Danse avec moi, loin de cet enfer || Le choix de Toya Todoroki
Note : Et nous y voilà 🥹 je ne vous cache pas que je suis un peu émue de vous partager ce chapitre qui me tient beaucoup à cœur ! J'espère que vous l'apprécierez autant et que vous donnerez à votre tour beaucoup de love à Tōya et Keigo, ils vont en avoir besoin pour la suite de leur aventure 🩷
Si vous voulez lire la scène qui comporte une chanson avec la musique adéquate, n'hésitez pas à lancer "Madness" de Muse en même temps !
Bonne lecture 🥰
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Le cœur de Tōya rate plusieurs battements tant il ne s'attendait pas à un aveu pareil. Même s'il se prépare depuis le début de soirée à recevoir une déclaration de la part du héros, ces mots aussi bienveillants, prononcés avec autant de sincérité, lui font plus d'effet qu'il ne l'aurait cru.
En fait, il ne pense pas qu'on lui ait déjà adressé des paroles aussi touchantes, de toute sa vie. Il avait encore une bonne relation avec ses parents jusqu'à ses neuf ans, mais il n'a jamais ressenti ce genre d'affection de la part de son père, si ce n'est une fierté mal placée. Quant à sa mère, il l'a beaucoup aimée et une part de lui voudrait la revoir, mais il se rappelle surtout de son état mental déplorable et des regards terrifiés qu'elle lui lançait après la naissance de Shōto. Il s'agit de ses souvenirs les plus récents d'elle, et les plus ancrés dans sa mémoire.
Tu n'imagines même pas tout ce que je suis prêt à faire pour toi.
Cette envie d'aller aussi loin pour lui, qu'il n'a même jamais ressentie chez ses parents, elle lui donne autant l'impulsion de se décomposer sur place que de se sentir pousser des ailes. Il est déchiré, tiraillé entre l'envie de contredire et de rejeter le héros, qui ne devrait pas s'attacher à quelqu'un d'aussi problématique que lui, et celle de lui sauter dessus pour l'embrasser. Résultat : ne sachant comment réagir, il ne réagit pas, et il boit nerveusement à sa bouteille pour masquer sa gêne.
Face à lui, Keigo ouvre et referme la bouche à plusieurs reprises, comme s'il voulait rajouter quelque chose sans y parvenir. Essaie-t-il de se lancer pour lui faire enfin ses aveux ? En tout cas, ce n'est pas en faisant des bulles imaginaires avec ses lèvres que ça va faire avancer les choses...
Tōya donne un coup d'épaule à son camarade pour le ramener à lui, déterminé à détendre l'ambiance, ce qui lui semble la meilleure chose à faire dans cette situation.
« Je n'imagine pas tout ce que tu es prêt à faire pour moi ? D'accord, je tente. M'offrir à manger ?
— Déjà fait.
— Ouais, trop facile. Cuisiner pour moi ?
— Mmh, pourquoi pas. Mais je doute que tu apprécies ma cuisine...
— Pas bon deal, donc. Faire ma lessive ? »
Keigo roule des yeux d'un air exaspéré.
« Si tu espères que je devienne ta bonniche, je retire immédiatement ce que je viens de dire.
— Je teste juste tes limites. Ok, donc les caleçons sales, c'est pas ton truc. »
L'oiseau est tellement surpris par l'absurdité de la conversation que Tōya remarque enfin son premier vrai sourire de la soirée, même s'il essaie de le dissimuler maladroitement pour continuer à faire semblant d'être agacé.
« Est-ce que tu serais prêt à sécher le travail pour passer du temps avec moi ?
— Mmh, ouais. Je l'ai déjà fait, en quelque sorte.
— C'est vrai. À faire du shopping avec moi ?
— Mouais !
— Et à partir en voyage avec moi ?
— Pourquoi pas ! »
Au plus ils prolongent ce petit jeu, au plus les papillons dans le ventre de Tōya continuent à se multiplier. Depuis tout à l'heure, il fait semblant de prendre la discussion à la rigolade, mais ce qui est en train de se passer est extrêmement sérieux pour lui. Quand il est devenu "Dabi", il est parti si loin dans son désir de sacrifier sa vie pour faire de celle d'Endeavor un enfer... Rien d'autre n'avait d'importance. Si bien qu'il n'aurait jamais cru que quelqu'un veuille partager de réels projets de vie avec lui.
Maintenant... il commence à comprendre qu'il possède une véritable valeur, du moins aux yeux du jeune homme en face de lui. Il réalise enfin à quel point la deuxième chance que lui offre Yumei est importante. À quel point cette simple idée de redécouvrir "Tōya" est en train de le changer complètement. Et à quel point il a envie de sauter dans le train en marche avec Keigo pour découvrir tous ces nouveaux horizons qui l'attendent...
Tōya se rend compte qu'il sourit bêtement en silence depuis un temps indéterminé, et que Keigo l'observe d'un air amusé. Ce dernier ouvre à nouveau la bouche sans parvenir à sortir un son, et le cœur du vilain s'emballe toujours plus à l'idée qu'il lui avoue enfin la raison de leur soirée improvisée. Mais après un long moment d'hésitation, le héros se contente de boire une nouvelle gorgée de sa bière.
Déçu, le vilain se laisse distraire par la musique qui se joue dans leur dos. Bon... si le piaf n'est toujours pas assez détendu pour lui faire ses aveux, alors il ne tient qu'à lui de l'aider à faire retomber son stress. Il termine sa bière sans alcool, la pose au sol et se relève, sous les yeux étonnés de son camarade. Il s'approche un peu de la source du son, jusqu'au milieu d'une zone dégagée du promontoire, puis il se tourne vers Keigo qui vient de se relever à son tour, et lui offre un sourire sincère qu'il est encore rare de voir sur son visage.
« Et est-ce que tu serais prêt... à danser avec moi ? »
Keigo a l'air un peu secoué. Enfin... il fait tout pour garder l'air neutre, mais il est trahi par ses deux grandes ailes qui frémissent et s'agitent nerveusement dans son dos. Il n'ose pas répondre tout de suite, mais ça ne dérange pas Tōya le moins du monde. Ce dernier a décidé qu'à partir de maintenant, il allait définitivement se débarrasser de sa gêne. Il ne sait pas danser et il aura probablement l'air ridicule s'il s'y essaie, mais ce n'est pas important.
Il a envie de montrer à son ami que ça ne sert à rien de continuer à être embarrassé devant l'autre. Qu'il est arrivé à un stade où il lui fait suffisamment confiance pour dévoiler ses imperfections, ses faiblesses, et qu'il a envie de partager tout ça avec lui. Alors, il attend que la prochaine chanson démarre, et peu importe le style qu'elle aura, il se lancera dessus. Avec ou sans lui.
Et c'est ainsi que Tōya se met à danser.
Ses pas sont maladroits, parfois un peu en dehors du rythme, mais ce n'est pas grave.
Il ferme les yeux, et il oublie.
Il oublie sa peur d'être rejeté à cause de ses imperfections.
Il oublie sa méfiance envers la société héroïque.
Il oublie son rôle de vilain et son désir de détruire le monde actuel.
Il en oublie même presque son père.
Et il danse.
I can't get these memories out of my mind
And some kind of madness has started to evolve
Et il sourit, tournant sur lui-même, se laissant porter par le morceau dont les paroles résonnent étrangement avec lui.
And I tried so hard to let you go
But some kind of madness is swallowing me whole
Oh, il en a eu, des moments dans sa vie où il a cru devenir fou. Où il s'est complètement perdu, et où il a rejeté tout le monde autour de lui, y compris Keigo. Mais désormais, c'est à une autre folie qu'il est en train de succomber...
I have finally seen the light
And I have finally realized what you mean
Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait plus eu de relations aussi importantes à ses yeux. Avant Yumei et Keigo, il n'y avait eu que Fuyumi et Natsuo... et puis dix ans de vide. Seul avec lui-même, ses envies de meurtre et ses pensées suicidaires...
And now I need to know, is this real love?
Or is it just madness keeping us afloat?
Il frémit quand il sent son ami se rapprocher, et rouvre les yeux. Ce dernier a enfin pris son courage à deux mains pour le rejoindre sur la piste de danse, ce qui rend Tōya sincèrement heureux. Aucun des deux n'a l'air vraiment à l'aise avec le rythme de la chanson, mais ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave...
And when I look back at all the crazy fights we've had
Like some kind of madness was taking control
Et dire qu'il a repoussé aussi fort l'envie de découvrir Keigo. Il a commencé par le haïr sans vraiment de raison, méfiant de son arrivée au sein du Front, méfiant de sa bienveillance. Il a enquêté sur lui, il s'est servi de lui, il s'est moqué de lui, et pourtant... ce dernier est toujours là. Et aujourd'hui... il est en train de danser avec lui, souriant à son tour, enfin complètement détendu.
Now, I have finally seen the light
And I have finally realized what you need
Le rythme de la musique s'emballe, et leurs pas de danse suivent le mouvement. Ils se tournent l'un autour de l'autre, riant de leurs propres maladresses. En cet instant, il n'y a qu'eux, eux deux, et plus rien d'autre au monde qui n'a d'importance. Ils ne parviennent plus à détacher leurs yeux l'un de l'autre, souriant et profitant de la première fois où ils oublient tous les deux "Dabi" et "Hawks". Et tous les problèmes qui entourent ces deux personnes.
En cet instant, il n'y a plus que Tōya et Keigo qui comptent.
Et...
La musique monte en puissance en même temps que le cœur de Tōya accélère. Désormais, Keigo et lui sont tout proches et il n'aurait qu'un pas à faire pour le prendre dans ses bras. Mais il aurait aimé que ce soit le héros qui le fasse, ce premier pas. Que ce soit ce jeune homme si gentil, si bienveillant qui le laisse entrer dans sa vie, et pas l'inverse. Malgré toute l'alchimie qui les connecte, Tōya est encore terrorisé à l'idée de se prendre un rejet, et la logique voudrait que ce soit la réaction qu'aura Keigo face à ses avances.
I have finally realized...
Mais il réalise...
C'est le moment. Il veut se lancer, et il veut se lancer maintenant.
Alors Tōya fait ce qu'il sait faire le mieux : manipuler. Il fait mine de s'embrouiller dans ses pas de danse et de glisser, et la réaction du héros est exactement celle qu'il avait prévue. Ce dernier se précipite pour le rattraper, un bras dans son dos pour le soutenir. Et alors que leurs visages ne sont plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, Tōya lui sourit d'un air charmeur, les sourcils levés.
Et il profite de la confusion de Keigo pour l'attraper par le col de son pull et écraser ses lèvres sur les siennes.
I need your love
Il a l'impression d'imploser tellement les émotions dans son corps sont intenses. Cela faisait un moment qu'il n'avait plus senti son alter menacer de s'échapper de sous sa peau. En cet instant, il a tellement chaud qu'il croirait se consumer soudainement sur place.
I need your love
Il ne va pas trop vite. Il se contente de caresser les lèvres de Keigo avec les siennes à l'aide de lents mouvements, sans chercher à aller plus loin. Il a d'abord besoin de sentir que cet échange est partagé. Malheureusement...
Il se redresse sur ses deux jambes en même temps que son partenaire s'écarte de lui, rouge pivoine et visiblement très confus. Et là, Tōya prend soudainement très peur.
Oh non... Ne me dites pas que j'ai merdé. Pas encore.
Les papillons dans son ventre se transforment d'un coup en une horrible boule de stress alors que le jeune Todoroki est absolument pétrifié. Face à lui, Keigo essaie de bégayer quelque chose mais il lui faut quelques longues secondes pour retrouver sa contenance.
« J'aurais pas dû. Je... Je suis désolé », lâche subitement Tōya dont le cœur s'emballe pour de mauvaises raisons cette fois, prêt à fuir la scène à toutes jambes alors que Keigo articule difficilement un « non, c'est pas... ».
Mais alors que le vilain s'apprête à faire volte-face, il entend le héros s'exclamer un « oh et puis, merde ». Ce dernier le tire brusquement par le bras pour l'empêcher de fuir, et quand Tōya lui fait face à nouveau, c'est à son tour cette fois de se jeter sur lui. Le jeune homme aux cheveux blancs ne comprend plus rien, mais en cet instant, toute sa lucidité s'est définitivement envolée. Il a eu tellement peur d'avoir essuyé un refus, tellement peur de s'être emballé tout seul que le geste de Keigo fait exploser toutes ses barrières, et ses émotions recommencent à nouveau à se battre dans son corps.
Il passe ses deux bras autour du cou de cet homme qui fait chavirer son cœur et il l'embrasse comme il n'a jamais fait avec personne, avec toute la passion et la sincérité dont il peut faire preuve. Il tient absolument à montrer à Keigo que ses sentiments sont réels, qu'il ne s'agit pas juste d'une pulsion physique qui est née de leur proximité en dansant.
Qu'il est vraiment très, très cher à son cœur.
Et qu'il pourrait bien être, comme l'avait prédit Yumei, celui qui lui permettra définitivement de surmonter sa colère, ses traumatismes, et de s'en sortir.
Come to me, just in a dream
Come on and rescue me
Yes, I know I can be wrong
And maybe you're too headstrong
Our love is...
Madness
La chanson se termine, et au même moment, leur premier vrai baiser. Tōya redresse la tête et plonge ses yeux dans ceux de Keigo. Ce dernier est toujours aussi rouge, et sa petite bouille un peu confuse fait glousser le vilain. Son amusement est contagieux, et ils se mettent à rire tous les deux de la situation pour évacuer définitivement le reste de gêne qui persistait encore entre eux. Ils posent leurs fronts l'un contre l'autre et profitent de la chanson suivante en se dévorant du regard, bougeant lentement au rythme de la musique, deux larges sourires sur les lèvres. Au bout de plusieurs longues minutes, Tōya se risque enfin à briser le silence.
« Je crois que j'ai rarement eu aussi peur de ma vie. Espèce de crétin. »
Keigo fronce les sourcils et détache son front de celui du vilain, une adorable moue boudeuse pendue à sa lèvre.
« Tu espérais quoi d'autre, à me prendre comme ça en traître ? Bien sûr que j'étais confus !
— Il fallait bien que je me dévoue. Si j'avais dû attendre tes aveux, je pense qu'on en aurait encore eu pour 48 jours, 16 heures et 22 minutes. »
L'oiseau a l'air un peu dérouté par cette phrase. Il détourne les yeux et semble embêté, mais avant qu'il n'ait le temps de se faire à nouveau emporter par le tourbillon de ses tourments, Tōya lui attrape le menton pour qu'il lui fasse à nouveau face.
« Je n'ai jamais autant apprécié embrasser quelqu'un avant... »
Il prononce cette phrase les yeux mi-clos, pris d'une envie irrésistible de recommencer. Face à lui, Keigo semble encore un peu tendu, et il décide de ne rien entreprendre d'autre tant qu'il n'a pas le signal clair que son partenaire est réceptif. Hors de question de revivre à nouveau la peur d'avoir merdé comme celle de tout à l'heure. Mais le jeune héros semble être à nouveau dérangé par quelque chose, et Tōya décide de s'écarter légèrement pour ne pas le brusquer.
« Il y a quelque chose qui ne va pas ?
— Non, t'inquiète. C'est... c'est pas toi en tout cas.
— Tu penses que ce qu'on fait n'est pas une bonne idée ? »
Parce que tu aurais d'excellentes raisons de le penser...
Malgré tout le bonheur qui l'envahit en cet instant, cette petite voix dans sa tête n'est définitivement pas prête à le laisser tranquille. Mais Keigo plonge ses pupilles dorées dans les siennes, et le sérieux avec lequel il prononce la phrase suivante fait immédiatement chavirer le cœur du vilain.
« Non, je ne le pense pas. Pas une seule seconde. »
Et comme s'il cherchait à lui prouver ses dires, il réduit à nouveau l'écart entre leurs deux visages pour l'embrasser avec passion. Cette confirmation était tout ce qu'il fallait à Tōya pour être véritablement sûr de lui. Cette fois, ses émotions s'emballent tellement qu'il ne contrôle plus son désir, dévorant les lèvres de son partenaire comme si c'était la dernière fois qu'il pouvait l'embrasser de sa vie. Au bout d'un long échange, il tente une ouverture avec sa langue, et n'hésite plus quand il comprend que l'oiseau le laisse faire.
Et quand leurs deux langues se rencontrent, Tōya craint un bref instant que son alter se soit véritablement éveillé, mais heureusement, son corps s'embrase seulement au sens littéraire du terme. Il passe l'une de ses mains à l'arrière de la nuque de Keigo, agrippant doucement quelques-uns de ses cheveux alors qu'il raffermit sa prise sur lui. Leurs corps se rapprochent un peu plus, s'étreignant comme s'ils avaient peur d'être séparés, et ils s'embrassent comme ça jusqu'à ce qu'ils soient à bout de souffle.
Ils éloignent finalement lentement leurs visages l'un de l'autre. C'est encore difficile pour tous les deux de réaliser ce qui est en train de se passer, si bien qu'ils se remettent timidement à rougir, ce qui contraste tout à fait avec le baiser sensuel qu'ils viennent de s'échanger. Tōya est tellement soulagé. À présent, Keigo a l'air enfin complètement détendu, et l'angoisse qui semblait lui peser depuis le début de leur rencontre a l'air de s'être envolée. Le jeune Todoroki prend un peu de temps pour calmer le quasi-incendie qu'il a failli déclencher avec son corps, souriant au héros comme il n'a plus souri à quelqu'un depuis sa plus tendre enfance et heureux d'apercevoir la même expression en face de lui.
Puis, après quelques longues minutes à faire redescendre ses émotions, un sourire narquois étire les lèvres de Tōya alors qu'un plan malfaisant vient de germer dans son esprit. À peine Keigo a-t-il le temps de réaliser que quelque chose se trame, que le vilain le pousse brusquement d'un coup de ses paumes sur ses deux épaules pour le faire basculer en arrière. Le héros pousse un cri étouffé, ses plumes déjà prêtes à le rattraper, mais la surprise le fait quand même tomber à la renverse sur le nid de coussins qui se trouvait juste derrière lui.
« Ça, c'est ma vengeance pour m'avoir poussé dans le buisson ! Depuis le temps que j'attendais ce moment ! »
Il éclate de rire alors que Keigo se redresse en ronchonnant, massant son bas du dos douloureux.
« T'es vraiment un gamin, Tōya !
— Oui, j'assume. Je te rappelle que tu es plus jeune que moi d'ailleurs.
— Plus jeune peut-être, mais plus mature, ça c'est sûr ! »
Tōya se laisse tomber sur les coussins juste à côté de lui, les sourcils levés et un grand sourire sarcastique étirant ses lèvres abîmées.
« Ça me va. Moi je peux faire les conneries, et toi tu essuies les plâtres. Très équilibré comme duo ! »
Keigo roule des yeux, mais c'est clair qu'il feint d'être réellement exaspéré. Il rapproche son visage de celui de Tōya, les yeux posés sur ses lèvres, incapable de masquer une envie irrésistible de les rencontrer à nouveau.
« Il va falloir que je te fasse fermer ta grande gueule, parce que tu commences à devenir exaspérant.
— Attention, si tu comptes user de cette stratégie régulièrement, prépare-toi à ce que j'aie envie de t'emmerder deux fois plus encore.
— Je suis prêt à prendre le risque... »
Et Tōya ne peut réprimer un sourire radieux alors que la bouche de Keigo se pose à nouveau sur la sienne. Plus rien ne se dresse entre eux désormais. Les craintes de représailles de la part du Front, les rumeurs, toutes ces histoires de héros et de vilains... C'est bête... Tout semble si insignifiant, quand une personne qui nous fait ressentir des émotions pareilles nous embrasse. Plus rien d'autre n'a d'importance.
Même plus la vengeance.
Même plus la mort.
Ce soir, c'est Keigo et lui. Et les étoiles qui veillent sur eux. Et rien ni personne au monde ne pourra se mettre en travers de leur bonheur.