My Hero Academia Lightning Sound
Sur le toit d'un gratte-ciel abandonné surplombant les lumières de Musutafu, le vent de la nuit fait claquer les ailes écarlates de Hawks. À ses côtés, Ren Kurogami, alias Grip, est adossé à un réservoir d'eau, ses bras croisés révélant des prototypes de gantelets plus discrets, le regard fixé sur l'horizon.
Hawks (un sourire amer aux lèvres, nettoyant l'une de ses plumes) : « Tu as fait du bruit la semaine dernière, l'Ancre. Nettoyer tout un bloc de la zone industrielle à coups de millions de volts... La Commission a eu un mal fou à étouffer l'affaire. »
Grip (la voix rauque et froide) : « C'est le gamin qui a fait ça. Moi, j'ai juste évité qu'il ne se transforme en bombe humaine. Où en est l'enquête sur l'assassin de l'hôpital ? »
Hawks redevient immédiatement sérieux, ses plumes s'agitant nerveusement.
Hawks : « C'est signé de la faction extrémiste. Ils paniquent, Ren. L'échec du sniper et la capture de leur "Spectre" par Aizawa les acculent. Ils se rendent compte que Yuei fait bloc et que Nezu a coupé tous leurs accès. Mais le plus dangereux, c'est qu'ils commencent à effacer leurs propres traces. Les comptes bancaires que tu as tracés ? Les titulaires officiels ont tous "disparu" ou ont été mutés d'office en l'espace de 48 heures. »
Grip (les dents serrées) : « Ils nettoient leur propre maison avant qu'on ne frappe. »
Hawks : « Exact. Mais ils ont oublié une chose : je suis toujours à l'intérieur. Je compile les dossiers noirs pour les donner à Tsukauchi et Nezu. Reste en dehors des radars encore un peu, Grip. Si tu tues un de ces politiciens maintenant, ils utiliseront le prétexte du "vigilant assassin" pour envoyer l'armée sur Yuei et récupérer Kaminari de force. Protège les gamins. Je m'occupe de la politique. »
À l'autre bout de la ville, dans la pénombre d'un bar miteux et délabré, l'ambiance est radicalement différente. Les restes de l'ultimatum lancé à Grip ont expiré, et l'échec cuisant du gouvernement face aux apprentis héros n'a pas échappé à la vigilance de la Ligue des Vilains.
Tomura Shigaraki est assis au comptoir, grattant nerveusement son cou d'une main libre tandis que l'autre repose sur une coupure de presse rapportant "l'accident d'entraînement" de Kaminari. À ses côtés, Kurogiri essuie un verre en silence, et Dabi est adossé au mur, un sourire cynique brûlant ses lèvres couturées.
Dabi (lâchant une volute de fumée bleue) : « Alors, le petit oiseau de la 1-A s'est grillé les ailes tout seul ? Les chiens du gouvernement ont complètement foiré leur coup. Ils voulaient utiliser Grip pour nettoyer leurs racailles, et ils se retrouvent avec un gamin dans le coma et Yuei sur le pied de guerre. »
Shigaraki (la voix grinçante, ses yeux rouges brillant dans le noir) : « Le gouvernement est stupide... Ils pensent avec des lois et des budgets. Ils voulaient éliminer le blondinet parce qu'il en savait trop sur leurs secrets... Mais maintenant, la Commission est affaiblie. Ils ont peur de Yuei, et Yuei a peur d'eux. La confiance de la société envers les héros est une coquille vide qui se fissure un peu plus chaque jour. »
Spinner s'avance depuis l'ombre, croisant les bras.
Spinner : « Qu'est-ce qu'on fait pour Grip ? L'ultimatum est dépassé. Il n'a pas plié. »
Shigaraki (brisant le verre de comptoir sous ses doigts, le réduisant en poussière avec son Alter) : « On oublie Grip pour l'instant. Il est devenu un chien enragé qui chasse la Commission pour venger ses petits amis de Yuei. Laissez-les s'entretuer. Si le gouvernement et les héros se déchirent de l'intérieur à cause de ce Kaminari, c'est tout bénef pour nous. »
La panique commence à s'emparer des bureaux feutrés de la Commission de Sécurité Publique. L'échec du commando dans la zone industrielle, la capture du « Spectre » à l'hôpital par Aizawa et la fuite de documents orchestrée par Hawks mettent la faction corrompue au pied du mur. Nezu ayant verrouillé tous les accès à Yuei, ils ne peuvent plus éliminer Denki et Kyoka physiquement.
Pour s'en sortir, ces politiciens de l'ombre décident de jouer leur carte maîtresse : la manipulation médiatique et politique. Ils ont besoin d'un coupable idéal pour blanchir l'État, cacher le fait qu'ils ont tiré sur des adolescents, et retourner l'opinion publique.
À treize heures, la Commission convoque en urgence une conférence de presse nationale. Un haut responsable, le visage grave et l'air solennel, prend la parole devant les caméras de toutes les grandes chaînes du pays.
Le Porte-parole de la Commission : « Citoyens du Japon, nous faisons face à une crise d'une gravité inédite. Les récents incidents survenus dans la zone industrielle et à l'Hôpital Central ne sont pas des accidents. Nos services de renseignement ont découvert qu'une cellule terroriste, infiltrée au sein même de nos réseaux de surveillance, a tenté de saboter la sécurité de la jeunesse héroïque. »
Sur les écrans derrière lui, une photo géante apparaît. Ce n'est pas le visage d'un membre de la Ligue, mais celui de Ren Kurogami, alias Grip.
Le Porte-parole : « Le vigilant connu sous le nom de "Grip" est le cerveau derrière ces attaques. C'est lui qui a orchestré le chantage sur le jeune Denki Kaminari, piraté nos fréquences, et attiré les élèves de la 1-A dans un guet-apens pour les exécuter. Le sniper ? Un mercenaire à la solde de ce criminel. La tentative d'empoisonnement à l'hôpital ? Encore lui, cherchant à éliminer les survivants pour effacer ses traces. »
En une seule déclaration, la Commission vient de retourner la situation : ils font passer leur propre tueur à gages pour une victime de Grip, et transforment l'Ancre Noire en l'ennemi public numéro un.
Le plan de la Commission ne s'arrête pas aux médias. Quelques minutes après la diffusion, un décret officiel est envoyé à l'administration de Yuei. Le gouvernement exige la coopération immédiate de l'école pour « l'enquête ».
En clair, ils demandent à ce que Denki Kaminari et Kyoka Jiro soient transférés dans un établissement médical gouvernemental pour leur propre « protection » contre Grip, et exigent que les élèves de la 1-A ayant assisté au combat soient interrogés par les services secrets de l'État.
Si Yuei refuse de livrer les deux élèves et de coopérer, l'école sera accusée de complicité avec un terroriste (Grip) et de rébellion contre les lois de l'État.
Dans l'infirmerie souterraine, la télévision diffuse la conférence en boucle. Kyoka, assise près du lit de Denki, serre les poings si fort que ses ongles s'enfoncent dans sa paume. Ses parents et ceux de Denki regardent l'écran, horrifiés par le culot et la monstruosité de ce mensonge.
Kyoka (la voix tremblante de dégoût) : « Ils osent... Ils osent faire ça ? Ils rejettent tout sur Grip alors que c'est lui qui nous a sortis de là ! C'est eux qui ont tiré ! C'est eux ! »
Aizawa, qui vient d'entrer dans la pièce après avoir reçu le décret du gouvernement, éteint la télévision d'un geste sec. Son visage est d'une pâleur de marbre, ses yeux brillant d'une froideur mortelle.
Aizawa : « C'est leur dernière ligne de défense. Ils créent un monstre pour forcer le public à regarder ailleurs. Ils veulent utiliser la loi pour nous forcer à leur rendre Kaminari et Jiro. »
Le Père de Denki (s'avançant, terrifié) : « Monsieur Aizawa... Vous n'allez pas leur donner notre fils ? S'ils l'embarquent, il ne se réveillera jamais, ils vont le faire disparaître ! »
Aizawa pose une main ferme sur l'épaule du père de famille, son regard ne flanchant pas une seconde.
Aizawa : « Nezu a déjà déchiré le décret. Nous ne leur donnerons rien. Ils veulent jouer sur le terrain de la manipulation ? Très bien. Mais ils ont oublié que Grip n'est pas le seul à avoir des preuves. Hawks et Tsukauchi s'apprêtent à abattre leurs cartes. Qu'ils profitent de leur mensonge à la télévision... car quand la vérité va éclater, leur Commission va s'effondrer. »
La Commission a jeté son va-tout en accusant Grip. Mais en faisant cela, ils viennent d'accélérer le compte à rebours : l'Ancre Noire, désormais traquée par la police officielle, n'a plus rien à perdre. La chasse n'est plus seulement personnelle, elle est devenue publique, et la vérité est sur le point de devenir une arme de destruction massive.
Malgré les ordres d'Aizawa et les supplications de ses parents, Kyoka ne peut pas rester les bras croisés à regarder les informations. Voir l'homme qui lui a sauvé la vie et qui a protégé Denki être traîné dans la boue et traité de terroriste à la télévision nationale lui est insupportable.
Profitant d'un moment où l'attention de l'infirmerie est tournée vers les constantes stables de Denki, elle enfile un sweat à capuche pour cacher son visage, s'échappe des sous-sols de Yuei par les conduits de maintenance qu'elle repère grâce à ses jacks, et prend un taxi en direction du commissariat principal de Musutafu. Son épaule la souffre affreusement, mais sa rage est plus forte que la douleur.