Mon journal intime 2

Chapitre 1 : Mise au point

1353 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 21/01/2026 01:10

— Lola ?

— Quoi ?

— On peut te parler ?


De mauvaise grâce, je suis Charlotte jusqu’au toilette. Elle m’enferme avec Stéphane dans l’une d’elle.


— On est le six novembre, il ne fait pas encore trop froid pour un plan à trois les filles !


Ma pique ne provoque rien. En face, deux poteaux, de vrais gardes de corps ! Les bras croisés, prêtent à me cramer de leurs colères. 


— Vous n’êtes pas du tout crédible là !

— Steph ? On lâche le morceau ?

— En même temps Charlotte.


Elles esquissent un demi sourire, je mords ma lèvre connaissant le sujet principal :


— Quitte Matthias  ce délinquant et reviens avec nous, on veut revoir notre Lola à nous !

— Alors, si vous ne m’en voulez pas avec Paul Henri, tant mieux. Or, trop tard, j’ai quitté Mael pour lui, je l’aime et même si j’ai avorté, même si par défis, j’ai bousillé le bureau de ma mère, je…

— Alors c’était toi ce saccage !? hurle Stéphane

— De quoi ?! Toi enceinte ?! enchaine une seconde après Charlotte.


Je voudrais m’enfuir de honte ! Une connerie de plus que mes amies savent désormais ! Enfin deux…


— C’est passé, pour ma mère, je m’en veux et je vais m’excuser ce soir.

— Lola ! Ce mec refuse qu’on se mélange, il va être un prochain Escobar, te met enceinte et te pousse à du vandalisme !

— Chut ! Charlotte, baisse le ton.

— Et pour Mael ?

— Quoi Mael Septh ?

— Il veut que tu assumes ta tromperie.

— Vous lui avez dit…

— Lola ! Assumes bordel ! Tu as connu ça, le mensonge, la tromperie avec Arthur. Il a mal.

— Ok Charlotte…j’irais oui.

— De suite !


Je tente de relâcher sa poigne, elle me libère dès qu’on se poste devant toute l’autre bande dehors pour cette fin des cours. Mon ex m’a lorgné une seconde avant de reprendre la conversation l’air de rien. Le coup de coude de Steph et l’insistance de Charlotte me pousse devant le fait accompli :


— Mael ? Je peux te parler ?

— Je ne crois pas non, tu es qui ?


Ça me brise le cœur. Heureusement que sur tous, seul, trois, savent vraiment qui je fréquente….


— Mael, tout peut se finir rapidement entre nous enfin…

— Tu t’enfonces aussi vite que le bédo dans ta bouche de salope. Je sais qui tu vois. Tu as réussi l’exploit de nous couper en deux pour mener notre enquête et de l’autre, nous ressouder car nous, on est honnête.

— Je n’ai pas su tout te dire. Cet été, j’étais seule à Paris, toi avec le groupe, à Londres.

— Tu veux quoi ? Comprendre mes silences ? C’était la dernière étape avant le Graal. Et c’était à Madrid pas à Londres. Tu vois, tu te dis la fille romantique, en besoin d’attention qui était prête à attendre son prince charmant. Une qui aurait confiance en moi car moi, je ne vois pas ailleurs. Au final, tu as été comme Arthur. Tu as couché et seul différence ? Tu m’as menti quand on s’était appelé. Continuer à jouer la bonne copine alors que tu t’envoyé ailleurs ! Je me fiche de savoir ses origines, du comment, du pourquoi. Je t’aimais Lola !

— J’ai cru des choses, me suis angoissée. J’ai horreur des silences…je suis désolé.

— J’ai perdu une amie et une petite amie. Tu veux quoi maintenant ? Revenir ?

— Je ne sais pas…à toi de me le dire.

— Tu ne sais jamais rien Lola ! C’est pathétique.


C’est le mot de trop et 8je quitte le groupe en retenant mes larmes. J’entends à peine, mes deux supers héroïne chercher à me défendre. Elles me rattrapent au vol :


— Non ! Il a raison, j’ai tout gâché ! Et puis quoi ?! Vous me défendez maintenant ?!

— On est désolé pour cette mise en garde Lola ! Tu sais, on tient à toi et on s’inquiète que tu t’éloigne de nous !

— Charlotte, stop !

— Mael va te pardonner, j’en suis…essaye de me convaincre Stéphane  


Je les repousse pour fuir le plus loin possible. Si je prends le RER, cette fois ci, je marche jusqu’à m’effondrer dans mon lit.


— Lola ?


Ma mère à toquer doucement et de plein fouet, je me souviens que je dois lui avouer…elle ne sait rien de rien !


— Entre, faut que je te parle.


Elle s’installe inquiète, je me ressaisie préférant être debout, tournant en rond avant de me plante là :


— Maman…je…

— Tu ? C’est Mael ? Après Arthur ?

— Tu peux me priver de téléphone, d’ordi, de sortie si tu veux. J’ai des choses à te dire….


Je lui dévoile tout enfin presque. Elle ouvre et ferme sa bouche comme un poison rouge. Je prie qu’elle m’engueule, je ne suis pas à ça près !


— Que tu te trompes c’est ta vie privée, que tu essayes de rencontrer d’autres jeunes qui vivent loin c’est autre chose. Ce qui me fout en colère et je garde mon calme, c’est pourquoi tu as osé vandaliser mon lieu de travail tout ça par amour ?

— Je suis désolé maman…

— Tu me confirmes que tu étais avec eux ? Je n’ai pas tout compris et par chance, rien ne fût volé.

— J’étais seule, toute seule et envoyé une photo. Je voulais par amour, qu’il revienne vers moi après…

— Après quoi Lola ?!


Elle monte d’un étage dès que je me suis tu, je transpire, je fuis dans la salle de bain. Elle me rejoint. Décidément les pièces humides sont les nouveaux salles d’interrogatoires !


— Lola ! Dis-moi toute la vérité, rien que la vérité !

— Maman ! Je l’aime ! Tu ne pourras m’a empêcher de l’aimer !

— Lola ! Crache le morceau !

— Maman !

— Bien, tu voulais que je te prive de tout ? Je te laisse une chance. Tu me dis tout et tu me le présente ou je mets à exécution ta demande !

— J’ai avortée le deux novembre…il voulait que je garde l’enfant avant de changer d’avis…

— Lola, je t’ai vu changé.

— Ouai je sais, tu voulais me renvoyer chez la psy parce que je change de fringues, m’essaye à la peinture et aux débats du monde ?!

— Je ne veux pas te perdre trop vite Lola. Tout a été si vite l’an dernier, on s’était manqué et là, j’ai l’impression que ça recommence. Promet moi de tout me dire si ça ne va pas, promet moi de revenir au moindre doute et promet moi que c’est un garçon un peu perdu, non violent et qu’il prend soin de toi.

— Oui maman…tu veux vraiment le rencontrer ?

— Avec ton père oui.

— Carrément ? C’est une blague ?! On ne va pas se fiancer là !

— Louise et Théo sont rentrés, on en reparle et restes pour dîner. J’aimerais aussi savoir son âge.


Je retourne dans ma chambre et hésite à écrire dans mon journal. Finalement je saute le pas. Ma mère me l’a offert pour s’excuser d’avoir lu le premier. Il est plus petit et je l’ai aussi personnalisé. Dans le doute, je le cache dans mon panier de string. Après la douche, j’appel Matthias et il est ravi de rencontrer ma famille. Ouai, j’en doute un peu.

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