Noriko

Chapitre 10 : Arlong Park (1)

1467 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 06/06/2025 10:17

    — C'est ça, Arlong Park ? demanda Zoro.


    — On dirait bien oui, lui dit Usopp. Ça ne me dit rien qui vaille, cette planque d'hommes-poissons me fiche un peu la frousse.


    À vue d'œil s'érigeaient des murs atteignant plusieurs mètres de haut. Ils encerclaient une immense bâtisse dont le toit pointu se découpait dans le ciel. Au bord de l'eau, un ponton permettant d'amarrer les navires était surmonté d'un portail qui donnait accès au repaire de leurs futurs adversaires.


    — On pourrait commencer par chercher le Vogue Merry ? proposa Johnny en scrutant les alentours.


    — Nami avait de l'avance sur nous, elle est forcément là, précisa Usopp. Il nous faut un plan.


    — J'en ai un, prévint Zoro en dégainant son sabre. On fonce dans le tas.


    — Non mais t'es malade !? On vient de dire que c'était des hommes-poissons ! On sait même pas combien ils sont !


    — Et alors ? Luffy m'a demandé de lui ramener cette fille et je vais le faire...


    Noriko sursauta quand Johnny et Usopp assommèrent Zoro sans sommation.


    — Mais vous êtes fous !


    — Pas question de sauter dans le tas, on va l'attacher, grommela le tireur d'élite en fouillant dans son sac.


    — Mais...


    — Ils ont raison, assura calmement Yosaku en posant une main sur son épaule.


    Noriko n'osa pas protester et se contenta d'observer les trois hommes ligoter le bretteur au mât du bateau. Celui-ci émergea de sa somnolence lorsque Johnny serra les liens plus fort que nécessaire.


    — Mais qu'est-ce que... marmonna-t-il en battant des paupières.


    Il se réveilla soudainement en pleine forme et se débattit.


    — À quoi vous jouez bande de crétins !? Détachez-moi !


    — Tu es blessé, sourit Usopp, tu as besoin de repos.


    Il voulut tapoter son épaule d'un geste rassurant mais retira vivement sa main lorsque Zoro manqua de la lui arracher avec ses dents.


    — Noriko, aboya le bretteur, détache-moi tout de suite !


    La manieuse d'eau hésita. Les regards menaçants des chasseurs de primes en disaient long : si elle bougeait, elle en subirait les conséquences.


    — Désolée, lâcha-t-elle en baissant la tête.


    — Hein !?


    — Très bon choix, Noriko, lui dit Usopp avec un grand sourire. T'en fais pas mon petit Zoro, je m'occupe de tout.


    — Je vais te découper en rondelle !


    Le menteur invétéré rit de bon cœur avant de s'étrangler avec sa propre salive. Pâle comme un linge, il pointa un doigt tremblant vers la petite forteresse.


    Suivant son regard, ses camarades eurent un mouvement de recul. Trois hommes-poissons – qui devaient les avoir repérés depuis le rivage – nageaient dans leur direction.


    Usopp hurla en s'arrachant les cheveux.


    — Il fonce sur nous ! Il faut abandonner le bateau !


    — Je te suis, paniqua Johnny, tandis que Yosaku hochait frénétiquement la tête.


    — Mais détachez-moi, bordel !


    Noriko s'arracha à la contemplation des hommes-poissons et fit volte-face vers Zoro.


    — On n'a pas le temps ! réfuta le tireur d'élite.


    Sans prévenir, il attrapa Noriko par la taille, la traîna près de la rambarde et la jeta à l'eau.


    Elle battit quelques instants des jambes et des bras pour rester à la surface, mais sa malédiction l'attira irrémédiablement vers le fond.


    — T'es malade ou quoi !? Elle va se noyer ! vociféra Zoro.


    Usopp plongea au moment où Noriko disparaissait sous une vague.


    Elle fut tirée vers le haut et l'air emplit de nouveau ses poumons. Paniquée et accrochée à son sauveur, elle enfonçait ses ongles dans sa peau tandis qu'une quinte de toux l'empêchait de respirer correctement.


    Johnny et Yosaku plongèrent à leur tour, tandis que Zoro les injuriait avec rage.


    À peine Noriko eut-elle le temps de retrouver son souffle qu'Usopp lui enfonçait la tête sous l'eau avant de s'éloigner au plus vite, tout en la traînant derrière lui.


    Prostrée au sol, les mains plantées dans la terre sèche et trempée de la tête aux pieds, Noriko vomissait de l'eau de mer.


    Accroupi près d'elle, Yosaku lui tapotait le dos.


    Haletante et la gorge en feu, elle se redressa, furieuse.


    — Ne t'avise plus jamais de me jeter à l'eau, asséna-t-elle à l'encontre d'Usopp.


    — Il y avait urgence, se défendit-il en écartant les bras.


    — Préviens-moi la prochaine fois !


    — On allait se faire attaquer ! Tu voulais que je te laisse à bord, peut-être ?


    — T'as bien laissé Zoro !


    — Il a ses sabres avec lui, il se débrouillera !


    — Et comment il va faire avec ses mains attachées !?


    Usopp se raidit, réalisant sans doute son erreur.


    — C'est un grand garçon, reprit-il fébrilement, il va s'en sortir.


    — Je donne pas cher de ta peau s'il s'en sort, pesta-t-elle.


    — Ça suffit, temporisa Johnny avec agacement avant qu'Usopp ne réplique.


    — On dit qu'un homme-poisson a la force de dix hommes, intervint Yosaku, on n'était pas de taille à les affronter.


    Noriko ouvrit la bouche pour rétorquer, mais se ravisa. Elle leva finalement une main pour donner raison et détourna le regard.


    Se disputer ne ferait pas avancer la situation. Ils devaient se concentrer sur leur objectif.


    Devant le regard interloqué de ses compagnons, elle fit apparaître une bulle d'eau partant de ses pieds avant de remonter jusqu'au sommet de son crâne. L'instant d'après, elle était totalement sèche.


    Gênée d'être ainsi dévisagée, elle détourna le regard.


    Le tireur d'élite se racla la gorge et invita ses compagnons à élaborer un plan.


    Après un bref moment pour se remettre de leur nage effrénée, ils convinrent donc de se séparer, chacun chargé d'un objectif : Noriko retrouverait Nami, Usopp récupérerait le Vogue Merry, Johnny guetterait l'arrivée de Luffy et Yosaku localiserait Zoro.


    D'un pas décidé, Noriko marchait dans la direction opposée d'Arlong Park. Le Merry n'étant pas dans les parages, elle devait trouver le village le plus proche pour s'assurer de la présence de Nami sur l'île.


    Usopp avait d'abord pris la même direction qu'elle et avait ensuite bifurqué à la première intersection pour augmenter leur zone de recherche et ainsi leurs chances de réussite.


    Elle arriva aux alentours d'un énorme bosquet et se figea complètement en écarquillant les yeux.


    Parmi les arbres gisaient quantité de débris et de maisons délabrées. Que ce soit le bois ou la pierre, l'équivalent de tout un village avait été retourné et détruit.


    La destruction n'était certainement pas récente, comme en témoignait la nature qui reprenait déjà ses droits parmi les décombres, et s'il y avait eu des survivants, nul doute qu'ils avaient tous déserté les lieux depuis longtemps.


    La gorge sèche, la manieuse d'eau avait une impression de déjà-vu. Des cris de désespoir, des hurlements d'agonie et des pleurs d'enfants résonnèrent dans son esprit.


    Elle secoua la tête pour chasser les images qui dansaient devant ses yeux et s'avança dans ce qui avait été la rue principale.

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