Les Sims: La Famille Duchamps.
Le soleil éclaire la maison des Duchamps à Sunset Valley, une odeur parfumée émanant de la ville. Dans le petit jardin, Eric a commencé à couper les mauvaises herbes après s'être levé tôt ce matin, vers quatre heures comme d'habitude, pour discuter avec la Faucheuse et faire le point.
Tenant une mauvaise herbe dans sa main gantée, il plaisante : « Vous êtes comme mes enfants, difficiles à faire partir ! »
« Hey ! » C'est la voix de Cynthia qui passe sa tête à travers la fenêtre. « Tu as déjà commencé ? »
Eric se lève, tapotant sur sa combinaison. « Évidemment, rien de tel pour entamer sa journée ! »
« Tu parles, tu dois être levé depuis quatre heures du matin. Tu peux faire ça en journée, tu sais », réplique-t-elle avec un grand sourire qui se rétracte soudain quand elle voit les cernes de son père.
Il se frotte le front avec sa main. « Non, ne t'en fais pas, j'ai l'habitude. Tu sais bien que j'ai besoin de ce moment de dé... »
PAF !
Un rouleau de journal atterrit sur ses pieds, ce qui le fait immédiatement sursauter pendant que la motarde scande : « NOUVELLE DU JOUR ! JEUX DE SOCIÉTÉ GRATUITS ET COLLECTIFS AU PARC ! »
Cynthia ricane, mettant la main devant sa bouche : « Bon, au moins c'est pas dans le visage... »
Eric ramasse le journal et franchit la porte d'entrée, se dirigeant immédiatement vers le salon où les sons de la SimBox résonnent ainsi que les bruits de manettes maniées par Paul, intensément plongé dans son jeu.
L'odeur de cookie commence à lui chatouiller les narines. Le père Duchamps aperçoit Maryline dans le salon, dégustant son bol de lait, les clés de sa voiture posées juste à côté.
« Maman est toujours en train de dormir ? »Maryline lève la tête. « Oui, comme tous les week-ends. »
« En parlant de week-end, qu'avez-vous prévu ,les enfants ? » demande Eric, mettant les mains sur ses hanches, regardant d'abord Maryline.
« Je vais à la bibliothèque. Je dois préparer le défi du mois... »
« Le défi du mois ? » Cynthia s'assoit à côté d'elle, haussant les sourcils.
« Oui, l'évaluation mensuelle si tu veux. Elle est individuelle, je dois écrire une histoire avec une plante et elle doit mal se finir…. Cynthia, je t'ai vue ! » explicite Maryline, terminant son bol de lait et appuyant sur la main de Cynthia qui a tenté de lui piquer son cookie.
« Radine ! » dit Cynthia, faussement vexée.
« Et toi, Cynthia ? » demande Eric.
« Je vais aller au parc. Faute de mieux. »
Paul pose sa manette au loin et signe : « Je vais voir TrekSims avec Florence. »
Un large sourire se dessine sur les lèvres du père Duchamps. « Bon film, Paul ! Entre fans de TrekSims, vous me direz s'il est à la hauteur de vos attentes. »
Paul hausse les épaules et signe : « J'espère que ça sera pas un film d'action boom boom comme les reboots de ces dernières années, TrekSims c'est pas ça ! »
« À quoi tu t'attendais ? » coupe Cynthia. « Ils prennent TrekSims pour du SimsWars ! »
« TrekSims a toujours été beaucoup plus mature et intelligent que SimsWars ! » signe Paul avec fermeté.
Maryline se lève et s'étire les bras. « Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment comparable, Paul. Les deux œuvres n'ont pas la même thématique ni le même sujet. »
« Bah si, c'est dans l'espace », argumente Cynthia, un petit sourire émanant du bout des lèvres. « C'est un peu pareil. »
Eric s'approche de sa cadette, lui donnant rapidement un coup d'épaule.
« Arrête de les embêter, tu ne veux pas relancer le débat ? »
« Et toi, Papa ? Qu'est-ce que tu as à prévu pour ce week-end ? À part te lever en pleine nuit », demande la cadette, les mains sur les hanches.
Eric tapote sa poche. « J'ai deux billets à l'intérieur. Au moment où ta mère se réveillera, je les lui offrirai. »
« J'espère que c'est pas la “mère” à boire ! » plaisante Cynthia, pointant la poche de son père. Maryline s'exaspère. « Papa, tu as contaminé Cynthia ! »
« Non, je l'ai éduquée ! » réplique Eric, se dirigeant vers la chambre parentale d'un pas léger, entendant rire ses deux filles derrière lui et Paul éteindre sa console.
Eric pousse doucement la porte, entrant sur la pointe des pieds. Hélène semble toujours dormir profondément, recroquevillée dans le lit.
La chambre est parfaitement rangée, son odeur est parfumée à la vanille, l'une des préférées d'Hélène. L'ordinateur de cette dernière est par ailleurs toujours allumé sur sa partie d'échecs sur l’ordinateur.
Se dirigeant vers le côté gauche du lit où il dort, Eric est interrompu par la voix discrète de sa femme.
« Tu as coupé les mauvaises herbes ? »
« Hélène ? Comment tu s... »
« Quand j'ai les couvertures pour moi, c'est que tu es levé... » somnole-t-elle, enfonçant sa tête dans son oreiller. « Ne fais pas trop de bruit, s'il te plaît. »
Hochant la tête, Eric s'assoit à côté d'Hélène, passant ses mains sur sa tête, bâillant bruyamment.
« Qu'est-ce que j'ai dit ? » murmure Hélène dans son sommeil, esquissant un sourire malgré tout.
« Désolé », murmure-t-il en réponse.
S'allongeant sur le lit à côté de sa femme, il regarde le plafond, sentant ses paupières s'alourdir. Sa respiration devient de plus en plus lente et son souffle est le seul son qui se dégage de la pièce, brièvement interrompu par le bruit de moteur du véhicule de Maryline au loin.
Il relâche ses épaules, les laissant s'enfoncer sur l'oreiller. Aujourd'hui, les enfants ne sont pas là et il espère qu'Hélène va bientôt se réveiller pour qu'il puisse lui faire la surprise prévue.
Soudain, Eric aperçoit la main d'Hélène toucher le bout de son épaule, puis petit à petit, sa femme enroule ses bras autour de lui, le rapprochant d'elle.
Hélène ouvre légèrement les yeux pour observer la réaction d'Eric ; ce dernier prend une partie de la couverture et colle sa tête contre la sienne.
Leur jauge remplie, le couple s'endort profondément dans les bras de l'un de l'autre, le sourire aux lèvres.
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Quelques heures se sont écoulées depuis leur sieste commune et, comme à son habitude pour se détendre, Hélène se focalise sur son entraînement aux échecs, son passe-temps favori.
Eric est debout, la main sur l'épaule de sa femme, assise en train de jouer aux échecs en ligne sur son ordinateur. Elle repousse avec délicatesse.
« Je n'aurais jamais cru te dire un jour que je suis fier que tu sois un échec. »
« Eric, ce n'est vraiment pas le moment. Je me concentre, si je parviens à le déroquer... »
« Pas de souci, je te MAT à l'échec. »
VOUSH !
Hélène se lève soudain de sa chaise après avoir joué son coup et pointe du doigt celle-ci avec un grand sourire. « Monsieur, si vous vous trouvez si malin, je vous laisse jouer à ma place. Vu que vous aimez vous PLANTER ! »
Eric se gratte les cheveux. « Chérie, ton temps s'écoule là... »
« Tu vas jouer. Moi aussi j'aime te voir en échec. »
Il sourit, bégayant légèrement. « Très... très drôle, mais je n'ai pas du tout travaillé mes compétences... »
« Ça sera encore plus drôle, allez ! »
Il s'assied, regardant l'écran de l'ordinateur ouvert en pleine partie d'échecs contre un certain « Cassefeu » qui joue les Blancs ; regardant l'échiquier, Eric constate que les Blancs sont passés à l'attaque, mais que leur roi est toujours au centre.
« Qu'est-ce que tu voulais dire par... déroquer ? » demande-t-il en passant sa main sur ses cheveux.
« Ça veut dire que tu dois mettre en échec le roi et que seul lui peut bouger. En bougeant, il ne pourra plus roquer et mettre son roi en sécurité », explique calmement Hélène. « Tu as un seul coup pour le faire. Peux-tu le trouver ? »
Eric met sa main sur son menton, se concentrant intensément sous l'œil attentif de sa femme. « Tu le trouves ? »
« Le cavalier, c'est en diagonale, c'est ça ? »
« Ça, c'est le fou, Eric. »
« Cynthia est dans ce jeu ? » plaisante-t-il en riant.
Hélène pointe l'échiquier virtuel avec son doigt. « Tu n'as pas un temps infini, Eric, concentre-toi ! Et... »
Elle inspire :
« ...Pour ta gouverne, Cynthia, c'est le cavalier qui se déplace en L. Le fou, c'est toi. Tes jeux de mots sont tordus comme la façon dont il se déplace. »
Eric poursuit. « Et toi, tu es la reine, tu te déplaces partout. »
« Et Paul est la tour, il est toujours droit. » murmure Hélène.
Il déplace la tour avec sa souris. « Alors je vais bouger Paul et… ÉCHEC ! »
L'adversaire bouge son roi, permettant de « déroquer » comme prévu. Il fait un geste victorieux du poing.
« Ah, tu vois ? »
« Je vois ça... »
« Et à ton avis, Maryline, ça serait le Roi ? »
Hélène fait un non de la tête. « Non, Maryline serait un pion. »
« Un pion ?! »
« Oui, un pion. » explique Hélène, la main refermée sur son menton. « Car un pion est discret mais essentiel en fin de partie. Et quand il atteint le bout de l'échiquier, il devient une reine, un cavalier, un fou ou ce qu'il veut. »
« C’est une belle métaphore... » murmure Eric.
DING !
« ERIC TU VIENS DE PERDRE AU TEMPS ! » Hélène ouvre grand la bouche, donnant une petite tape sur Eric. « Tu viens de me faire perdre des points ! »
« Je... Je réfléchissais ! » proteste-t-il.
« Tu réfléchis trop longtemps ! C’est ça ton problème ! » souffle Hélène.
« Je ne connais pas aussi bien les échecs que toi... »
« Ce n’est pas une question d’échec... C’est que tu te laisses paralyser par tes options. Il y a bien un moment où il faut jouer un coup... »
« S’il est mauvais ? » demande-t-il presque innocemment.
« Eric... »
« Oui ? »
« On sait tous les deux qu’il sera mauvais. »
Il croise les bras et se tourne vers le mur. « Sympa ! »
Hélène ricane légèrement avant de regarder en direction de la table de chevet de son mari, sur laquelle est posé dessus son carnet grand ouvert avec un croquis de l’enclos à licorne qu’il utilise pour son travail.
Elle s’approche de celui-ci en penchant sa tête. « Des fleurs ? »
Eric se tourne vers elle se levant et posant son doigt sur le carnet en particulier vers la légende. « Oui de l’hellébore, ça fera joli puis des jonquilles ou des coquelicots je ne sais pas. Madame Gohik n’arrête pas de me contrôler... »
« Tu veux déjà tout dessiner... » commente Hélène.
« Oui et alors ? » commente Eric.
« Tu n’as pas l’impression d’aller trop vite et si Madame Gothik n’approuve pas tes changements ? Tu ne crois pas que tu ferais mieux d’y aller par étape ? »
« Comment ça ? Autant tout lui présenter tout de suite, si quelque chose ne lui plaît pas dans le croquis, elle n’aura qu’à corriger. »
Hélène prend le carnet de son mari. « Je ne pense pas. Même si elle valide ta version, je doute que le résultat final corresponde à ses attentes. Fais-le par étape. »
« Elle ne serait pas si... »
« Tatillonne ? » Hélène hausse un sourcil. « On parle d’un enclos pour sa licorne, l’un des animaux les plus rares et de quelqu’un de suffisamment riche pour avoir les extensions, crois-tu vraiment qu’elle ne t’ordonnera pas de tout changer à la dernière minute ? »
Eric met la main sur son menton. « C’est pas une mauvaise stratégie... »
« Et qui sait, ça pourrait te faire économiser de l’énergie et du temps, tu pourrais voir la progression comme ça... »
« Oui… ce n’est pas faux » souffle Eric. « C’est une bonne idée. »
« Informe-moi de tes avancées. » sourit Hélène. « Comme ça je pourrai te donner mon avis. »
« En parlant de ça. Comment se passent tes cours ? »
Elle passe une main dans ses cheveux s’asseyant sur le lit. « Oh tu sais... Pas trop mal... Une classe infernale que le principal m’a collée, très rebelle... »
«Ah oui…la fameuse classe… »
« Qu’est-ce que tu veux Eric, nos patrons aiment nous coller des défis et je dois maintenir ma jauge de compétence pour garder le salaire. » dit-elle en grinçant des dents et fermant les poings.
« Je sais. » réplique Eric d’une voix grave.
Elle saisit son carnet, une lueur illuminant ses yeux. « Eric, je peux te l’emprutnert ? »
« Oui, pourquoi ? »
« Je vais leur faire un exercice avec tes mesures, on va voir si les mathématiques ne sont pas concrètes ! »
« Les pauvres... »
Hélène hausse un sourcil.
« Hé, c’est pas toi qui as cette classe ! »
« J’ai une licorne, c’est pire ! »
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Hélène est assise, les jambes croisées dans le salon, juste en face de la télévision diffusanr un épisode de TrekSims. Elle relit ses cours pour le lundi suivant et y insère les dessins d'Eric avec des exercices mathématiques à résoudre.
Eric, justement, est assis à côté d'elle en train de dessiner un nouveau brouillon, repartant de zéro suivant les conseils de sa femme.
Le soleil s'est déjà couché, il ne subsiste que les lumières des lampadaires.
La maman Duchamps consulte son téléphone.
« 20H30... Ils ne sont pas encore rentrés, aucun des trois. »
« Hum... Tu penses qu'il faudrait aller les chercher ? » demande Eric.
« Je ne sais pas. » répond Hélène.
Elle envoie un SMS à chacun de ses trois enfants pour demander où ils sont, s'apercevant du coin de l'œil qu'Eric a reçu un message ; il fait un geste de la main, se levant pour téléphoner.
Hélène décide de composer le numéro de Maryline.
Cela sonne.
DRING !
DRING !
DRING !
DING !
« Maman ? » répond l'aînée au téléphone, semblant légèrement fatiguée.
« Oui, Maryline ? Où es-tu ? »
« Je... sors du cinéma... Je suis avec Salma. »
« Du cinéma ? » questionne Hélène.
« Oui... J'ai croisé Salma. »
« Tu as ta voiture ? »
La voix de Maryline semble surprise. « Oui, pourquoi ? »
« Tu pourrais ramener Cynthia et Paul, ça serait très gentil de ta part. »
Un silence suit pendant quelques minutes, Hélène pouvant entendre les réticences de sa fille. « D'accord Maman. »
« Merci ma chérie. »
Raccrochant, elle pose son téléphone sur le canapé, voyant Eric revenir. « Alors ? »
« J'ai demandé à Maryline de ramener sa fratrie. » sourit-elle presque avec malice, puis poursuit-elle en plaisantant : « Elle ne semblait pas contente mais au moins elle sait ce qu'on endure. »
« C'est vrai qu'elle a une voiture maintenant ! » se rappelle Eric.
« Comme quoi il arrive à mes parents de faire quelque chose de bien... »
Hélène fixe son mari qui regarde le sol, joignant ses deux mains, réfléchissant profondément.
« Eric, qu'est-ce qu'il y a ? »
« Ma mère a appelé… Elle vient nous voir demain. »