My Hero Academia Lightning Sound
Chapitre 22 : Le Piège se Referme sous la Pluie
2180 mots, Catégorie: M
Dernière mise à jour 10/07/2026 11:07
Lorsque Kyoka ouvre les portes du commissariat, l'ambiance est électrique. Des dizaines d'agents courent dans tous les sens, briefés sur la traque nationale de Grip. Elle s'avance directement vers le bureau des plaintes et de l'accueil, baissant sa capuche.
Kyoka (la voix tremblante mais décidée) : « Je m'appelle Kyoka Jiro. Je suis élève en filière héroïque à Yuei. Je viens faire une déposition officielle concernant l'affaire Grip et l'incident de la zone industrielle. »
Le policier de garde, un homme d'âge mûr au regard fatigué, se fige en entendant son nom. Il pianote rapidement sur son ordinateur et voit son dossier apparaître avec la mention : Témoin clé - Affaire Terroriste Grip.
Il soupire, croise les bras et la regarde d'un air condescendant.
Le Policier : « Écoute, petite. Tu devrais être sur un lit d'hôpital. La Commission a été très claire : tu es sous le choc psychologique d'une attaque traumatique. Tu as subi un lavage de cerveau ou un coup de pression de la part de ce criminel de Grip, c'est ça ? »
Kyoka (frappant du poing valide sur le comptoir) : « Non ! Vous n'écoutez pas ! La Commission vous ment ! C'est un de leurs snipers qui m'a tiré dessus ! Grip nous a sauvés ! Il a dévié l'électricité de Kaminari pour éviter un carnage ! C'est le gouvernement qui a essayé de nous tuer ! »
Les éclats de voix de Kyoka attirent l'attention de plusieurs inspecteurs dans la pièce. Un homme en costume, un agent de liaison de la préfecture, s'approche d'elle, le regard froid et sans aucune empathie.
L'Agent de liaison : « Ça suffit, Mademoiselle Jiro. Vous êtes mineure et manifestement confuse. La version officielle est appuyée par des preuves balistiques et des rapports financiers d'État. Ce que vous racontez n'a aucun sens. Pourquoi le gouvernement s'en prendrait-il à ses propres futurs héros ? Vous inventez une histoire de complot pour couvrir un vigilant illégal avec qui vous avez fraternisé. »
Kyoka (les larmes aux yeux, les jacks vibrant de fureur) : « Je n'invente rien ! Allez demander à ma classe ! Demandez à Aizawa ! »
L'Agent de liaison (haussant le ton, coupant court) : « Assez de mensonges. Votre traumatisme vous fait halluciner des coupables. Le département ne prendra pas une déposition qui va à l'encontre de la Sécurité Nationale basée sur les divagations d'une adolescente blessée. Rentre chez toi, gamine, avant qu'on ne t'arrête pour obstruction à la justice et faux témoignage. »
Le policier de garde fait signe à deux agents de la raccompagner fermement vers la sortie. Kyoka est poussée dehors, sous la pluie fine qui commence à tomber sur la ville.
Seule sur le trottoir devant le commissariat, Kyoka s'effondre sur ses genoux, serrant son bras blessé contre sa poitrine. Le dégoût et l'impuissance la submergent. Le système est tellement verrouillé, tellement corrompu, que la vérité n'a plus aucune valeur face à un communiqué officiel. Elle se sent terriblement seule.
Soudain, une ombre se projette sur elle, coupant les gouttes de pluie. Quelqu'un tient un parapluie noir au-dessus de sa tête.
Elle lève des yeux rougis par les larmes et la colère. Sous la casquette enfoncée et le col relevé de sa veste, elle reconnaît les yeux fatigués mais d'une intensité d'acier de Ren Kurogami. Grip est là, debout dans la rue, juste devant le commissariat qui le traque.
Grip (la voix basse, presque un murmure) : « C'était stupide de venir ici, Jiro. Tu ne peux pas battre des politiciens avec la vérité. Ils possèdent l'encre qui écrit les journaux. »
Kyoka (la voix brisée, serrant le tissu de son sweat) : « Ils... ils disent que tu es un monstre... Ils disent que c'est toi qui as fait ça à Denki... Je voulais juste qu'ils sachent... »
Ren pose une main gantée sur sa tête, un geste rare d'une douceur protectrice, alors qu'il jette un regard noir vers les fenêtres du poste de police.
Grip : « Je sais, petite. Et je t'en remercie. Mais ne te salis pas pour moi. Retourne veiller sur le blondinet à Yuei. Laisse-moi gérer la Commission. Puisqu'ils refusent d'entendre la vérité par la voix de la justice... je vais leur faire cracher par la force. »
Le regard que Ren jette vers les fenêtres du commissariat n'est pas seulement noir, il est analytique. Ses sens de vigilant, aiguisés par des années de traque, captent un signal d'alarme immédiat. Derrière les portes vitrées du poste, l'agent de liaison en costume et les deux policiers qui ont expulsé Kyoka ne retournent pas à leurs bureaux. Ils échangent un regard lourd, et l'un d'eux pose discrètement la main sur la crosse de son arme de service, tout en accélérant le pas vers la sortie.
La réalité est bien plus sombre qu'une simple surdité administrative : ce commissariat est entièrement corrompu. Ces hommes ne sont pas des policiers, ce sont des agents d'exécution de la faction extrémiste de la Commission. Et l'ordre qu'ils viennent de recevoir sur leurs oreillettes cryptées est limpide : Éliminer Kyoka Jiro. Immédiatement. Maquiller cela en bavure ou en attaque du terroriste Grip.
Les trois hommes s'élancent sur le trottoir, leurs visages fermés, bousculant les passants. L'agent en costume pointe directement Kyoka du doigt.
L'Agent corrompu (hurlant pour les témoins) : « Elle est de mèche avec le terroriste ! Tirez ! N'attendez pas ! »
Kyoka, encore sous le choc, voit les canons des revolvers se braquer sur elle. Son épaule blessée la paralyse, et le sentiment d'injustice la cloue au sol. Mais alors que les faux policiers s'apprêtent à presser la détente, le temps semble se figer.
Grip, agit immédiatement.
D'un mouvement d'une rapidité effrayante, Ren Kurogami plaque ses mains sur le capot d'une voiture de police garée sur le côté.
Grip : « Ancrage Cinétique : Vecteur Zéro ! »
Dans un grincement de métal strident, la voiture de deux tonnes glisse sur le sol mouillé sans que ses roues ne tournent, propulsée comme un palet de hockey par la force d'inertie verrouillée de Grip. Le véhicule vient s'interposer précisément entre Kyoka et les tireurs, encaissant les trois premières balles dans sa carrosserie blindée.
Depuis les toits adjacents, deux silhouettes fondent sur les agresseurs avec la précision de faucons de chasse.
Un ruban de tissu gris et ultra-résistant fend la pluie et s'enroule violemment autour du cou et des poignets de l'agent en costume, le soulevant de terre avant de le fracasser contre le béton. Shota Aizawa atterrit lourdement au milieu de la rue, ses cheveux dressés, ses yeux brillant d'un rouge écarlate. Il n'a pas mis longtemps à réaliser la fuite de Kyoka, et il n'est pas venu seul.
Un clone d'Ectoplasm émerge instantanément de l'ombre d'un arrêt de bus, fauchant les jambes du premier faux policier d'un coup de pied circulaire parfait, tandis que le second tireur est soudainement cloué au sol par une ombre géante.
Dark Shadow surgit de nulle part, bloquant l'arme du dernier corrompu dans ses griffes d'énergie sombre. Fumikage Tokoyami s'avance hors de la pénombre d'une ruelle, sa cape noire trempée par la pluie, le regard noir de colère. Nezu et Aizawa avaient envoyé des élèves en renfort discret pour couvrir les arrières de leur prof.
Tokoyami : « Ceux qui s'habillent de justice pour accomplir les œuvres du tyran méritent de sombrer dans le chaos. Dark Shadow, désarme-le. »
En moins de trente secondes, l'escouade de tueurs de la Commission est totalement neutralisée, ligotée et inconsciente sur le trottoir. Les vrais civils aux alentours fuient en hurlant, comprenant que la guerre vient de descendre dans la rue.
Aizawa s'approche de Kyoka, son écharpe de capture se rétractant doucement. Il jette un regard lourd à Grip, qui se tient de l'autre côté de la voiture de police, ses gantelets fumants. Pour la première fois, le professeur de Yuei et le vigilant traqué partagent le même espace, unis par la même rage.
Aizawa (à Grip, la voix basse) : « Prends les téléphones et les radios de ces traîtres avant que les renforts n'arrivent. C'est tout ce dont Tsukauchi a besoin pour prouver la trahison de ce commissariat. »
Grip ne dit pas un mot. Il fouille les corps inconscients avec une efficacité militaire, récupère les appareils cryptés et jette un dernier regard à Kyoka.
Grip : « Prends soin d'elle, Eraser Head. La prochaine fois que vous entendrez parler de moi, la Commission n'aura plus les moyens d'émettre des ordres de mort. »
L'Ancre Noire pivote et disparaît dans les ruelles sombres, emportant avec lui les preuves absolues du complot d'État.
Aizawa aide Kyoka à se relever, tandis que Tokoyami monte la garde. La jeune rockeuse, serrant le parapluie que Grip lui avait laissé, comprend enfin toute la noirceur de la situation : le gouvernement veut leur mort, mais Yuei et l'Ancre Noire viennent de déclarer une guerre totale pour les protéger, elle et Denki.
L'ambulance de secours de Yuei, escortée discrètement par les clones d'Ectoplasm, franchit les barrières de sécurité de l'école dans un crissement de pneus. De retour dans l'enceinte ultra-sécurisée de l'infirmerie souterraine, le petit groupe est immédiatement pris en charge.
La nouvelle de l'escapade de Kyoka et de l'embuscade des faux policiers a déjà fuité parmi les élèves restés sur place. Dès que les portes blindées de l'infirmerie s'ouvrent, la classe 1-A, qui rongeait son frein dans l'angoisse la plus totale, se précipite vers eux.
Izuku, Bakugo, Yaoyorozu et Mina courent dans le couloir, coupant le passage aux robots d'assistance médicale. En voyant Kyoka, trempée par la pluie, le visage pâle mais saine et sauve, un immense soupir de soulagement collectif soulève la pièce.
Mina (se jetant presque sur elle, les larmes aux yeux) : « Jiro ! Mais t'es complètement malade ?! Pourquoi tu es partie seule ? On a cru qu'ils t'avaient eu, eux aussi ! »
Yaoyorozu (lui tendant une couverture chaude, les mains tremblantes) : « Tu es blessée ? Ton épaule a saigné ? Aizawa nous a dit que le commissariat était un piège... »
Kyoka laisse Momo lui draper la couverture sur les épaules. Elle tremble encore, non pas de peur, mais sous le coup de l'adrénaline et du dégoût face à ce qu'elle a découvert.
Kyoka (la voix basse, le regard dur) : « Je vais bien... Grâce à Monsieur Aizawa, Tokoyami... et Grip. Si l'Ancre Noire n'avait pas été là, ces faux flics m'auraient abattue en plein milieu de la rue. »
Izuku s'approche, le visage marqué par une rage contenue. Entendre que le gouvernement utilise désormais ses propres forces de l'ordre pour assassiner ses camarades pousse le jeune détenteur du One For All à ses limites.
Izuku : « Donc c'est vrai... La Commission contrôle même les commissariats locaux. Ils voulaient te faire taire parce que tu es le témoin principal de ce qui est arrivé à Denki. »
Bakugo (s'avançant, les poings crépitant de petites étincelles de colère) : « Ces lâches se cachent derrière des insignes parce qu'ils n'ont pas les couilles de nous affronter en face. Jiro, tu as été stupide de croire que ces bureaucrates allaient t'écouter, mais au moins, maintenant, le masque est tombé. »
Ignorant les questions qui fusent de toutes parts, Kyoka avance lentement vers le fond de la pièce. Son regard quitte ses camarades pour se poser à nouveau sur le lit de Denki Kaminari. Au-dessus de lui, les moniteurs cardiaques affichent toujours le même rythme régulier, lents et immuables. Les parents de Denki et de Kyoka sont là, serrés les uns contre les autres, le visage décomposé en apprenant à quel point leur fille a frôlé la mort.
Kyoka s'assied lourdement sur sa chaise, juste à côté de Denki. Elle prend délicatement la main du garçon dans la sienne, ignorant la fraîcheur de sa peau.
Kyoka (murmurant, pour elle-même et pour Denki) : « Ils ont essayé de me tuer, Kaminari... Le monde extérieur est devenu complètement fou. Mais on est en sécurité ici. Les profs, la classe... tout le monde fait bloc. Alors s'il te plaît... réveille-toi. On a besoin de toi pour leur faire payer. »
Aizawa entre à son tour dans la pièce, portant les téléphones cryptés récupérés sur les faux policiers. Il regarde ses élèves, tous rassemblés autour des deux lits, formant une véritable armée miniature.
Aizawa : « Écoutez-moi tous. L'heure n'est plus aux initiatives personnelles. Jiro a eu de la chance, mais la Commission sait qu'elle a échoué. Inspecteur Tsukauchi est déjà en train de décoder ces appareils. Le compte à rebours est lancé. Restez groupés, protégez vos camarades. La vraie bataille commence maintenant. »