HYDRA'S QUEST

Chapitre 1 : Back in Black

4051 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 23/08/2026 16:43

Excelsior !

Il y a quelques années, le SHIELD est tombé. Il avait été infiltré par HYDRA, organisation nazie fondée dans les années 40. Les survivants du SHIELD s'étaient reconvertis en mercenaires ou avaient intégré les autres organisations de renseignement et d'espionnage autour du monde. HYDRA, elle, existait toujours, répartie partout, tout le temps. Et dans un monde où les super-héros ont été désavoués et où seul Captain America avait le droit d'exercer…


Le brouillard était épais sur la ville de Moscou. Des cadavres jonchaient le sol. Des chars américains avançaient doucement sur le terrain boueux et plongé dans le flou de la brume. Parmi les cadavres, une femme, à terre, respirait encore. Natasha Romanoff. Le KGB l'avait envoyée ici pour débusquer des agents d'HYDRA infiltrés, mais les Américains étaient arrivés et n'avaient pas posé de questions. Elle tentait péniblement de se relever, sans réussir, alors que ses mains s'enfonçaient dans la boue. Natasha n'avait pas peur des chars. Au fond, elle savait ce pour quoi elle s'était engagée et que le jour était venu d'y faire honneur. Elle tendit la main vers son pistolet, tombé devant elle.


— My deystvuyem v teni, chtoby otomstit' za svet


Une botte en cuir marron s'arrêta sur le pistolet. À la couleur verte du pantalon, Natasha devina qu'il s'agissait d'un soldat américain.


— C'est terminé, agent. HYDRA est partie, vous n'avez plus à vous battre.


Natasha leva les yeux vers l'homme. Il avait l'air bienveillant. Ses insignes indiquaient qu'il était colonel.


— Colonel Rhodes ! l'appela Steve Rogers, le super-héros Captain America. Natasha avait tellement entendu parler de lui, avait souvent entendu sa voix à la radio, à la télévision…


— Il y a une survivante, Captain. On peut sûrement en tirer quelque chose. Je ne sais pas si elle parle notre langue, expliqua le colonel.

Natasha savait qu'elle ne devait pas parler. Son gouvernement la tuerait si elle disait quoi que ce soit aux Américains.


— Elle ne parlera pas. Ils sont entraînés pour ça. Il faut qu'on la soigne, dit un autre homme qui, lui, n'était pas habillé en soldat. Il avait une veste en cuir marron et un pantalon de survie noir.


Natasha ferma les yeux, involontairement : elle perdit connaissance.


Quand elle les rouvrit, elle était allongée sur un brancard. C'était une secousse qui l'avait réveillée, sûrement un trou dans lequel le camion ambulancier avait roulé. Elle regarda autour d'elle. À l'avant, l'ambulancier conduisait sur une route non moins brumeuse, la tête penchée en avant. À côté d'elle, l'homme à la veste en cuir était assis, il lisait un livre. Elle s'apprêta à lui parler quand, soudain, il y eut une autre secousse. L'homme leva la tête pour regarder dehors. Natasha suivit son mouvement et vit une bombe en train de chuter juste devant eux.


— Pizdets ! pesta Natasha en se crispant pour se préparer à l'impact. La bombe atterrit. Le camion fut soufflé par l'explosion, projeté plusieurs mètres en arrière. Le brancard percuta la porte arrière. Le char qui escortait l'ambulance s'arrêta. Captain America se précipita pour sortir.


— L'aviation russe ! cria-t-il.


Mais Natasha connaissait les bombes et les méthodes russes.


— Américaine ! corrigea-t-elle en tentant de crier assez fort pour que le Captain l'entende.


— Sortez Coulson de là. Essayez de voir s'il y a d'autres véhicules ennemis dans le coin avant qu'on avance, ordonna le Captain Rogers à ses hommes.


Mais à peine eut-il le temps de prononcer ses ordres que deux transports aériens armés firent irruption de la brume et commencèrent à tirer. Le camion fut touché alors que les soldats en sortaient l'homme que le Captain avait appelé Coulson. Natasha fut envoyée dans tous les sens par les secousses. Ses sangles lâchèrent et elle roula par terre, dehors. Dans le char d'escorte, Rhodes tirait sur les appareils. Il parvint à toucher les deux, qui s'écrasèrent non loin. Le Captain et Coulson se dirigèrent vers les épaves pour vérifier s'il y avait des survivants. Ils trouvèrent notamment des prisonniers, deux hommes et une femme, qu'ils ramenèrent au char. Rhodes alla chercher Natasha et le chauffeur de l'ambulance pour les ramener aussi.


— Tout le monde va bien ? demanda le Captain aux survivants en leur tendant des gourdes.


— Pourquoi étiez-vous prisonniers ? enchaîna Coulson.


Mais personne ne parla. Les prisonniers buvaient, regardaient dans le vide, l'un des deux hommes se vidait de son sang. Rhodes brisa le silence :


— Putain de merde.


Les autres suivirent son regard et découvrirent le drapeau américain inscrit sur les transports écrasés. Natasha leva les yeux au ciel en entendant les chuchotements choqués de Steve et Coulson. Les transports explosèrent simultanément, laissant tout le monde sans voix, pendant que le prisonnier qui saignait rendait son dernier souffle. Steve regarda Coulson.


— L'appareil qui nous a bombardés devait sûrement escorter les deux autres. Est-ce qu'on était officiellement les seuls à être envoyés ou on nous a caché quelque chose ? lui demanda le Captain. Au lieu de répondre, Coulson alla panser les blessures de Natasha.


— Si vous comprenez ma langue, je pense qu'il serait vraiment bénéfique pour nous tous que vous obteniez des infos, lui dit Coulson en désignant les prisonniers du regard.


Natasha hocha la tête. Quand Coulson partit discuter plus loin avec Steve et Rhodes, elle se rapprocha des prisonniers. Ils la regardèrent, des questions plein les yeux.


— Natasha Romanoff, se présenta-t-elle.


— Grant Ward, dit l'homme, tandis que la femme à côté de lui resta silencieuse.


— Tout… ira bien, dit-elle faiblement pour les rassurer. Mais elle-même n'en était pas sûre.


Elle se tourna vers la femme, qui refusait toujours de parler, le visage dur et fermé. Mais elle tremblait. Natasha tenta de se rapprocher d'elle et aperçut alors une marque sur son cou. C'était un crâne entouré de tentacules, marqué au fer rouge. Elle regarda le cou de Ward, il avait la même marque. Tremblant, il tendit à Natasha une petite capsule. Il mit son doigt devant sa bouche pour lui signaler de rester silencieuse. Natasha fronça les sourcils. Ward regarda Coulson, Steve, puis le logo à tentacules sur le cou de la prisonnière. Natasha prit la capsule et la cacha dans son haut, en hochant la tête. Steve arriva.


— Vous avez pu communiquer ? demanda-t-il en s'agenouillant à hauteur des prisonniers.


— Grant Ward, dit Natasha en désignant Ward du doigt.


— Très bien, dit le Captain en soupirant et en retournant voir Coulson.


Une fois le Captain éloigné, Natasha ressortit la capsule et la regarda. Mais elle fut interrompue par un bruit sourd, plus fort que celui d'un avion. Lassée, elle leva lentement les yeux au ciel et vit effectivement un gigantesque porte-avions émerger du brouillard, un engin de mort annoncé par son bruit, le symbole du crâne à tentacules présent sur la coque. Elle resta à le fixer tandis que Captain America criait ses ordres.


En entendant les coups frappés à la porte, Natasha ouvrit les yeux. Elle était dans son lit, bien à l'abri dans la base fortifiée du FBI. Elle se demanda un instant si elle avait rêvé. Oui, de ce terrible jour, encore. Elle était régulièrement hantée par l'attaque du porte-avions la nuit. Elle ne voyait jamais l'après, ou plutôt refusait de le revoir. Elle appuya sur le bouton qui ouvrit les stores de sa petite cabine, une pièce un peu froide, avec peu de décorations si ce n'est une rose posée sur la table à côté de son lit. Elle ouvrit le tiroir de cette même table. Là se trouvait la capsule que Grant Ward lui avait confiée trois ans plus tôt. Elle ne l'avait jamais ouverte. Elle avait essayé une fois, mais il semblait que cela nécessitait un matériel spécial. Sans plus d'informations sur son contenu de la part de Ward, elle refusait d'en parler à qui que ce soit.


— Il me semble que vous avez raté l'heure, sermonna Coulson depuis l'autre côté de la porte.


Natasha rangea rapidement la capsule, enfila sa tenue d'entraînement et alla ouvrir à son officier superviseur.


— La journée va être belle. J'ai une mission pour vous, annonça-t-il, un épais dossier dans les mains.


Une agent passa devant eux, la prisonnière qu'ils avaient récupérée en même temps que Ward. Elle leur sourit furtivement avant de poursuivre sa route. Natasha s'était levée trop vite, elle était un peu éblouie par les lumières du soleil de Washington D.C. Coulson ouvrit le dossier et commença à lire à haute voix :


— Infiltration, récupération d'informations auprès de hauts dignitaires étrangers lors de la décoration du Captain Rogers, lut-il en commençant à avancer dans le couloir. Natasha le suivit.


— Quelle coïncidence ! Qui a géré les affectations ? demanda-t-elle en fixant l'agent devant eux, qui avait l'air nerveuse en marchant.


Natasha savait que Coulson, comme la plupart des cadres du FBI, voulait la voir en couple avec Steve. Elle n'avait pas le temps de penser à ce genre de choses, elle s'inquiétait plutôt de l'état étrange de certains agents, depuis quelque temps. Quelque chose n'allait pas.


— Vous savez qu'il n'y a jamais une seule personne. Cette décision-là était unanime, précisa Coulson, un sourire malicieux aux lèvres.


Natasha fronça les sourcils, ne répondit pas et prit le dossier pour le lire tandis qu'ils arrivaient dans le hall principal.


— Vous savez le nombre d'agents qui ont réclamé cette mission ? demanda Coulson avec ce ton malicieux qu'il ne réservait qu'à elle.


— Sûrement pas assez pour que ce soit à moi qu'on la refile, répondit-elle en lisant attentivement le dossier.


Une fois dans le hall, Grant Ward arriva devant eux.


— Agent Ward ! dit Coulson, votre rapport est bien matinal aujourd'hui !


— Monsieur, répondit Ward, j'ai ce que vous aviez demandé.


Coulson prit le dossier, encore un, que Ward tenait. Natasha savait que son superviseur cachait mal son amour du travail d'espion, même pour lire les dossiers sur les missions. Le document de Ward contenait la liste des États présents à la décoration de Steve, ainsi que la liste des organisations étrangères qui devaient être sur place. Ward avait fait du bon travail, comme toujours.


Tandis que Coulson lisait le dossier, Ward fixait Natasha. Elle ne le voyait pas, trop concentrée à lire le dossier avec Coulson, mais il souriait en la regardant.


— Eh bien, vous avez vos ordres, agent Romanoff, dit Phil. Trouvez ceux qui ne sont pas sur cette liste.


— Génial. Bonjour, agent Ward. Rien d'autre à signaler ? dit Natasha avec un sourire espiègle.


— Rien que vous ne puissiez deviner, agent Romanoff, répondit Ward avant de réajuster sa cravate et de passer furtivement un doigt sur sa bouche pendant que Coulson lisait encore le dossier.


Le regard de Natasha changea et elle se pencha plus sérieusement sur le rapport. Elle aperçut un visage qu'elle avait l'impression de connaître, celui d'un ancien agent du KGB : Anton Vankakrov. Pourtant, ce n'était pas son nom qui était noté en dessous de sa photo. Cela étonna Natasha. Comment le KGB pouvait-il ignorer qu'elle était au FBI et qu'elle allait le voir ? Ça ne pouvait pas être involontaire. Ou elle se trompait sur la personne. Quand elle releva la tête pour le signaler à Coulson, Ward ouvrit grand les yeux et secoua très légèrement la tête en faisant rouler ses yeux tout autour d'eux, en direction des autres agents. Natasha comprit. Elle n'était pas paranoïaque, quelque chose se préparait et Ward semblait le savoir aussi. Et en même temps, elle n'avait qu'une photo associée au mauvais nom. Était-elle sûre que c'était Vankakrov ? À qui se fier ? Elle ne pouvait même pas demander confirmation. Elle transforma son inspiration pour finalement s'adresser à Ward :


— On se voit au débrief, Grant, dit-elle avant de suivre Coulson, qui venait de partir.


Ward la regarda s'éloigner, un sourire sur le visage, mais avec une pointe d'inquiétude.


Natasha monta dans une grande voiture noire avec Coulson. Elle regarda le chauffeur. Elle l'avait déjà aperçu quelques fois. Coïncidence ou opération montée ? Coulson ne semblait pas inquiet. Peut-être qu'identifier Vankakrov avant toute alerte serait plus judicieux, pour ne pas perturber les opérations en cours. Elle garda ses mots au fond de sa gorge et regarda le paysage de Washington, elle qui, toute son enfance, avait rêvé de venir aux États-Unis. Elle était un peu déçue, au final, dégoûtée des horreurs qu'elle avait dû y traverser, mais elle était trop redevable envers Coulson pour partir maintenant. Il l'avait soignée et s'était battu pour que la hiérarchie ne se mette pas à la torturer pour ses informations. Lorsque Natasha s'était avérée être un atout majeur pour le FBI, Coulson avait été promu et, de fil en aiguille, il était devenu directeur adjoint. Il avait proposé plusieurs fois à Natasha de la laisser partir, elle avait toujours refusé. La Russie n'était plus une terre d'accueil pour elle et elle ne saurait pas quoi faire de sa vie si elle n'était pas espionne. Le chauffeur klaxonna soudainement. Une voiture gris argent était passée à toute vitesse en face d'eux, manquant de les percuter. La musique d'AC/DC qui résonnait dans la voiture se faisait entendre jusque dans la voiture du FBI.


***


Dans ce bolide d’argent, l’un des milliardaires les plus célèbres du monde conduisait en balançant la tête au rythme de la musique. Tony Stark, lunettes de soleil sur les yeux, avait le pied enfoncé sur la pédale d'accélérateur. Tony n'aimait pas Washington. Ça tombait bien, Washington ne l'aimait pas non plus. Il avait fait péter la moitié du réseau électrique l'an dernier lors d'une démonstration technique d'un de ses nouveaux réacteurs. Ce n'était pas réellement sa faute, ses employés n'avaient rien écouté des instructions sur la pose des instruments. Il arriva devant le QG du FBI, sortit de sa voiture, décontracté. Il leva les yeux par-dessus ses lunettes de soleil pour regarder le grand bâtiment. Tony avait des choses à faire et il devait les faire vite. Il entra. Il passa devant l'agent de l'accueil avec un grand sourire.


— Euh, monsieur ? interrogea l'agent, soupçonneux de voir Tony Stark alors qu'il n'avait pas rendez-vous. Puis-je vous aider pour quelque chose ?


Tony sourit encore plus largement à l'agent.


— En fait, oui. Ne dites à personne que je suis arrivé. Merci !


Tony continua sa route. L'agent, déstabilisé, fit quelques clics sur son ordinateur. Un code d'erreur s'afficha sur l'écran, disant que tous les accès avaient été transférés. L'agent soupira.


Tony retira ses lunettes et se dirigea vers le couloir des sciences, en se disant que ça allait être une bonne journée. En arrivant dans la section des sciences, il trouva un jeune homme et une femme en train de se disputer dans le laboratoire. La jeune femme sursauta en l'apercevant.


— Monsieur Stark ! Nous ne savions pas que vous veniez, dit-elle.


— Moi non plus, je ne savais pas. Vous n'allez pas à la décoration ? demanda Tony.


— On a pas mal de travail à finir, malheureusement, répondit-elle en regardant Tony avec admiration, ce qui n'était pas pour lui déplaire.


— Et vous travaillez sur quoi ?


— C'est fascinant, justement, c'est un conteneur sans seuil théorique de saturation ! Je sais, c'est a priori impossible, mais…


— C'était pas un projet du SHIELD ? la coupa Tony, la sentant bien trop enthousiaste.


Les deux jeunes restèrent cois à l'évocation de l'ancienne organisation.


— Eh bien, c'est notre travail de poursuivre les recherches viables du SHIELD, argua le jeune homme.


— Oui, enfin, tant que nous nous assurons que ce ne sont pas des nazis qui sont à l'origine de ces projets, bien sûr ! intervint sa collègue.


— Mais même dans l'hypothèse où HYDRA aurait lancé ces recherches, si nous sommes capables d'en faire quelque chose de bien, autant qu'on les poursuive !


— On ne va pas avoir cette discussion encore une fois, je ne travaillerai pas sur ton projet d'intelligence artificielle !


— Mais c'est sûrement la clé pour terminer les calculs du conteneur, c'est une question d'éthique scientifique, on ne peut…


— L'éthique scientifique est précisément ce qui me fait me dire que c'est une mauvaise idée ! Tu veux confier ces calculs à une IA qui en fera ce qu'elle veut et tu me parles d'éthique ?


— Et quand quelqu'un dans un autre pays le fera avant nous et qu'ils apprendront qu'on aurait pu le faire, tu sais ce qui se passera ? On sera arrêtés pour trahison.


— Oh, Fitz, arrête de tout surdramatiser, tu…


Fitz lui coupa à nouveau la parole et ils recommencèrent à se disputer, sous les yeux désolés de Tony, qui commença à faire un petit tour dans le laboratoire. Il avait entendu parler d'eux. Les génies du SHIELD, convoités par toutes les agences du monde après la chute de leur agence. Le duo Fitz-Simmons avait toujours plu à Tony, il aimait croire qu'ils étaient chacun une moitié de son âme.


— Monsieur Stark, interpella Fitz, si vous aviez la possibilité de créer une intelligence artificielle qui puisse assister, et seulement assister, l'humain en tous points, vous ne le feriez pas ? Imaginez les progrès qu'on ferait sur les plans social, médical…


— Je l'ai fait, coupa Stark. Et devant l'expression figée de Fitz, il ajouta : Je l'ai fait et ça a mal tourné, c'est devenu un robot avec son propre corps au service d'une organisation fasciste, alors…


— Tu vois ? Dieu merci, je suis avec toi, sinon tu aurais déjà oblitéré la planète avec tes idées…


— Non, le petit a des idées, il doit les exprimer.


— Merci de votre compassion, monsieur Stark.


— Fitz, s'il te plaît. Excusez-moi, monsieur Stark, pouvez-vous me rappeler la raison de votre venue ?


— Justement, en parlant d'anciens projets, HYDRA a réactivé l'un des leurs. J'ai besoin de mon réacteur ARK.


— Votre… si je puis me permettre, il est toujours sous scellés et je ne suis pas sûre de pouvoir vous laisser y accéder sans autorisation de ma hiérarchie. Quel projet HYDRA a-t-elle réactivé et à quoi va vous servir le réacteur ?


— Jemma, c'est Tony Stark, il fait bien ce qu'il veut de son réacteur.


— Non, elle a raison. J'en ai besoin pour reconstruire une armure. Iron Man, tout ça. Je reprends du service et je vais remonter une équipe de super-héros pour aller botter le cul d'HYDRA, parce que s'ils atteignent leur objectif, on est dans une sacrée merde.


Fitz et Simmons restèrent bouche bée devant Tony, ne sachant pas comment réagir.


***


Au Capitole, dans la grande salle du Congrès, l'ensemble des représentants américains était assis aux places habituelles. À eux s'ajoutaient les représentants de la NSA, de la CIA, du FBI, de l'armée… Natasha, habillée en civil, se tenait debout avec les autres civils à l'entrée de la pièce. Le président Matthew Ellis monta à la tribune. Mais ce n'était pas lui que Natasha regardait. Elle cherchait, parmi tous les gens présents, des visages absents de la liste de Ward. Elle cherchait aussi celui de Vankakrov. Steve Rogers monta sur l'estrade. Fier, la tête haute, le bouclier rouge, blanc et bleu marqué d'une étoile à la main. Natasha l'avait toujours trouvé un peu niais. Sûrement l'esprit des années 40 qui ne voulait pas le lâcher. Le président lui accrocha la médaille. Natasha continuait de chercher, mais elle ne trouva rien. Elle attendit. Les gens allaient bouger dans quelques instants, pour le pot. Elle aurait une meilleure vue sur ceux assis au fond, par exemple. Elle resta là, silencieuse et souriante, patiente. Quand le moment du pot arriva, elle redoubla d'attention. Attention qui fut interrompue par la voix de Steve, qui lui faisait signe de venir. Natasha tenta de décliner poliment, concentrée sur son travail, mais Steve tendit un verre dans sa direction. Natasha jeta un œil à Coulson, qui l'encouragea d'un signe de tête à y aller. Alors elle avança vers Steve.


— Venue admirer le spectacle ? Vous n'alliez quand même pas rester là-bas comme si vous n'aviez pas contribué à tout ça, protesta Steve.


— Vous êtes le seul responsable de votre réussite, Captain.


— Hm, pas vraiment. En fait, il y a surtout le gars qui a inventé le sérum qu'ils m'ont injecté qui est responsable. Puis le SHIELD, pour m'avoir retrouvé, puis…


— Je crois que le discours du président nous a bien rappelé à tous la singularité de votre parcours, le coupa Natasha avant de boire son verre et de regarder aux alentours pour se reconcentrer sur sa mission. Steve rit.


— C'est vrai. Peut-être que je suis un vieux radoteur, finalement.


— Continuez de radoter tant que le pays est en sécurité, lui répondit-elle tout en continuant de surveiller autour d'eux. Il la regardait en souriant.


— Vous savez les rumeurs qui courent au FBI ? Natasha porta son regard sur Steve, intéressée par les potentielles informations qu'il pourrait lui donner. Cela faisait un moment que Natasha se posait des questions sur certains gradés du FBI. Ravi d'avoir son attention, il reprit : Je crois qu'ils essaient de… eh bien… je crois qu'ils veulent nous caser.


La déception envahit Natasha. Elle s'en voulait d'avoir été aussi naïve. Elle aperçut quelqu'un qui ressemblait à Vankakrov. Elle se concentra sur lui.


— Non, jamais entendu parler de ça.


— C'est marrant. On en a fait du chemin depuis Moscou. On a eu raison de venir vous sortir de cet enfer.


Sur ces mots de Steve, Natasha cessa de regarder sa cible et fronça les sourcils en se concentrant sur Steve. Elle se souvenait des tirs qui l'avaient blessée ce jour-là et de qui ils venaient.


— Mais c'est vous qui avez envoyé des bombes sur Moscou, Captain.


— Non, je… nous avons été attaqués par HYDRA…


— Pas au début. C'étaient des drapeaux et des bombes américains sur ces avions. Les prisonniers ont confirmé depuis que les Américains les avaient capturés…


— Romanoff, HYDRA était encore infiltrée dans nos infrastructures. Nous ne pouvions nous fier à personne…


— Je ne suis pas sûre que ça ait changé.


— Allons, vous ne pouvez pas considérer chaque désaccord politique comme de la haute trahison…


— Regardez autour de vous. Combien se réjouissent vraiment de votre décoration aujourd'hui ? Combien vous accordent une autre histoire que la vôtre ? Et bientôt, combien voteront des lois qui iront à l'encontre de ce que vous défendez ? Il n'y a pas toujours besoin d'un badge avec des tentacules pour adhérer à HYDRA, Captain.


Natasha suivit sa propre consigne et recommença à scruter les alentours. Vankakrov avait disparu. Steve allait répondre quand il y eut une énorme secousse. Le bruit d'une explosion. Plusieurs personnes commencèrent à essayer de sortir, mais un seul homme, au fond de la salle, demeurait immobile. Coulson se dirigea vers lui. Natasha s'apprêta à le suivre, mais elle perçut un mouvement sur sa gauche : Vankakrov, c'était bien lui. Il braquait son arme sur elle. Sans réfléchir, car elle n'avait plus le temps pour ça, Natasha dégaina son arme et tira sur Vankakrov. Au fond de la salle, à sa droite, l'autre homme, que Coulson interpella, appuya sur un interrupteur qu'il venait de sortir et explosa. Plusieurs personnes furent soufflées, les autres coururent en hurlant et la dernière chose que Natasha vit, tandis que le plafond commençait à s'effondrer, fut le bouclier de Steve qui s'abattit devant elle.

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