Annexes : D'Eau et de Feu

Chapitre 9 : Ardente : Partie 1

3578 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 13/10/2026 20:43

Ardente : Partie 1


Une brise fraîche se glissa dans les fentes du casque d’Ardente. Le soleil frappait fort sur leurs armures, les cuisant à petit feu cet après-midi. 


Elle se tenait droite et immobile, les ailes redressées en arrière et sa lance profondément plantée dans le sol, lui servant d’appui. Ses yeux suivaient les mouvements des dragons qui passaient devant elle. 


Glong


Elle tourna légèrement la tête vers sa droite pour voir d’où venait le bruit. Azur, qui était en poste de l’autre côté de l’accès qu’ils gardaient, venait de faire tomber son casque dans un bruit sonore. 


Il était immobile, la tête basse et les yeux fermés. 


Azur, espèce d’idiot ! C’est bien le moment de t’endormir comme ça ! 


  • Pssst. 


Le dragon ne bougea pas d’un millimètre. 


  • Azur ! insista Ardente en chuchotant. 


Soudainement, un grand dragon rouge passa l’arche de terre blanche et se tourna vers Azur. Ardente se redressa instantanément, surveillant la scène du coin de l’œil. 


  • RÉVEIL-TOI, SOLDAT ! hurla le commandant. 


Il fit un croche-patte au garde qui s’était relevé en sursautant. Il s’étala de tout son long dans le sable dans un brouhaha de métal puis leva la tête vers le dragon furieux qui lui hurla dans les oreilles. 


  • SI JE TE REPRENDS À DORMIR À TON POSTE, JE T’EMPALE SUR TA LANCE, AU MOINS TU TIENDRAS DROIT ! C’EST CLAIR ? 


Azur se releva tant bien que mal, ramassant son casque et sa lance puis se remit en position, droit comme un tronc d’arbre, ses yeux braqués devant lui sans bouger. 


Le grand dragon se tourna si vivement vers Ardente qu’elle sursauta avant de reprendre le contrôle et de s’immobiliser. Il la fixa, son museau si proche de sa tête qu’elle sentait son souffle chaud. Il cracha un nuage de fumée noire par ses naseaux avant de retourner d’où il venait sans ajouter un mot. 



Après un long moment, une fois qu’elle était sûre que leur commandant était parti, elle ficha un coup de lance sur le casque d’Azur. 


  • Qu’est-ce qui t’a pris ! Tu es inconscient ? siffla la dragonne, furieuse. 


  • Désolé, j’ai très mal dormi après la séance d’entraînement d’hier. 


  • Ce n’est pas une excuse ! Je suis aussi fatiguée que toi et je ne m’endors pas, moi. Alors la prochaine fois que tu as envie de fermer les yeux, mords-toi la langue. Au moins, ça te tiendra éveillé et peut-être t’empêchera de dire des idioties. 


Elle ne dit plus rien, restant concentrée sur les dragons qui allaient et venaient pendant que la nuit tombait doucement sur Possible-Ville, rafraîchissant l’atmosphère. 



Après un long moment, deux autres soldats vinrent les relever de leurs postes pour qu’ils aillent se reposer. Azur suivit Ardente jusqu’à leurs baraquements en traînant des pattes. 


Ardente s’assit près d’un feu de camp et sortit de sa sacoche de la viande séchée et une gourde d’eau en peau. 


Elle prit quelques bouchées et les mâcha longuement en observant Azur s’affaler au sol en soulevant un nuage de sable. Il se mit sur le dos, son museau braqué vers le ciel et les étoiles qui commençaient à apparaître. 


  • Tu ne t’es jamais demandé quelle serait ta vie si tu n’étais pas dans l’armée ? demanda le dragon. 


Ardente leva la tête à son tour, et fixa une petite étoile brillante. 


Si… tous les jours… 


  • Mais on est soldats, c’est comme ça. Se faire des vies imaginaires ne change rien, répondit Ardente. 


Il poussa un profond soupir et se tourna vers elle. 


  • Parfois, tu es agaçante… tu le sais ? 


  • Oui, mais c’est grâce à mon côté agaçant que tu es toujours en vie. Sinon, tu aurais déjà été exécuté, ou bien tu serais mort de faim. 


Elle lui lança un morceau de viande au museau qu’il ramassa et grignota en souriant. 


  • Probablement, oui. Bon, au moins demain on est de patrouille, ça évitera qu’on brûle au soleil comme deux bouts de viande trop cuits. 


Ardente fronça le museau et but une grande gorgée d’eau claire. 


  • Même carbonisée, j’aurais meilleur goût que toi, j’en suis sûre. 


Le dragon gloussa et lui jeta une poignée de sable. 


  • Bon, nous devrions dormir, ça t’évitera de t’endormir ENCORE… 


Elle s’allongea et posa sa tête sur ses pattes avant. 


Si seulement j’avais le choix… 


Quelques instants plus tard, elle dormait. 






À l’aube, elle ouvrit les yeux et se leva en s’étirant. Tout autour d’elle, des Ailes du Ciel se préparaient et partaient en patrouille ou à leurs postes. Elle fit quelques pas et donna un coup de queue à Azur qui ronflait, roulé en boule. 


  • Debout, Azur, on va partir, là. 


Le dragon étira chaque membre en poussant des grognements et s’assit, les yeux encore embrumés. 


Alors qu’Ardente attachait la dernière sangle de son armure et mettait son casque, elle remarqua qu’Azur n’avait pas bougé. 


C’est pas possible, il est pire qu’un gosse ! 


Elle prit l’armure d’Azur et lui lança. Il la reçut en plein torse et tomba à la renverse, le souffle coupé. 


  • Allez, bouge-toi, Azur. Le commandant ne va pas te rater cette fois. 


Il commença à mettre son armure mais avait du mal à attacher les sangles. 


Bon, il faut que je l’aide, car là, on est encore ici demain. 


Elle posa sa lance et s’approcha du dragon avant d’entreprendre d’attacher les sangles de sa cuirasse. 


  • Tsss. Laisse-moi faire. Tu sais que tu as de la chance de m’avoir pour amie, j’espère. 


  • Je sais, répondit Azur, un sourire en coin. 


Il se tourna vers elle et lui donna un petit coup d’aile affectueux. 


  • Et toi aussi tu as de la chance. On forme un duo, pour le meilleur comme pour le pire. 


Ardente le fixa dans les yeux et lui sourit à son tour. 


Oui… heureusement qu’on est là l’un pour l’autre…


  • Alors on est les dragons les plus chanceux du monde. Allez, en piste, en avant, dit la dragonne en lui plaquant son casque sur la tête. 


Elle se tourna, ramassa sa lance et celle d’Azur puis la lui lança, avant de marcher d’un pas décidé vers l’entrée du camp.


Une file de soldats attendait son tour devant le commandant qui, deux par deux, leur donnait leur affectation de la journée. 


Quand Ardente et Azur s’avancèrent, il releva le museau et regarda Azur d’un œil noir. Il émit un grognement et regarda son parchemin.


  • Vous deux, vous êtes de patrouille au marché jusqu’à ce soir, dit le commandant sans leur adresser d’autre regard. 


Enfin une bonne nouvelle ! J’adore le marché ! 


  • Bien, commandant, répondit Ardente en faisant signe à Azur de la suivre. 


Tous deux passèrent l’arche de pierre qui marquait l’entrée du camp et continuèrent en direction du marché. 


  • Au moins, on sera un peu tranquilles, dit Azur, l’air ravi. 


  • Oui, mais ne te déconcentre pas. Ils nous ont à l’œil. 


  • Enfin, moi surtout, marmonna le dragon. 



Après quelques ruelles sombres, ils arrivèrent à la place centrale où nombre de commerçants commençaient à déployer leurs étalages. 


Tout en restant droite pendant leur patrouille, les yeux d’Ardente se promenaient sur les étals et leurs objets, admirant l’artisanat, les fruits et légumes aux couleurs étonnantes et aux odeurs alléchantes. 



Les deux gardes faisaient des rondes régulièrement et, parfois, s’arrêtaient pour rester immobiles et observer l’activité environnante. 


Le soleil était à son zénith quand tous les deux se trouvaient au milieu de l’allée centrale. Tout à coup, Azur s’éloigna et Ardente le perdit dans la foule. 


Mais où est-ce qu’il va encore ? 


Elle s’arrêta et resta au milieu du chemin, immobile et mal à l’aise. 


Après un temps interminable, Azur réapparut en tenant dans ses pattes deux trucs étranges à l’odeur agréable. 


  • Tu étais passé où ? Tu ne dois pas t’éloigner sans me prévenir, bon sang ! pesta Ardente en donnant une tape sur l’arrière de la tête d’Azur. 


Le dragon lui tendit l’une des choses qu’il tenait. C’était un bol avec plusieurs petits fruits aux couleurs variées. 


  • Goûte ! J’ai acheté ça à un Aile de Boue. Il dit qu’ils viennent de la forêt de pluie. 


Elle lui jeta un regard furieux.


  • Tu sais très bien que tu risques gros ! On n’a pas le droit de faire ça en service. Tu veux vraiment que le commandant s’occupe de toi ou quoi ? 


Il balaya ses inquiétudes d’un air nonchalant par-dessus son épaule. 


  • Allez… de toute façon, il trouvera toujours un prétexte pour me rabrouer. Je sais combien tu aimes les fruits. Arrête de faire ta ronchonne et mange, de toute façon on a besoin de force pour la journée. 


Azur, espèce d’idiot. 


Après un soupir agacé, elle prit le bol. 


  • Merci, tête de roche. 


  • De rien, cœur de pierre, lui répondit Azur avec un gloussement. 


Elle ne put s’empêcher de sourire discrètement, et goba un petit fruit. 


Mince, ils sont incroyables. 


Il était très sucré et juteux, sa chair fondait sur sa langue. Elle savoura le fruit puis recommença à marcher en grignotant les petits fruits, suivie d’Azur qui en faisait autant. 



Après avoir fini, elle alla rendre les bols au marchand et tous deux reprirent leurs rondes. 


Le reste de l’après-midi s’écoula doucement, la masse de dragons se réduisait au fur et à mesure que le soleil laissait place à la nuit. 








Alors que la nuit finissait de tomber, le soleil continuant d’éclairer faiblement, les marchands commençaient à ranger leur marchandise sous l’éclairage des nombreuses torches allumées il y a peu. 


Azur et Ardente s’étaient positionnés à une des entrées quand l’œil d’Ardente fut attiré par du mouvement. 



À quelques étals de distance, une forme furtive aux couleurs étranges se mouvait discrètement entre les stands et semblait chercher quelque chose. Ardente se concentra sur l’inconnu, surveillant ses moindres mouvements. 



Elle donna un coup de coude à Azur et désigna du menton sa cible. 


  • Regarde. C’est bizarre, ce qu’il fait. 


Il fallut quelques instants à Azur pour repérer le dragon. 


  • Oui… on fait quoi ? 


La silhouette se pencha sous un stand et ramassa une sacoche. Elle regarda à l’intérieur puis, après un rapide coup d’œil aux alentours, détala à toutes pattes jusqu’aux allées adjacentes au marché. 


  • Hé ! Stop ! cria Ardente en s’élançant à sa poursuite. 




Elle pivota et se précipita entre deux stands, renversant trois caisses en bois par la même occasion, afin d’entrer dans une des ruelles sombres de la ville. Après quelques longueurs de queue, elle s’arrêta à un embranchement, cherchant le voleur. 


Un bruit de pas précipités lui parvint par le passage à droite. Elle reprit sa course dans cette direction et aperçut un bout de queue de dragon disparaître à l’angle un peu plus loin. Elle se dirigea vers l’endroit, mais ralentit le pas pour ne pas se faire repérer. Alors qu’elle passait la tête à l’angle, elle aperçut le dragon pénétrer dans une petite impasse discrète entre deux grandes bâtisses de pierre. 


Cette fois, je vais t’avoir !


Avançant d’un pas précautionneux, elle réussit à rejoindre l’entrée de l’impasse et jeta un regard à l’intérieur. De dos, dans l’ombre, la silhouette semblait s’être accroupie pour fouiller dans la sacoche volée. 


Qu’est-ce qu’il peut bien faire ? 


Le plus silencieusement possible, Ardente se glissa derrière elle, avisant la sangle de la sacoche qui traînait au sol. Une fois à portée, d’un geste vif, elle tira de toutes ses forces sur la sacoche qui glissa des mains du voleur. 


  • Maintenant, c’est terminé, ne bouge plus ! Tu vas répondre de ce vol ! 


Le voleur se tourna vivement vers elle, les yeux remplis de terreur et de colère. C’était une jeune dragonne qui devait avoir cinq ans. Elle avait le museau d’une Aile de Sable, mais était de couleur rouge pâle, presque délavée, et elle n’avait pas d’aiguillon au bout de sa queue. Une grande brûlure cicatrisée allait de sa tête jusqu’au haut de sa patte avant gauche. 


Une hybride !? 


Les yeux de la dragonne allaient et venaient entre Ardente et le sac. 


  • Vous devez me le rendre ! 


  • Te le rendre ? s’exclama Ardente avec un gloussement surpris. Il ne t’appartient pas ! 


  • Mais… mais j’en ai besoin ! 


  • Je m’en fiche. Le vol est interdit ici, tu vas aller au cachot quelque temps, ça t’apprendra. 


La dragonne semblait prise de panique et ses yeux cherchaient une sortie, mais Ardente se tenait entre elle et la liberté. Après quelques secondes d’hésitation, la voleuse se jeta sur Ardente pour lui reprendre le sac. 


L’Aile du Ciel esquiva facilement l’attaque, et plaqua avec force la dragonne contre le mur. 


  • Vous… vous ne comprenez pas. J’en ai vraiment besoin ! marmonna-t-elle, le museau contre la pierre. 


Qu’est-ce qu’il peut bien y avoir de si précieux là-dedans ? 


Ardente ouvrit la sacoche d’un mouvement sec de sa main libre et regarda le contenu. Il y avait deux fruits, dont un entamé, et trois morceaux de viande séchée semblant dater d’un moment. 


  • Tu es sérieuse ? Tu risques ta vie pour ça ? 


La dragonne tenta une nouvelle fois de se dégager, sans succès. 


  • Raaah ! C’est pas pour moi ! C’est pour ma petite sœur ! 


Ardente se figea, réfléchissant à ce qu’elle venait de dire. Elle la repoussa dans l’allée et la dragonne s’écroula dans le sable. 



  • Pourquoi ? Vos parents ne vous nourrissent pas ? Personne ne s’occupe de vous ? 


L’hybride resta au sol, la tête basse, respirant rapidement. 


  • Non ! Ils sont morts. On est seules. 


  • Alors trouve-toi un travail ! Je ne sais pas, mais rien qui implique quelque chose d’illégal. 


La voleuse releva ses yeux furieux vers Ardente, et la fixa comme si Ardente était démente. 


  • J’ai essayé, et j’ai juste récolté ça, dit la dragonne en désignant sa brûlure. Je n’ai pas le choix… On est des hybrides… 



Ardente recula d’un pas. 


Alors c’est comme ça qu’ils sont traités ?… 



  • ARDENTE ! cria Azur, au loin. 


La dragonne se releva, ses yeux terrifiés braqués vers l’angle de la rue d’où semblait venir la voix d’Azur. 


Je peux pas… je peux pas… 


Sans dire un mot, Ardente s’écarta légèrement, laissant un passage pour sortir, sa queue balayant le sable et sa respiration rapide. La dragonne fixa Ardente, qui détourna le regard, d’un air surpris, puis, après une hésitation, s’avança prudemment. Arrivée à sa hauteur, l’Aile du Ciel lui tendit la sacoche. 



Sans dire un mot, la jeune dragonne prit le fardeau et courut à toute vitesse dans la direction opposée pendant qu’Ardente la regardait disparaître au loin. 


Au même moment, Azur s’approcha d’elle à toute vitesse, à bout de souffle. Entre deux bouffées d’air, il réussit à articuler : 


  • Enfin… on t’a retrouvée, le commandant arrive. Ça va ?… C’était notre voleur ? 


  • Oui… 


  • Et tu l’as laissée partir ? s’étonna Azur. 


Ardente ne répondit pas et se tourna vers son ami quand des bruits de cavalcade résonnèrent derrière eux. Le commandant et deux soldats s’approchaient d’eux rapidement. 


  • Eh bien ? Qu’est-ce qu’il se passe ici ? Où est ce fameux voleur, Azur ? 


  • Commandant, c’est… commença Ardente. 


  • C’est ma faute, commandant. On le tenait et, à cause de moi, il s’est échappé, la coupa Azur en se redressant devant leur chef. 


Ce dernier jeta des éclairs de rage sur son subordonné. 


  • Toi ? Encore ? gronda le dragon. Tu n’es qu’un incapable. Gardes ! Saisissez-le ! 


Les deux gardes plaquèrent Azur au sol en le tenant fermement par les épaules. 


  • Il est temps que tu apprennes la discipline ! continua le dragon, furieux. 


  • Non commandant ! Il n’est pas… 


  • Ne te mêle pas de ça, Ardente ! aboya le dragon. 


Azur fit non de la tête à Ardente pour lui signifier de se taire. Il se releva et marcha en suivant leur commandant, escorté par les deux soldats. Ardente ferma la marche et jeta un dernier regard vers là où avait disparu la dragonne. 


Qu’est-ce que j’ai fait ! 





Ils entrèrent dans le camp et, sans lui adresser un regard, le commandant guida ses soldats et Azur jusqu’au bâtiment qui abritait les dirigeants de l’armée. Mais les deux soldats en faction devant la porte lui barrèrent le passage quand elle essaya de les suivre à l’intérieur. 


Avec un grondement rageur, elle se mit à faire les cent pas devant la porte, ses ailes prises de frissons. 


Qu’est-ce qui m’a pris ? J’aurais dû l’arrêter, c’est mon devoir. 


Qu’est-ce qu’ils vont faire à Azur ? Ils ne vont quand même pas le tuer ?? 


Elle tourna la tête vers la porte en bois et cracha un nuage de fumée noire par ses naseaux. 


J’espère qu’il va bien… 



Ardente s’assit sur le sable, ses yeux toujours fixés sur la porte comme si elle essayait de voir à travers. La nuit finissait de tomber, seuls les feux de camp et quelques torches éclairaient le camp où les soldats se reposaient de leur quart. 


Après une éternité, les battants s’ouvrirent enfin et Azur sortit du bâtiment. Il boitait d’une de ses pattes arrière, et avait plusieurs contusions au visage. Ardente accourut pour se placer contre lui et le soutenir. 


  • C’est gentil de m’avoir attendu, dit le blessé en grimaçant. 


  • Je suis désolée, Azur… 


  • Pas ici, répondit le dragon en désignant discrètement les gardes à côté d’eux. 



Tous deux marchèrent jusqu’à leur tente, et Azur s’allongea doucement sur le sable, puis poussa un soupir. 


  • Ah, j’aurais jamais cru que le sable chaud me ferait autant de bien. 


Ardente le fixait, la mine sombre. Il le remarqua et gloussa. 


  • Arrête de t’en vouloir. Il fallait bien que ça m’arrive un jour. Et encore, il a été plus magnanime que je ne l’imaginais. 


  • C’est de ma faute… 


  • Pour une fois que c’est moi qui couvre quelque chose. Laisse-moi cet honneur. Dans quelques jours ça ira mieux. 


La dragonne détourna le regard. 


  • Allez, arrête, je te dis. Mais je suis curieux. Pourquoi tu l’as laissée partir ? 


  • Je… je ne sais pas. 


  • Waouh, toi, tu ne sais pas quelque chose ? C’est intriguant. Enfin bref, tu dois avoir tes raisons. 


  • C’est juste que… enfin, tu vois… 


  • Tu n’as pas besoin de te justifier. Tu sais que je te fais pleinement confiance, dit Azur en lui souriant. 


À se demander pourquoi…



  • Tu devrais dormir, ça t’aidera à guérir, finit par dire Ardente avec un regard inquiet. 


Azur s’allongea en grondant, et posa sa tête sur ses pattes avant. Après un petit soupir, il ferma les yeux. 


  • Tu as raison. Bonne nuit, Ardente. 


  • Bonne nuit… 










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