LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC x OC)
Chapitre 183 : Le premier Je t’aime
Ils sont en train de jouer une nouvelle partie de cartes, Hanako rit comme un petit démon tandis que Rinko affiche un sourire satisfait à leurs adversaires, prouvant qu’ils trichent encore malgré le refus des autres de jouer en équipes.
Je m’appuie contre le mur en croisant les bras pour les observer, j’observe chacune de ses expressions heureuses et suffisantes, je suis bercé par son rire et ses moqueries envers leurs opposants. J’ai si peur de perdre la proximité que nous avons depuis quelques jours, mais Minato a raison, je ne peux laisser les choses comme ça non plus… il faut que je lui parle et je décide de me forcer à le faire avant notre retour à Konoha. Je m’en fais la promesse : avant notre retour au village, je saurai si je suis avec elle pour de bon et je lui demanderai de quitter Shisui.
Elle tourne la tête dans ma direction, se sentant sans doute observée, et elle tend immédiatement une main vers moi en souriant de toutes ses dents, toute contente de me voir revenu alors que je suis simplement « allé boire » une dizaine de minutes. Je me redresse donc pour la rejoindre, bien décidé à profiter à cent pour cent de cette proximité. Après tout, je suis prudent, je n’ose pas, j’ai toujours peur que ça revienne aux oreilles de Shisui… mais dans le fond, pourquoi ?!
Ça ne va pas, il faut que je change de stratégie, je veux lui montrer ce que ça fait d’être avec moi, je veux me comporter avec elle comme si nous étions ensemble et comme ça, lorsque j’aurai la discussion avec elle sur nous et notre avenir, elle pourra choisir en conscience.
Elle est en bout de canapé et il n’y a donc pas de place à côté d’elle alors je saisis tout mon courage et j’attrape la main qu’elle me tend toujours. Je la relève du canapé délicatement, avant de me laisser tomber à sa place tout en agrippant ses hanches au passage pour la rassoir sur moi. En moins de deux secondes, elle se retrouve assise en travers de mes cuisses sous les yeux très étonnés de nos camarades dans le salon et elle me lance un petit regard aussi heureux que timide alors que ses joues s’enflamment.
Je m’adosse dans le canapé en affichant mon air le plus tranquille, passant même un bras derrière son dos pour poser ma main sur sa cuisse et elle se laisse aller contre mon torse en rougissant de plus belle, calant sa tête sous mon menton pour regarder ses cartes – mais surtout cacher son trouble.
Je me laisse complétement vivre, me foutant de mes camarades et de leurs yeux exorbités et j’embrasse même son front, tout simplement parce que j’en ai envie et au diable le reste du monde.
- Tu es sûr que c’est de l’eau que tu es descendu boire ? me taquine-t-elle timidement à voix basse.
- Oui je suis sûr, réplique-je en riant un peu.
- Alors que t’arrive-t-il ? glousse-t-elle.
- Rien mon ange, j’en ai marre de me retenir pour Shisui, j’ai envie de vivre comme je l’entends, de me comporter avec toi comme je l’entends, juste… être heureux comme je le suis depuis quelques jours, comme nous le sommes j’ai l’impression… ? m’explique-je en murmurant.
- Tu ne pouvais pas me rendre plus heureuse qu’en me disant ça…, répond-elle.
Elle se penche pour m’embrasser doucement, par-dessus mon masque, laissant ses lèvres contre les miennes seulement quelques secondes qui suffisent pourtant à animer les foules d’après ce que je ressens des hommes dans la pièce. Ils ont tous l’air occupés à faire quelque chose mais les informations n’échappent pas aux forces spéciales et je ne suis pas étonné de sentir leur curiosité exploser autour de nous. Ceux dont je suis le plus proche sont déjà au courant, ceux dont je ne suis pas proche n’oseraient jamais me poser la question, il n’y en a qu’un seul qui se situe au milieu, Jin, et il ne tarde pas à craquer :
- Vraiment Commandant ? Une petite-amie ? se marre-t-il.
Il obtient l’attention de l’intégralité des ninjas de la pièce, qui tendent l’oreille pour écouter la réponse et une petite pression s’abat sur moi. Je me demande comment réagir, je me creuse la tête à cent à l’heure pour savoir quoi dire mais dès qu’Hanako entrouvre les lèvres, je me rends compte que je ne veux pas qu’elle dise que nous sommes simplement « plus qu’amis » comme elle l’a dit à Toru sur le bateau. Non, je vais de ce pas prendre la température d’une affirmation, et si ça ne convient pas à Hanako elle pourra toujours me contredire dans la foulée, je m’en fiche royalement.
Alors je la coupe avant même qu’elle réponde :
- Oui Jin, dis-je simplement avec assurance.
Hanako tourne vivement la tête vers moi mais c’est un regard heureux qui s’affiche et non réprobateur, ce qui sent plutôt très bon.
- Sérieux ?! demande Jin en souriant lentement, comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.
- Oui, sérieux, réplique-je.
- Bah ça alors ! s’exclame-t-il. Je ne l’aurais jamais vu venir celle-là ! Pourtant je suis bien formé !
Un de nos camarades rit un peu dans un coin de la pièce :
- Je te rassure Jin, je suis tout aussi formé que toi et je ne l’aurais jamais vu venir non plus. Le commandant la paye, c’est évident, plaisante-t-il.
- Non, je ne la paye pas ! réponds-je avec humour.
Rinko soupire bruyamment :
- Arrête de faire semblant, bien sûr que tu la payes ! J’ai même vu les factures !
Comme d’habitude, il fait rire tout le salon et l’ambiance s’allège, chacun reprend ses occupations sans s’occuper de nous plus que ça mais Hanako me dévore littéralement du regard.
- Quoi ? Ça te pose un problème ? murmure-je.
- Pas du tout, souffle-t-elle.
- Alors reconcentre-toi Moustique, parce que Jin vient de piocher une bonne carte vu la pulsation de la veine dans son cou, réponds-je en lui souriant.
Hanako glousse en tournant la tête vers lui, Rinko éclate de rire et Jin ronchonne que je vienne de le griller comme ça. Ils se replongent dans leur partie et je joue avec Hanako à partir de là, simplement pour pouvoir garder ma tête tout contre la sienne pour observer ses cartes, avoir la chance d’effleurer ses doigts pour lui conseiller quoi jouer et elle se cale plus près de moi en ronronnant.
Cette soirée est d’une douceur folle malgré le contexte catastrophique. Il est si dur de me dire que je passe ma première soirée en tant que petit-ami d’Hanako alors que de pauvres gens à Kiri sont dans une situation abominable, mais ça me motive plus que jamais à tout faire pour retrouver la Mizukage demain et venir en aide aux pauvres habitants pour qu’ils puissent retrouver une vie aussi belle que la mienne.
Lorsqu’ils terminent leur partie, Hanako se lève et s’étire largement en se dégourdissant les jambes à travers le salon, pas très étonnant quand on voit comme elle était lovée comme une petite belette sur mon torse. Puisqu’il est encore tôt dans la soirée, je me perche sur un bord de fenêtre au fond du salon en attrapant mon livre, mais elle vient pratiquement tout de suite se planter à côté de moi en posant son menton sur mon genou redressé et en câlinant ma jambe dans ses bras avec un sourire aux lèvres.
- Qu’est-ce qu’il y a ? m’amuse-je.
- Rien… tu vas lire… ? demande-t-elle.
Je ferme mon livre en lui lançant un regard suspicieux malgré mon sourire :
- Qu’est-ce que tu veux Moustique ? répète-je.
- Je voulais savoir si… si tu voulais venir te doucher avec moi, répond-elle en rougissant.
- Avec plaisir, depuis quand es-tu si hésitante ? demande-je.
- Je ne sais pas… ça fait tout drôle que tu leur aies dit que nous étions ensemble… Je suis timide bien qu’enchantée, glousse-t-elle.
Je caresse tendrement sa joue et elle rougit encore. J’adore la voir comme ça, j’adore quand elle est timide avec moi, ça me fascine toujours après le temps que nous avons déjà pu passer tous les deux. Je me lève donc et elle s’accroche à mon bras en me regardant avec malice alors que nous traversons le salon, elle est visiblement toute heureuse de ces démonstrations d’affection et je dois dire que je comprends de moins en moins ce qu’il se passe entre nous.
Dès que nous débarquons dans la salle de bain, l’ambiance est radicalement différente de la veille. Alors que la baignoire était sale, la pièce glauque et l’eau glaciale, nous découvrons que nos camarades ont nettoyé le bain en s’y lavant, qu’ils ont installés des dizaines de bougies pour éclairer les lieux et nous savons désormais que de l’eau chaude nous attend.
- Je suis bien contente d’avoir sauté mon tour hier soir ! s’exclame Hanako. Cette pièce n’a rien à voir, on a presque envie d’y prendre une douche désormais !
- Presque, m’amuse-je en observant le carrelage fissuré au mur.
Elle rit un peu plus en fermant la porte à clé pendant que je dépoussière un petit tabouret pour y poser nos vêtements :
- Ce n’est quand même pas le grand luxe, commente-je.
- Ça pourrait être pire, notre incroyable commandant s’est déjà débrouillé pour nous offrir de l’eau chaude, je ne vais pas me plaindre ! gazouille-t-elle en se déshabillant.
- Votre incroyable commandant ne saurait vous laisser vous doucher à l’eau froide Mademoiselle…, réplique-je d’une voix charmeuse en allumant l’eau.
Elle me lance un petit regard mutin et nous nous enfilons sous le jet d’eau.
- Tu prends toute la place ! m’embête-t-elle presque immédiatement.
- Pas du tout ! Tu reçois plus d’eau que moi ! m’offusque-je.
- C’est peut-être bien vrai…, pouffe-t-elle.
- Bien sûr que c’est vrai ! C’est toujours toi qui es sous le jet et moi qui me sacrifie en me contentant des pauvres éclaboussures que tu daignes me laisser ! réplique-je.
Elle rit un peu plus en me tournant le dos, m’excluant complétement de sous le jet, ce qui me fait rire à mon tour.
- Tu n’es pas bien grande, mais bon sang, ce que tu peux me martyriser au quotidien ! soupire-je.
- Je ne te martyrise pas, tu te laisses faire, c’est différent ! réplique-t-elle en se trémoussant sous l’eau brûlante.
- Je te souhaite une bonne douche, je prendrai la mienne après, rétorque-je en faisant mine de sortir.
Elle couine en m’attrapant pour me retenir et je ne me fais pas prier. Je me cale sous le jet, puis je passe mes bras autour d’elle pour coller son dos contre mon torse afin que l’eau qui m’inonde dégringole ensuite sur elle.
- Je n’ai même plus besoin de l’eau, la température de ton corps me réchauffe…, ronronne-t-elle en se calant un peu plus contre moi.
Elle met ses mains sur mes avant-bras qui la serrent et je pose ma joue sur le sommet de sa tête en fermant les yeux, la berçant doucement tandis que nous profitons du moment chaud et réconfortant.
Au bout d’un petit moment, elle tourne la tête par-dessus son épaule à la recherche de mes lèvres et je l’embrasse donc. Nous profitons d’abord d’un long baiser sage mais époustouflant de tendresse tandis que je la serre si fort dans mes bras qu’elle en sourit. Dès que je sens ses dents, il m’en faut plus, et j’attrape sa lèvre inférieure entre les miennes pour la taquiner gentiment. Elle lève un bras pour attraper ma nuque et me garder fermement contre elle, déclenchant automatiquement mes ardeurs et je mêle ma langue à notre baiser qui grimpe rapidement en température. Je me penche plus en avant pour avoir un meilleur accès à ses lèvres tout en remontant l’une de mes mains jusqu’à sa gorge pour mieux orienter sa tête, ce qui la fait immédiatement frissonner. Tout ça est en train de partir en vrille et nous le savons tous les deux, nous sommes joueurs, ça se sent à notre baiser, à nos sourires qui nous trahissent, à nos mains qui se resserrent sur la peau de l’autre.
Elle se détache de mes lèvres pour me lancer un regard étourdi et brillant :
- Ne serait-il pas plus sage de nous savonner ?
- Oh je crois bien que si, réponds-je.
*
Lorsque nous sortons, j’enfile mon short et je suis ravi de constater qu’elle a visiblement piqué un de mes hauts qu’elle enfile.
- Je ne t’ai même pas vu le prendre, m’amuse-je.
- C’est normal, je l’ai piqué dans ton sac ce matin. Dès que tu es descendu de notre « chambre », j’ai eu froid et j’ai voulu des manches. J’aurais pu mettre une de mes vestes mais je n’aurais pas été à l’aise dans mon sac de couchage, précise-t-elle.
- Mon pauvre petit ange, vous grelottez dès que je quitte votre périmètre, gémis-je avec humour en embrassant sa joue sur ma route vers la porte.
Nous quittons la pièce en direction de notre échelle et elle soupire :
- Et bien oui figure-toi, et j’ai de toute façon eu plus ou moins froid toute la nuit dans mon foutu sac de couchage ! se plaint-elle.
- Vraiment ?
- Je ne rigole pas Kakashi, dès que je passe plusieurs nuits de suite avec toi, mon corps s’habitue et je ne dors plus correctement après ! s’exclame-t-elle en montant notre échelle.
Je la rejoins à notre étage privatif en fronçant les sourcils :
- C’est tout de même embêtant…, ronchonne-je avec inquiétude.
- Pas du tout, parce que je suis bien décidée à ne plus dormir sans toi. J’ai eu toute une nuit à m’agacer d’avoir froid pour trouver une solution, et j’en ai trouvé une ! rayonne-t-elle en s’agenouillant entre nos bottes de pailles.
- Dormir habillée de la tête au pied ? demande-je.
- Non, bien mieux que ça !
Elle répartit les nombreuses bougies qu’elle a dérobée en bas et je les allume les unes après les autres avec mon katon, l’observant créer une ambiance chaleureuse et magnifique.
- J’ai décidé de retrouver mon petit soleil personnel dès ce soir ! claironne-t-elle.
Elle ouvre entièrement nos deux sacs de couchage, les passant en mode « couette », avant d’étaler le sien au sol en guise de matelas, de placer nos sacs en oreillers puis le mien comme véritable couette, créant ainsi un petit lit deux places improvisé sous mes yeux ébahis.
- Mais quel génie vous êtes mon ange ! la félicite-je.
Elle se glisse dedans avant de me tendre les bras :
- Allez, rejoins-moi vite ! Je sais qu’il est encore très tôt mais j’ai bien envie d’une soirée en tête à tête avec toi si tu me l’accordes ! déclare-t-elle joyeusement.
- Evidemment que je te l’accorde, je préfère cent fois passer ma soirée avec toi qu’avec ces idiots ! réplique-je en la rejoignant.
- Chut Kakashi ! glousse-t-elle en rougissant.
- Tu parles, ils sont deux étages en dessous de nous et ils sont loin d’avoir mes oreilles affutées, aucun risque qu’ils m’entendent et ils savent de toute façon très bien ce que je pense d’eux ! m’amuse-je en m’appuyant sur mon sac à dos, un bras derrière la tête.
Elle vient automatiquement se coller contre moi, relevée sur un coude pour m’observer en posant ses doigts libres sur mes lèvres avec délicatesse :
- Arrête de passer pour un méchant devant tout le monde Kakashi…, murmure-t-elle gentiment. Tu n’es pas comme ça dans le fond, tu es un amour… Pourquoi offres-tu au monde cette drôle de facette de ta personne ? Pourquoi passes-tu pour un homme au sale caractère … ?
- Parce que je suis doux comme un agneau simplement avec vous charmante demoiselle, réponds-je.
- Tu parles, Rinko me disait déjà au pays du gel que tu étais un amour…, souligne-t-elle en plissant les yeux.
- Je ne suis gentil qu’avec les gens que j’aime, c’est tout, réponds-je.
Elle rougit en détournant la tête et je m’empourpre dans la seconde suivante tandis que nos cœurs accélèrent un peu. Un coup d’adrénaline me secoue alors que je m’apprête à lui dévoiler mes sentiments suite à ma conversation avec Minato et j’attrape son menton doucement pour la faire me regarder dans les yeux.
J’y lis tellement d’émotions que je me dégonfle et je la tire contre mes lèvres pour l’embrasser à la place, choisissant la sécurité et le réconfort. Elle ne se fait pas prier et nous nous embrassons, caressant nos lèvres avec douceur les unes contre les autres. Notre baiser est de plus en plus tendre, de plus en plus sensuel alors que je passe mes bras autour d’elle.
Les lumières des bougies dansent sur mes paupières, sa fragrance m’enivre et je me sens plus heureux que jamais…
Il faut que je me débarrasse de ce foutu blocage, il faut que j’arrête de refuser de lui dire ce que je ressens simplement parce qu’elle sort avec Shisui alors qu’elle me rend plus heureux que je ne l’ai jamais été. Je pense aux paroles de ma récente amie, qui m’a conseillé de me jeter dans le vide à sa place, d’arrêter d’attendre que ce soit elle qui choisisse de me faire confiance mais que je lui témoigne la mienne à la place, peu importe ce que l’avenir donnera, peu importe qu’elle reste avec lui et qu’elle me brise le cœur, il est si important que je lui dise à quel point je l’aime… à quel point elle aura rendu mon monde meilleur même si elle ne partage pas mes sentiments.
Je me détache donc de ses lèvres pour planter mon regard dans le sien et sa réaction est immédiate, elle sent que le moment est sérieux, parce que son pouls s’envole et sa bouche s’entrouvre tandis que je l’observe en attendant de trouver le courage nécessaire. Elle est toujours allongée sur moi, le visage tout proche du mien, illuminé par les flammes chaudes des bougies qui mettent en valeur ses traits délicats et parfaits. Un ange, comme d’habitude.
Je décide de me lancer, de commencer à m’ouvrir pour me rendre la tâche plus facile :
- Ces derniers jours avec toi ont été comme un rêve pour moi Hanako… Depuis la soirée d’intégration avec Yu… depuis que nous ne nous lâchons plus et que nous nous comportons comme si rien ne comptait à part nous deux…, commence-je.
- Ils ont été un rêve pour moi aussi, confie-t-elle.
- Même ceux d’avant, la soirée chez Rinko, notre matinée chez toi à nous câliner… Si nous supprimons le triste moment où tu m’as mis dehors à cause de Shisui, tous les moments que nous avons passé tous les deux depuis deux semaines ont été absolument parfaits pour moi…
- Je suis désolée Kakashi, geint-elle. C’était son anniversaire, j’avais complétement oublié que nous devions…
Je pose deux doigts sur ses lèvres pour la faire taire avant de reprendre :
- Peu importe, j’aimerais… j’aimerais te dire ce que je ressens, mais ce n’est pas facile…, confie-je.
Son cœur galope plus vite dans sa poitrine, il tambourine maintenant comme si elle était en plein sprint et pas allongée sur moi dans le calme, je me demande même si elle sait ce que je vais lui dire. Ses yeux sont brillants d’émotion mais surtout remplis d’espoir, ce qui m’encourage :
- J’aurais vraiment préféré te dire ça un jour où Shisui ne serait qu’un souvenir, te dire ça en étant sûr et certain qu’il n’était qu’une passade dans ta vie pour te protéger de moi…, continue-je.
- Il l’est Kakashi, il l’est, murmure-t-elle d’une voix aiguë en posant ses mains sur mes joues.
Ses sourcils sont crispés sous l’émotion, ses yeux s’embuent alors qu’elle me regarde avec autant d’espoir que de désespoir, je ne l’ai jamais vue comme ça, aussi à fleur de peau, aussi chamboulée alors que je n’ai encore rien dit.
J’inspire un peu avant de continuer :
- Je voulais attendre qu’il ne soit plus dans le paysage, que nous soyons officiellement ensemble et heureux, que ce moment soit beau et non pas gâché par une situation horrible comme la nôtre dans ce triangle désastreux…, chuchote-je.
- Je t’en prie, dis-le moi, dis-le moi…, murmure-t-elle avec urgence tandis qu’une larme menace de couler de ses beaux yeux.
Je caresse sa mâchoire du pouce et son dos de mon autre main, parcourant avec idolâtrie ses traits une fois de plus, pour me laisser envahir par mon amour pour elle :
- Mais finalement, tu m’as rendu tellement heureux ces derniers jours, je me sens tellement bien avec toi comme ça, que je crois que je ne peux tout simplement plus attendre. Je ne peux plus attendre que tu me donnes la chance de vivre cette vie parfaite avec toi, je veux essayer de me donner cette chance, quitte à ce que tu me rejettes et que le rêve s’arrête ici…
- Il ne s’arrêtera pas ! assure-t-elle tandis qu’une larme roule finalement sur sa pommette.
Elle resserre ses mains sur mes joues, agrippant ma tête comme si elle s’y raccrochait et je saute dans le vide :
- Je t’aime Hanako, je t’aime de tout mon cœur depuis le premier jour et je te demande, non je te supplie de quitter Shisui et de me laisser une seconde chance. Je te supplie de nous donner l’opportunité d’être heureux ensemble, je m’engage à tout faire pour te rendre heureuse chaque jour et à ne plus jamais te laisser croire que je pourrais te laisser tomber, murmure-je.
Elle relâche sa tête pour la laisser tomber en avant tout en gardant ses mains sur mes joues, les serrant plus fort que jamais tandis que quelques sanglots la secouent doucement. Je ne crois pas qu’elle soit triste, on dirait plutôt qu’une énorme pression quitte ses épaules, qu’elle pleure de soulagement, c’est très étonnant mais je ne m’inquiète pas et j’ai visiblement raison parce qu’elle relève le nez pour me regarder avec le plus beau sourire qu’elle ne m’ait jamais fait malgré ses larmes :
- Si tu savais le temps que ça fait que j’espère que tu vas me dire ça Kakashi…, sanglote-t-elle.
Mon cœur rate un battement alors que je réalise qu’elle n’est pas en train de me rejeter et elle fond sur mes lèvres pour m’embrasser avec force, se pressant contre moi avec ardeur quelques secondes avant de me relâcher.
- J’aurais dû te le dire avant mon ange… mais je me sentais bloqué par cette histoire avec Shisui, j’aurais vraiment préféré te dire ce que je ressentais sans être « l’autre homme », sans savoir si…, commence-je.
Mais elle me coupe :
- Kakashi, j’ai déjà quitté Shisui. Il n’y a plus que toi et moi, il n’y a plus que nous deux, sanglote-t-elle.
- Quoi … ? murmure-je sans y croire.
- J’ai quitté Shisui il y a des jours et je t’aime moi aussi, je t’aime plus que ma vie Kakashi, répond-elle.
Je la regarde sans réussir à croire ce qu’il est en train de se passer, j’envisageais déjà difficilement qu’elle ne me rejette pas, je n’osais pas rêver qu’elle me dise qu’elle m’aime aussi et surtout, j’étais complétement sûr et certain que Shisui faisait toujours partie du paysage. Et pourtant, maintenant qu’elle vient de me le dire, ça parait tomber sous le sens alors que je me refais le film de ces derniers jours passés sans nous cacher, sans cacher nos sentiments l’un envers l’autre … J’ai l’impression que je pourrais mourir foudroyé de bonheur et elle me rassure une dernière fois :
- Il n’y a plus que nous deux, je t’aime Kakashi, je t’aime ! répète-t-elle avec force.
- Je t’aime mon amour, si tu savais comme je t’aime…
Elle sourit plus largement encore alors que nous fondons l’un sur l’autre pour nous embrasser. Maintenant que je sais que c’est de l’amour qui brille au fond de ses yeux, je n’arrive même plus à fermer les miens, je me détache sans cesse de ses lèvres simplement pour partager un beau regard avec elle, pour nous observer de nos yeux remplis à ras bord d’amour et de bonheur.