Fraternité Infaillible
Chapitre 35 : Tome 35 — Deux nouvelles étoiles
2820 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 27/09/2025 13:28
L’aube peignait Konoha d’un voile orangé. L’air était frais, encore humide de la nuit, et la rosée perlait au bord des toits.
Nadhir marcha seul dans les rues vides, mains dans les poches, les pieds glissant sur l’ombre des lanternes éteintes. Le soleil, encore bas, effleurait sa chevelure, déposant des reflets de cuivre sur ses mèches noires. Il repensait à la veille, à ce rêve, à ce nom… Yoru. À ce flash blanc qui avait fendu le ciel comme une plaie.
— Ça doit juste être une coïncidence… souffla-t-il, sans vraiment y croire.
Le ciel grogna alors, long et profond, comme s’il répondait. Une vibration sourde fit trembler la pancarte d’un salon de thé. Pendant une minute entière, les nuages frémirent, puis s’apaisèrent, laissant l’azur propre et net, presque innocent.
— Wow… qu’est-ce qui se passe, là-haut ? 🤨
Il reprit sa balade, longea la ruelle du marché encore endormi, passa devant le stand de brochettes de Guy-san qui fumait déjà doucement, et arriva vers l’entrée du village. Là, au bord du chemin, deux silhouettes se découpaient contre la lumière montante.
Deux garçons.
L’un, plus grand, cheveux bleu clair, yeux rouges comme des braises au petit matin. Posture droite, regard assuré, mais quelque chose de fatigué dans la nuque, une dureté forgée par des nuits trop longues.
L’autre, plus petit, cheveux bleu sombre presque indigo, yeux noirs profonds, calmes… et une douceur étrange dans le coin des lèvres. Il serrait un petit sac contre lui comme un trésor.
Le petit eut un pas de recul en voyant Nadhir approcher, comme surpris par sa taille et par l’aura qu’il dégageait. Nadhir leva la main, détendu.
— Salut, les gars.
— Salut, Nadhir, répondirent-ils en même temps.
Nadhir cligna des yeux.
— …Hein ? Mais je vous ai jamais vus par ici.
Le grand haussa un sourcil amusé.
— Normal. Et on ne s’est pas « vus ». On te connaît.
Nadhir fronça les sourcils, puis se tourna vers le petit. Il plissa les yeux, le détailla. Quelque chose vibra dans sa poitrine, un morceau de rêve qui reprenait couleur.
— Attends… c’est… toi. Toi. Yoru. Le garçon… de mes rêves.
Le grand se mit à rire 😏 :
— Aha ! Nadhir, tu veux te marier avec mon frère, c’est ça ?
— Hein !? Mais pas du tout ! Qu’est-ce que tu racontes ?!
Le petit leva calmement la main.
— Oui. C’est bien moi, Yoru. Et ce grand nulos… c’est mon vieux grand frère, Otawa.
POM
— Comme ça « vieux » ?! J’ai 12 ans ! protesta Otawa en lui tapant doucement le crâne. 😤
— Ah ! Bah tiens, on a le même âge, répondit Nadhir, un sourire lui revenant aux lèvres.
— Sérieux ?! Eh ben c’est cool, lâcha Otawa, l’œil brillant. C’est donc ici, Konoha ? Là où je vivrai le restant de mes jours…
Il avait dit ça simplement, comme une évidence douce, et pourtant, ça sonnait comme une promesse. Nadhir hocha la tête.
— Ouais. C’est Konoha. Si vous voulez, je vous fais visiter.
— Oui, s’il te plaît, répondit Yoru, poliment.
— D’abord, on passe voir le Hokage. C’est la règle : on prévient quand on entre dans le village. Je vous accompagne.
Otawa fit tourner son sac sur son épaule.
— Tch, les règles, les règles… ok, on te suit. 😅
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Konoha au lever du jour
Ils marchèrent tous les trois dans la grande allée pavée. Les volets s’ouvraient un à un, une odeur de soupe miso flottait déjà, les chats se réveillaient en silence. Nadhir parlait peu, mais observait beaucoup : la démarche droite d’Otawa, l’attention furtive de Yoru, cette façon qu’il avait d’écouter le bruit du monde comme s’il reconnaissait une musique oubliée.
— Tu regardes quoi ? lança Otawa.
— Vos pas, répondit Nadhir. On dirait… que vous avez voyagé longtemps.
Otawa eut un souffle de rire.
— Tu n’as pas idée.
Yoru, lui, regarda le ciel d’un air pensif.
— Les nuits ne dorment pas quand le ciel se fend.
Nadhir tourna la tête.
— Toi aussi, tu les as vus ? Les flashs.
Yoru eut un petit signe de tête.
— Oui.
Ils passèrent devant un stand bien connu. Une vieille dame, au chignon serré et au sourire éternel, installait sa plaque à taiyaki. Elle leva les yeux et ses rides s’ouvrirent comme des rayons de soleil.
— Oh ! Mon garçon aux promesses. Deux au fromage, j’imagine ? 😉
Nadhir éclata de rire.
— Vous avez bonne mémoire, grand-mère.
La vendeuse posa son écumoire, releva un peu ses manches. Son regard glissa sur Yoru, puis sur Otawa. Une ombre curieuse passa dans ses yeux.
— Des amis à toi ?
— Oui, des… nouveaux voisins. 😅
Elle eut ce petit sourire qui connaît les histoires avant qu’elles ne soient racontées. Puis, comme la dernière fois, sa voix descendit d’un ton :
— Dites-moi, vous avez vu le ciel, hier ? Les éclats blancs ?
— Oui, dit Nadhir. On les a vus.
— Hm. Ces signes-là annoncent toujours l’arrivée de quelqu’un… ou de quelque chose. Souvenez-vous aussi de ce que je t’ai dit : au Pays du Fer dort une lame forgée du soleil et trempée dans la lune, cachée dans un sous-sol oublié. Les mondes se parlent par éclairs. L’acier siffle quand le ciel répond.
Otawa se figea, intéressé.
— Une lame qui tranche la lune ? Ça me plaît.
— Touchez pas à la lune, j’aime quand elle est ronde, coupa Yoru, très sérieux. 😐🌕
La vieille rit doucement, glissa deux taiyaki bien dorés à Naruto— ah non, Naruto dormait encore — à Nadhir et… en ajouta un troisième « par accident » pour Yoru.
— Et ne discute pas, mon garçon, tu ne vas pas refuser un cadeau d’une vieille dame, si ?
— J’oserais pas, souffla Nadhir, touché.
Ils repartirent, croquant dans le sucre chaud. Otawa bondissait presque à chaque pas, Yoru gardait son silence clair, et Nadhir sentait sa poitrine se réchauffer. Le rêve avait débordé dans le matin, et rien ne lui avait paru plus vrai depuis longtemps.
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La tour du Hokage
La tour dominait le village, haute, solide, immuable comme un vieux pin. La lumière y accrochait des reflets d’ambre. Nadhir monta les marches le premier. Otawa suivait, curieux de tout, posant ses doigts sur la rambarde, jetant des regards par les fenêtres. Yoru marchait au centre, son sac serré contre lui, comme s’il contenait des histoires fragiles.
Devant la porte, deux ANBU, masques impassibles. Ils inclinèrent la tête en voyant Nadhir.
— Il faut qu’ils voient le Hokage, dit-il simplement.
On les laissa passer. Le couloir sentait le papier et l’encre fraîche. Le battant s’ouvrit sur Hiruzen, assis derrière son bureau, regard doux mais attentif, pipe éteinte posée près d’un rouleau ouvert.
— Entrez, jeunes gens.
Otawa s’inclina légèrement, Yoru fit pareil, presque au millimètre près. Hiruzen les observa longuement, sans jugement. Le silence s’installa, doux, presque paternel. Le Hokage avait ce don : celui de calmer l’air par sa seule présence.
— Vous n’êtes pas d’ici, dit-il enfin. Ni d’un pays voisin. Je ne vois pas vos routes dans nos cartes.
Otawa soutint son regard, droit.
— Nous venons de loin. Très loin. Mais ce que nous cherchons est simple : vivre en paix.
Hiruzen reposa sa pipe.
— Vivons-nous seulement en paix, ici ? murmura-t-il avec ce petit sourire fatigué.
Yoru se pencha un peu, de ce geste net, précis.
— Nous pouvons travailler. Apprendre. Aider, peut-être.
Le regard d’Hiruzen glissa vers Nadhir.
— Et toi, qu’en penses-tu ?
Nadhir inspira, sentit les mots se placer tout seuls.
— Je pense qu’ils sont liés à quelque chose… qui dépasse Konoha. Ils sont arrivés quand le ciel s’est fendu. Et… je les attendais, je crois.
Un silence. Puis un signe de tête.
— Très bien. Konoha n’est pas une forteresse, c’est un foyer. Vous pourrez rester. Mais il y a des règles, des évaluations, une intégration. Je vous demanderai de respecter nos usages.
Otawa esquissa un sourire.
— Les règles, encore les règles… ça me va. Tant qu’on peut respirer.
Yoru inclina la tête.
— Merci.
— Nadhir, conclut Hiruzen, montre-leur le village. Trouve-leur un endroit où se poser. Et… tiens-moi informé.
— Bien, Hokage-sama.
En repartant, Yoru s’arrêta un instant dans le couloir, le regard perdu sur un vieux portrait accroché au mur : une photo où de jeunes ninjas riaient sous une bannière. Il posa le doigt sur l’image, sans la toucher.
— On dirait que ce mur se souvient.
Otawa leva les yeux au ciel.
— Il parle souvent comme ça. Faut t’habituer. 😮💨
— …Et toi, tu parles trop, répliqua Yoru, sec comme un haïku.
Nadhir ne put s’empêcher de sourire.
— Vous êtes… bizarres. Mais j’aime bien. Allez, suivez-moi.
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La visite (et les premières étincelles)
Ils descendirent dans les rues. Le village avait maintenant pris son rythme : rires d’enfants, claquements de sandales, vapeur de bouillons. Nadhir les traîna d’abord vers le parc, où les érables mettaient leurs ombres sur les bancs. Yoru s’arrêta net devant un étang, fixa l’eau.
— Elle sent le matin, dit-il, très sérieux.
— L’eau ne « sent » pas le matin, répliqua Otawa.
— Si. Elle a un goût différent.
— Tu ne bois pas l’étang, Yoru.
— Tu ne m’écoutes jamais, Otawa.
— Tu racontes des trucs bizarres !
— C’est toi qui es bizarre.
— C’est toi qui—
— C’est bon, c’est bon, coupa Nadhir. Vous allez réveiller les carpes. 😅
Plus loin, ils passèrent devant un terrain d’entraînement. Un groupe de genin s’exerçait au lancer de shuriken. Otawa s’arrêta, plissa les yeux, observa les trajectoires, la respiration, la manière de tenir la lame.
— Je peux essayer ?
— Pas aujourd’hui, répondit Nadhir. Y a des règles.
— Ces fichues règles…
— Et t’en fais déjà des tonnes, toi 😑, souffla Yoru.
Devant la librairie, Yoru se colla à la vitrine, fasciné par les rouleaux.
— On pourra revenir ?
— Bien sûr, dit Nadhir.
— Merci.
Ils repassèrent enfin devant le stand de la vieille dame. Elle leur fit signe, comme si elle les attendait depuis une éternité.
— Vous avez bonne mine, mes étoiles.
— Des étoiles ? répéta Otawa, amusé.
— Vous avez le ciel dans les yeux, dit-elle à Yoru. Et toi, l’éclair dans le cœur, dit-elle à Nadhir. Quant à toi… (elle fixa Otawa) tu as l’épée dans la main, même quand tu ne la tiens pas.
Ils restèrent un instant muets. Puis elle reprit, comme si de rien n’était :
— Et n’oubliez pas : au Pays du Fer, sous terre, dort une lame qui tranche la lune. Le jour où vous aurez besoin de vérité, le métal vous répondra.
Yoru se tourna vers Nadhir, un peu sérieux.
— On y ira, n’est-ce pas ?
— Un jour… oui.
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Midi chez Ichiraku (évidemment)
— Bon, il est midi, déclara Nadhir. Ramen ?
— Ramen, répéta Yoru, comme on apprivoise une syllabe nouvelle.
— RAMEN ! cria Otawa, déjà convaincu. 🍜
Chez Ichiraku, ils s’installèrent au comptoir. Teuchi leva un sourcil en voyant Nadhir avec deux inconnus aux cheveux bleus.
— Des amis ?
— Quelque chose comme ça.
— Alors… trois bols ! fit Teuchi, joyeux.
Le parfum du bouillon monta, gras et doux. Yoru, très concentré, prit ses baguettes comme si elles étaient une formule. Otawa goûta, resta interdit deux secondes… puis engloutit la moitié en un souffle.
— C’est… c’est incroyable.
— Ne pleure pas dans la soupe, lança Yoru.
— Je ne pleure pas ! C’est de la vapeur ! 😤
— Ça coule de tes yeux.
— Tais-toi, Yoru !
— Tais-toi toi-même.
— Eh oh, avalez avant de vous battre, intervint Nadhir, hilare. 😆
Ils mangèrent comme des frères qu’on aurait séparés du monde trop longtemps. Nadhir se surprit à rire, vraiment, le ventre détendu. Ça faisait longtemps. Très longtemps.
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Retour à la maison (et Naruto)
La porte coulissa, et une tornade blonde apparut.
— GRAND FRÈÈÈÈÈÈÈRE ! … Qui c’est eux ?!
Naruto fixa Otawa (grands yeux rouges, cheveux bleus, air fier), puis Yoru (petit, calme, yeux noirs). Il fit le tour, tourna autour d’eux comme un chiot autour de nouveaux amis.
— Je suis Naruto Uzumaki ! Et vous êtes qui ?!
— Otawa.
— Yoru.
— Vous venez d’où ?
— De loin, répondit Yoru.
— Très loin, ajouta Otawa avec un clin d’œil.
Naruto plissa les yeux.
— Vous mangez des ramen ?
— On adore, répondit Otawa immédiatement.
— Alors on est amis ! 🤝
— Voilà, c’est réglé, commenta Nadhir, amusé.
Naruto attrapa la manche de son frère.
— Dis, grand frère… on peut jouer à chat ?!
— Après. Ils ont marché toute la matinée.
— Je ne suis pas fatigué, protesta Otawa.
— Moi si, dit Yoru.
— Toi t’es toujours fatigué !
— C’est le monde qui est bruyant.
— C’est toi qui es bizarre !
— C’est toi qui—
— Stop 😅, coupa Nadhir. Naruto, tu leur laisses le temps de respirer. Toi, prends un taiyaki dans la boîte, et va te préparer, ce soir on mange à la maison.
Naruto trottina vers la cuisine.
Otawa, debout au milieu du salon, faisait le tour du regard. Yoru s’approcha d’une étagère… et s’arrêta net devant le Livre des Empereurs laissé là. Il ne le toucha pas. Ses doigts tremblèrent à peine, comme si la relique avait son propre pouls.
— Ça, dit-il doucement, c’est un livre qui garde le poids des noms.
Nadhir le fixa, surpris.
— Tu le connais ?
— Je le sens. C’est différent.
Otawa posa sa main à plat contre le shōji, comme pour sentir la charpente.
— Votre maison… respire. Elle est vieille, mais elle tient bien.
— Elle tient parce qu’on la répare souvent, ricana Nadhir. Naruto et ses « expériences »…
— Hé ! cria Naruto depuis la cuisine. J’ai entendu !
Ils éclatèrent de rire.
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Le soir tombe, et les vérités s’installent
Le soleil glissa derrière les toits. L’ombre entra par la porte comme une invitée attendue. Nadhir avait préparé un repas simple : riz, omelette, poisson grillé, soupe claire.
À table, Naruto bombarda tout le monde de questions, Otawa répondit avec beaucoup trop de confiance, Yoru avec peu de mots pesés.
Après le repas, Naruto s’endormit sur le tatami, la joue collée à son bol vide, comme s’il gardait la soupe en souvenir. Nadhir le porta jusqu’au futon, lui remit la couverture, passa sa main dans ses cheveux.
Otawa observait la scène, silencieux pour une fois. Yoru fixait la fenêtre où le soir s’installait.
Dans le salon, la lampe jetait un halo doux. On entendait parfois un hibou, parfois un pas tardif dehors. Une paix rare.
Otawa se tourna vers Nadhir, s’assit en face de lui, jambes croisées. Son regard rouge avait perdu la fanfaronnade.
— Dis, Nadhir… tu es fort ?
Nadhir le fixa un moment, puis sourit avec cette humilité naturelle qu’il avait lorsqu’il parlait vrai.
— À toi de juger.
Otawa hocha lentement la tête. Son sourire revint, plus franc, plus clair, presque joyeux.
— Alors… je veux me battre contre toi. Pas maintenant. Pas ici. Mais bientôt. Un vrai combat. Toi et moi.
Yoru leva les yeux, sans surprise.
— Bien sûr.
Nadhir inspira, son cœur fit un drôle de battement. Ce garçon-là n’était pas une apparition. C’était une route. Une montagne. Une réponse.
— D’accord, accepta-t-il. Quand tu veux.
Otawa sembla hésiter une seconde, comme si un aveu lui brûlait la gorge. Puis il lança, simplement, sans détour, les pupilles franches :
— Au fait… on est des Nosaï.
Nadhir resta figé. Le mot tomba dans la pièce comme un météore. Les roues invisibles de son histoire se remirent à tourner d’un coup. Il eut un sursaut, l’air coupé, les yeux grands ouverts, un vertige léger.
Le livre de Bagheera, la vieille dame et son épée solaire, les éclairs dans le ciel, la voix dans les rêves… Tout venait de se rassembler.
— …
Son souffle revint, court, presque un rire nerveux, un éclat d’incrédulité dans la gorge :
— Quoi ?!
Yoru le regarda calmement, ses yeux noirs profonds comme une nuit sans vent.
Otawa sourit, franc, presque fier, l’ombre d’un défi allumé dans les pupilles.
Le silence se posa, dense, vibrant.
Fin du Tome 35. ✨