LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 210 : Chapitre 210 : L’amour à sens unique ♡

3922 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 21/03/2026 11:05

Chapitre 210 : L’amour à sens unique ♡

Musique : Another Love – Tom Odell (traduction française)


Point de vue de Rinko

Je m’en arrête presque de danser mais elle continue nos mouvements pour me remettre dedans, sans cesser de me regarder avec douceur :

-         C’est pour ça que j’ai baissé ma garde avec toi ce soir. Parce que c’est la première fois que je te vois avec elle… Alors je sais que je n’ai pas de soucis à me faire… que tu ne tomberas pas sérieusement sous mon charme, que tout ça n’est que du jeu…

-         Je ne suis pas amoureux d’Hanako, souffle-je faiblement.

-         Bien sûr que si ma biche… Ce n’est pas grave, tu ne contrôles pas tes sentiments, tout comme Kakashi n’a pas contrôlé les siens… Votre histoire est juste encore un peu plus compliquée que ce que j’imaginais jusqu’à maintenant. Je pensais que tout était résolu, que vous étiez tous apaisés et à votre place… Jusqu’à ce que je vois les regards que tu poses sur elle quand Kakashi n’est pas là.

Mon cœur accélère tout seul dans ma poitrine, comme s’il validait les propos de Nakama alors que mon esprit se cabre en vociférant qu’elle raconte des conneries.

-         Mais je…, bafouille-je.

-         Je t’ai percé à jour Rinko, je ne suis même pas sûre que tu te l’avoues vraiment ou que tu le comprennes… Tout ça est tellement compliqué, je suis navrée pour toi. Quand tu sortais encore avec elle, tu as dû te convaincre que ça n’aurait jamais marché, que tu n’aurais jamais été à la hauteur, que c’était mieux comme ça… Mais la vérité, c’est que tu as eu peur de ce que tu ressentais, parce que c’était la première fois que tu aimais vraiment quelqu’un …

-         J’ai déjà eu des copines, sérieuses, glisse-je.

-         Oui, des copines que tu appréciais, pas que tu aimais. C’est différent avec elle n’est-ce pas ? Elle est plus belle que les autres, plus gentille, plus amusante, plus tout… ?

J’hésite une seconde à mentir, mais je lis tellement de sincérité et de gentillesse dans les yeux de Naka ce soir que je choisis d’être honnête. J’hoche donc simplement la tête, en laissant tomber tous les masques possibles :

-         Elle est… parfaite…, murmure-je.

-         Mais tu es heureux pour eux, évidemment que tu es heureux pour tes meilleurs amis, heureux de voir la femme que tu aimes nager dans le bonheur. Et ton meilleur ami, ton frère même, enfin heureux, enfin complétement apaisé…

J’hoche encore la tête et elle caresse ma nuque de ses pouces en reprenant :

-         Ils sont une évidence Rinko, une évidence. Tu n’aurais jamais pu lutter contre ça, tu ne pourras jamais changer ça… Ils sont pareils, ils sont le miroir l’un de l’autre, ils n’aimeront qu’une seule personne, toute leur vie, et personne n’aurait pu les séparer. Aussi fort que Kakashi t’aime, aussi grand est le respect d’Hanako pour toi, il était impossible qu’ils ne finissent pas ensemble.

Je ne suis plus bon qu’à hocher la tête il faut croire, mais les mots de Nakama me font un mal de chien. C’est comme si j’ouvrais la porte à tout ce que j’ai ressenti depuis des mois, elle me fait réaliser qu’elle est dans le vrai, que je suis amoureux d’Hanako et que je le sais finalement depuis bien longtemps sans me l’avouer entièrement. Je la considérais comme la femme de ma vie, que je voudrais avoir avec moi envers et contre tout… J’ai saboté notre relation en la laissant si peu sérieuse, en couchant avec d’autres nanas pour me convaincre que j’avais déjà tout foutu en l’air simplement parce que j’avais trop peur de ce que je ressentais pour elle.

 L’amitié me semblait être la solution parfaite au moment de notre rupture, mais c’est parce que j’avais compris que c’était complétement foutu pour moi. Je l’ai compris sur le bateau, avant l’accident d’Hanako… Je l’ai même compris avant, au pays des fleurs… et si vraiment je réfléchis, je me demande si une partie de moi ne l’avait pas compris dès le pays du gel, lorsque Kakashi et Hanako passaient plus de temps à se chamailler qu’à discuter avec moi… ou peut-être même avant… Dès le moment où Kakashi a compris qu’Hanako était ma petite-amie, le moment où il a tourné la tête vers moi pour me regarder comme il ne l’avait jamais fait depuis que je le connais, comme si je l’avais trahi jusqu’à l’âme. C’était foutu depuis le tout début, Hanako n’a jamais été à moi et je me convaincs depuis des mois que je préfère qu’elle soit mon amie pour éviter de souffrir en affrontant mes sentiments.

Cette conversation est en train de me retourner et je resserre ma prise sur Nakama pour l’attirer plus contre moi, comme si je me raccrochais à elle.

-         Ne t’en fais pas Rinko… parce que j’ai une excellente nouvelle pour toi, chuchote-t-elle.

-         Ah bon ? demande-je d’une voix plus rauque que prévu.

-         Je t’ai dit que certaines personnes étaient faites pour une seule autre, qu’ils s’aimeraient toute leur vie, eux et seulement eux… Mais ce n’est heureusement pas le cas pour l’immense majorité de la population et je pense pouvoir affirmer que ce n’est pas ton cas. Je sais que tu dois être en train de réaliser les choses, te dire que tu as raté ton unique chance, te réconforter en te disant que tu n’aurais rien pu faire, te rassurer en imaginant qu’elle sera dans ta vie en tant qu’amie… et c’est vrai. Mais rassure-toi réellement, tu tomberas amoureux d’une autre, je le sais… On peut aimer à la folie quelqu’un, puis passer à autre chose. Tomber encore et encore amoureux, l’amour n’a pas de limite, pas de quota…

-         J’ai bien du mal à imaginer la chose…, chuchote-je. Tu viens toi-même de dire que je ne savais pas ce qu’était l’amour avant elle… Alors qu’est-ce qui nous dit que ça me tombera encore dessus ? Comment ça pourrait ne pas être elle ?

Cette conversation est dingue. Je suis réellement en train d’avouer mes sentiments pour Hanako à la meilleure amie de Kakashi ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi… ? C’est en plus la fille que j’essaie de séduire depuis des jours, et pour qui je me convainquais que j’avais des sentiments… Je suis barré.

-         Je le sais Rinko, je le sens même. C’est Mei qui m’a ouvert les yeux tout à l’heure… Quand elle a dit que tu deviendrais un homme extraordinaire, qu’il te manquait peut-être quelques années mais que tu serais prêt à rendre heureuse une femme… J’ai réalisé que tu étais en train d’atteindre ce stade, en ce moment, pas dans quelques années.

-         C’est Hanako qui m’a changé.

-         Non, c’est toi qui as changé Rinko, et c’est ce qui t’a permis de tomber amoureux d’elle. Tout se joue en toi, tu as grandi, mûri… Tu n’es pas fait pour rester un coureur de jupon toute ta vie contrairement à ce que tu crois. C’est plus simple pour toi de te convaincre que c’est le cas, de fermer les yeux sur tes sentiments pour elle, mais c’est précisément ça qui t’empêche d’aller de l’avant… et c’est pour ça que je voulais en parler avec toi.

-         Comment ça ?

-         Elle est ton premier amour Rinko, elle aura toujours une belle place dans ton cœur et c’est merveilleux, parce qu’elle restera ton amie… Vous avez d’ailleurs une jolie relation, qui sera encore plus géniale quand tes sentiments amoureux auront disparu pour ne laisser que l’amour platonique. Mais en refusant de t’admettre tes sentiments pour elle, tu t’empêchais de faire ton deuil, d’avancer, de rencontrer d’autres femmes avec le cœur ouvert. Est-ce que tu comprends ?

-         Oui, je crois que oui, confirme-je en fronçant les sourcils.

-         Je sais que tu n’as pas l’impression que tu pourras un jour aimer quelqu’un aussi fort, trouver une femme aussi jolie qu’elle, aussi parfaite comme tu dis… mais c’est ce que crée l’amour. Et c’est ça qui est beau. Quand tu seras amoureux d’une autre, vraiment amoureux, elle t’apparaitra comme cent fois mieux qu’Hanako… Tu seras même soulagé de ne pas être resté avec elle, car c’est ce qui t’aura permis de rencontrer la future élue de ton cœur… Tu seras heureux Rinko, tu ne finiras pas tout seul, tu auras le droit à ton conte de fée, je le sais au fond de moi… tu es un homme trop bien pour ça. Laisse juste le temps faire les choses, éloigne-toi d’Hanako quelques semaines, le temps d’intégrer tout ça, de faire la part des choses entre ton amour et votre amitié. Ouvre ton cœur, regarde les femmes qui t’entourent différemment, trouve celle qui se démarque, celle que ton cœur appellera, celle qui te donnera envie de soulever des montagnes… Celle qui résonne aussi fort en toi qu’Hanako, peut-être même plus !

Elle m’offre un sourire resplendissant qui me donne envie de pleurer. Elle m’a tellement touché, tellement aidé, cette femme ne se rend pas compte de l’impact qu’elle vient d’avoir sur ma vie alors qu’elle me traite de mufle depuis des semaines. Pour lui cacher mon émotion, je la serre une bonne fois pour toutes contre moi, pour la câliner avec force.

-         Merci, murmure-je à son oreille.

-         Il n’y a pas de quoi gentil petit mufle, plaisante-t-elle en se pressant contre moi.

Nous nous câlinons un petit moment comme ça, serrés l’un contre l’autre à nous agiter tout doucement, plus du tout en rythme avec la musique en fond. Nous sommes enfermés dans notre bulle, dans une bulle de vérité, où mon cœur est mis à nu pour la première fois. Lorsque je la relâche, je lui pose donc la question qui me vient, sans avoir peur qu’elle trouve ça bizarre ou qu’elle me juge :

-         Ça pourrait être toi pour ce que nous en savons ? Je ne suis pas en train d’insister, simplement, tu es la femme qui me plait le plus à part elle… Et après ce soir, j’aime autant te dire que tu viens de te faire une place assurée dans mon cœur pour toujours Naka… Alors pourquoi es-tu si sûre de toi que ça ne marcherait pas entre nous ? Tu dis toi-même que je serai un mec extraordinaire, que je saurai aimer une autre femme qu’elle, même plus fort…

Elle mord sa lèvre en fuyant mon regard pour la première fois de la soirée, comme si elle hésitait à me répondre. Je la sens de toute façon différente, agitée, stressée, incertaine… Elle est à deux doigts de se refermer comme une huitre.

-         Nakama, tu peux tout me dire, je peux tout entendre je t’assure… Alors dis-moi tout de suite cette chose que tu hésites à sortir, la rassure-je.

Elle replonge son regard dans le mien et je lui laisse le temps d’y trouver toute la sérénité et la sécurité qu’elle y cherche. Ses yeux brillent un peu plus lorsqu’elle se lance :

-         Après tout, tu viens plus ou moins de m’avouer ton plus grand secret…, dit-elle.

-         C’est le cas, un secret que je me cachais à moi-même, c’est dire.

-         Je ne doute pas que tu seras un garçon extraordinaire Rinko, sincèrement. Tu es très beau, tu es drôle, tu es gentil… Bien sûr que tu seras un homme qu’on a envie de garder… mais pas pour moi.

-         Mais pourquoi ? murmure-je avec douceur.

-         Parce que tu es aussi un poil « macho », avec un humour parfois sexiste… Parce que tu es plein d’énergie, d’entrain, de sorties et de fête… Tu as besoin d’être cadré, dirigé, canalisé… Tu auras besoin de compter sur ta future petite-amie, elle devra gérer la tornade que tu es, réussir à te faire revenir quand tu partiras dans tous les sens, à t’aiguiller quand tu en auras besoin, à …

Sa voix se brise et je reste silencieux, parce que je sens qu’elle en arrive au fond du problème.

-         Je n’arrive pas à croire que je vais te dire ça… J’imaginais que Kakashi serait le premier au courant… Je ne l’ai jamais dit à qui que ce soit, murmure-t-elle.

-         Tu peux tout me dire, insiste-je.

Elle hoche la tête doucement et je resserre mon étreinte qui s’était relâchée autour d’elle.

-         J’ai… Mon dernier… « petit-ami » … J’ai subi des violences, articule-t-elle.

J’ouvre déjà la bouche pour réagir mais elle pose deux doigts sur mes lèvres pour me faire taire.

-         Je t’en supplie Rinko, je ne veux pas de tes plaintes, ni de ton réconfort. Je veux simplement t’en parler, m’ouvrir pour la première fois sur ce sujet mais il est hors de question qu’on en parle ce soir. Je veux ton humour, ton idiotie… pas ton regard peiné et que tu changes de comportement.

-         Je t’écoute Naka, et je ne te poserai pas de question. J’écouterai simplement ce que tu as envie de me dire.

-         Dans ma dernière relation, j’ai subi des choses infâmes, il… me battait et… Ça a été extrêmement dur. Dur de partir, dur de m’en remettre, dur d’accepter que ça m’était arrivé à moi. Depuis cette histoire, j’ai beaucoup de mal avec les hommes, particulièrement ceux qui me paraissent macho, violent ou limite… Tu imagines bien le tableau. Ça a exacerbé mon féminisme, mon envie de remettre à leur place les hommes, de devenir un genre de guerrière qui lutte pour les femmes, qui les défend, qui …

-         Qui remet les mufles comme moi à leur place.

-         Oui… Sauf que tu n’es pas du tout comme je l’imaginais. Ce n’est qu’une façade, tu es plus beauf que macho, plus idiot que limite, plus extraordinaire que les trois quarts des garçons qui passent sous mes radars… Mais tu n’es pas du tout ce que je cherche, ce dont j’ai besoin. Je joue les dures, mais j’ai besoin d’un garçon doux, si doux… Posé et calme, qui n’hausse jamais la voix, pas même pour plaisanter… J’ai besoin qu’il soit mon oasis de sécurité, que je puisse toujours compter sur lui, en tout temps… J’ai besoin que cet homme soit bon, un type bien, qui prenne soin de moi sans complications, qui avance dans la vie sans que rien ne lui apparaisse comme un défi. J’ai besoin qu’il m’emmène avec lui sur une rivière de tranquillité… Et ce n’est juste pas toi Rinko. Tu es un torrent à toi tout seul, et je sais que des centaines de femmes seraient plus que ravies d’avoir leur petit torrent à canaliser.

-         Mais ce ne sera pas toi.

-         Non, jamais, confirme-t-elle.

Elle repose sa tête contre mon torse et nous reprenons notre câlin dansant. Je suis si meurtri d’apprendre que Nakama a subi des violences qu’une larme roule sur ma joue et que mon cœur se serre à m’en faire mal. Je cale ma tête au sommet de la sienne, et nous nous serrons l’un contre l’autre pendant un nombre incalculables de chansons, comme pour nous réconforter, et c’est si doux.

Lorsque nous refaisons surface, toujours enlacés, je ne peux tout de même pas m’empêcher de m’excuser :

-         Je suis sincèrement désolé si j’ai pu te mettre mal à l’aise Nakama, si mon comportement a pu un jour te blesser ou te rappeler ces mauvais souvenirs… ou simplement te mettre en insécurité, te déranger… tu as le principe. Mais tu es tellement forte bon sang, tu es … je n’aurais jamais pu imaginer la fêlure qui se cachait derrière ta force et ton caractère, chuchote-je. 

-         Ce n’est pas grave, tout ça est derrière nous et tu ne m’as jamais vraiment dérangé… Tes yeux crient ta gentillesse Rinko, même quand tu fais le mufle et dépasses les bornes, fais-moi confiance.

-         Tu es tellement forte Naka, tellement. Je te jure que je … je suis juste tellement impressionné… Tu es partie de cette relation de merde, tu t’es relevée alors que tu devais être brisée, tu as eu plus de cran que les trois quarts des hommes courageux que je connais, tu as fait de tes blessures une force, tu ne te laisses pas faire, tu trouves le courage de m’en parler ce soir… je… tu es une femme extraordinaire.

Ses sourcils se crispent au fur et à mesure de mes mots et les larmes roulent enfin par dizaines sur ses joues alors qu’elle les retient depuis le début de ce sujet. Elle rit nerveusement en les essuyant d’un revers de main, très gênée de pleurer devant moi et je décide de changer de sujet pour alléger l’ambiance, puisque c’est ce qu’elle a dit attendre de moi :

-         Dire que je l’ai appris avant Kakashi, je t’avais bien dit que tu ne me résisterais pas…, ose-je plaisanter en lui offrant un sourire timide.

Elle rit pour de bon cette fois, en essuyant cette fois ses larmes du bout des doigts pour épargner son maquillage :

-         Je crois que je ne l’ai pas dit à Kakashi parce que j’ai le sentiment qu’il serait bien capable d’aller jusqu’à Suna pour étriper mon ex… Il est dingue…, s’amuse-t-elle entre ses pleurs.

-         Je te le confirme, Kakashi serait déjà en chemin pour le tuer.

Nous rions tous les deux, parce que nous savons aussi bien l’un que l’autre que c’est vrai. Je ne doute même pas une seconde que mon lapin, ce crétin complétement cinglé, serait déjà en route pour Suna avec un kunaï à la main.

-         En tout cas Naka, si un jour tu avais besoin de quoi que ce soit… D’aide, d’une écoute, d’une main tendue… surtout pour cette situation puisque je suis le seul au courant… n’hésite pas, vraiment. Je serai toujours là pour t’aider et je réagirai de façon plus mesurée que Kakashi, tu n’as aucune inquiétude à avoir. Suna n’est qu’à quelques heures de course… alors n’hésite surtout pas.

Elle m’offre le plus beau sourire de la soirée avant de se hisser sur la pointe des pieds pour embrasser ma joue longuement.

-         Merci Rinko et crois-moi, tu rendras une femme très heureuse… Merci pour la danse, pour la discussion, pour tout… Je vais rentrer chez moi avec un magnifique souvenir de Konoha… J’aurais peut-être dû écouter Kakashi et t’appeler pour les bons plans finalement…

Nous rions faiblement de cette dernière petite plaisanterie et je sens que la soirée est finie pour elle.

-         Je te raccompagne ? propose-je.

-         Avec plaisir.

 

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