LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 15 : Le sale caractère de Kakashi

3280 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 24/05/2025 10:55

Chapitre 15 : Le sale caractère de Kakashi


Nous arrivons au pays du gel en tout début de soirée.

Pour assumer mon nouveau rôle, je suis Minato vers les représentants du pays tandis que le reste de nos troupes se font conduire là où nous serons logés. Il a l’air agité, il regarde de tous les côtés.

-         Tout va bien senseï ? demande-je.

-         Oui mais j’attends Kakashi, je ne sais pas ce qu’il fait… Il n’a pas voyagé avec notre groupe mais en principe, il est censé être avec nous pour la rencontre officielle, répond-il d’une voix inquiète.  

Oh non… Je n’ai franchement pas envie de le revoir après ce qu’il m’a dit ce matin et je baisse automatiquement le nez lorsqu’il atterrit souplement à côté de nous, juste avant que nous n’entrions dans le bâtiment officiel.

-         Pardonnez-moi pour le retard, dit-il sobrement.

-         Ce n’est pas grave, juste à temps ! répond Minato en retrouvant le sourire.

Nous suivons nos hôtes jusqu’à une grande salle de réunion, probablement leur salle de conseil. Kakashi prend place à droite de Minato, il ne m’a pas lancé un regard depuis qu’il est arrivé et ça me blesse encore plus.

Je peux comprendre sa surprise ce matin, mais pas son dédain. Je ne lui ai rien fait je crois, je lui ai même prêté un livre, c’est tout de même un acte amical… Je ne vois pas pourquoi il m’ignore froidement comme ça après m’avoir fait la conversation la moitié de la nuit vendredi…

Tandis que les kage discutent de futilités et se présentent, j’essaie vraiment de me refaire le fil de ces derniers jours pour comprendre à quel moment ma relation avec Kakashi est devenue aussi froide. Sous l’émotion, j’ai considéré qu’il était comme ça depuis aujourd’hui, mais c’est pire que ça finalement, il est comme ça depuis que Rinko est arrivé ce matin.

C’est censé être son meilleur ami depuis des années, alors je ne vois pas pourquoi il lui ferait la tête subitement sans raison si ce n’est par ma faute. J’en arrive vite à la seule conclusion possible : il est jaloux. Je ne sais pas ce qu’il imagine, que je vais accaparer son meilleur ami peut-être ? J’ai déjà moi-même du mal à trouver du temps avec Rinko, alors je suppose que ça n’augure rien de bon pour Kakashi qu’il se soit trouvé une copine, ça réduit forcément leur temps tous les deux…

C’est un peu méchant de sa part de m’ignorer comme ça simplement parce qu’il est jaloux de moi, mais bon, il est comme ça. Je ne voulais pas croire les gens qui m’en parlaient parce que je l’avais trouvé très gentil, adorable même, mais même Sakura a admis qu’il n’était pas comme d’habitude ce soir-là. Il faut donc que je me rende à l’évidence, il n’y a pas de fumée sans feu et Kakashi mérite sa réputation.

Nous repartons de la salle du conseil une bonne demi-heure après, en direction de notre bâtiment pour la semaine. Dans les couloirs, Minato est en tête et nous marchons côte à côte derrière lui, ce qui me permet de lui lancer des petits coups d’œil pour analyser son humeur. Il a l’air complétement fermé, mais pas en colère.

Il me lance un regard en sentant que je l’observe et je le soutiens avec courage. Il n’y a pas une émotion dans son œil sombre, il me regarde simplement une bonne seconde, avant de détourner la tête avec son air impassible que je déteste. Il est plus froid que l’hiver et j’ai bien du mal à imaginer qu’il me prêtait gentiment sa veste vendredi soir.

A ce stade, je me demande si je n’ai pas juste tout inventé, ça paraitrait plus probable.

*

Notre bâtiment est en béton, tout en longueur, avec de grandes fenêtres étroites qui font toute la hauteur des murs dans chaque pièce. Il y a deux « salles de bains », qui sont en fait très clairement des vestiaires, avec tout un tas de pommeaux de douche rudimentaires qui sortent des murs et des casiers individuels.

C’est visiblement un ancien bâtiment militaire, car en gagnant la grande pièce principale tout au bout du couloir, le réfectoire, je constate qu’il n’y a pas seulement des chambres, mais aussi quelques pièces où se trouvent du matériel de sport vétustes, inutilisé depuis bien longtemps. 

Nous débarquons dans la salle, où nos camarades sont répartis sur les nombreuses tables en attente des ordres de Minato. Ce dernier explique en quelques mots ce qu’il s’est dit tout à l’heure au conseil, puis demande l’organisation mise en place en notre absence pour les chambres.

Les garçons se sont répartis en groupes de deux ou trois, sauf moi, qui ai encore l’honneur d’en avoir une pour moi toute seule puisque je suis toujours la seule femme de cette mission, et Minato puisqu’il est l’Hokage. 

-         Comme il y a deux vestiaires pour se doucher, on pensait en réserver un pour toi Hanako, histoire que tu te sentes à l’aise. Les hommes utiliseront l’autre, il y a largement assez de douches pour nous, me précise l’un de mes camarades.

-         C’est très gentil ! réponds-je à la cantonade

Je suis carrément soulagée, la perspective de devoir jongler entre les horaires des uns et des autres ne m’enchantait pas, bien que Rinko aurait simplement pu se planter devant ma porte et me la garder je suppose, mais autant lui éviter ce service pénible.

Après un repas rapide, nous partons à la découverte de nos chambres. Elles ne sont pas grandes et comportent chacune trois lits très simples, mais puisque je suis seule, c’est plutôt spacieux. Ma fenêtre donne en plus sur un grand champ puisque nous sommes à la lisière du village, c’est très sympa et je devine que je vais me sentir très bien ici.

Je retourne dans le couloir à la recherche de Rinko et je l’aperçois dans l’embrasure d’une porte en passant. J’ai le cœur qui se serre lorsque je vois que c’est Kakashi qui partage sa chambre et que ça indique que malgré leur dispute, Rinko a quand même voulu être avec lui. Le principe est mignon, mais j’ai envie d’arracher la tête de Kakashi puisqu’il lit sur son matelas en ignorant Rinko, qui affiche une tête de plus en plus déconfite.

 Ma colère me fait pousser des ailes je crois, parce que j’entre dans leur chambre comme si j’étais chez moi pour tacler Kakashi aussi sec :

-         Tu es bien installé ? roucoule-je en regardant Rinko. Enfin… nonobstant monsieur mauvaise humeur qui fait encore la gueule bien sûr.

Du coin de l’œil, je vois Kakashi qui baisse son livre et me regarde avec une tête choquée, ce qui me satisfait au plus haut point tandis que Rinko éclate de rire.

-         Très bien installé trésor. Et toi ? demande-t-il en me prenant dans ses bras.

-         Très bien aussi, j’ai une chambre pour moi toute seule alors je ne vais pas me plaindre... Pas de colocataire désagréable à supporter…, continue-je.

-         J’aimerais bien lire tranquillement, râle alors Kakashi.

-         Tu n’as qu’à aller faire la gueule plus loin, réplique-je en le regardant.

-         C’est ma chambre, souligne-t-il avec mauvaise humeur.

-         Joli livre, commente-je.

Et je suis ravi de mon effet, parce que je m’attendais très exactement à voir la lisière de son masque se colorer de rouge et il se cache derrière la couverture dans la seconde tandis que je réprime un sourire victorieux.  

-         Tu as mangé du lion ou quoi ?! se marre Rinko.

-         J’ai un sale caractère, désolée de te l’apprendre ! pouffe-je.

-         J’y ai déjà gouté deux ou trois fois, réplique-t-il.

-         Oui, c’est vrai, admets-je en riant.

-         Kakashi aussi a un sale caractère, alors tâchez de ne pas vous entretuer...

Il lance un petit regard vers lui pour essayer de l’inclure dans la conversation, plein d’espoir d’arranger les choses et ça me fait encore plus de peine.

-         On verra pour ça…, grogne-je.

Kakashi abat son livre sur son ventre :

-         J’aimerais bien voir ça ! s’exclame-t-il.

-         Je me bats quand tu veux ! feule-je.

Rinko éclate de rire et je crois voir un éclat d’amusement passer sur le visage de Kakashi, dur à dire, il est tellement planqué.

-         Calme-toi trésor, tu fais deux têtes de moins que lui, tempère Rinko.  

-         Et alors ?! Je n’ai pas peur de lui ! réplique-je.

-         J’aurais peur à ta place, dit-il un peu plus sérieusement.

-         Crois moi Rinko, tu ne me connais pas encore assez. Je te garantis que je le mets au tapis en une seconde ! m’agace-je.

Et le pire, c’est que c’est vrai. Ma capacité à brouiller les esprits est l’une des « techniques » les plus puissantes possibles. En combat singulier, je suis redoutable puisque je peux immobiliser mon adversaire pendant un petit laps de temps. Que ce soit le meilleur kage ou cet idiot de Kakashi, j’ai une quinzaine de secondes pour le mettre au tapis et lui planter mon kunaï dans la gorge.

-         Non mais elle rêve ! Tu me ramènes une cinglée cette fois ! s’écrie Kakashi en se redressant.

Je plisse les yeux, je suis tentée de l’étourdir juste pour le faire taire et qu’il sache que j’ai raison, mais Minato ne serait vraiment pas fier, surtout pour une querelle aussi enfantine.  

-         Complétement cinglée oui, confirme Rinko en me couvant des yeux.

-         Je vous laisse les garçons, j’ai eu mon quota de mauvaise humeur pour aujourd’hui, siffle-je en levant le nez.

-         Je te rejoins dans ta chambre dans la soirée, dit Rinko gentiment.

-         C’est ça, va-t’en ! Que j’ai la paix ! m’attaque encore Kakashi.

Quel con ! Je pars en claquant leur porte et je trottine jusqu’à ma chambre en grommelant. Je suis tellement agacée, ça me prend jusqu’aux tripes.

Kakashi est vraiment « particulier » comme le souligne Minato. Particulièrement con oui. Je n’en reviens pas du cirque qu’il fait depuis ce matin après avoir été adorable et bien élevé comme tout l’autre soir.

Je me jette dans mon lit pour fixer le plafond en fulminant. J’ai envie d’y retourner, j’ai envie de le confronter, de lui demander comment il a pu passer de charmant à con, mais je ne peux clairement pas aller dire une chose pareille devant Rinko, ce serait carrément bizarre. C’est déjà carrément bizarre que nous ne lui ayons pas dit tout de suite que nous avions passé du temps ensemble, et pas simplement que Sakura nous avait « présentés ».

C’est dingue qu’il se comporte comme ça avec Rinko, ce n’est quand même pas de sa faute, pratiquement tout le monde sort avec quelqu’un, Kakashi n’a pas à lui en vouloir de se trouver une copine bon sang ! Peut-être qu’il l’a un peu trop habitué aux plans d’un soir sans suite… cette idée m’agace encore plus.

J’aurais préféré que mon copain ne se soit pas fait tout Konoha, qu’est-ce qu’ils sont agaçants tous les deux ! Entre un qui ne peut pas garder son caleçon en place et l’autre qui fait carrément la gueule parce qu’il n’est pas fichu de baisser le sien pour se trouver quelqu’un ! Ma vie était bien plus agréable sans homme tiens.

Je fouille dans mon sac pour trouver mon livre, puisque je sais qu’un peu de lecture m’apaisera.

*

Il est vingt-deux heures lorsque Rinko débarque en short dans ma chambre après sa douche, et ma colère est complétement redescendue. Il se glisse contre moi dans mon petit lit pour me prendre dans ses bras, où je me cale avec bonheur.

-         Ça va mieux entre vous ? demande-je.

-         Ce n’est pas dingue. Je ne sais pas ce qui lui prend, il ne m’a jamais fait un coup pareil… On dirait qu’il m’en veut, je ne comprends pas.

-         Peut-être parce qu’il t’en veut.

-         Impossible, il n’aurait aucune raison.

Je caresse son bras en me demandant si je dois lui dire ce que j’en pense, j’ai peur de jeter de l’huile sur le feu, mais je déteste le voir comme ça.

-         J’y ai réfléchis…, avoue-je. Je pense qu’il t’en veut parce qu’il a peur que tu passes moins de temps avec lui, quand on y pense, c’est la seule option et elle est plutôt logique…

Il pose sa tête au creux de mon cou en réfléchissant à ce que je viens de lui dire.

-         Tu n’as pas tort… C’est vrai que ça fait sens, surtout en considérant que je lui ai dit que cette fois, je sentais que c’était différent, que j’espérais que ça marche vraiment entre nous…, répond-il pensivement.

Je rougis un peu de sa déclaration, bien contente qu’il ne puisse pas me voir.

-         Et puis regarde, si je n’étais pas là, tu serais probablement en train de discuter avec lui, alors qu’il se retrouve tout seul…, souligne-je.  

-         Oui et bien je lui ai largement laissé le temps de me parler ! Il ne me décroche pas un mot depuis que tu es partie, râle-t-il.

Je ne peux m’empêcher de rire.

-         Quoi ? demande-t-il en se redressant avec un petit sourire.

-         Vous me fatiguez avec vos problèmes de gosses. On dirait deux gamins ! pouffe-je.

-         N’importe quoi…, dit-il en commençant à rire.

-         Bien sûr que si, tu es malheureux comme tout parce que ton petit copain ne veut plus te parler dans la cour de récrée, le taquine-je.

-         Arrête ! dit-il en riant franchement.

-         Oulala, tu as une « amoureuse », ça ne plait pas à Pakkun, parce que les filles c’est dégoutant ! plaisante-je.

Il rit encore avant de me sortir son sourire de carnassier et je lève déjà les yeux au ciel.

-         Je trouve les filles très bonnes, au contraire ! fanfaronne-t-il.

Sa remarque m’agace immédiatement. Sous-entendre une chose pareille devant moi, ce n’est pas très fin franchement. Et il ne voit même pas le problème ce mufle.

-         Et arrête de l’appeler Pakkun, c’est bizarre maintenant que tu es au courant, c’est quand même pratiquement son chien ! se marre-t-il.

-         Oui, et bien il a un caractère de chien ton ami ! réplique-je.

-         Ça je ne te le fais pas dire trésor. Enfin, pas avec moi d’habitude, mais bon.

-         Ça lui passera, le rassure-je en caressant sa tête.

Il hoche la tête pensivement, et je devine le moment où il décide de laisser ces réflexions de côté, puisqu’il nous bouge pour passer au-dessus de moi en m’observant avec des yeux drôlement plus chaleureux :

-         Et si nous redevenions un peu frivoles ?

J’hausse un sourcil en voyant ses yeux qui s’excitent à mesure que les secondes passent.

-         Frivoles ? demande-je.

Il passe ses mains sous mon haut pour caresser mon ventre, histoire de m’indiquer de façon très claire ce qui le tente.

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