Les Tueurs de mes rêves

Chapitre 20 : Pourritures

1304 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 09/11/2016 14:01

Bon, et si je pensais à autre chose... comme aux derniers rêves de Stanley White, tiens ? Oh, tu parles... Y'a rien à en retenir, au final. Seul détail bizarre : d'habitude, j'arrive à localiser la personne qui dort, dans son sommeil. Là, rien du tout.

Ma sortie de rêve était bizarre aussi... Bah, ça m'est déjà arrivé, d'avoir du mal à me réveiller. Dis-donc... en fait, ça m'arrive presque toujours, sauf quand... Ouais, quand je dors avec Rooney. Comme si sa présence suffisait à me guider vers l'extérieur...

Non, j'ai dit que je pensais à autre chose.

Quoique, quand je roupille « chez moi », je me réveille plus facilement aussi. Enfin, c'est normal, avec toute l'énergie qu'il y a là-bas. Ouais, ça doit fonctionner comme ça...

Bref, rien que je puisse signaler dans les rêves de Stanley. J'aurais peut-être pu fouiller plus loin si Freddy avait baissé sa garde, mais maintenant qu'il sait que je suis en vie, ça risque pas d'arriver.

Crétin d'Olly ! Merci de m'avoir mise dans la merde !

Je sais, je sais, je l'ai plus ou moins cherché en prenant des risques pareils, et si j'ai des bleus autour du cou, c'est un peu de ma faute. Ça faisait presque partie du plan...

Non. Non, en fait, j'ai vraiment tout foiré. J'ai établi ma stratégie sur une putain de théorie, je devais m'attendre à quoi ?

N'empêche... pour la baraque, ça a l'air de marcher.

Tiens... Olly rêve. Il fait probablement une sieste. Je le rejoins ou pas ? Bof, non. Je suis pas d'humeur.

Merde, s'il crève, eh ben, tant mieux !

Pourquoi tu m'as attaquée, mec ? Qu'est-ce qui se passe ? J'ai raté quelque chose ?

Question stupide. J'ai joué avec tes peurs, normal que j'en fasse un peu les frais. Et puis je m'en cogne, j'ai atteint au moins un objectif grâce à ça. Merci du coup de pouce involontaire, Oliver.

Tu parles...

Il faut vraiment qu'on s'explique, toi et moi. Tout ce foutoir ne m'amuse plus. De toute façon, pour ce que j'ai à perdre, maintenant... La seule « chose », si je puis dire, que j'avais, c'était Rooney. Et j'ai failli la tuer. Je suis une femme qui a battu sa copine. J'ai failli la tuer. J'ai failli la tuer. J'ai failli la tuer PUTAIN DE MERDE !

 

Oh, bordel, mon verre... J'en ai foutu partout, bravo.

Et allez, voilà la mère Gallagher qui se ramène. Oui, ça va, oui, t'inquiète, je vais ramasser et nettoyer ça, mais marche pas dessus, tu vas en avoir plein les chaussons.

Allez, je lui dis que je me tire ce soir. Mes affaires sont prêtes, j'ai plus rien à foutre ici. Sophie me manquera un chouïa, mais sinon, c'est sans regrets.

Oui, ça va bien, je te l'ai dit, arrête de me demander ça. Oh, et merci pour l'hébergement et la bouffe gratuits. C'était sympa.

Je crois que vous avez tous peur de moi, ici. Et j'ignore pourquoi je trouve ça bien. Je me sens mieux quand on a peur de moi.

En fait... c'est grisant. Ce doit être pour ça que je suis allée un peu trop loin avec Yellowspring. J'ai aimé qu'il me craigne, ça me mettait de sacrée bonne humeur !

 

Je suis carrément cinglée.

 

J'ai perdu Rooney, putain.

 

Je m'en fous, qu'elle m'ait caché la vérité. Ce que j'ai fait est cent fois pire.

Elle a su se défendre, c'est le principal. Je m'en tape, de mon coma. Si elle est arrivée à me défoncer le crâne contre un trottoir alors qu'elle avait douze ou treize ans, elle a pas grand-chose à craindre toute seule dehors.

Quand je pense qu'il y avait des témoins, j'ai tout simplement la gerbe. Enfin... comme ça, Rooney n'a pas été inquiétée. Ça aurait pu se produire, non ? Je sais pas, on s'en fout, ça sert à rien d'y réfléchir.

 

Faut que je fasse quelque chose pour elle. Je pourrais... je sais pas, appeler un foyer, quelque chose comme ça. Lui laisser ma maison, c'est bien beau, sauf qu'il manque la bouffe et l'électricité, là-bas.

Et pour payer ses études...

Merde, je suis conne ou quoi ? J'ai qu'à faire ce que j'ai fait jusque-là : m'incruster dans le monde des rêves, matérialiser le fric moi-même et me barrer !

Hey, tant que j'y suis... et si j'essayais de lui fabriquer un songe ?... Est-ce que je peux le faire, ça ? J'essaierai, un de ces quatre. J'essaierai.

 

C'est curieux, j'étais persuadée qu'Olly était doté des mêmes pouvoirs que moi, avant l'autre nuit... Peut-être qu'on les a pas obtenus de la même façon. Si ça se trouve, il a ça de naissance, lui.

Mon don devait être plus proche de celui de Stanley, au départ. Ouais, ça doit être ça.

C'est bien la seule chose que je te dois ainsi qu'à ton univers, Freddy. Pour tout le reste, je jure devant Dieu que je te crèverai et que, cette fois, tu ne reviendras plus. Et à vous aussi, je vous ferai payer ce que j'ai subi, même si je dois me balader tout le reste de ma vie avec ces cicatrices répugnantes.

Je vous chie à la gueule.

Jamais je ne vous serai reconnaissante. Jamais. Vous ne prendrez pas le contrôle de ma vie, désolée, les choses ont changé.

D'abord, Krueger. Ensuite, vous trois.

Si vous n'avez pas pu m'arrêter, c'est moi qui vous finirai.

 

Et ensuite... bah, j'imagine que je pourrais me tuer, moi aussi. Mais tout compte fait, il me reste encore un truc : la vie. Je tiens à la garder, cette chose-là. Supporter la culpabilité pendant des années, je m'en fous, tant que je suis vivante, que je tiens sur mes deux jambes, que je peux encore me servir de mes mains pour attraper et frapper, que j'ai mes deux yeux même si celui de gauche est quasiment daltonien... J'ai été un légume trop longtemps, et c'est fini. Je refuse d'oublier encore une fois ce que ça fait d'être en vie.

 

Craignez les nuits prochaines, pourritures. J'arrive.

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