LE TRIANGLE DE KONOHA (Kakashi x OC)

Chapitre 212 : Kakashi senseï n'est plus un coeur à prendre

3784 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 25/03/2026 10:57

Chapitre 212 : Kakashi senseï n’est plus un cœur à prendre


Point de vue de Kakashi

Je suis resté avec Nakama de ce midi à ce soir, jusqu’à ce qu’elle me laisse pour aller préparer ses affaires. J’ai rendez-vous chez Ichiraku dans une grosse trentaine de minutes et je me rends en direction du bureau de Minato pour vérifier que tout est en ordre pour ma mission qui commence demain. Elle est plutôt très simple mais durera plusieurs jours, puisque nous devons escorter le seigneur du feu d’un point A à un point B pour assurer sa protection.

Rinko devait être présent, mais j’ai la surprise de découvrir qu’il est parti à la dernière minute ce matin sur une autre mission dont nous n’avions même pas parlé. Elle dure un peu plus d’une semaine et je suis presque inquiet de ce départ plus que précipité, comme s’il fuyait quelque chose ou quelqu’un. Ce drôle de pressentiment ne me quitte pas, et je rédige rapidement un message pour lui, pour m’assurer que tout va bien et qu’il n’a pas besoin de moi. J’envoie mon message depuis le bâtiment principal, puis je redescends dans les rues de Konoha pour me mettre en route pour mon vendredi soir.

-         Kakashi senseï ! s’écrie une petite voix angoissée que je connais par cœur.

Je tourne la tête vivement en direction de Kiyowa, qui arrive ventre à terre avec les yeux les plus inquiets possible.

-         Tout va bien ?! m’inquiète-je tout de suite en attrapant un kunaï, à deux doigts d’égorger le premier venu qui l’aurait inquiété comme ça.

-         Non ! C’est une catastrophe ! gémit-elle en attrapant mon bras.

Mon cœur bat si rapidement que je suis étonné qu’il ne sorte pas de ma poitrine, je suis sur le qui-vive total et j’ai beau analyser trois fois chaque recoin des rues qui nous entourent, je ne détecte rien d’anormal ou d’inquiétant.

-         Gaï senseï m’a inscrit à l’examen de sélection des chûnin ! couine-t-elle alors.

Tout mon corps se relâche dans la seconde, le sentiment de soulagement est si fort qu’il vibre dans mes veines tandis que je tapote doucement son épaule :

-         Tu m’as fait une de ces peurs Kiyowa…, soupire-je.

-         Mais c’est une catastrophe Kakashi senseï ! Je ne suis pas prête ! Nous n’avons fait que quelques entrainements tous les deux, je ne suis pas au niveau, j’ai peur de rater l’examen ou de le faire rater à mon équipe ! Gaï senseï dit que je suis prête mais…

-         Mais il n’y a que toi qui en doutes ! conclus-je en lui lançant un regard sévère.

-         Je vous en prie, aidez-moi à m’y préparer… vous me l’aviez promis ! répond-elle avec des yeux implorants.

-         Bon, calme-toi, tout va bien se passer. Quand a lieu cet examen ?

-         Dans trois semaines, geint-elle.

-         Trois semaines, ça nous laisse de quoi faire…, la rassure-je.

-         Vous pensez ?

-         Bien sûr que oui, tu n’as jamais eu des problèmes de niveau, mais de confiance, Kiyowa. J’aurai largement assez de trois semaines pour te rassurer sur tes capacités.

-         Alors qu’est-ce qu’on fait ? Quand commence-t-on ? Demain ? me mitraille-t-elle.

-         Je pars en mission demain matin… alors…

Je ne finis même pas ma phrase face à ses yeux terriblement inquiets. Il est vrai que j’ai passé peu de temps avec elle dernièrement, il s’est passé trop de choses de tous les côtés, mais je lui avais promis de la préparer pour cet examen et je compte bien tenir ma promesse. L’emmener sur ma mission me semble soudain être la meilleure option, c’est une très bonne idée pour la tester et voir ce qu’elle vaut sur le terrain, en situation concrète sur une vraie mission importante…

Je lui annonce donc que je peux l’emmener si elle arrive à avoir l’accord de Gaï avant demain matin. Elle est absolument enchantée et ne perd pas une minute, visiblement bien décidée à chercher son senseï dans le village toute la nuit s’il le faut. Je retourne en coup de vent au bureau de Minato pour ajouter Kiyowa à la mission et lui laisser un mot lui expliquant la situation, avant de m’élancer rapidement dans les rues pour m’éviter d’être en retard au restaurant. Alors que je survole le village, je dois bien avouer que ma mission devient soudain beaucoup plus attrayante et je me surprends à avoir presque hâte de partir alors que j’en étais sincèrement triste.

Il faut dire que j’ai toujours aimé avoir cette gamine avec moi et je suis ravi que nous repartions pour de petites aventures.

*

J’attends tranquillement Hanako devant chez Ichiraku en observant mes trois anciens élèves à table, à l’intérieur, qui bavardent joyeusement sans se douter de l’information qui va leur tomber dessus. J’ai une petite appréhension à l’idée de leur dévoiler ma relation, un peu plus de me dire que Sakura en sait sûrement plus que je ne le pense… Je n’arrive pas à l’associer à autre chose qu’une gamine, encore moins à imaginer qu’Hanako soit amie avec elle et qu’elles discutent sans doute de tout un tas de choses auxquelles je ne veux même pas penser.

-         Bonsoir bel homme, prêt ?! gazouille Hanako en arrivant.

-         Non, mais ce ne sera pas plus naturel demain j’imagine…, soupire-je.

-         Ça c’est sûr, et puis tu pars demain, hors de question d’attendre ton retour. J’ai déjà eu de la chance de ne pas croiser Sakura depuis notre retour de Kiri, il n’est pas question qu’elle le découvre entre deux patients pendant une pause café, c’est trop important.

Je lui ouvre la porte en levant les yeux au ciel et elle glousse en s’enfilant dans le restaurant, visiblement très joyeuse. Alors que nous approchons de la table, je constate qu’aucun des jeunes n’est étonné de voir Hanako mais il faut dire qu’elle est pratiquement abonnée à nos vendredi soir depuis quelques mois. Ils nous accueillent chaleureusement et les discussions démarrent déjà puisqu’ils nous demandent de leur raconter la mission à Kiri et plus particulièrement mon coup d’éclat, qui a fait le tour du village. Hanako se fait un plaisir de leur relater les faits, elle insiste sur la peur qu’elle a eu, le sentiment qu’on allait la tuer, le désespoir quand elle a été mise en cellule… pour mieux introduire le moment héroïque où je suis arrivé pour la sauver comme dans ses rêves les plus fous. Elle met drôlement de côté le fait qu’elle n’était pas toute seule puisqu’avec Rinko, et que je ne me suis pas battu seul contre une armée non plus puisqu’avec Hokuto, mais l’histoire est épique racontée comme ça.

Les garçons sont impressionnés et insistent sur le fait qu’ils ont eu le meilleur senseï de Konoha, Sakura est complétement séduite et clame que je suis un homme à marier, Hanako m’embête gentiment en disant que je suis surtout complétement fou, malgré ses yeux plus que charmés.

-         Voyons Hanako, il n’allait pas te laisser aux griffes de ces usurpateurs ! s’indigne Naruto.

-         Oh non, confirme Sasuke avec des yeux moqueurs. Il n’aurait jamais laissé sa petite protégée en si mauvaise posture… Ils auraient été des milliers que notre senseï y serait allé quand même…

-         Pourquoi t’avaient-ils kidnappé ? Personne n’est au courant au village, alors on se demandait… ? demande Sakura.

-         Je n’en sais rien, répond Hanako en haussant les épaules.

-         Tu ne sais vraiment pas ou c’est classé secret défense ? demande intelligemment Sasuke.

Il ne peut pas croire que ce soit une coïncidence, évidemment, il est le seul ici à se servir un peu de sa tête. Les deux autres sont d’ailleurs surpris par la dernière réflexion de Sasuke et commencent à se poser des questions, que je désamorce puisque je me doute qu’Hanako n’aime pas mentir à son amie :

-         C’est sans doute parce qu’elle est notre responsable de liaison, invente-je. Ça leur donnait un otage intéressant pour faire plier Minato…  

Sasuke comprend immédiatement que l’information est bien classée, mais il reste silencieux pour éviter de mettre Hanako dans l’embarra malgré la curiosité qui s’allume au fond de ses yeux sombres. Naruto et Sakura prennent simplement ce que je leur dis pour la vérité absolue et le sujet est avortée. Hanako me remercie d’ailleurs par un regard doux et je souris bêtement, comme l’âne que je suis devenu depuis que je suis avec elle. Yuki avait raison, l’amour rend idiot.

Depuis que mes élèves savent que je suis amoureux d’elle, ce genre de détail ne reste plus impuni et Sakura nous sort déjà son sourire de sphynx :

-         Et ce petit sauvetage alors… Il ne vous a pas rapproché ? Je ne dis pas que ce brave Shisui n’aurait pas foncé tête baissée face à une armée pour te sauver la vie Hanako, je n’oserais pas… Mais tout de même, ça reste très romantique de la part de Kakashi senseï…

J’échange encore un coup d’œil avec Hanako, lui signalant très clairement que je la laisse gérer la chose comme elle l’entend puisque je ne serai jamais capable de l’annoncer à mes élèves comme si ça les regardait.

-         Et bien si tu veux tout savoir Sakura, je ne suis plus avec Shisui, annonce Hanako.

-         Vraiment ?! s’excite-t-elle. Il était temps que tu reviennes à la raison bon sang !

-         Oui c’était… vraiment n’importe quoi, admet Hanako en rougissant un peu.

-         Ça, je ne te le fais pas dire, commente-je.

-         Oh vous, à votre place, je la mettrais en veilleuse ! siffle Sakura en me lançant des yeux accusateurs.

Je suis absolument ravi d’apprendre que mon ancienne élève est visiblement au courant de bien plus de choses que je ne le pensais, parce qu’il est désormais évident qu’elle a une petite idée de pourquoi Hanako s’obstinait à sortir avec ce crétin de Shisui. Cette information me rend grognon et je m’appuie dans mon dossier pour croiser les bras, ce qui me vaut un regard légèrement coupable d’Hanako.

-         Si tu me redis de la mettre en veilleuse Sakura, je te jure que je t’attrape par la peau du cou pour te remettre à ta place, gronde-je.

Elle plisse les yeux, pas franchement impressionnée par ma menace, avant de reporter son attention sur Hanako :

-         Et donc… depuis que tu es toute seule… ? Ne serait-il pas le bon moment pour enfin donner une chance à des options intéressantes ? Des options qui te tournent autour depuis un moment, des options que tu n’espérais pas avoir un jour, même dans tes rêves les plus fous il y a encore peu de temps ?

-         C’est possible, répond Hanako sur un ton énigmatique.

-         Vraiment ?! couine Sakura.

-         Tu vas laisser Kakashi senseï t’inviter en rendez-vous ? s’enthousiasme Naruto.

-         C’est possible, répète Hanako en me lançant des yeux amusés.

-         Et bien… si j’ai la chance d’obtenir un rendez-vous avec toi, ça ne rigole vraiment plus cette fois, lui dis-je en réprimant un rire.

Elle glousse, les yeux plus heureux que jamais alors que l’excitation des jeunes grimpe dans les tours.

-         Mais qu’est-ce qu’on fiche là ?! s’exclame alors Sakura. Nous n’avons qu’à les laisser en rendez-vous ce soir ! On se fiche pas mal de manger des ramen avec vous comme depuis des années !

-         Je te remercie, siffle-je.

-         Oh non, je n’oserais pas avoir un rendez-vous avec Kakashi ce soir…, minaude Hanako en battant des cils.

-         Mais si ! insiste Naruto. Kakashi senseï est souvent très gentil avec toi, tu le sais bien ! Laisse-lui une chance !

Je me retiens de rire à ce stade, Hanako est en train de créer une vraie tornade émotionnelle chez les jeunes et c’est à mourir de rire, mon petit démon tout craché.

-         Je t’en prie Hanako, laisse-moi une chance…, chuchote-je en lui lançant mes yeux les plus joueurs.

-         Nous n’avons qu’à rester, propose alors Naruto. Faites votre rendez-vous avec nous, nous pourrons peut-être même vous aider.

C’est sans doute sa pire idée, mais elle m’attendrit, puisqu’elle démontre à quel point il a envie que ça se passe bien et de savoir en temps réel si nous nous plaisons.

-         Mais quelle brillante idée Naruto, raille immédiatement Sasuke.

-         J’aime beaucoup son idée moi, intervient Hanako avec un sourire jusqu’aux oreilles. Alors dis-moi Kakashi, qu’est-ce que tu aimes faire sur ton temps libre ? Tu es plutôt « un film au cinéma » ou « une promenade dans la forêt »?

Je lève les yeux au ciel en secouant la tête, mais quand je croise ses yeux malicieux, je ne peux pas m’empêcher d’accéder à sa requête, comme d’habitude :

-         Promenade dans la forêt.

Elle gazouille presque de me voir jouer le jeu et j’ai envie d’attraper sa tête pour croquer sa petite joue remontée par son sourire immense. Cette fille est ma kryptonite, elle me ferait faire n’importe quoi.

-         Quelle coïncidence, moi aussi ! Nous pourrions peut-être faire une promenade ensemble…

-         C’est une idée formidable, intervient Naruto. Kakashi senseï aime te raccompagner après nos restaurants, vous pourriez faire la promenade à ce moment-là… ?

-         Quelle douce idée…, minaude Hanako en battant des cils. Tu me raccompagnerais chez moi Kakashi ?

-         Evidemment.

Je te raccompagnerai surtout chez moi, où tu as prévu de dormir ce soir petit démon.

Naruto est ravi, Sakura commence bien à sentir que nous sommes trop complices pour être honnêtes et Sasuke a déjà flairé la chose depuis quelques minutes. Hanako se rend compte que son petit jeu ne pourra pas durer mais elle a l’air plus qu’heureuse à l’idée de bientôt faire sa petite annonce. Elle se tortille un peu sur la banquette pour se rapprocher de moi et alors que je décroise les bras pour en mettre un sur le dossier derrière elle, elle attrape ma main au vol pour la prendre dans les siennes. Les jeunes baissent le nez en même temps pour observer ma main sur la table, emprisonnée dans celles d’Hanako.

-          On se moque un peu de vous, dit finalement Hanako d’une voix heureuse. Si je suis venue ce soir, c’est parce que vous risquez de me voir dans le paysage régulièrement…

-         Non… ? souffle Sakura.

-         Et si, répond Hanako en rougissant. Il faut croire que votre senseï n’est plus un cœur à prendre… En tout cas pour l’instant, ce cœur est tout à moi.

Nous échangeons un regard amoureux, où nos bonheurs résonnent l’un avec l’autre jusqu’à ce que les jeunes réagissent avec la disproportion qui les caractérise quand il s’agit de moi. Ils piaillent avec excitation, jusqu’à ce qu’ils arrivent à se calmer suffisamment pour demander des détails et Hanako leur raconte que nous nous sommes drôlement rapprochés ces derniers temps, jusqu’à concrétiser la chose pendant notre mission à Kiri. Ce n’est pas tout à fait exact mais ça reste la façon la plus simple de leur expliquer les choses sans rentrer dans notre intimité et d’expliquer pourquoi Sakura n’était pas encore au courant. C’est de toute façon là-bas que nous nous sommes enfin avoué nos sentiments alors tout ça fait sens, et les félicitations pleuvent jusqu’à m’en faire rougir jusqu’en haut des pommettes, ce que Sakura souligne avec euphorie lorsqu’elle le repère au-dessus de mon masque.

*

Hanako irradie de bonheur lorsque nous rentrons chez moi après le restaurant. Elle est pendue à mon bras et me répète pour la centième fois les moments qu’elle a préférée de notre repas, notamment celui où elle a pu raconter que je lui ai avoué mes sentiments à la lueur de bougies, alors qu’un bout du ciel étoilé était visible et que nous étions dans notre petite bulle paisible au milieu des bottes de paille. Elle a le don de raconter les choses avec tellement de positivité qu’elle les rend encore plus belles et je dois bien avouer que malgré ma gêne terrible, j’ai adoré l’entendre relater cette belle soirée. J’ai savouré même, d’entendre sa version de ce moment, d’avoir la teneur d’à quel point ça l’a rendu heureuse et émue, à quel point sa vie a changé à ce moment-là, à quel point elle m’aimait de tout son cœur et espérait que je lui dirais ces mots…

-         Une bonne chose de faite, conclus-je.

-         Quel romantisme, bougonne-t-elle en perdant son sourire.

-         Arrête un peu, tu sais bien que tout ça me met mal à l’aise.

-         Oui, mais me replonger dans cette jolie soirée à Kiri m’a rendu un peu rêveuse… je n’ai pas envie que tu me ramènes les pieds sur terre.

-         C’est du romantisme que tu veux ? m’amuse-je.

-         Oui !

-         Bon, alors je vais faire de mon mieux pour t’en donner à la maison. Je ne sais pas encore exactement comment, mais je vais bien trouver ! ris-je.

-         Tu trouves toujours ! ronronne-t-elle en se serrant contre moi.

C’est finalement elle qui décide qu’elle veut recréer notre soirée à Kiri et je me retrouve à devoir dormir par terre dans mon salon, à la lueur des bougies, à l’embrasser avec toute ma tendresse en lui répétant des centaines de fois à quel point je l’aime alors que je me lève aux aurores le lendemain matin.

L’amour rend décidément très con, mais elle est heureuse et c’est tout ce qui compte à mes yeux.

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