My Hero Academia Lightning Sound

Chapitre 4 : L'ombre de la vengeance

1947 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 27/06/2026 08:33

Le silence qui pèse sur les dortoirs de la 1-A est d'une toute autre nature pour Denki et Kyoka. Fidèles à leur promesse, ils n'ont pas soufflé un mot de l'interception du van ou de l'identité de Grip à leurs camarades.

Mais le poids de ce secret, combiné à l'horreur indicible qui a frappé la famille Kurogami juste après leur départ (et dont ils ont fini par apprendre les échos via les rapports de police cryptés), est trop lourd à porter seuls.

Une nuit, alors que le reste du dortoir dort enfin, Denki et Kyoka se retrouvent sur le toit du bâtiment de la 1-A, loin des oreilles indiscrètes.

Le vent de la nuit fait bouger les câbles des écouteurs de Kyoka. Elle est assise sur le rebord, les jambes dans le vide, fixant les lumières de la ville. Denki s'approche silencieusement, deux cannettes de soda tièdes à la main. Il lui en tend une sans un mot.

Denki (la voix basse, sans son habituelle jactance) : « Tu as... tu as vu les dernières mises à jour sur le réseau de la police ? L'enquête sur la maison des Kurogami ? »

Kyoka prend la cannette, ses jacks de rechange s'agitant nerveusement contre ses joues.

Kyoka : « Ouais. J'ai branché mes écouteurs sur la radio de la police de Musutafu cet après-midi. C'est... c'est un massacre, Kaminari. Leurs parents ont été littéralement mis en pièces. La police n'a aucune piste solide. Juste une trace de sang qui n'appartient à aucun vilain répertorié. »

Denki serre les poings, ses yeux fixés sur le sol. Des petits arcs électriques involontaires crépitent le long de ses doigts.

Denki : « On venait juste de le checker. On a sauvé sa sœur, on a fêté ça... et quelques minutes plus tard, sa vie entière a explosé. J'arrête pas de repenser à son visage quand il a enlevé son masque pour Hotaru. C'était juste un grand frère, Jiro. Un type normal qui essayait de s'en sortir. Et maintenant... »

Kyoka : « Maintenant, ce grand frère est mort, Kaminari. J'ai entendu les enregistrements des caméras de surveillance de la rue près de chez lui deux jours après le drame. Grip est revenu sur les lieux. Le bruit de ses pas... ce n'était plus le même homme. Le rythme de sa respiration était d'une régularité terrifiante. Il n'y avait plus de panique, plus de tristesse. Juste une mécanique froide. »

Denki boit une gorgée, le regard perdu dans le vide.

Denki : « Tu crois qu'il va le trouver ? Le monstre qui a fait ça ? »

Kyoka : « Ça prendra du temps. Celui qui a fait ça est un professionnel de la découpe, quelqu'un qui sait effacer ses traces et qui connaît les angles morts de la ville aussi bien que Ren. Mais Grip a quelque chose que ce tueur n'a pas : une patience absolue. Son Alter est fait pour ça. Une fois qu'il aura une piste, il s'y ancrera et rien au monde ne pourra lui faire lâcher le morceau. »

Un long silence s'installe entre eux. Ils savent tous les deux que si Grip retrouve le coupable, ce ne sera pas pour l'amener au commissariat avec une facture de prime. Ce sera une exécution.

Denki : « On devrait faire quelque chose ? En parler à l'administration ? À Aizawa-sensei ? Si Grip devient un tueur, il va basculer du côté des vilains... »

Kyoka tourne la tête vers lui, un regard d'une profonde maturité dans les yeux.

Kyoka : « Et on leur dira quoi ? Qu'on a couvert un chasseur de primes illégal ? Qu'on a laissé sa sœur repartir avec lui ? Non, Kaminari. On a fait une promesse. Et pour être honnête... si quelqu'un touchait à mes parents de cette façon, je ne sais pas si j'attendrais que les Héros ou la justice s'en occupent. »

Elle se lève, rangeant ses écouteurs.

Kyoka : « Tout ce qu'on peut faire, c'est garder le secret et espérer que s'il croise à nouveau notre route... il lui reste encore un peu de l'homme qu'on a rencontré cette nuit-là. »

Denki hoche la tête, éteignant les dernières étincelles sur ses doigts. En redescendant vers les dortoirs, les deux apprentis héros mesurent un peu plus le poids du monde réel. Pendant qu'ils s'entraînent dans la lumière de Yuei pour devenir des symboles, Ren Kurogami, quelque part dans les ruines de Musutafu, a commencé sa longue, patiente et sanglante descente aux enfers.

Après deux mois passés dans un silence de tombe, à traquer le moindre indice dans les bas-fonds de Musutafu, Ren Kurogami a besoin de faire taire les voix dans sa tête. Sa sœur Hotaru est désormais en sécurité, cachée sous une fausse identité grâce aux contacts de son père dans la police. Mais pour Ren, l'attente est une torture. Le meurtrier de ses parents est un fantôme, et la rage qui brûle dans les veines du Chasseur de Primes a besoin d'un exutoire.

La commission, terrifié par le silence radio de leur meilleur élément, lui envoie un contrat d'urgence. Ce n'est pas une traque subtile. C'est un ordre de démolition.

La Cible : Ryota "L'Écorcheur" Tendo

L'individu : Un psychopathe évadé d'un centre de détention temporaire, chef d'un gang de pillards qui profite du chaos ambiant pour terroriser les banlieues résidentielles.

L'Alter de la cible : Pression Hydraulique (Hydraulic Pressure). Tendo peut condenser l'humidité de l'air ou son propre fluide corporel pour générer une pression interne démesurée dans ses membres. Ses coups de poing ont l'impact d'un marteau-pilon industriel capable de traverser le blindage d'un char d'assaut.

La Prime : Spéciale "Urgence Nationale" – Carte blanche accordée pour la capture.

Pour ce combat, Ren n'a pas cherché à créer des gadgets subtils avec sa mère. Il a pris ce qu'il avait de plus lourd, de plus brut. Sa combinaison noire est usée, marquée par les nuits de traque. Sa visière n'affiche plus de données tactiques complexes, juste une jauge : la distance qui le sépare de sa cible.

Il n'utilisera pas son taser ce soir.

L'affrontement a lieu dans une usine de retraitement de gaz désaffectée, là où Tendo et ses hommes ont installé leur campement. Quand Grip franchit les portes en fer forgé, il ne se cache pas. Les sbires de Tendo lui foncent dessus avec des armes blanches et des Alters mineurs.

Ce qui suit n'est pas un combat, c'est un passage à tabac méthodique.

Un premier vilain lui décoche un coup de masse cloutée en plein visage. Ren n'esquive même pas. Il active son Ancre Cinétique au moment de l'impact. La masse s'écrase sur son casque renforcé et vole en éclats sous le choc du recul annulé. Sans un mot, Ren saisit le bras du vilain, s'ancre au sol, et le projette contre le mur de béton avec la force d'un treuil hydraulique. Le mur se fissure. Le vilain est KO instantanément.

Ren déploie son câble fluorescent, mais cette fois, il ne l'utilise pas pour ligoter gentiment. Il l'enroule autour de la jambe d'un fuyard, ancre le câble à un ventilateur industriel en marche, et laisse la force mécanique traîner le criminel au sol jusqu'à ce qu'il hurle de douleur.

Puis, Tendo arrive. Le colosse hurle de rage, ses bras gonflant sous la pression hydraulique de son Alter, de la vapeur s'échappant de ses pores.

Tendo : « C'est toi le fameux Grip ?! On dit que rien ne te fait bouger ! On va voir si tu restes debout après ça ! »

Tendo déclenche son attaque maximale, un coup de poing supersonique qui crée un bang sonique dans l'usine. Ren avance. Il ne recule pas, il ne feinte pas. Il lève simplement son gantelet d'acier gauche.

L'impact est cataclysmique. Le coup de poing de Tendo percute la paume de Ren. Ren active son Ancre absolue sur sa main. La pression hydraulique de Tendo rencontre un point immuable de l'univers. Le résultat est immédiat et atroce : toute l'énergie cinétique du coup de Tendo se retourne contre son propre bras. Les os de son avant-bras se brisent sous la violence de sa propre pression.

Tendo hurle de douleur, s'effondrant à genoux. Mais Ren n'en a pas fini. La rage accumulée depuis la mort de ses parents explose.

Il saisit Tendo par le col, le soulève d'une main et commence à le frapper. Un coup. Deux coups. Trois coups. Chaque fois que Tendo tente de bloquer ou de réactiver son Alter, Ren s'ancre pour que ses propres coups traversent les défenses du vilain comme des boulets de canon. Ce n'est plus du pragmatisme, c'est du défoulement pur. Ren projette ses propres démons, sa culpabilité et sa haine sur le visage de l'Écorcheur.

Quand Ren s'arrête enfin, le silence revient dans l'usine. Tendo est défiguré, inconscient, à la limite de la rupture. Les quelques sbires encore debout tremblent dans les coins, urinant de terreur face à ce "héros de l'ombre" qui ressemble plus à un démon qu'aux monstres qu'ils croisent d'habitude.

Ren halète derrière son masque. Ses poings en acier sont couverts de sang. Pendant une seconde, une seule seconde, il lève son pistolet vers la tempe de Tendo. Il suffit d'une pression sur la détente pour en finir. Le souvenir de la promesse faite à Denki et Kyoka (« Prenez soin de vous sur les boulevards ») et le visage d'Hotaru traversent son esprit comme un flash.

Ren baisse lentement son arme.

Il sort son câble, ligote fermement Tendo et le suspend par les pieds à une poutre métallique, à cinq mètres du sol, avant d'ancrer le câble. Il ne touchera pas sa prime en main propre cette fois. Il laisse les données de capture sur le terminal de l'usine pour que la police vienne ramasser les morceaux.

En sortant de l'usine sous la pluie, Ren regarde ses mains trembler. Le défoulement est terminé, mais le vide en lui est toujours là. Il n'a rien appris sur le meurtrier de ses parents, mais il vient de prouver une chose au monde souterrain : Grip est toujours là, il est plus violent que jamais, et le monstre qui a tué les Kurogami a intérêt à bien se cacher, car l'Ancre a soif de sang.

Le silence qui accueille Ren Kurogami lorsqu'il pousse la porte de la planque sécurisée d'Hotaru est le même que celui d'il y a deux mois. Un silence lourd, métallique, définitif.

La pièce est dévastée, mais l'horreur principale se tient au centre. Hotaru, sa petite sœur, celle pour qui il avait sacrifié son avenir, celle qu'il croyait avoir mise à l'abri sous une fausse identité, gît sur le sol. Elle a été exécutée et démembrée avec la même précision chirurgicale, la même cruauté sadique que leurs parents. Sur le mur, écrit avec le sang de la jeune fille, un dernier message l'attend :

« TU N'AS PLUS D'ATTACHES. MAINTENANT, COULE. »

Quelque chose se brise définitivement à l'intérieur de Ren. Pas de larmes, pas de cri. Le dernier rempart de son humanité, le dernier lien qui le rattachait à la raison vient d'être sectionné. La promesse faite à Denki et Kyoka, le souvenir de ses années à Yuei... tout cela est instantanément réduit en cendres.

Le Chasseur de Primes est mort. Place au Bourreau.





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