LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 14 : Le fameux Pakkun

3619 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 23/05/2025 11:40

Chapitre 14 : Le fameux Pakkun


Je détaille toujours son joli visage apaisé tandis qu’il s’endort à moitié et je souris un peu en pensant à notre relation. 

Il est vraiment gentil et patient, il n’a pas eu l’air dérangé de me montrer comment faire pour le satisfaire de ma main, alors qu’il passe son temps avec des filles sans doute bien plus dégourdies que moi. Je ne le pensais pas si pédagogue et prévenant, il est vraiment très bien, sans même parler de ça, je l’adore.

Je fronce un peu les sourcils en repensant à Kakashi et la culpabilité revient de plein fouet. Je mets « en péril » ma relation avec Rinko à cause d’un homme qui ne lui arrive peut-être même pas à la cheville…

Je devrais lui en parler, il est tellement ouvert et cool sur tout… Ça se tente et je choisis l’honnêteté :

-         Rinko ?

-         Mh… ? marmonne-t-il.

-         Il y a des filles qui te plaisent ?

Il ouvre les yeux en fronçant les sourcils, bien réveillé tout à coup.

-         Pourquoi tu me demandes ça ?

-         Depuis que nous sommes ensemble, tu as croisé des filles forcément, à tes soirées ce weekend par exemple… Est-ce qu’il y a des filles que tu as trouvé jolies ou attirantes ?

-         C’est une question piège ? s’inquiète-t-il.  

-         Non, je t’assure.

-         Oui, il y a des filles que j’ai trouvé jolies. C’est normal je trouve, je ne sais pas trop ce que tu cherches à me faire dire…, dit-il gentiment.

-         Au restaurant vendredi, il y avait un homme que j’ai trouvé très séduisant. Et je me suis dit que je n’étais pas correcte de penser une chose pareille vis-à-vis de toi, je me sentais coupable et j’avais honte…, m’explique-je d’une petite voix.

Il se détend instantanément et rit un peu :

-         Mais non, ne t’inquiètes pas ! Ce n’est pas parce qu’on décide de se mettre plus ou moins ensemble que ça veut dire qu’automatiquement les gens qui nous entourent deviennent moches, c’est étrange de penser ça.

-         Je ne sais pas, je n’ai pas l’habitude de trouver des garçons beaux et j’ai encore moins l’habitude d’être en « couple », réponds-je en lui souriant timidement.

-         Trésor, arrête de te prendre la tête. Je n’ai aucun problème avec le fait que tu trouves des hommes séduisants. Et puis, nous avons dit qu’on restait plus ou moins libres, sans case…, souligne-t-il en embrassant mon front.

J’hoche la tête en méditant ses paroles et il reprend :

-         Tu sais, il n’y a pas de problème pour moi, on décidera d’être exclusifs un jour ou l’autre si l’un de nous le désire… Je ne compte pas particulièrement voir d’autres filles, mais si c’était ton envie d’élargir ton horizon, sache que je peux le comprendre, après tout tu n’as eu qu’un homme dans ta vie, et pourri qui plus est…

La simple idée me semble absurde :  

-         Je n’ai pas prévu d’élargir mon horizon non plus, affirme-je.

-         C’est toi qui vois, encore une fois, arrête de te prendre la tête. Mais si quelque chose te chagrine encore comme ça, parle-moi en tout de suite pour que je te puisse te rassurer.

Je souris avec joie tandis que la culpabilité s’envole de mes épaules.

-         Tu veux savoir qui c’est ? demande-je, histoire d’être complétement transparente avec lui.

-         Non, pas du tout. Ça m’évitera de me comparer, et puis c’est ton jardin secret. Notre relation n’est pas une prison Hanako !

-         Tu es vraiment génial, dis-je en lui souriant.

-         Hé… sinon comment pourrait-on envisager des plans à trois un jour ? plaisante-t-il en me souriant.

J’attrape l’oreiller sous sa tête avant de lui en mettre un coup dans le visage en riant :

-         Mufle ! m’exclame-je.

-         Arrête ! se défend-il, hilare, en attrapant l’oreiller.

J’espère qu’il n’était pas sérieux, qui fait ce genre de chose pour de vrai ? Je le regarde une seconde et mon visage s’affaisse : Rinko, voilà qui fait ce genre de chose.

-         Tu en as déjà fait ? demande-je de ma voix la plus neutre.

Il m’observe pour prendre la température avec des yeux hésitants, mais de toute façon, je connais la réponse.

-         Oui…, confirme-t-il doucement.

-         Ne compte pas sur moi pour faire ça ! le préviens-je vivement.

-         C’est noté.

-         Mais qu’est-ce que tu as fait d’autre de ce genre-là ? m’agace-je.

-         Hanako…, tempère-t-il.

-         Non mais c’est vrai quoi…, boude-je.

Je fais la tête quelques secondes, mais ma mauvaise humeur s’accentue si vite que j’en saute sur mes pieds pour sortir du lit, afin de m’éloigner de lui. Je me plante devant la fenêtre de ma chambre en croisant les bras vivement, aussi furieuse que honteuse.

-         Tu vas finir par te lasser de ta petite sainte nitouche à qui il faut tout apprendre ! siffle-je.

-         Mais bien sûr que non, je m’en fiche ! réplique-t-il en s’asseyant au bord de mon lit.

Je me retourne pour lui faire face :

-         Mais bien sûr que si ! Monsieur est comblé lorsqu’il fait l’amour à quinze personne en même temps ! m’exclame-je avec colère.

-         Alors, non, quinze je n’ai jamais fait.

Il m’affiche son sourire goguenard et ça me rend furieuse. Comment peut-il rire alors qu’il voit bien que ça me travaille ?! Je fulmine carrément et je suis étonnée que de la fumée ne sorte pas de mes narines.

-         Ça alors ! Monsieur Rinko a donc des limites ! Qui l’eut cru ! feule-je.

-         Hanako, tu te calmes, ordonne-t-il d’une voix posée.  

-         Non je ne me calme pas ! Ça m’énerve de passer pour une ignare alors que tu dois avoir des centaines de souvenirs à trois, ou à quatre, ou à je ne sais combien ! Sauf quinze ! Oh, ça me fait une belle jambe tiens !!

Il se lève et s’approche tranquillement avant de m’attraper les bras, tandis que je me débats comme un démon dans tous les sens.

-         Lâche-moi ! crie-je tandis qu’il m’ignore.

En vérité, ça va déjà mieux depuis qu’il est venu me chercher. Il me jette sur le lit – gentiment – et s’allonge de tout son poids sur moi en attrapant mon menton dans sa main fermement, les yeux plus autoritaires que d’habitude.

Toute ma colère s’évapore instantanément, j’adore quand il est comme ça, j’aime quand il est sérieux et qu’il me donne l’impression de contrôler les choses.

-         Tu te calmes, répète-t-il de sa voix posée mais ferme.  

-         Non !  

Il m’embrasse alors, avec température, il prend le temps de me retourner la tête avec un baiser langoureux avant de se détacher de mes lèvres pour me regarder, comme pour vérifier que je me suis calmée. Je me tortille pour essayer de l’embrasser encore, mais il garde sa tête suffisamment loin de la mienne pour me frustrer.

-         Rinko, s’il te plait…, couine-je.

-         C’est mieux. Oui trésor ? répond-il avec douceur.

-         Embrasse-m…

Je n’ai même pas le temps de finir qu’il répond à ma demande en fondant sur mes lèvres.  

*

Le lendemain matin, j’accompagne Rinko à la porte et il est tout excité.

-         N’oublie pas trésor, on s’y retrouve avec cinq minutes d’avance pour que tu rencontres Pakkun ! dit-il joyeusement.

-         Comment oublierais-je ? Tu ne parles que de lui…, soupire-je en riant.

Il m’embrasse furtivement avant de partir et je m’habille avant de filer dans les rues de Konoha. Comme convenu, je me rends devant les portes du village en avance, et lorsque j’arrive, je ne vois que Kakashi qui lit, appuyé contre le mur d’enceinte.

Bon. Rinko m’a bien rassurée hier soir, et ce serait carrément bizarre de ne pas le saluer alors je sautille jusqu’à lui.

-         Bonjour Kakashi ! dis-je joyeusement.

Il relève le nez de son livre et je constate qu’il a commencé celui que je lui ai prêté, ce qui me rend automatiquement heureuse.

-         Bonjour, me salue-t-il avec une chaleur timide.

-         Tu l’as déjà bien entamé à ce que je vois, commente-je en souriant.

-         Oui, je pourrai sans doute te le rendre avant la fin de la mission.

Il me sert encore son œil doux et souriant que j’adore et je me délecte du spectacle.  

-         Tu es bien en avance, commente-t-il.

-         Oui, je suis censée rencontrer quelqu’un… Tu es tout seul ? demande-je en jetant des coups d’œil autour de nous.

-         Oui, je crois.

-         J’attends un certain Pakkun, précise-je.

-         Pakkun ? s’étonne-t-il en fronçant les sourcils, l’air de ne rien comprendre.

-         Oui…, dis-je avec hésitation face à sa tête consternée. 

Il me regarde une seconde ou deux, et soudain, son expression change du tout au tout. Malgré son masque, je vois clairement sa tête se décomposer.

-         C’est une plaisanterie…, souffle-t-il d’une voix blanche.

Je peux presque sentir sa tristesse, une tristesse si forte qu’elle ressemble à de la détresse et ça m’affole automatiquement, mais c’est à ce moment-là que Rinko atterrit à côté de nous.

-         Oh non ! C’est pas vrai ! J’ai raté le premier échange ! s’exclame-t-il.

-         Le premier échange ? m’étonne-je.

Kakashi me dévisage toujours avec son air torturé, et Rinko glisse un bras sur mes épaules :

-         Trésor, je te présente Pakkun. Kakashi, je te présente mon trésor ! dit-il joyeusement.

-         Quoi ?! m’exclame-je en me décalant violemment d’un pas.

Je fixe Rinko qui se marre, comme d’habitude, tandis que les fils se connectent dans ma tête et que je commence à réaliser ce qu’il est en train de me dire.

Bon sang, ce n’est pas possible, ça ne peut pas être en train d’arriver. Le fameux meilleur ami de mon petit-ami ne peut quand même pas être le seul autre homme de Konoha qui me trouble…

Mon cœur accélère exponentiellement et l’air me manque tandis que je repose les yeux sur Kakashi. La situation est lunaire, nous nous dévisageons sans parler, complétement abasourdis, et Rinko commence visiblement à se poser des questions puisqu’il perd un peu son sourire. Il faut que je dise quelque chose, n’importe quoi, mais la situation est tellement gênante.

-         Pakkun… ton meilleur ami… C’est Kakashi ? demande-je en espérant de toutes mes forces que je me sois trompée.

-         Bah… oui, répond Rinko sans comprendre le malaise.

Je recule d’un pas en accusant encore le coup, mais cette fois Rinko s’intéresse à Kakashi.

-         Tu pourrais lui dire bonjour au moins, lui lance-t-il sur un ton de reproche.

-         Je l’ai déjà salué, répond Kakashi de sa voix blanche.

-         Mais… vous vous connaissez ou quoi ? demande-t-il en fronçant les sourcils.

Il faut vite que j’intervienne, très vite, Rinko n’aimerait sans doute pas savoir que j’ai rencontré Kakashi vendredi… Je suis à peu près sûre qu’il en tirerait les bonnes conclusions et que même s’il est cool sur la liberté de notre couple, pas sûr qu’il le soit quand ça concerne son meilleur ami.

-         C’est très récent, Sakura nous a présentés cette semaine, dis-je rapidement.

-         D’accord…, répond-il tandis qu’un nouveau silence plane entre nous trois.

Rinko a une petite mine déçue qui me fait mal au cœur. Il ne s’attendait sûrement pas à ça, mais vu nos trois têtes, je crois qu’aucun de nous ne s’attendait à ça et que nous sommes tous perturbés à notre échelle.

Il n’y a rien qui va, que je regarde l’un ou l’autre, je suis chamboulée. Kakashi qui tient mon livre dans sa main, que je lui ai prêté après une longue soirée en tête à tête, et Rinko qui ne se doute pas une seconde que son meilleur ami est l’homme que je trouve très séduisant, qui ne sait même pas que j’ai passé des heures à discuter avec lui sur ma terrasse au lieu de le rejoindre au bar…  

J’ai envie de partir en courant tandis que mes conversations avec Rinko sur Pakkun et celles avec Minato à propos de Kakashi se croisent dans ma tête et que je fais les liens qui s’imposent. Comment n’ai-je pas pu comprendre que c’était lui ?! Minato m’a carrément dit qu’ils étaient inséparables ! C’est Rinko qui a fichu le cirque à l’appeler Pakkun ! Quelle idée !

-         Pourquoi Pakkun… ? murmure-je juste pour dire quelque chose.

-         C’est le prénom du ninken que j’invoque le plus souvent…, répond Kakashi, toujours perturbé.

-         Oh…, réponds-je simplement.

Rinko me prend alors la main en affichant une tête navrée, et Kakashi baisse automatiquement le nez dans son livre à ce contact.

-         Trésor, je suis désolé, ce n’était pas pour te mentir… C’est juste que je trouvais ça marrant de voir ta tête en découvrant que mon meilleur ami est le commandant en chef de Konoha, s’explique-t-il.

-         Ah oui… très drôle… comme tu vois, je suis pliée…, articule-je d’une voix atone.

Il fronce les sourcils, peiné par ma réponse.

-         Il y a un problème ? demande-t-il.

-         Non, pas de problème, je suis étonnée, c’est tout.

-         Et toi Kakashi ? demande-t-il à ce dernier.

Il ne prend même pas la peine de relever le nez de son livre :

-         Pas de problème. Tu sais très bien que je me fous complétement de tes copines, répond-il durement.

Sa réponse me blesse énormément, il y a un tel détachement dans son ton, presque du dédain…  mais Rinko éclate de rire en embrassant le dos de ma main.

-         Je te l’avais dit, il est grognon au premier abord, il sera plus cool au bout d’un moment.

Je ne réponds même pas.

Non il n’était pas grognon au premier abord, il était même carrément adorable. Là, oui, effectivement, je rencontre l’homme dont tout le monde parle. Un homme froid, qui n’a pas peur de blesser les gens autour de lui, parce que pour me sortir une chose pareille alors qu’il a l’audace de tenir le livre que je lui ai prêté entre les mains, il fallait y aller.

D’autres ninjas nous rejoignent, mettant fin aux cinq minutes d’angoisse qui viennent de s’écouler, dieu merci. Dès que Minato arrive, je me glisse vers lui pour échapper au trio de l’horreur mais je pose immédiatement mon regard sur les garçons et je découvre qu’ils ont une discussion animée depuis que je suis partie.

Kakashi a même rangé son livre, on dirait bien qu’ils se disputent et je meurs de curiosité, mais je n’entends rien d’où je suis. Kakashi finit par partir d’un coup, laissant Rinko en plan avec une tête triste qui me fait mal au cœur et il trottine vers moi lorsqu’il voit que je le regarde.

-         Ça va ? demande-je.

-         Oui, ce n’est rien, il est trop con, marmonne-t-il avec un visage fermé.

Je n’ose pas particulièrement répondre, déjà parce que oui, il est décidemment trop con aujourd’hui, mais aussi parce que je n’ai jamais vu Rinko comme ça. Il a l’air vraiment touché et ça me fait de la peine car je sais à quel point il tient à son meilleur ami.

Sa tristesse se confirme très rapidement, puisqu’il passe son trajet avec moi à me tenir la main, au lieu de papillonner d’un groupe de ninjas à l’autre pour discuter avec tout le monde comme il le fait d’habitude.

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