LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 189 : La Mizukage

3275 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 20/02/2026 10:43

Chapitre 189 : La Mizukage


Elle me lance un regard grave, intelligent, plein de réflexions :

-         Et si Meï était sortie du village il y a plus de deux semaines, lors de la prise de pouvoir… Qu’elle s’était enfermée dans une pièce et que personne n’était allée la voir, tu ne sentirais pas sa trace ? demande-t-elle de but en blanc.

-         Non c’est clair, mais comment veux-tu…, commence-je.

-         Alors peut-être qu’elle n’est pas dans le village, me coupe-t-elle.

-         C’est ce que je te dis, mais elle n’aurait jamais pu se sauver… sans même considérer que je l’imagine mal fuir sans se battre, réponds-je doucement.

-         Non mais… je veux dire… peut-être qu’elle est retenue prisonnière, mais hors du village. Regarde cette ferme, il y a forcément d’autres endroits comme celui-ci. Ne serait-ce pas le meilleur moyen pour que personne ne la retrouve ? Même en prenant Kiri de force, nous ne pourrions pas la sauver si elle était cachée hors du village…

Ma mâchoire se décroche pratiquement et je me redresse, complétement abasourdi.

-         Bon sang, mais tu as raison…, souffle-je.

Mon esprit recommence à tourner à cent à l’heure. Voilà qui ressemble beaucoup plus à ce qu’un tyran intelligent aurait fait…

-         Et le temps que les ninjas qui la gardent dans les bois regagnent le village…, commence-t-elle.

-         Son odeur aurait le temps de s’effacer de leurs vêtements dans la forêt si elle est suffisamment loin…, finis-je à sa place.

Je fronce les sourcils, obsédé par cette nouvelle piste.

-         Hanako… tu es un génie…, murmure-je.

-         Je te fréquente sans doute trop ! pouffe-t-elle.

-         Pourquoi doutes-tu de toi ? Tu viens peut-être de lui sauver la vie ! m’exclame-je.

Je me jette sur mes pieds pour me rhabiller en quatrième vitesse.

-         Non !! s’étrangle Hanako en me voyant faire.

-         Quoi ? m’étonne-je.

-         Ne me dis pas que tu vas la chercher ?!

-         Bien sûr que si ! Elle est là, c’est évident ! m’enflamme-je.

-         Pas au milieu de la nuit ! Pas tout seul ! s’exclame-t-elle.

-         Arrête de t’en faire pour moi, il n’y aura pas de problème. Et puis j’ai mes ninken, tempère-je.

-         Oh me voilà rassurée ! Pakkun, ce petit chien haut comme trois pommes veillera sur toi ! s’exclame-t-elle avec ironie.

-         Hanako… Je n’ai pas besoin qu’on veille sur moi.

-         Je viens avec toi. Et Rinko. Nous sommes une équipe !  

-         C’est hors de question, tranche-je.

Elle saute sur ses pieds à son tour, visiblement en colère :

-         Et pourquoi ?!

-         Parce que déjà, il faudrait me tuer pour que je te fasse prendre le moindre risque. Et ensuite, parce que je me débrouille mieux tout seul dans ce genre de mission ! Je n’aurais pas à veiller sur vous !

-         C’est moi qui viens de trouver la solution, mes capacités sont utiles et Rinko est un combattant absolument excellent ! insiste-t-elle.

-         Ce n’est pas le sujet !

-         Bien sûr que si ! Nous pourrions t’aider, veiller sur toi, nous protéger les uns les autres !

-         Non. C’est une mission d’espionnage Hanako, pas militaire. Je me débrouillerai mieux seul sans avoir à craindre pour votre sécurité !

-         Tu te débrouilleras mieux seul pour ratisser une forêt ?! Non mais tu t’entends Kakashi ?! Il vaudrait mieux qu’on vienne tous, l’intégralité de nos rangs ! C’est un travail de fourmi !

-         Hanako je t’en prie ! Vous tous réunis seriez moins efficaces que Pakkun un mauvais jour ! m’agace-je.

-         Encore une fois, je dois donc remettre ta vie à ce petit chien ?! Sérieusement ?!

-         Arrête de le sous-estimer. Et puis il n’est pas là pour me protéger mais pour la retrouver ! Ça suffit Hanako !

Je ferme ma veste noire sous ses yeux malheureux mais résignés.

-         De toute façon, il n’y a rien que je puisse faire pour t’en empêcher, dit-elle froidement.

-         Pas grand-chose, en effet.

Elle se tourne dos à moi en croisant les bras.

-         Alors va-t’en, lâche-t-elle.

Soucieux d’apaiser sa mauvaise humeur avant mon départ, je l’enlace doucement par derrière et j’embrasse sa joue tendrement, semant des petits baisers au travers de sa peau jusqu’à ce que je sente qu’elle baisse un peu sa garde.

-         Je reviens vite, promis, murmure-je.

-         Fouiller une forêt n’est pas rapide…, ronchonne-t-elle.

-         Pas quand on a mon nez, réplique-je en penchant la tête pour observer son visage boudeur.

Elle me lance un petit regard en coin et m’embrasse finalement en soupirant :

-         Je vais me doucher tranquillement puis lire Kakashi. Tu as plutôt intérêt à rentrer avant que je ne m’endorme ! me menace-t-elle.

-         Vendu. Je serai de retour avec Meï avant même que tu n’aies fermé un œil !

Elle lève les yeux au ciel, vaincue, et je file par le trou dans le toit en lui demandant de prévenir Minato de mon départ. J’invoque ensuite mes ninken en courant et leur demande de couvrir les lieux avec moi, puis j’observe la meute s’élancer à travers les troncs sombres qui les engloutissent. Les bois sont terrifiants, brumeux, la lune peine à filtrer à travers les feuillages, mais je me sens tellement motivé.

Dès qu’Hanako l’a mentionné, mon intuition s’est allumée et j’ai la certitude profonde que je vais retrouver la Mizukage ce soir. Dans les bois… C’est tellement logique bon sang. C’est le meilleur moyen pour la garder à l’abri sans éveiller de soupçons puisque les allées et venues de ses gardes doivent passer pour des patrouilles aux yeux de la résistance. Et un moyen de pression pareil… hors du village, perdu dans l’immensité des bois… C’est intelligent et je redouble de vitesse, puisque même si je suis désormais sûr qu’elle est là, il faut encore la trouver. Je voulais rassurer Hanako en lui disant que je serais vite de retour, mais ça risque de me prendre toute la nuit vu la surface à couvrir.

*

Le temps passe, les heures sont longues, mais je ne me décourage pas. J’essaie de voir ça comme une grande promenade, je me perds dans mes pensées, je mets en place des entrainements techniques pour Kiyowa, des surprises pour Hanako, je remanie même quelques emplois du temps de chûnin à Konoha, chose que je devais faire cette semaine dans mon bureau… En bref, je m’occupe.

Il doit être un peu plus de deux heures du matin lorsque Pakkun me rejoint et m’annonce la bonne nouvelle. Je le suis sans plus attendre, électrisé comme rarement, courant ventre à terre dans les bois noirs d’encre. Il m’emmène vers une vieille bâtisse qui ressemble à un ancien moulin vu la rivière qui le traverse et je me cache dans les arbres alentours pour observer. Même moi, je sens son odeur d’ici et heureusement, car je peinerais à croire qu’elle s’y trouve. Il n’y a pas de gardes apparents, le moulin a l’air complétement abandonné de l’extérieur, c’est encore plus malin... Un pisteur sans mon odorat aurait pu passer à côté sans même un regard dans sa direction, rien n’indique une présence humaine récente, il n’y a pas même une flamme qui vacille à l’intérieur, tout est noir et silencieux.

Je me glisse vers l’entrée à pas de loups, les oreilles tendues au maximum, mais je n’entends rien. Je sens leurs chakras bien sûr, ils sont plutôt nombreux, mais ils ont l’air de tous se trouver en dessous du sol alors je me faufile à l’intérieur avec sérénité. Tout est poussiéreux, miteux, et je me promène dans les pièces délabrées à la recherche d’un escalier ou d’une échelle, n’importe quoi qui me permette de descendre au sous-sol.

Alors que je cherche à travers la partie « grange » du moulin, mon sharingan me souligne le petit chemin sans poussière sur le sol, dû aux passages répétés des gardes. Ça me pose soudain un peu question, car si les gardes changent tous les jours, alors dès que j’aurai Meï, il faudra que nous rentrions dans la foulée à Konoha car Mizuki saura dès demain qu’elle n’est plus ici. Ça peut poser problème, puisqu’il faut réserver un bateau pour rentrer chez nous et que ça ne s’obtient pas en un claquement de doigts… Mais je n’ai de toute façon pas le choix, je ne vais pas laisser la Mizukage prisonnière dans je ne sais quel état alors que je peux la tirer de là dès ce soir.

Je me glisse au-dessus d’un trou circulaire avec une échelle, le passage qu’ils empruntent, et j’entends les murmures étouffés à l’étage inférieur, m’indiquant qu’il y a une porte entre eux et moi en bas de ce tunnel. Je saute donc avec assurance et j’atterris dans le petit sas, face à la porte qui mène à la salle où tout va se jouer. Ils sont visiblement six, ce n’est pas énorme, je m’attendais à plus pour veiller sur une kage, mais il faut dire qu’en plein milieu des bois, on ne s’attend pas forcément à recevoir de la visite.

 Je sors mes kunaï en me concentrant. Il va falloir que j’agisse vite, que je les tue le plus vite possible puisque dans un espace aussi réduit, je n’aurai pas l’opportunité d’esquiver facilement, ni de prendre de la distance pour des techniques. Ça doit être rapide, efficace et au corps à corps.

Je coince un de mes kunaï entre mes dents et je sors une poignée de shuriken avant d’inspirer calmement pour vider mon esprit et activer mon mode létal, puis je me lance.

J’entre silencieusement mais rapidement, mon œil rouge m’analyse la scène en un quart de seconde et avant même qu’ils n’aient compris que quelqu’un était entré, j’attaque. Je lance mes shuriken avec précision sur les ninjas à table avant de saisir mon kunaï, prêt à riposter face à ceux qui me foncent dessus. Mes shuriken en ont déjà tués deux, un troisième bondit sur moi et deux autres surgissent sur mes flancs alors que je cherche un moyen de me rapprocher de Meï pour vérifier son état puisqu’elle est dans une cellule au fond de la pièce.

 Nos kunaï tintent les uns contre les autres tandis que j’assène mes coups avec concentration en esquivant les leurs, puis j’effectue une roulade qui m’emmène près de la cinquième du nom à laquelle je jette un coup d’œil inquiet. Elle est allongée par terre dans un état pitoyable et ses yeux s’entrouvrent à peine face au tintamarre que nous produisons.

-         Maitre Mizukage ?! tonne-je pour tenter de la réveiller.

Déconcentré par la vision de Meï à moitié morte, je me prends un vilain coup dans l’avant-bras, qui me force à rouler pour en esquiver un deuxième mais me permet aussi de trancher la gorge d’un de mes adversaires qui ne s’attendait pas à ce que je lui fonce dessus ainsi.

-         Maitre Mizukage ! crie-je encore, sans la regarder cette fois.

Je continue ma lutte, empêchant l’un d’eux de remonter l’échelle pour aller prévenir du renfort en lui plantant un de mes kunaï dans la nuque.

-         Qui… est là… ? demande faiblement Meï.

-         Ravi de vous savoir en vie maitre Mizukage ! Je suis Kakashi Hatake, second du maitre Hokage. Laissez-moi deux petites minutes et je vous sors de là, annonce-je calmement.

Je l’entends qui se laisse retomber par terre, ce qui n’est vraiment pas bon signe.

-         Même si tu arrivais à la sortir d’ici, elle serait morte dans la nuit ! ricane un de mes adversaires. Le maitre a ordonné de la laisser crever il y a deux jours !

Dommage pour cet homme, ses dernières paroles étaient du venin pur. Je l’exécute froidement, recevant une giclée de son sang de vipère.

 Je n’ai plus que deux ninjas à éliminer, et vu l’état de Meï, je choisis la rapidité sur la prudence. Je vais me prendre un autre vilain coup, mais ils seront morts dans la minute. Je les tue donc rapidement en serrant les dents sous le deuxième coup qui me déchire l’abdomen en deux, puis je me précipite sur les cadavres pour trouver les clés de la cellule tout en interpellant la Mizukage pour la réveiller jusqu’à ce qu’elle rouvre un œil.

-         J’ai besoin de savoir Maitre, ils ne sont que six en règle générale ?! demande-je d’une voix forte.  

-         Oui…

-         Ils changent tous les jours ? continue-je avec urgence.

-         Non…

Je trouve les clés et il ne me faut pour l’instant pas plus d’informations que ça, alors j’ouvre sa cellule pour constater les dégâts. Elle est vraiment, vraiment faible. Je ne m’attendais pas à ça, son pouls est si discret que je ne l’entends pas à chaque fois et je réalise que c’est sans doute parce qu’il est irrégulier. Je la prends dans mes bras mais elle n’a même pas la force de s’accrocher à moi, elle se laisse porter comme une poupée de chiffon, ce qui m’inquiète encore plus.

-         Restez avec moi Maitre ! dis-je avec tension.

Elle produit un petit son étranglé qui ne me rassure pas, et je m’élance comme un dingue en direction de la sortie, puis dans les bois.

-         Je vais mourir…, articule-t-elle faiblement.

-         Bien sûr que non. Nous avons une médecin, une très bonne médecin, accrochez-vous !

Elle bafouille quelques mots, inaudibles ou incompréhensibles et je me tends encore un peu puisqu’elle a l’air d’avoir été blessée gravement. Je suis encore plus nauséeux, puisque Mizuki a ordonné de la laisser mourir il y a deux jours, je n’arrive pas à me sortir de la tête que ces ordures la regardent mourir lentement depuis quarante-huit heures en se régalant du spectacle comme les psychopathes qu’ils étaient. C’est inhumain, mais ce calvaire lui sauvera peut-être la vie, ce qui n’aurait pas été le cas avec une exécution nette il y a deux jours.

Meï s’étrangle encore un peu, produisant un gargouillis ignoble au fond de sa gorge et mes nerfs se tendent encore. J’estime avoir une bonne trentaine de minutes de course jusqu’à la ferme, dans le froid et l’humidité, sans oublier que son corps faible est en plus malmené par mes mouvements… Ça m’inquiète outre-mesure.

-         Il y a Chôjuro avec nous ! m’exclame-je pour tenter de la maintenir éveillée.

Ça a l’air de fonctionner, puisque je vois ses yeux s’entrouvrir, alors je continue :

-         Il vous cherche depuis des semaines ! Il a monté une résistance ! lui raconte-je.

J’aperçois l’ombre d’un sourire sur ses lèvres, et je continue, je lui parle de ses hommes fidèles, de ceux qui agissent pour contrer Mizuki, je lui parle de Kiri, de ses habitants, je lui parle même de Minato qui s’inquiète pour elle et d’Hanako qui la soignera dans très peu de temps. Je parle encore et encore, je ne la ferme pas une seule seconde pour essayer de la maintenir avec moi alors que je sens la vie la quitter doucement à mesure des minutes qui passent.

 

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