The New Era

Chapitre 1 : Chapitre 1 : Alliance

6356 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 26/12/2025 15:22

Note de l'auteur :

Je ne possède pas One Piece. L'histoire débute juste avant que les Mugiwaras ne débarquent sur l'archipel Shabondy. Ace n'a pas été capturé par Barbe Noire. J'espère que ça vous plaira !


Disclaimer : Certains personnages sortent de mon imagination. Les autres et l'univers appartiennent à Monsieur Oda !


West Blue. Village de pêcheurs.

Le village brûlait.

L'odeur de chair carbonisée se mêlait à celle du bois fumant, créant un mélange écœurant qui prenait à la gorge. Les cris s'étaient tus depuis longtemps. Seuls demeuraient le crépitement des flammes et le bruit métallique des bottes des Marines progressant mécaniquement dans les rues dévastées.

Ce n'était pas une attaque pirate. Les pirates, au moins, recherchaient quelque chose – un trésor, des vivres, des otages. Mais ces hommes vêtus d'uniformes blancs ne cherchaient rien. Ils se contentaient de tuer.

Le Capitaine Hendricks – celui-là même qui achetait son pain tous les matins chez Madame Rosa – venait de mettre le feu à sa boulangerie. Avec elle à l'intérieur. Ses hurlements avaient duré moins d'une minute avant de s'arrêter brusquement.

« Obéir... obéir... obéir... »

Le Capitaine murmurait ces mots sans discontinuer, les yeux vides, semblables à des billes de verre. Il s'avança vers la demeure suivante, son fusil pendant mollement dans sa main droite.

Dissimulée dans les décombres d'une remise effondrée, une fillette de six ans retenait son souffle. Elle avait vu le Capitaine Hendricks offrir des friandises à son petit frère la semaine précédente. Il avait ri. Il avait souri.

Maintenant, il ne souriait plus. Son visage demeurait figé dans une expression neutre, presque sereine, tandis qu'il embrasait systématiquement chaque bâtiment.

Un autre Marine passa devant la cachette de l'enfant. Plus jeune, à peine sorti de l'adolescence. Des larmes ruisselaient sur ses joues pendant que ses mains rechargeaient mécaniquement son fusil.

« Je ne... veux pas... » balbutia-t-il, sa voix étranglée par l'effort de résister.

Mais ses mains n'obéissaient pas à sa volonté. Elles visaient. Elles tiraient.

Le corps d'un vieil homme s'effondra dans la poussière.

« Pardonne-moi... pardonne-moi... » sanglotait le jeune Marine, son corps poursuivant méthodiquement son œuvre de destruction tandis que son esprit hurlait dans sa prison mentale.

Au loin, sur une colline dominant le village, une silhouette observait le massacre. Un homme souriant.

« Parfait, » murmura Jef Mentaru. « Encore cinquante soldats pour mon armée. Et ce n'est qu'un commencement. »

Il tourna les talons et disparut dans la nuit, abandonnant derrière lui des flammes et des hommes brisés.


Quelque part sur Grand Line.

Au beau milieu de l'océan, un navire en forme de baleine avait jeté l'ancre. Reliée par un cordage, une minuscule embarcation se mouvait au rythme de la houle. Le ciel affichait un bleu pur, le soleil brillait haut dans les cieux, et l'équipage de Barbe Blanche célébrait le retour d'un de leurs commandants.

En effet, sur ordre de son capitaine, Portgas D. Ace était rentré sur le Moby Dick et pour fêter le retour du commandant de la seconde division, une petite célébration s'était improvisée sur le pont du navire. L'alcool coulait à flots, la nourriture, sitôt servie, disparaissait. Les rires des membres de l'équipage résonnaient dans l'immensité de l'océan.

Un concours du plus gros mangeur débuta, mais s'interrompit lorsque Ace s'endormit en plein milieu, la tête dans son assiette. Préférant jouer une bonne farce à leur camarade, des membres de l'équipage partirent quérir des feutres. Lorsqu'ils furent tous armés d'un stylo de couleur, ils s'approchèrent à pas feutrés du commandant assoupi et s'amusèrent à dessiner diverses figures sur son visage. La victime se réveilla brusquement et recommença à s'alimenter sans rien remarquer, déclenchant ainsi l'hilarité générale.

Installé sur son trône, légèrement en retrait, le plus puissant pirate du monde observait la scène. Sur son visage flottait un sourire mélancolique. Il saisit son immense chope et la vida d'un trait. Depuis le début de la petite fête, il était demeuré silencieux, plongé dans ses réflexions.

Son regard glissa sur le journal datant de la semaine précédente, posé sur une table à ses côtés : « Nouvelle attaque de la Marine à West Blue ! Existe-t-il encore un endroit sûr ? »

Celui qui avait rédigé ce titre devait être un sacré comique. Depuis quand existait-il des endroits sûrs dans ce monde ?

Un article plus modeste, en bas de page, attira son attention. Il fronça les sourcils en le relisant pour la troisième fois :

« Témoignages troublants : plusieurs survivants rapportent que les Marines évoquaient une 'voix' dans leur tête avant d'attaquer. Les soldats semblaient conscients de leurs actes mais incapables de s'arrêter. »

Une voix.

Barbe Blanche serra les dents. Tout ce remue-ménage était déroutant. La Marine qui attaquait les civils, où allait le monde ?! Le devoir de ces soldats consistait à protéger les citoyens et c'étaient les pirates qui étaient censés massacrer les villageois. Il en était ainsi depuis des siècles et voilà que tout changeait.

Le Gouvernement Mondial ne savait que faire. Leur armée était devenue folle. Il y avait des citoyens qui quémandaient l'aide des pirates.

Barbe Blanche devenait progressivement plus inquiet quant à l'avenir de ses enfants. Quel sort leur réservait l'avenir ? Cela, personne ne pouvait encore l'imaginer.

Un de ses fils se précipita vers lui, paniqué. Son comportement mit aussitôt fin à la fête et tous les commandants devinrent sérieux tandis que le vieil homme fronçait les sourcils.

« Père, le Roux sollicite la permission de monter à bord. »

Barbe Blanche se redressa légèrement.

« Permission accordée. Que tous ceux possédant un esprit faible rentrent à l'intérieur. »

Les pirates obéirent sans demander leur reste, tous connaissaient le danger que représentait le Haki de Shanks le Roux. Ce jeune empereur était suffisamment puissant pour rivaliser avec le capitaine du Moby Dick. Il était respecté de tous et également craint. Barbe Blanche repensa brièvement à l'époque où Shanks n'était encore qu'un vulgaire apprenti sur le bateau de son rival de toujours. Il avait considérablement grandi, ce gamin. Cette pensée lui rappela à quel point le temps s'écoulait rapidement.

L'homme le plus puissant du monde aperçut du coin de l'œil le navire de l'empereur. Bien vite, il put entendre les pas du visiteur gravir les marches. Barbe Blanche redressa lentement la tête. Les membres de son équipage présents demeuraient impassibles face à l'aura que dégageait Shanks. Ce dernier n'était pas venu seul, Ben Beckman, son second, le suivait comme son ombre. Le Roux ne put s'empêcher de lancer une invitation à Marco lorsqu'il l'aperçut. Le phénix lui fit comprendre qu'il était bien ici, à sa manière. Ce bref échange déclencha le rire du jeune empereur. Les commandants se tenaient non loin de leur capitaine, préférant garder un œil vigilant sur lui.

« Gamin ! Si tu es venu pour me dérober mes enfants, tu peux repartir sur-le-champ et je peux même te donner un coup de main pour accélérer ton départ, » déclara froidement Barbe Blanche.

« Toujours aussi grincheux. Tiens, ton saké, » répondit le Roux en s'installant face au vieil homme.

« Pour m'apporter un saké d'une telle qualité, tu dois avoir quelque chose à me demander. Que veux-tu, morveux ? »

« Te proposer une alliance. »

Des murmures s'élevèrent parmi l'équipage du vieil homme. Ce dernier les fit taire d'un regard avant de reposer ses yeux impassibles sur le jeune empereur. Une alliance ?! Jamais dans l'histoire deux empereurs ne s'étaient alliés pour une raison ou une autre. De son côté, Shanks demeurait calme. Il s'était déjà entretenu avec Barbe Blanche au sujet de la folie de la Marine ; il savait que le vieil homme agirait à un moment ou un autre. Mais pour cela, il faudrait que ses enfants fussent en danger. Il faudrait être dérangé pour s'attaquer à cet équipage, rien que leur nombre impressionnait. Le plus grand et le plus puissant équipage connu. Ces faits imposaient le respect ou la jalousie de certains.

« D'après les Révolutionnaires, Teach, maintenant nommé Barbe Noire, se serait allié avec la personne qui tire les ficelles dans l'ombre. »

La tension monta rapidement chez Barbe Blanche. Ce traître avait rejoint le camp adverse ?! Quel intérêt en tirait-il ? Sa poigne sur son épée se fit plus ferme. La haine s'installa progressivement sur les visages des membres de l'équipage de Barbe Blanche. Des exclamations de rage suivirent. Personne n'avait oublié ce que Teach avait accompli. Il avait tué Thatch, un ami, un commandant, un frère. Et pour ce crime, sa peine serait la mort. C'était ainsi qu'on punissait ce genre d'acte : on ne s'attaquait pas aux enfants de Barbe Blanche et cela, Teach allait le comprendre. Les commandants rétablirent le calme. Ace se retenait de reprendre la mer afin de le poursuivre et de venger son ami, mais il respecterait l'ordre de son père.

« Bien, j'accepte. Cependant, il nous faudra de l'aide. Nous ne savons rien sur celui qui tire les ficelles. Il nous faut des informations et le plus rapidement possible. Contacte les Révolutionnaires et ton ami au Gouvernement Mondial, demande-leur tout ce qu'ils savent. J'enverrai également des messages à mes alliés dispersés sur Grand Line. Ils doivent savoir ce qui se prépare, » décida l'homme le plus puissant au monde.

« Et les membres puissants de la Marine qui ne sont pas affectés par la folie, comme Sengoku ou Garp ? »

« Même dans cette situation, nous ne pouvons leur accorder notre confiance. Ils répondent au Gouvernement Mondial, et nous ignorons jusqu'où s'étend cette corruption. »

Ils préparèrent ensemble le rassemblement, choisirent le lieu et la date. Shanks proposa Saint Poplar, une île peu fréquentée de Grand Line, suffisamment éloignée des routes principales pour éviter l'attention du Gouvernement. Barbe Blanche hocha la tête en signe d'approbation. L'empereur roux prit congé, suivi de Ben Beckman. Dès que le bateau du jeune empereur fut à l'horizon, Barbe Blanche donna ses ordres. La fête était terminée, les choses sérieuses commençaient. Les commandants attendirent les ordres de leur capitaine. Dès qu'ils les reçurent, chacun s'activa à sa tâche. Certains étaient chargés de contacter les Révolutionnaires pour obtenir des informations, d'autres devaient prévenir les alliés de Barbe Blanche dispersés sur Grand Line, d'autres encore devaient rassembler un maximum de renseignements sur les attaques de la Marine. Le ciel se voila soudainement, un éclair éclata au loin. Une tempête approchait alors que la nuit tombait sur Grand Line.

La nuit était tombée sur Grand Line. La tempête annoncée par les éclairs à l'horizon grondait maintenant au-dessus du Moby Dick, mais l'équipage en avait l'habitude. Les voiles étaient carguées, les cordages vérifiés.

Ace s'approcha de son père, demeuré seul sur le pont malgré la pluie qui commençait à tomber. Le vieil homme contemplait l'océan démonté, perdu dans ses pensées.

« Père... »

Barbe Blanche ne se retourna pas, mais sa main se posa sur le bastingage dans une invitation silencieuse.

Ace s'approcha, se plaçant à ses côtés.

« Teach... » commença le jeune homme, sa voix tremblante de rage contenue.

« Je sais, mon garçon. Je sais. »

Barbe Blanche posa sa main massive sur l'épaule de son fils.

« Laisse-moi y aller, » implora Ace. « Laisse-moi le retrouver et le faire payer pour ce qu'il a infligé à Thatch. Je te le ramènerai. Mort ou vif, mais je te le ramènerai. »

« Non. »

Le mot tomba comme une sentence. Final. Absolu.

Ace se raidit.

« Mais Thatch était mon ami ! Mon frère ! Comment peux-tu me demander de demeurer les bras croisés pendant que son assassin court toujours ?! »

« Et tu es MON fils, » répondit Barbe Blanche d'une voix douce mais ferme. « Je ne te perdrai pas pour une vengeance. »

« Ce n'est pas seulement de la vengeance ! C'est justice ! »

Barbe Blanche se tourna enfin vers Ace. Dans ses yeux brillait une émotion que le jeune homme voyait rarement : la peur. Pas pour lui-même, mais pour ses enfants.

« Écoute-moi attentivement, Ace. Teach n'est pas simplement un traître en fuite. Il a rejoint quelque chose de plus grand, de plus dangereux. Shanks me l'a confirmé. Il y a quelqu'un derrière tout cela. Quelqu'un qui peut contrôler l'esprit des gens. »

Ace ouvrit la bouche pour protester, mais Barbe Blanche leva la main.

« Si tu pars seul à sa poursuite, tu ne reviendras pas. Et je ne parle pas de mourir au combat. Je parle de devenir comme ces Marines qui massacrent des innocents. Une marionnette. »

Le silence retomba entre eux, seulement troublé par le bruit de la pluie et des vagues.

« Nous le retrouverons, » promit Barbe Blanche. « Ensemble. Mais pas maintenant. D'abord, nous devons comprendre contre quoi nous nous battons. Tu comprends ? »

Ace baissa la tête. Les larmes menaçaient de couler, mêlées à la pluie qui ruisselait sur son visage.

« Je... je veux simplement venger Thatch. »

« Je sais. Moi aussi. Mais Thatch ne voudrait pas que tu périsses pour lui. Il voudrait que tu vives. Que tu protèges cette famille. »

Barbe Blanche attira Ace contre lui dans une étreinte paternelle rare mais d'une force inébranlable.

« Fais-moi confiance, mon fils. »

Ace ferma les yeux, laissant enfin les larmes couler librement.

« ...Oui, Père. »

Ils demeurèrent ainsi un long moment sous la pluie, un père et son fils face à la tempête qui s'annonçait.

Barbe Blanche soupira et regagna sa cabine, Ace sur ses talons, tandis que l'équipage poursuivait les préparatifs pour traverser la tempête.


Quelque part sur Grand Line. Eustass Kidd.

Le navire du capitaine Eustass Kidd fendait les flots avec violence, comme à son habitude. Sur le pont, l'homme aux cheveux rouges flamboyants observait l'horizon d'un air sombre.

Killer, son second, s'approcha avec précaution, tenant un journal.

« Capitaine. Tu devrais lire cela. »

Kidd arracha le journal des mains de Killer et parcourut rapidement les gros titres.

« 'Alliance historique : Barbe Blanche et Shanks le Roux s'unissent'... » Il cracha par terre. « Ces vieilles croûtes qui jouent aux héros. Pathétique. »

Au même instant, un homme de l'équipage surgit en courant, le visage blême.

« Capitaine ! Il y a de la fumée à l'horizon ! On dirait... on dirait qu'un village brûle ! »

Kidd grimpa jusqu'au nid-de-pie en quelques bonds. Au loin, effectivement, une colonne de fumée noire s'élevait dans le ciel. Et là, près de la côte, il pouvait distinguer les voiles blanches caractéristiques de la Marine.

« On change de cap ! » hurla-t-il. « Direction cette île ! Si ces abrutis de Marines veulent jouer aux sauvages, je vais leur montrer ce qu'est la vraie violence ! »

Killer consulta à nouveau le journal.

« Il y a autre chose, Kidd. D'après le journal, ils préparent quelque chose de grand. »

Le capitaine cracha par-dessus bord.

« On s'en fout. »

Il froissa le journal et le jeta par-dessus bord.

Mais alors que le navire changeait de cap, un des hommes de Kidd remonta du pont inférieur.

« Capitaine... j'ai entendu quelque chose de bizarre. Les quelques survivants qui fuyaient l'île... ils disaient que les Marines répétaient un nom avant d'attaquer. Encore et encore. »

Kidd fronça les sourcils.

« Un nom ? Lequel ? »

« Je... je n'ai pas bien saisi. Ils étaient trop choqués pour être cohérents. Mais... ça ressemblait à... Men-quelque chose ? »

Kidd balaya l'information d'un geste de la main, mais son regard s'était fait plus pensif.

Un nom. Une voix. Et maintenant deux empereurs qui s'alliaient.

« On verra bien, » grogna-t-il.


Ailleurs sur Grand Line. Trafalgar Law.

Dans les profondeurs de son sous-marin, Trafalgar Law observait une carte épinglée au mur de sa cabine. Des punaises rouges marquaient chaque attaque de la Marine rapportée dans les journaux au cours des derniers mois. Un motif commençait à émerger.

Bepo, son navigateur, entra avec précaution.

« Capitaine ? Tu n'as pas dormi depuis deux jours... »

Law ne répondit pas immédiatement. Il observait la carte, où il avait marqué chaque attaque rapportée dans les journaux. Quelque chose d'autre attira son attention – plusieurs attaques avaient eu lieu dans le North Blue, près de Flevance.

Son île natale. Celle qui n'existait plus.

Quinze ans plus tôt

Les rues blanches de Flevance brillaient sous le soleil. Law, âgé de dix ans, courait dans les bras de ses parents, riant. Tout était blanc, pur, magnifique.

« Attention, Traffy ! » riait sa petite sœur.

Puis l'image se fissura. Le blanc devint rouge. Les corps s'amoncelaient. Les soldats du Gouvernement Mondial encerclaient la ville.

« Personne ne sort, » ordonna un officier. « Laissez-les mourir. Tous. »

Les flammes. Les cris. Le sang.

La main de sa mère devenant froide dans la sienne.

Law cligna des yeux, revenant au présent. Sa main tremblait légèrement sur la carte.

« Ce n'est pas aléatoire, » murmura-t-il, la mâchoire serrée. « Regarde, Bepo. Toutes ces attaques suivent une trajectoire. Quelqu'un contrôle cela. Et si le Gouvernement était déjà impliqué à Flevance... »

Il laissa sa phrase en suspens, mais la rage froide dans ses yeux parlait pour lui.

« Le Gouvernement Mondial dissimule quelque chose. Comme il a dissimulé Flevance. Comme il dissimule tout. »

Il replia le journal avec précision.

« Prépare le sous-marin, Bepo. La situation devient intéressante. Demeurons en observation pour le moment. Mais lorsque je découvrirai qui est derrière tout cela... »

Sa main se posa sur son Kikoku.

À ce moment, un signal d'urgence retentit. Un de ses hommes fit irruption.

« Capitaine ! Un navire de la Marine approche à toute vitesse ! Ils... ils tirent sur tout ce qui bouge ! Il y a un village juste devant eux ! »

Law se leva calmement, ajustant son chapeau tacheté.

« Room. »


Sur une île de Grand Line. Jewelry Bonney.

Dans un restaurant animé d'un port marchand, Jewelry Bonney dévorait son dixième plat. Autour de sa table, les assiettes vides s'empilaient dangereusement. Les autres clients l'observaient avec un mélange de fascination et d'horreur.

Un membre de son équipage entra précipitamment, tenant un journal.

« Capitaine Bonney ! Il faut que vous lisiez cela ! »

Sans cesser de manger, Bonney attrapa le journal d'une main. Ses yeux parcoururent les gros titres.

« 'Alliance historique : Barbe Blanche et Shanks le Roux s'unissent face à la folie de la Marine'... » lut-elle à haute voix.

Puis ses yeux se fixèrent sur la liste des zones touchées par les attaques.

North Blue. East Blue. West Blue.

Et puis...

South Blue – plusieurs îles.

Son cœur se serra. Sorbet se trouvait dans le South Blue.

« Est-ce que... » sa voix trembla légèrement. « Est-ce qu'il y a des nouvelles de Sorbet ? »

Son équipier secoua la tête.

« Pas dans ce journal. Mais capitaine... South Blue est mentionné. Plusieurs villages ont été attaqués. »

Bonney laissa choir sa fourchette. Pour la première fois depuis des années, elle perdit l'appétit.

« Sorbet... » murmura-t-elle.

Son île. Les gens qu'elle connaissait.

« Il y a autre chose, capitaine. Des témoins affirment avoir vu des hommes en costume noir du Gouvernement Mondial superviser certaines attaques. »

Le visage de Bonney se vida de toute couleur. Le Gouvernement Mondial. Toujours eux.

Elle serra les poings si fort que ses ongles entaillèrent ses paumes.

Puis, soudainement, elle attrapa une assiette. Puis une autre. Et encore une autre.

Manger. Ne pas penser. Manger. Oublier. Manger.

Mais la peur montait avec chaque bouchée. La peur pour Sorbet. La peur que les gens qu'elle aimait fussent...

Non. Elle refusait d'y songer.

« Rassemblez l'équipage, » ordonna-t-elle entre deux assiettes, la voix tremblante mais déterminée. « On retourne à South Blue. Immédiatement. »

« Mais capitaine, avec toutes ces attaques, c'est dangereux de— »

« JE M'EN FOUS ! » hurla-t-elle, ses pouvoirs s'activant involontairement.

La table devant elle vieillit instantanément, le bois se couvrant de fissures et de moisissures.

« Je dois savoir. Je dois savoir s'ils vont bien. »

Elle attrapa une autre assiette, les larmes menaçant de couler.

« Sorbet... s'il vous plaît, soyez encore là... »


Base navale abandonnée. X-Drake.

L'ancien Contre-Amiral X-Drake contemplait les ruines fumantes de ce qui avait été, deux jours plus tôt, une base de la Marine florissante. Des corps gisaient partout – tous des Marines. Ils s'étaient entre-tués.

Drake s'accroupit près d'un capitaine qu'il avait connu. L'homme avait les yeux grand ouverts, figés dans une expression de terreur et de confusion. Comme s'il avait été conscient de ce qu'il accomplissait, mais incapable de s'arrêter.

Dans sa main crispée, Drake trouva un morceau de papier froissé. Il le déplia avec précaution.

Quelques mots griffonnés d'une écriture tremblante :

« Résiste... voix dans ma tête... pas moi... je ne veux pas... ne peux pas... contrôle... pardonne-moi... »

Drake serra le papier dans sa main. Une voix dans leur tête. Un contrôle mental.

Il se redressa, observant le carnage autour de lui. Ces hommes avaient servi avec honneur. Ils avaient protégé les innocents. Et maintenant...

Il lut le journal qu'il avait trouvé à l'entrée de la base. L'alliance entre Barbe Blanche et Shanks. La folie qui s'emparait de la Marine partout dans le monde.

« La Marine que j'ai connue est morte, » murmura-t-il.

Il froissa le papier avec rage.

« Mais je découvrirai qui fait cela. Et je restaurerai l'honneur de la Marine. Même si je dois le faire seul. »

Il tourna le dos à la base en ruines et repartit vers son navire.

Quelque part, quelqu'un tirait les ficelles. Quelqu'un transformait de bons soldats en marionnettes meurtrières.

Et Drake allait le trouver.


Sur une île brumeuse. Basil Hawkins.

Assis en tailleur sur le pont de son navire, Basil Hawkins disposait ses cartes de tarot en cercle. Ses hommes l'observaient en silence, habitués aux rituels de divination de leur capitaine. La brume qui enveloppait leur navire semblait s'épaissir à mesure que les cartes se révélaient.

« La Tour. Le Diable. La Mort, » murmurait Hawkins en retournant chaque carte. « Le monde tel que nous le connaissons touche à sa fin. »

Il retourna une autre carte et se figea.

Le Pendu. Inversé.

Puis une autre.

La Lune. Également inversée.

Puis une troisième.

Dix d'Épées.

Hawkins sentit un frisson glacé parcourir son échine. En trente ans de lecture, il n'avait vu cette combinaison qu'une seule fois.

Le jour où son île avait brûlé. Le jour où sa famille avait péri.

« Capitaine ? » demanda un de ses hommes, inquiet par l'expression inhabituellement troublée de Hawkins.

« Silence, » murmura le mage, la voix tremblante.

Il retourna une dernière carte, celle du centre.

La Tour. Encore.

Mais cette fois, elle semblait différente. Plus sombre. Plus menaçante.

Il ferma les yeux et se concentra, faisant appel à ses pouvoirs de divination les plus profonds.

La probabilité que nous soyons tous morts d'ici un mois : 89%.

La probabilité que le monde tel que nous le connaissons survive : 7%.

La probabilité de pouvoir échapper à ce destin : 3%.

Pour la première fois de son existence, Basil Hawkins éprouva de la peur. Vraiment peur.

« Les cartes ne mentent jamais, » murmura-t-il. « Et elles annoncent... l'apocalypse. »

Un de ses hommes lui tendit le journal.

« Capitaine, vous devriez lire cela. »

Hawkins prit le journal d'une main tremblante. L'alliance de Barbe Blanche et Shanks. La folie de la Marine.

Il retourna une autre carte. Le Pendu, toujours inversé.

« Marionnettes dansant sur des fils invisibles, » interpréta-t-il. « Sacrifices inutiles. Le contrôle... »

Il rassembla ses cartes d'un geste sec.

« Les cartes annoncent de grands bouleversements. 89% de chances de périr... » Il se leva, son calme habituel fissuré par une tension palpable. « Nous devons demeurer vigilants et observer. Le moment d'agir viendra. »

À ce moment, un navire émergea de la brume. Un navire de la Marine. Mais quelque chose n'allait pas. Il dérivait, sans contrôle apparent. Sur le pont, Hawkins pouvait voir des silhouettes s'affronter entre elles.

« Les Marines s'entre-tuent, » observa-t-il, sa voix retrouvant son calme habituel malgré la peur qui lui nouait les entrailles. « Comme prédit. Évitons-les. Notre destination se trouve ailleurs. »

Mais intérieurement, il savait : les cartes avaient raison.

Quelque chose de terrible approchait.

Et presque personne n'en réchapperait.


Port marchand de Grand Line. Capone Gang Bege.

Dans un bar enfumé, Capone Gang Bege écoutait attentivement un homme tremblant assis face à lui. Autour d'eux, plusieurs membres de son équipage montaient la garde, intimidants dans leurs costumes noirs.

« R-répète ce que tu m'as dit, » ordonna Bege, rallumant son cigare.

L'homme, un pêcheur qui avait survécu à une attaque marine sur son île, déglutit difficilement.

« C'était... c'était horrible, monsieur Bege. Les Marines... ils n'étaient plus eux-mêmes. Leurs yeux étaient vides. Ils répétaient des mots. Encore et encore. »

« Quels mots ? »

Bege tira une longue bouffée de son cigare, les yeux plissés.

« Avant de... avant qu'ils ne commencent à tirer, j'ai entendu le Capitaine Hendricks murmurer quelque chose. Encore et encore. Comme une prière. »

Bege se pencha en avant, intéressé.

« Quoi ? Que disait-il ? »

« 'Obéir... obéir... obéir...' Il le répétait sans arrêt. Et puis, d'un coup, il a levé son fusil et... »

L'homme s'interrompit, au bord des larmes.

Bege hocha lentement la tête. Contrôle mental. Pas de la folie. Quelqu'un ou quelque chose contrôlait ces Marines.

« Tu as bien fait de venir me voir, » dit Bege en glissant une liasse de billets vers l'homme. « Si tu entends autre chose, tu reviens. Compris ? »

L'homme acquiesça frénétiquement et s'enfuit du bar.

Un de ses hommes s'approcha.

« Boss, que faisons-nous ? »

Bege lut rapidement le journal posé sur la table. L'alliance entre empereurs. Les attaques partout dans le monde.

« On garde les oreilles ouvertes et on protège notre territoire. Pour l'instant. Si quelqu'un peut contrôler l'esprit des gens... alors personne n'est en sécurité. Même nous. »

Il ralluma un cigare, fixant le journal avec attention. Cette alliance entre empereurs... il devait en savoir davantage.

Mais une chose était certaine : dans un monde où quelqu'un pouvait te transformer en marionnette, même un mafieux devait avoir un code. Et le sien incluait protéger les civils de sa zone. Personne ne transformerait SES gens en zombies.


Île musicale de Grand Line. Scratchmen Apoo et le Moine Fou Urouge.

Les notes discordantes du piano de Scratchmen Apoo résonnaient dans le bar en ruines. Autour de lui, des cadavres de Marines et de civils gisaient pêle-mêle. L'homme-longue-bras jouait une mélodie funèbre, ses longs doigts dansant sur les touches tachées de sang.

« Fascinant, » murmurait-il. « Le chaos possède sa propre musique. »

La porte du bar s'ouvrit, laissant entrer Urouge, le Moine Fou. Le géant aux ailes blanches portait sur son épaule un Marine inconscient – un des rares survivants.

« Apoo. Regarde ce que j'ai trouvé. »

Le musicien cessa de jouer et s'approcha. Le Marine respirait faiblement, ses vêtements déchirés et tachés de sang.

« Il vit encore ? Impressionnant. »

« À peine, » répondit Urouge en déposant délicatement le soldat sur un banc. « Mais il a murmuré quelque chose d'intéressant avant de perdre connaissance. »

Apoo s'accroupit près du Marine. L'homme ouvrit soudainement les yeux – complètement vides, sans une once de conscience.

« Libéré... » murmura-t-il d'une voix rauque. « Libéré du contrôle... mais... dans ma tête... partout... »

« Contrôle ? » demanda Apoo, intrigué. « Qui te contrôlait ? »

Le Marine ne répondit pas directement. Ses yeux se révulsèrent légèrement.

« Voix... dans ma tête... ordres... ne pouvais pas... résister... »

Urouge posa une main compatissante sur l'épaule du soldat.

« Que Dieu ait pitié de ton âme. Qui a fait cela ? »

Le Marine s'évanouit à nouveau. Apoo siffla entre ses dents.

« Intéressant. Très intéressant. Quelqu'un transforme la Marine en marionnettes. »

Urouge posa le Marine sur un banc avec une douceur surprenante pour un homme de sa carrure.

« Ce n'est pas une simple folie. C'est... diabolique. »

« Diabolique ? » ricana Apoo. « C'est de l'art ! Quel instrument incroyable que l'esprit humain ! »

Urouge lui lança un regard désapprobateur.

« Ce n'est pas un jeu, Apoo. Ces hommes souffrent. »

Le musicien haussa les épaules et retourna à son piano.

Mais alors qu'Urouge s'apprêtait à partir, le Marine murmura un dernier mot avant de sombrer complètement dans l'inconscience :

« Mentaru... »

Apoo et Urouge échangèrent un regard.

Un nom. Enfin, un nom.

« Mentaru, » répéta Apoo pensivement. « Je vais me souvenir de ce nom. »


En direction de Shabondy, sur le Thousand Sunny.

Le navire à tête de lion voguait tranquillement sur Grand Line. Le ciel était dégagé et un léger vent venait pousser doucement les voiles du navire des Mugiwaras. L'ambiance du bateau était comme à son habitude : mouvementée.

Luffy était assis sur la figure de proue, le regard tourné vers l'horizon. Zoro dormait contre le mât. Sanji préparait le déjeuner dans la cuisine. Nami étudiait des cartes. Usopp bricolait une nouvelle arme. Chopper lisait un livre de médecine. Robin feuilletait un ouvrage d'histoire. Franky réparait quelque chose sur le pont. Brook jouait du violon.

Un oiseau-messager descendit du ciel et laissa tomber le journal du jour avant de repartir.

Nami l'attrapa au vol et commença à le parcourir. Ses yeux s'écarquillèrent.

« Les gars ! Regardez cela ! » s'exclama-t-elle.

L'équipage se rassembla autour d'elle.

« 'Alliance historique : Barbe Blanche et Shanks le Roux s'unissent face à la folie de la Marine !' » lut-elle à haute voix. « C'est incroyable ! Deux empereurs qui forment une alliance... »

Robin prit le journal et parcourut l'article rapidement.

« D'après cet article, il y a des mouvements étranges. Des empereurs qui s'allient, la Marine qui perd le contrôle... La situation serait bien pire que ce que nous pensions. Des villages entiers massacrés, des bases qui s'auto-détruisent... »

Luffy attrapa le journal et observa la photographie de Shanks et Barbe Blanche côte à côte.

« Shanks... » murmura-t-il, un sourire se dessinant sur son visage. « Et Ace est avec Barbe Blanche ! J'ai hâte de les revoir ! »

« En attendant, nous avons notre propre route à suivre, » déclara Nami en repliant le journal. « Direction le Nouveau Monde. Et si nous croisons Shanks ou ton frère en chemin... »

« Shishishi ! Ce sera une sacrée fête ! » rit Luffy, le regard déjà tourné vers l'horizon.

Zoro sourit en coin, la main sur ses sabres.

« Une fête... ou un combat. Je suis partant pour les deux. »

« On va tous périr, » gémit Usopp, déjà en train d'imaginer le pire.

« Ne sois pas si négatif, » le réprimanda Nami. « Avec Luffy, nous survivons toujours. »

« Par miracle, » marmonna le tireur d'élite.

Robin sourit doucement.

« Quoi qu'il advienne, ce sera certainement... intéressant. »

Le Thousand Sunny poursuivit sa route vers le Nouveau Monde, son équipage insouciant face aux tempêtes qui s'annonçaient.

Parce que c'était cela, les Mugiwaras. Même face à l'apocalypse, ils conservaient leur sourire.


Pendant que les pirates de Grand Line découvraient l'alliance des empereurs et que la Marine sombrait dans la folie, ailleurs, dans un royaume oublié du monde, une autre histoire se déroulait.

Une histoire qui, bientôt, croiserait celle de Barbe Blanche et de ses alliés.

Car l'homme qu'ils recherchaient – celui qui tirait les ficelles, celui dont le nom commençait à circuler parmi les survivants – venait de s'échapper de ce royaume mystérieux.

L'ambiance qui régnait sur cette île était bien différente de celle du Moby Dick. Aucun rire ne résonnait dans les rues. Les villageois se terraient chez eux, certains pleuraient leurs proches disparus. Une semaine. Une semaine que l'île vivait dans la terreur. Il y avait une semaine, Jef Mentaru avait réussi à s'échapper de sa prison.

À quelques kilomètres du village, se dressait un majestueux château entouré de forêts luxuriantes. Un château dissimulé aux yeux du monde. Un royaume secret dont personne ne connaissait l'existence. Le château était gardé par des hommes armés jusqu'aux dents. Ces soldats avaient pour mission de protéger le royaume. Plusieurs d'entre eux gisaient désormais sans vie aux portes de l'enceinte.

Dans une grande salle richement décorée, un homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'une tenue royale, était assis sur son trône. À ses côtés se tenait son épouse, le visage marqué par l'inquiétude. Devant eux, un vieil homme au dos courbé se tenait debout, appuyé sur une canne.

« Votre Majesté, » commença-t-il d'une voix tremblante, « Jef Mentaru s'est échappé il y a une semaine. Nos meilleurs hommes n'ont pas réussi à le retrouver. Il a quitté l'île. »

Le Roi serra les accoudoirs de son trône.

« Comment est-ce possible ? Nous l'avions enfermé dans la prison la plus sécurisée du royaume ! »

« Votre Majesté... » le vieil homme hésita. « Il a utilisé ses pouvoirs. Sur les gardes. Il les a... contrôlés. »

Un lourd silence retomba sur la salle.

La Reine prit la parole.

« Il faut prévenir Sohalia. Elle est la seule qui ait réussi à le vaincre une fois. »

Le Roi se leva de son trône.

« Faites venir Sohalia Shizen. Immédiatement. »

Quelques minutes plus tard, Sohalia Shizen se tenait devant le Roi. La jeune femme de vingt-deux ans avait considérablement changé depuis qu'elle était revenue sur son île natale à l'âge de quinze ans. Ses longs cheveux blonds cascadaient sur ses épaules, et ses yeux émeraude brillaient d'une détermination farouche.

« Votre Majesté, » salua-t-elle respectueusement.

« Sohalia, » répondit le Roi. « Jef Mentaru s'est échappé. Il a quitté l'île. Nous avons besoin de toi pour le retrouver. »

La jeune femme serra les poings, mais un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

« Alors je vais le poursuivre. »

Le Roi fronça les sourcils.

« Sohalia... tu connais les règles. Tu es née sur cette île. Tu n'aurais jamais dû la quitter durant ton enfance. Tu ne devrais pas davantage repartir. C'est la loi de notre Royaume. »

Le sourire de Sohalia s'élargit.

« Justement, Votre Majesté. Jef a quitté l'île. Pour le retrouver, je dois partir. Vous me donnez vous-même la permission. »

Le Roi observa longuement la jeune femme. Il savait ce qu'elle pensait. Depuis sept ans qu'elle était revenue, elle n'avait cessé de parler du monde extérieur. Et surtout... de Barbe Blanche.

« Je te donne la permission de quitter l'île pour ramener Jef Mentaru mort ou vif. Je te donne également l'ordre de revenir. »

Quelques heures plus tard, debout sur le pont d'un petit navire, Sohalia regardait l'île s'éloigner derrière elle. Un sentiment de liberté retrouvée. Enfin, elle reprenait la mer. Elle savait exactement où elle devait se rendre.

« Direction Grand Line, » ordonna-t-elle au timonier. « Je dois retrouver Barbe Blanche. »

Le vieux marin hocha la tête.

« Vous savez où le trouver, mademoiselle Shizen ? »

Sohalia sourit, extirpant un journal qu'elle avait emporté.

« D'après les dernières nouvelles, Barbe Blanche et Shanks le Roux ont formé une alliance. Ma main à couper qu'ils recherchent Jef. Ils vont avoir besoin de se retrouver quelque part pour peaufiner les détails de leur plan. Si je me fie à la position indiquée dans le journal, il n'y a pas beaucoup d'îles où ils pourraient se rejoindre. »

Elle contempla l'horizon avec détermination.

« Et lorsque je retrouverai enfin ma famille, je lui expliquerai tout. Ma disparition. Jef. »

Le vent gonfla les voiles du petit navire.

« Je te retrouverai, Jef, » murmura-t-elle. « Mais cette fois, je n'hésiterai pas. Je te tuerai. »

Le navire poursuivit sa route vers Grand Line, vers l'inconnu.

Vers Barbe Blanche.

Vers un destin que Sohalia était enfin prête à affronter, cette fois avec l'aide de sa famille.


Quelque part dans le Nouveau Monde. Forteresse abandonnée.

Dans l'obscurité d'une ancienne forteresse oubliée, un homme se tenait devant une carte du monde. Des épingles rouges marquaient chaque endroit où ses Marines possédés avaient frappé.

West Blue : dix-sept villages.

South Blue : douze villages.

East Blue : neuf villages.

North Blue : vingt et un villages.

Jef Mentaru sourit en ajoutant trois nouvelles épingles.

« Mille deux cent trente-sept soldats, » murmura-t-il pour lui-même. « Plus que suffisant pour la prochaine phase. »

Il se tourna vers l'ombre derrière lui.

« Tu avais raison, » dit-il à la silhouette invisible. « Le chaos est bien plus efficace que l'ordre pour construire un empire. »

Un rire résonna dans l'obscurité. Profond. Terrifiant.

« Ce n'est qu'un commencement, Mentaru. Bientôt, même les empereurs tomberont. »

Jef inclina légèrement la tête.

« Comme vous le souhaitez... Teach. »

Dans l'ombre, deux yeux brillèrent d'une lueur maléfique.

L'homme autrefois connu sous le nom de Marshall D. Teach, maintenant appelé Barbe Noire, émergea de l'obscurité.

« Zehahahaha ! Le monde ne sait pas ce qui l'attend. Barbe Blanche pense pouvoir m'arrêter ? Shanks croit pouvoir me retrouver ? Ils ne comprennent pas. Ils ne savent pas avec qui ils se battent. »

Il posa sa main massive sur l'épaule de Jef.

« Poursuis ton œuvre. Transforme la Marine en marionnettes. Sème le chaos. Et lorsque le moment sera venu... »

Ses yeux brillèrent d'une ambition démesurée.

« Je deviendrai le Roi des Pirates. »

Jef Mentaru sourit.

« Et moi, je contrôlerai tous les esprits de ce monde. »

Les deux hommes échangèrent un regard complice.

Dehors, la tempête grondait.

Mais à l'intérieur de la forteresse, quelque chose de bien plus dangereux qu'une tempête était en train de naître.

Un plan. Une alliance. Une menace.

Et le monde n'était pas prêt.


REECRIT : 25/12/2025

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