LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)
Chapitre 211 : Les évidences
Point de vue d’Hanako
Nous sommes sur le chemin du retour, en route pour l’appartement de Kakashi. Je suis calée dans ses bras contre son torse, la tête posée au creux de son cou, puisqu’il a bien évidemment tenu à me reprendre dans ses bras sur le retour comme il l’avait fait à l’aller, en soutenant que je suis trop fatiguée pour marcher après avoir autant dansé.
Il a la joue posée au sommet de ma tête et me ramène sans se presser. J’aime comme tout est simple et beau avec lui, comme il trouve des excuses stupides simplement pour m’avoir dans ses bras alors que c’est tout ce que je désire moi aussi.
- Je t’aime, soupire-je en me serrant plus fort contre lui.
- Je t’aime aussi mon ange.
- J’ai hâte d’être à la maison, je veux vite me mettre en pyjama et me serrer contre toi, gémis-je en frottant mon nez contre sa gorge.
Il répond évidemment tout de suite à mon exigence et je ferme les yeux alors que le vent me fouette le visage puisqu’il vient de passer la seconde. Nous nous retrouvons devant la porte de chez lui une minute après, et il accepte de me déposer uniquement à la salle de bain, après avoir fait couler l’eau pour qu’elle chauffe.
- Je ne suis pas en sucre ! Tu es dingue ! pouffe-je.
- Tu sais que je suis dingue depuis notre rencontre, réplique-t-il en me mettant enfin sur mes pieds.
- Pas depuis notre rencontre ! souligne-je. J’ai découvert que tu étais cinglé au pays du gel, tu t’es comporté tout à fait normalement pendant notre première soirée.
- Parce que passer la nuit sur ta terrasse, alors que je te connaissais depuis deux heures à tout casser, et que je partais en patrouille « à l’aube », était normal ?
- Bon, j’admets que passer une nuit blanche avant une patrouille simplement pour discuter avec une fille que tu connaissais à peine est un peu extrême, mais pas encore trop perché. Te mettre à me crier dessus simplement pour échanger avec moi l’était déjà plus…
Il lève les yeux au ciel en détachant ma robe.
- Je ne trouve pas tout ça si dingue, marmonne-t-il en me déshabillant.
- Ça va, réponds-je en me glissant sous l’eau chaude.
Il me rejoint et je l’enlace en relevant le nez pour l’observer :
- Si tu veux tout savoir, je me suis dit que tu étais vraiment dingue le jour où tu as attrapé le type qui m’avait fait peur pour le jeter en caleçon dans la neige et lui sauter dessus. Ce jour-là, j’ai compris que tu étais cinglé, mais je ne me suis pourtant jamais sentie autant en sécurité de toute ma vie que quand tu es revenu près de moi dans ta tente… que j’ai réalisé que j’avais un protecteur aussi farouche avec les autres que doux avec moi…
- Ce soir où nous avons failli nous embrasser pour la première fois…, murmure-t-il. J’ai encore le sentiment en moi, les émotions qui se bousculaient dans ma tête, l’envie qui me déchirait en deux, les papillons dans mon ventre, la vision de ton visage parfait…
Il attrape mon menton pour fondre sur mes lèvres avec une passion ardente. Il m’embrasse aussi chaudement que nous l’aurions sans doute fait ce jour-là, alors que nos envies nous torturaient. Je lui rends son baiser en jouant le jeu, en l’embrassant comme j’aurais aimé pouvoir le faire ce soir-là, je laisse mon souvenir prendre toute la place dans ma tête, toutes mes émotions de l’époque m’envahir et il fait visiblement de même puisque ses mains se calent sur ma peau avec une tension bien trop élevée pour appartenir au moment présent.
Je me suis toujours demandé ce qu’il se serait passé entre nous si nous avions craqué sous cette tente sans nous faire interrompre, si nous nous serions simplement embrassé ou si notre passion nous aurait conduit à plus. J’ai la réponse ce soir, car malgré l’heure et la fatigue, me plonger dans sa sensualité est comme plonger dans un autre monde où plus rien ne compte à part nous deux, où tout s’efface pour ne laisser que l’amour nous consumer.
*
Une fois que nous sommes calés l’un contre l’autre dans son lit et qu’il caresse doucement ma peau, sa curiosité se réveille :
- Alors ? Qu’est-ce que tu as tiré de ta petite soirée d’espionne ? demande-t-il.
- Je ne sais pas, pas grand-chose… Je ne crois pas être très douée pour l’espionnage finalement…, soupire-je.
- Raconte ! insiste-t-il avec malice.
- Pour Hokuto… franchement, c’est compliqué. Il est doué pour cacher ce qu’il pense, en tout cas à moi… Je n’ai rien réussi à percevoir, même quand j’ai parlé directement de son amante mystère… Et puis Toru était avec nous, pratique pour avoir des infos sur mes cibles, mais clairement pas pratique du tout pour essayer de comprendre de qui Hokuto est amoureux ! Il était trop fermé, je n’ai presque aucune nouvelle info ! ronchonne-je.
Kakashi éclate d’un petit rire incontrôlé et je lui lance un regard boudeur.
- Pardon mon ange, pardon, dit-il en essayant de se calmer.
- Pourquoi ris-tu ?! Je ne suis pas si mauvaise que ça, j’ai tout de même eu quelques avancées…, maugrée-je.
- Je ris parce que je ne crois pas que tu sois une espionne efficace, en effet. Pardonne-moi mon petit cœur… Parle-moi plutôt de tes avancées, répond-il en posant une myriade de baisers sur ma joue pour cacher son sourire encore présent.
- Toru a l’air de penser que l’histoire de Fumei et de sa femme est glauque… Il a dit qu’il n’aurait pas apprécié que ça arrive sous son commandement… Moi je suis sûre que c’est le cas… De toute façon je sais que c’est elle, c’est agaçant que tu ne veuilles pas me le confirmer et qu’Hokuto ne veuille pas me le dire… Je sais garder les secrets, et je pourrais l’aider, ça me rend dingue que vous me laissiez à l’écart comme ça.
- Et Hokuto ? Qu’en-a-t ’il dit ?
- Il s’est pratiquement énervé pour clore le sujet, il a dit que tout ça n’était que des suppositions et que lui n’avait jamais rien entendu de louche en dix ans de mariage alors qu’il fallait que nous arrêtions… Il nous a pratiquement engueulé, ronchonne-je.
- Forcément, si c’est bien son amante mystère, il n’a pas dû apprécier que vous en parliez…, répond-il en me souriant.
Il affiche un petit sourire qui m’agace autant qu’il m’attendri. Son petit sourire qui signifie « moi je sais et pas toi ! », comme le dernier des sales gosses… Je pose mes mains sur ses joues en secouant la tête, incapable de ne pas sourire face à tant de mignonnerie.
- Tu m’agaces Kakashi… mais je t’aime, soupire-je.
Je l’embrasse quelques secondes, jusqu’à effacer ce petite sourire goguenard et lorsque je me remets sagement contre lui, il reprend :
- Tu as eu d’autres infos ?
- Pas sur Hokuto, en revanche, je ne sais pas si tu as vu ce qu’il s’est passé entre Rinko et Nakama ! Mais ça, c’était croustillant ! glousse-je.
- Quoi donc ? s’étonne-t-il en fronçant les sourcils.
Je perds déjà un peu d’assurance en constatant qu’il ne voit pas de quoi je lui parle. J’étais pourtant sûre qu’il avait intercepté quelque chose et je ne peux pas croire que je me sois trompée :
- Nakama… était jalouse… non ? Lorsque Mei et Rinko ont un peu « flirtés » ? hésite-je.
- Oh… mon amour… tu n’es décidemment pas faite pour être espionne, gémit-il avec pitié en embrassant mon front.
Je boude très clairement, vexée d’avoir eu encore faux.
- Alors explique-moi, Monsieur le super espion ! ronchonne-je.
- Nakama n’était pas jalouse du tout, elle n’est pas intéressée par Rinko mon ange… Je suis navré de t’apprendre que tu t’es emballée pour rien.
Je soupire, mécontente au possible :
- Alors cette soirée n’a vraiment pas été productive. J’abandonne mon statut d’espionne, c’est officiel. Les gens se débrouillent visiblement très bien sans moi et mes déductions pourries ! râle-je.
- Pas moi, souligne-t-il. Je ne me débrouille pas sans toi, je n’arrive pas même à vivre.
Je lui lance un petit regard que j’essaie de maintenir boudeur, mais je n’y arrive pas franchement puisque je suis touchée par ce qu’il dit, surtout que je sais que c’est vrai. Il arrive finalement à me réconforter avec cette simple phrase et j’abandonne mes fausses déductions pour me reconcentrer sur du concret, et surtout sur lui, puisqu’il est le centre de mon monde.
- Et toi alors ? Tu as passé une bonne soirée avec Nakama ? Tu n’es pas trop triste qu’elle parte ? demande-je en frottant gentiment son torse.
- J’ai passé une bonne soirée, mais je suis vraiment dévasté par son départ. Je suis désolé, je me doute que ça ne te rend pas heureuse mais c’est vrai… Je n’ai pas envie qu’elle rentre à Suna… je ne peux pas croire qu’elle parte, que je n’ai plus que demain avec elle… Ça me fait vraiment mal au cœur.
- Tu vas passer la journée avec elle ? demande-je gentiment.
- Ça dépend de toi…, hésite-t-il.
- Oh moi… je crois que je vais retourner au boulot demain midi.
- Mais pourquoi ?! s’exclame-t-il.
- Parce que cette semaine de vacances tombe mal. Tu as envie de profiter de Nakama et tu pars en mission le jour où elle rentrera à Suna… Je ne vais pas gâcher mes vacances en les passant ici toute seule à ne rien faire.
- Je peux rester avec toi demain, répond-il tout de suite.
- Mais non, c’est ridicule. Passe ta dernière journée avec elle, j’irai travailler d’après-midi et nous nous retrouverons demain en milieu de soirée. Je poserai mes vacances plus tard, quand tu auras quelques jours tranquilles devant toi, sûrement pas quand tu pars en mission. J’ai l’habitude d’avoir des tonnes de vacances à poser de toute façon, Minato me pousse toujours à prendre du repos puisque j’ai passé des années à l’hôpital sans en prendre un seul… Tout ça m’est égal, je préfère reculer un peu mes vacances pour être occupée pendant ton absence.
- C’est toi qui vois.
- En revanche, ce serait bien que tu m’accordes ta soirée de demain pour voir l’équipe sept, surtout que c’est un vendredi soir… Je commence à vraiment me sentir mal de ne plus voir Sakura, qu’elle ne sache même pas que nous sommes ensemble… Nous étions devenues proches en fin d’année dernière mais j’ai l’impression que je l’ai complétement abandonnée depuis que nous nous sommes rapprochés toi et moi, dis-je pensivement.
Il hoche la tête en affichant un visage contrit :
- Ça peut se comprendre, Sakura le comprendra aussi… C’est une drôle de situation… Je ne suis pas de sa génération, elle a été mon élève… il me parait normal que nous ne soyons pas « amis » … Je ne sais pas trop ce que tu imaginais, mais il serait compliqué pour moi d’envisager qu’elle fasse partie des amis avec qui nous passons du temps en tant que couple… Je ne serais vraiment pas à l’aise, les jeunes me vouvoient, c’est… compliqué.
- Sans doute… Mais elle est plus jeune que moi et je m’entends bien avec elle…, tente-je.
- Vous avez déjà une sacrée différence d’âge et je suis plus vieux que toi… J’aurais largement préféré que tu deviennes l’amie de Nakama que de Sakura, tente-t-il à son tour en me lançant un petit regard.
- N’y compte pas trop. Mais je comprends ton point de vue, ce serait vraiment étrange pour toi de trainer avec Sakura et Sasuke comme s’ils étaient tes amis… En revanche, je ne compte pas briser mon amitié avec elle. Alors je la verrai en tête à tête à l’hôpital, et si je continue de venir à vos vendredi soir, alors ce sera l’occasion de passer un peu de temps avec eux en tant que couple sans que ça ne te mette mal à l’aise. C’est très bien comme ça, décide-je.
- Tu es bien évidemment convié à nos vendredi soir, je ne suis même pas sûr d’avoir encore envie d’y aller sans toi, pouffe-t-il en me chatouillant au creux du cou avec son nez.
- Kakashi ! glousse-je en me tortillant.
Ses chatouilles deviennent des baisers et nous nous décidons à dormir après quelques câlins.
*
Le lendemain matin, je me réveille avant Kakashi et puisqu’il dort à poings fermés, je n’ai pas beaucoup d’options pour m’occuper chez lui sans le réveiller. J’aurais pu lire à côté de lui, mais je préfère me rendre sur la pointe des pieds à la salle de bain pour y mettre ma patte. Nous avions déjà plaisanté sur le fait que j’aurais le droit de réorganiser sa salle de bain en rentrant de Kiri, et il est très vrai que son organisation ne me convient pas. Non pas que ce soit mal fait, simplement, je suis trop petite pour que les choses soient facile d’accès pour moi et comme je passerai désormais beaucoup de temps chez lui, je décide de m’installer.
Lorsqu’il se lève et me trouve perchée sur le panier à linge fragile et vacillant pour accéder aux étages de son placard, il frôle l’arrêt cardiaque de bon matin avant de se jeter en avant pour m’attraper et c’est finalement lui qui termine de tout organiser sous mes directives, comme nous l’avions fait pour sa cuisine. En tout cas, cette petite activité en duo de bon matin nous met de très bonne humeur, puisque nous faisons tout ça dans la complicité et les rires.
Vers midi, je suis douchée et habillée, prête à me rendre travailler. J’attrape mon sac à main sur le plan de travail en lançant un coup d’œil à Kakashi qui met sa veste.
- On mange un petit bout quelque part avant mon service ? propose-je.
Il se fige en me lançant un regard hésitant :
- Euh… oui…
- Tu allais voir Nakama ? devine-je en perdant mon sourire.
- Ce n’est pas grave, elle m’attendra.
- Mais non, soupire-je. Où aviez-vous rendez-vous ?
- Au centre, elle voulait manger des sushis… mais je peux t’accompagner manger quelque part avant.
J’hoche la tête, j’attrape sa main et nous partons. Il est plutôt surpris de voir que je l’entraine vers le centre et lorsque nous approchons du restaurant de sushi, je devine le sourire qui se glisse sur ses lèvres alors qu’il resserre son étreinte sur ma main.
- Tu viens avec nous ? demande-t-il joyeusement.
- Deux minutes, ne t’emballe pas… mais je vais tout de même lui dire bonjour et prendre quelques sushis à manger sur le chemin.
- Ça me fait plaisir quand même.
Nous échangeons un sourire et nous enfilons dans le restaurant. Dès que Nakama m’aperçoit derrière Kakashi, elle hausse des sourcils étonnés mais je suis rassurée de voir que je ne la dérange pas, elle a même l’air plutôt heureuse. Ça me semble complétement dingue, je n’arrive pas à intégrer qu’elle soit « pour » notre couple et qu’elle ne veuille pas s’accaparer Kakashi.
- Bonjour Hanako, tu manges avec nous ? demande-t-elle.
- Pas vraiment, disons que je patiente avec vous le temps que ma commande soit prête, tempère-je.
- Ça me fait plaisir de te voir en tout cas…
J’hoche la tête et nous nous installons à table avec elle. Kakashi rayonne de bonheur et je me sens un peu coupable d’être si hérissée avec Nakama alors que rien ne lui fait plus plaisir que de nous avoir toutes les deux avec lui.
- Tu as passé une bonne soirée hier ? me demande-t-elle pour faire la conversation.
- Très.
Ma réponse plus que sobre gâche un peu l’ambiance et Kakashi me glisse un petit regard déçu qui me ronge un peu plus.
- Et toi ? ajoute-je donc pour lui faire plaisir.
- Excellente, j’attendais depuis mon arrivée de passer une soirée comme celle-là ! répond-elle avec entrain.
- Tu avais pourtant assistée à la soirée d’intégration avec les ninjas de Yu… on se souvient tous les trois de cette superbe soirée…, grince-je entre mes dents.
L’ambiance se rafraichit encore de quelques niveaux alors que je leur rappelle le vilain tour qu’ils m’ont joué ce jour-là.
- Ouai, enfin ce n’était pas pareil, tempère-t-elle. J’étais concentrée sur… notre plan, je ne profitais pas vraiment… et puis je n’avais passé la soirée qu’avec Kakashi. Hier soir, j’ai pu m’amuser vraiment avec vos amis, j’ai bien accroché avec Mei, beaucoup ri avec Shin, discuté avec Rinko… c’était très sympa.
- Discuté avec Rinko ? s’étonne Kakashi.
- Rien qui te regarde mon chou, réplique-t-elle en riant.
Je grince un peu plus des dents en fixant la table, puisqu’il est extrêmement difficile pour moi de l’entendre donner un surnom aussi affectueux à mon Kakashi mais je prends sur moi pour ne pas déclencher un scandale. Il sent de toute façon très bien que ça me tend outre-mesure puisqu’il attrape ma taille dans la seconde pour me tirer contre lui et me calmer, ce qui fonctionne. Il change rapidement de sujet pour rompre le blanc :
- Mei et Shin sont des personnes formidables, dit-il.
- C’est vrai ça, interviens-je sans réussir à m’en empêcher. Tu sais Shin, mon meilleur ami depuis les bancs de l’académie, que tu ne pouvais pas encadrer au début de notre relation parce que tu imaginais qu’il voulait plus que de l’amitié avec moi.
Je plisse les yeux pour souligner le « comique » de la situation, puisque Shin n’a jamais participé à un plan visant à rendre jaloux Kakashi, et qu’il m’appelle encore moins « mon chou ». Kakashi n’est pas serein, il me rend un regard inquiet et nous nous toisons jusqu’à ce que Nakama intervienne :
- Oh la vache, stop. Arrêtez-ça je vous en supplie… Je peux comprendre que tu ne puisses pas m’encadrer Hanako, je te le jure… Mais si c’est pour qu’il y ait une ambiance aussi pourrie entre nous trois, je préfère largement me barrer que d’endurer un truc pareil. Je verrai Kakashi plus tard ou je vais juste manger à une table seule en attendant que tu partes, je m’en moque, mais pas question que ce repas participe à détériorer notre entente Hanako. Tu accepteras de passer du temps avec moi quand tu sentiras que tu n’auras plus envie de me crever les yeux.
C’est visiblement un cri du cœur, elle est déjà en train de se lever, Kakashi est déçu à mourir et je suis choquée par ses mots. Elle n’a pourtant sorti que la stricte vérité, mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle me la balance à la figure comme ça et me fasse me sentir honteuse. Puisqu’elle a opté pour la vérité, je l’imite et je lui dis franchement les choses :
- Non attends Nakama ! m’exclame-je en la retenant. Je suis désolée d’accord ? Je vais arrêter de faire ma mauvaise tête mais ce n’est pas simple pour moi non plus. Pourtant j’avais envie de vous voir tous les deux, de passer un peu de temps en votre compagnie, voir votre relation… Mais… je m’attendais plus à ce que vous discutiez entre vous le temps que je puisse t’observer et m’adapter à toi, tu vois ce que je veux dire ?
- Complétement, répond-elle en souriant de toutes ses dents et en se rasseyant. Je suis quelqu’un de plutôt spontanée, alors je n’ai pas pu m’empêcher de te parler… Kakashi me parle de toi depuis des semaines, j’ai envie de te connaitre, j’oublie trop vite que je suis une garce pour toi.
Kakashi retrouve son air joyeux en voyant que la situation évolue vers du positif et il prend donc les choses en main :
- Alors Naka, raconte-moi donc ta super fin de soirée… depuis le temps que tu la voulais…
- J’ai picolé comme un poivrot, j’ai ris aux éclats avec plusieurs personnes et j’ai dansé avec un récent jônin plutôt très beau gosse ! Autant dire que presque toutes les cases ont été cochées ! rit-elle.
Je me retiens de rire par pur principe, mais je dois admettre qu’elle vient presque de m’avoir. Je la trouve amusante, et Kakashi qui éclate de rire à côté de moi ne participe qu’à me détendre un peu plus.
- Quelle case as-tu manquées ? demande Kakashi en riant déjà de la future réponse.
- Faire de ce sublime jônin mon dessert et le ramener à la maison ! pouffe-t-elle.
Ils rient tous les deux et je réprime encore un sourire. Elle est tellement étrange, presque rustre. J’ai envie de lui glisser que Shin est célibataire, mais je crois que ce n’est clairement pas le ton de la conversation et que je tomberais à côté de la plaque. Je ne sais pas pourquoi je m’obstine à vouloir caser cette fille avec quelqu’un alors qu’elle et Kakashi aime juste se voir pour rire ensemble comme deux idiots. Ajoutons à ça qu’elle reparte demain à Suna et mon intervention aurait été très malaisante…
Je reste avec eux une grosse demi-heure, puisque je décide finalement de manger mes sushis avec eux. Je reste silencieuse mais j’observe, et s’il y a une chose dont je suis sûre à l’issu de ce repas, c’est que Nakama ne s’intéresse absolument pas à Kakashi. Leur relation est amicale sans le moindre doute permis, et même si j’étais confiante pour lui, je le suis désormais pour elle aussi. Ils sont même très drôles ensemble, Nakama fait ressortir un petit côté taquin et piquant chez Kakashi qui me fait rire. Je le sens en confiance absolue avec elle, il n’a pas peur de la taquiner et de lui rentrer dedans, il sait qu’il peut compter sur elle, que leur amitié les liera toute leur vie.
Vraiment, quand je me lève de cette table, je suis heureuse qu’il ait une aussi bonne amie. Ça ne change pas mon petit égo envers elle, qui me pousse à ne pas l’apprécier, mais je suis ravie d’être venue passer du temps avec eux pour voir ce qu’il en est de leur relation. Je salue Nakama sans être désagréable, j’arrive même à lui offrir un petit sourire, et après un baiser tendre pour Kakashi, je file travailler.