LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 204 : Guerre civile entre les amoureux

2738 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 11/03/2026 10:59

Chapitre 203 : Guerre civile entre les amoureux

Point de vue d’Hanako

Je me fais réveiller très tard au lit par un Kakashi tout beau tout propre en caleçon, fraichement lavé, qui m’apporte une tasse de café et un sourire éblouissant dès le matin.

-         C’est en quel honneur ? roucoule-je en me redressant dans le lit pour m’assoir.

-         Il faut une raison pour te faire plaisir ? réplique-t-il.

-         Non, c’est vrai.

Je jette un coup d’œil à l’heure et je suis abasourdie de constater qu’il est déjà dix heures du matin. Il est en train d’attraper des habits dans son sac, et je glisse mes yeux sur son dos dessiné en souriant contre ma tasse, plutôt très satisfaite de me dire que ce bel apollon est enfin le mien. Il parfait le spectacle en se tournant face à moi pour s’habiller et mes yeux se perdent sur ses abdos alors que la luxure envahit déjà la moindre de mes cellules. J’admire son torse sans interruption, je le regarde se tendre et remuer, ses belles mains qui serrent sa ceinture au bas de son ventre qui m’appelle déjà et… Quoi ?!

C’est comme dans les films, je réalise quelques secondes après qu’il vient de me parler, qu’il vient de me dire une phrase que j’écoutais à peine tant j’étais perdue dans sa contemplation, une phrase dans laquelle un mot m’a interpellé avec violence.

-         Qu’est-ce que tu viens de dire ? demande-je.

Il continue de s’habiller comme si de rien n’était en répétant :

-         Le conseil sera terminé dans une petite demi-heure, je vais y aller pour voir ce qu’il en est, et si Minato a besoin de moi d’une façon ou d’une autre. Je pensais passer voir Nakama après ça, je ne l’ai pas vu depuis des jours, et je te proposais qu’on se retrouve quelque part pour manger à midi ? Je me disais même que tu pourrais inviter Shin pour qu’on lui annonce la bonne nouvelle ?

Il m’interroge du regard avec un petit sourire, se demandant sûrement pourquoi je ne réponds pas. Toutes mes constantes grimpent dans le rouge, Kakashi perd son sourire sans plus comprendre ce qu’il m’arrive et je suis à deux doigts de la crise de nerf.

Je ne peux pas croire qu’après tout ce que nous avons traversé, le bonheur dans lequel nous baignons depuis des jours, mon rêve se complique à nouveau… Je ne peux pas y croire.

-         Tu te moques de moi Kakashi ? demande-je quand même.

-         Quoi ? Mais en quoi mon ange ? Ça ne va pas ?

Il pose une main inquiète sur ma joue, complétement alerté par mon rythme cardiaque qui s’envole alors que je me retiens de fondre en sanglots de désespoir.

-         Non, ça ne va pas du tout…, chuchote-t-il en m’observant avec l’air de plus en plus inquiet.

Je suis à bout, à bout d’essayer de comprendre ce qu’il se passe, je ne veux pas de tout ça, je veux que tout aille bien entre nous, je ne peux plus supporter que ça n’aille pas après toutes nos péripéties.

-         Nakama ? lâche-je simplement d’une voix blanche.

-         Oh…, souffle-t-il.

Il hausse les sourcils et écarquille les yeux à mesure qu’il prend conscience de l’information qu’il vient de me sortir sur le ton le plus naturel du monde. En revanche, je suis plutôt rassurée de voir qu’il ne panique pas comme s’il venait de se griller, il a plutôt l’air choqué. Un dernier regard sur mes yeux remplit de larmes et il s’explique :

-         Mon ange, je te jure que tu vas rire…, commence-t-il d’une voix incertaine.

-         Rire ? demande-je en fronçant les sourcils. Rire alors que tu vas voir la femme qui te draguait ouvertement depuis des semaines ? Qui te sautait dessus à la moindre occasion ? Qui est allée jusqu’à se trémousser devant toi et tenter de t’embrasser contre ton gré ? Kakashi… Oh mon dieu Kakashi mais pourquoi ne veux-tu pas simplement que nous soyons heureux ?! Pourquoi vas-tu voir cette fille ?! J’en ai marre d’avoir sans cesse peur ! De sans cesse devoir composer avec des femmes qui te tournent autour ?! Mais pourquoi ne nous laisses-tu pas être heureux ?!

J’explose en sanglots et il se jette à genoux par terre en attrapant mes mains, se lançant dans une tirade pour me raconter les faits.

 Dire que je ne m’y attendais pas est un euphémisme alors qu’il m’explique que ça fait des semaines que cette Nakama de malheur joue un double-jeu pour me faire retomber dans ses bras. Il met très peu de temps à me rassurer sur sa sincérité parce que je le crois, je le crois sincèrement. En revanche, alors que je vois bien qu’il espère que tout ira bien, que Nakama et moi deviendrons les meilleurs copines de l’univers parce qu’elle est géniale et merveilleuse… j’enrage littéralement.

Ma tristesse et ma peur fondent, pour ne devenir que colère et venin. J’hallucine de me dire que cette morue était de mèche avec Kakashi, qu’elle me manipulait comme une petite marionnette pour me faire retomber dans ses bras, comme si Nakama incarnait la bonté incarnée envers ce pauvre petit Kakashi, qu’elle a pris sous son aile en acceptant de l’aider, dans toute sa bienveillance immense… Je l’étranglerais, bien qu’elle n’ait rien fait de dramatique dans le fond, ça n’est juste pas possible. Et Kakashi qui finit fièrement son histoire, les yeux heureux en secouant gentiment mes mains pour me prouver que tout va bien, que ce n’était pas très cool de faire tout ça dans mon dos mais que le principal est que nous soyons désormais heureux ensemble.

Je saute sur mes pieds, vibrante de colère :

-         Oui nous sommes heureux et amoureux, et je te pardonne largement tout ça. En revanche, écoute-moi bien Kakashi, il est hors de question que tu ailles voir cette fille ! Hors de question que tu passes du temps avec elle ! Je le refuse !

Il ouvre des yeux ronds, complétement choqué, puisque c’est la première fois que l’un de nous deux interdit à l’autre de voir quelqu’un, ce qui n’est clairement pas très reluisant pour moi, mais je suis incapable de faire autrement.

-         Tu es sérieuse ? demande-t-il prudemment.

-         Tout à fait sérieuse ! gronde-je.

-         Mais je viens de t’expliquer la situation… Je… je me fiche de Nakama, je l’aime énormément mais en tant qu’amie… Je ne comprends pas.

Il m’énerve ! Avec ses beaux yeux hésitants, sa petite mine à croquer et ses mains caressantes sur les miennes. On lui donnerait le bon dieu sans confession, c’est insupportable.

-         Je refuse que cette morue ait la chance de passer du temps avec toi, je la hais depuis des semaines, elle me fait tourner en bourrique depuis des semaines ! feule-je.

-         Ne l’insulte pas, répond-il avec douceur. Nakama est une fille formidable, elle a été d’un soutien immense pour moi quand tu étais avec Shisui. Mon ange, je t’aime du plus profond de mon cœur et tu le sais, mais je refuse que tu m’interdises de voir ma meilleure amie uniquement parce que tu as décidé que tu voulais l’embêter.

Je suis littéralement douchée. Je ne m’attendais pas à ce qu’il aille contre mon refus et nous nous observons silencieusement, comme si nous jaugions lequel de nous deux était le plus susceptible de craquer en premier.

-         Ta meilleure amie…, finis-je par chuchoter avec tension pour briser le silence.

-         Oui, ma meilleure amie, confirme-t-il avec assurance.

-         Cette fille que tu connais depuis trois minutes est soudain ta meilleure amie, gronde-je.

-         Elle l’est. Et je suis sûre que tu t’entendrais très bien avec elle si tu prenais le temps de la découvrir, elle est vraiment géniale.

Ça me hérisse encore plus, je ne supporte pas qu’il la complimente sans cesse, ça rallume toute ma jalousie et mon animosité envers elle :

-         Non mais tu te moques de moi ?! Je ne vais pas rencontrer cette idiote ! Je ne veux plus jamais la voir ou je jure de lui arracher ses yeux suffisants du crâne ! m’enflamme-je. Et il est hors de question que tu ailles la voir Kakashi, je suis intransigeante ! Tu restes avec moi, un point c’est tout !

Je sais bien que j’exagère, que je lui fais un caprice ridicule, que ce n’est pas sain du tout mais je ne peux pas m’en empêcher. C’est comme si j’essayais de voir si oui ou non il allait obéir, ce qui est honteux. Kakashi n’est pas mon jouet, et il me le prouve en se relevant pour me regarder avec des yeux déçus :

-         Hanako, je ne t’ai jamais empêché de voir qui que ce soit. Ni Shin quand j’imaginais qu’il était fou amoureux de toi, ni Shisui quand nous étions pratiquement ensemble mais qu’il était toujours dans le tableau, ni Nanba qui t’avait invité au restaurant… faut-il que je continue ? La liste de tes potentiels prétendants est longue et je ne t’ai pourtant jamais empêché de voir qui que ce soit Hanako.

La mauvais foi menace face à tant de vérité, et je ne peux pas la retenir :

-         Tu m’as fait jurer de ne plus embrasser ni toucher Shisui, marmonne-je en levant le bout du nez avec défiance.

Il fait un petit pas en arrière, véritablement scandalisé par mon comportement.

-         Heureusement, tu jouais sur deux tableaux avec nous ! Comment peux-tu comparer les situations bon sang ?! Je ne vois pas le mal de t’avoir fait promettre de ne pas me tromper alors que nous nous remettions ensemble ! s’énerve-t-il.

-         Pas vraiment, marmonne-je encore.

Je sais que je dépasse les bornes avec cette dernière phrase, je le sais. Et je ne suis donc pas étonnée de voir Kakashi passer de la colère au calme en un claquement de doigts. Il hausse simplement les sourcils en me regardant avant de quitter la chambre.

Je le suis bien évidemment en trottinant, toujours très peu fière de moi mais incapable de cesser cette folie quand même. Il continue de se préparer en silence, sans m’accorder un regard, et je l’observe attraper ses sacoches d’armes qu’il met en place.

 Lorsqu’il enfile sa veste, je craque :

-         Tu vas voir Minato ?

-         Oui, je viens de t’exposer mon programme, répond-il calmement.

-         Et tu rentres à la maison tout de suite après ? continue-je.

Il me lance un regard sévère :

-         Non, je retrouve Nakama au centre, je suppose qu’elle voudra manger une glace la connaissant, tu es la bienvenue si tu veux te joindre à nous.

Je suis toujours plus outrée de le voir aller contre ma volonté comme ça. Je n’en ai pas l’habitude et c’est frustrant, mais la façon qu’il a de me traiter comme sa reine au quotidien est de toute façon le déclencheur de mon comportement actuelle de petite peste pourrie gâtée. Quelle honte, mais quelle honte.

 Je reste donc silencieuse, les bras croisés et la mine la plus boudeuse affichée sur mon visage alors qu’il vient jusqu’à moi. Il attrape mes joues et se penche pour me proposer de l’embrasser avant son départ, mais je ne bouge pas d’un poil malgré mon cœur qui me supplie de le faire.

Comme il voit que je ne bouge pas, il me relâche avec un air un peu triste et prend la direction de la porte :

-         A tout à l’heure, je t’aime…, soupire-t-il simplement.

Je suis obligée de mordre ma joue pour m’empêcher de lui répondre que moi aussi et dès que je me retrouve seule chez moi, je me sens encore plus stupide. Déçue de notre petite dispute et de devoir passer la matinée seule à l’attendre, surtout en sachant qu’il passera du temps avec elle, je décide de sortir moi aussi.

Je me prépare rapidement en envisageant d’aller voir Sakura, mais je réalise qu’elle a encore beaucoup trop de trains de retard et qu’elle risque de m’en vouloir de ne pas lui avoir annoncé que j’étais enfin avec Kakashi. Ma vie est si intense depuis des semaines que je suis complétement égocentrée, je ne la tiens pas au courant mais je fonce la voir dès que j’ai besoin d’elle, c’est décidemment très limite et je ferais bien de me remettre sérieusement en question… Il vaut mieux que je n’aille pas la voir, que j’organise rapidement un repas avec elle et Kakashi pour lui annoncer officiellement la chose, comme une petite surprise qui la rendra plus qu’heureuse pour moi, j’en suis certaine. Et ça justifiera de toute façon mon silence radio de ces derniers temps.

En revanche, il y a une personne que je sais que je peux déranger à toute heure du jour et de la nuit pour mes petits problèmes, une personne qui me remontera les bretelles en me disant que j’ai agi comme une gamine, qui soulignera à quel point je suis pourrie gâtée, qui me dira toujours la vérité brute en pleine face mais qui prendra quand même le temps de me réconforter et de m’écouter me plaindre parce qu’elle est l’une des plus belles personnes de ce monde : Mei.

 

Laisser un commentaire ?