Seules les nombreuses garnisons de soldats des deux clans qui parcouraient les rues en formation pouvaient montrer que la ville était encore marquée.


Maintenant qu'ils connaissaient le chemin, ils purent rejoindre le campement des Ailes de Sable dont l'entrée était lourdement gardée. Quatre grands Ailes de Sable se tenaient devant, couverts d'armure et équipés de grandes lances. À l’approche d’Écume et de Cendral, deux des gardes s’approchèrent.


— Qui êtes-vous ?!


Cendral s’assit et se tenait droit devant le soldat. 


— Nous venons voir la Reine, est-elle ici ? C'est important. 


L’un des deux gardes se tourna vers un de ses collègues derrière lui, et ce dernier rentra dans le camp.


Après une éternité où les gardes scrutaient chaque écaille des deux amis comme si ces derniers allaient leur sauter dessus, le garde revint, avec un autre Aile de Sable, plus jeune.


— Cendral ? Écume ? C’est vous ? s’étonna le jeune dragon.


On le connaît, non ? Il me dit quelque chose.


Puis une dragonne noire sortit du camp à son tour.


Ha oui ! Elle c'est… euh… oui ! Lune-quelque chose. Mince, comment j'ai pu oublier.


Un petit sourire se dessina sur le museau de l’Aile de Nuit, puis elle se plaça aux côtés de l’Aile de Sable.


— Bonjour tous les deux. Qibli et moi sommes ravis de vous revoir.


Mais oui ! Lui, c'est Qibli, et elle, Lune-Claire ! Je m’en rappelle maintenant.


— Nous aussi, répondit Écume. 


— Bonjour, répondit Cendral. La Reine Épine est-elle là ? Nous devons lui parler. 


Le sourire de Lune-Claire s’évanouit et se tourna vers Qibli. 


— Euh… oui. Elle est ici. Suivez-nous.


Qibli marcha en tête, et Cendral le suivit juste après. Écume s'avança et Lune-Claire se plaça à ses côtés.


— Euh… tu… tu vas mieux ? La Reine nous a tout expliqué de l'attaque… et elle… elle disait que tu avais été pas mal secouée.


Si seulement c’était si simple… 


— Oui… ça a été plutôt… dur… mais j'ai réussi à avancer.


— Ton ami semble encore plus abattu que lorsqu'on s’est rencontrés.


En même temps, entre l’attaque, Glacier, Turris, Pyra, Acora… et tout ce qui nous est arrivé depuis… mince, j'ai du mal à croire que cela s’est produit en si peu de temps…


— Ça ira, il est fort. Puis, on est là pour se soutenir mutuellement. 

L’Aile de Nuit hocha la tête, son museau anxieux. 


Les quatre dragons entrèrent dans le bâtiment central du camp, où ils étaient déjà venus. À l’intérieur, la Reine Épine les attendait assise sur un coussin posé au sol. Quand elle reconnut Cendral et Écume, elle se leva et s’approcha d'eux.


— Ha ! Je suis contente que vous soyez revenus sains et saufs.


Elle fit un signe de tête poli à Cendral, et s’approcha d’Écume pour lui prendre une patte et la serrer avec ferveur.


— Tu te sens mieux, j'espère, demanda la dragonne en plongeant son regard dans celui d’Écume.


Wow, ça fait bizarre qu’une reine soit aussi attentive sur ma santé. 


— Oui, merci votre Majesté. 


La Reine sembla mal à l'aise, elle fit un signe de la patte nonchalant.


— Appelez-moi juste Épine. Bon, où est le troisième ? Glacier, si je ne me trompe pas ?


Écume et Cendral échangèrent un regard peiné, puis Cendral s’assit et regarda la reine dans les yeux.


— C’est… une longue histoire… c'est pour cela que nous sommes revenus…


L’Aile de Mer crut apercevoir Lune-Claire faire une grimace et se tourner vers Qibli, l’air surprise.


Qu’est-ce qu’elle a ? Elle a mal à la tête ? J’espère que ça ira pour elle…


Elle remarqua que Qibli fixait intensément Cendral pendant que ce dernier continua. 


— Nous avons découvert que… que Glacier était le commanditaire de l’attaque. 


— Quoi ?! s’exclama Épine en reculant de quelques pas. Mais… mais il a…


— Oui, mais il a sûrement tué l’Aile de Sable pour le faire taire. Apparemment, ils se connaissaient.


La Reine Épine se mit à faire les cent pas, soulevant des nuages de poussière et de sable sur les tapis à chacun de ses pas lourds.


— Donc c’était lui depuis le début ! Il est le chef de ce groupe terroriste ? C’est à cause de lui que tous ces dragons sont morts ! Lui et ce groupe d’assassins ! Où est-il maintenant ? Je vais le tuer de mes griffes !


— Il… il est déjà mort, reine Épine… 


La dragonne s’interrompit et se plaça face à Cendral.


— Comment ? 


— Par la foudre… il s’était laissé piéger par son obsession… nous n’avons pas pu l'arrêter, et il en est mort.


Épine s'assit en soupirant. 


— Bon, je présume que c’est mieux comme ça. Mais il faut traquer ce groupe. 


Non, ce n'est pas eux les responsables ! 







Écume se leva et s’approcha de la reine en la regardant dans les yeux. 


— Non, Reine Épine. Ne faites pas ça. Les Deux-Griffes ne sont pas directement responsables. La plupart n’étaient même pas au courant de tout ceci, et même certains nous ont aidés à comprendre la vérité.


La dragonne sembla hésiter. Elle se tourna vers Qibli et Lune, qui hochèrent discrètement la tête.


Ils doivent tous deux être importants, pour qu'elle cherche leur avis. 



— Pourquoi devrait-on les croire ? Ils peuvent très bien cacher leur jeu comme l’a fait Glacier. Je ne peux pas uniquement me baser sur ce qui semble être. Alors, je veux connaître leur identité.


Cendral releva le menton et fixa la dragonne. 


— Reine Épine, avec tout le respect que nous vous devons, nous ne pouvons pas vous donner leurs identités. Vous savez comme moi que cela risque d’attirer des représailles sur des dragons qui n’ont rien fait.


La Reine resta immobile quelques instants à affronter du regard l’Aile du Ciel. 


— Alors qui ? Qui exactement était responsable ? 


— On ne connaît que trois noms : un Aile de Boue du nom de Saumure, qui s’est enfui, un Aile de Sable nommé Fennec, et… Glacier. Ce sont les noms que nous avons pu recueillir. Les Deux-Griffes ont promis d’avertir les Reines si Saumure refaisait surface.


— On a trouvé celui appelé Fennec, le Général Six-Griffes l’a capturé au Repaire du Scorpion peu de temps après votre départ.


Bon, c'est rassurant, ça veut dire qu'il ne reste plus que Saumure, en théorie. 


— Saumure finira par sortir de son trou, répondit Cendral. Il n’a nulle part où aller.


Épine s’assit, le front plissé dans sa réflexion. 


— Je vais envoyer un message à toutes les Reines, pour les avertir de la situation et que tous soyons vigilants. 


C’est le moment où jamais. Il faut qu'elles écoutent les Deux-Griffes. 


Écume soupira, puis se leva pour faire face à l’Aile de Sable. 


— Reine Épine… je… Je sais que ce qu’a fait Glacier et ses partisans est impardonnable. Mais… s’il vous plaît, entrez en contact avec les Deux-Griffes, écoutez ce qu'ils ont à dire. Leur cause est juste, ils veulent vivre dans un monde en paix, comme nous.


La dragonne regarda Écume dans les yeux, la queue battante. Elle semblait hésitante. 


— Je comprends ta demande. Je vais y réfléchir. 


Elle poussa un soupir et continua. 


— J'ai conscience de ce qu'endurent les hybrides, toutes les reines le savent… et bien évidemment, nous essayons d’améliorer les choses, mais cela prend du temps… Les dragons ont la tête dure, il est difficile de changer des idées ancrées depuis des générations. Mais… Nous allons tenter d’accélérer les choses… pour eux.

Au moins elles essaient.


— Peut-être pourriez-vous envisager une rencontre ? Entre les Reines, les Serres de la Paix et les Deux-Griffes. Nous devons communiquer ensemble et non pas rester dans nos coins, proposa Écume d’une voix hésitante.


Épine esquissa un sourire, et la regarda avec un air tendre. 


— Tu me fais un peu penser à moi, quand j’étais plus jeune. C’est une bonne idée. Je vais la proposer aux Reines. Et vous deux, qu’allez-vous faire ?


Cendral et Écume se regardèrent un instant, puis l’Aile de Mer se tourna vers la Reine Épine.


— On… a un projet en tête, oui.


Un super projet, avec un super ami, et plein de super choses à découvrir. 


Arrête de sourire comme une idiote, la reine va croire que tu t’es cogné la tête un peu trop fort pendant le voyage. 


Et alors ? J’ai le droit d’avoir l’air d’une idiote maintenant ! Je peux être ce que je veux !


Écume aperçut Lune-Claire qui retenait un gloussement en la fixant.


La Reine s’approcha d’Écume et lui prit sa patte dans les siennes. 


— Alors, je vous souhaite bon voyage. Vous nous avez énormément aidés, alors, si je peux faire quelque chose pour vous en retour…


— Eh bien… commença Cendral d’une voix hésitante.


Comme il restait là, immobile sans réussir à finir sa phrase, la Reine insista. 

— Alors ? Demande, je ne vais pas te mordre, tu sais.


— Pourtant, elle en est capable, commenta Qibli. Ouch, hé ! Ça fait mal !


Il regardait d’un air faussement outré Lune-Claire qui lui avait fichu un coup de coude dans les côtes. L’Aile de Nuit et la reine échangèrent un regard malicieux.


— Eh bien, on a entendu parler de ce nouveau continent, et… Nous aimerions aller l’explorer. Mais on ignore comment faire.


Épine lui fit un large sourire, et désigna du menton Qibli et Lune-Claire. 


— C'est une excellente idée. Ils vont vous aider, ils y sont déjà allés. 


— Vraiment ? dit Cendral, surpris, en se tournant vers eux.


— C’est… une longue histoire. Mais oui, on peut vous expliquer comment y aller. Nous avons établi de très bonnes relations avec les clans de Pantala, dit Qibli avec enthousiasme.


Lune-Claire s'avança vers la sortie puis les interpella. 


— On devrait sans doute continuer cette discussion ailleurs et laisser la Reine tranquille.


Cendral se leva, salua la Reine d’un signe de tête respectueux et rejoignit Lune-Claire, suivi de près par Qibli. Écume allait les suivre quand Épine l'arrêta en lui bloquant le passage de son aile. 


— Je sais que ce que tu as vécu t’as profondément marquée… mais si cela peut t’aider par la suite, sache que, sans toi et ton ami, il y aurait peut-être eu plus de morts. Essaye de garder ça en tête… crois-moi, ça aide à se reconstruire.


Écume baissa les yeux vers ses griffes, et lui répondit à voix basse. 


— J’aurais juste aimé pouvoir sauver plus de dragons.


Y compris Glacier… 


— Je sais. Mais tu as fait ce que tu as pu. Maintenant, focalise-toi sur l’avenir, et surtout ne te laisse pas consumée par tes regrets.


Elle releva les yeux, et vit Cendral qui l'attendait à l’entrée de la pièce, assis, regardant vers l’extérieur.


Au moins, j'ai un avenir maintenant. 


Oui, et il s’annonce incroyable. 


Elle sourit, et remercia la Reine d’un signe de tête avant de s’élancer vers Cendral.


Il la regardait d’un air amusé. 


— Qu’est-ce qui te fait sourire comme ça ? Vous parliez de quoi ? 


— Ho rien. Elle me disait bon courage pour le voyage et je lui ai répondu que le plus dur serait de supporter tes ronflements à faire déraciner les arbres.


L’Aile du Ciel grogna d’un air amusé et lui donna un petit coup d’aile.


— Ha ! C’est toi qui dit ça… douce ironie. 


— Arrête, je ne ronfle pas Cendral. 


Impossible que je ronfle, on m’aurait avertie… Non… ?


— Si ? répéta la dragonne en s’arrêtant.


Cendral ne répondit pas, et continua son chemin, un léger sourire en coin. Il disparut dans le halo de lumière qui émanait de l’extérieur du bâtiment.




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