The New Era

Chapitre 2 : Chapitre 02 : Retrouvailles

5573 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 27/12/2025 00:22

Une semaine s'était écoulée depuis que les Marines asservis avaient réduit en cendres le village de West Blue. Une semaine depuis que Sohalia avait quitté le royaume. Sept jours de navigation solitaire sur l'océan, à scruter l'horizon avec un mélange d'espoir et d'anxiété qui ne la quittait jamais.

Et maintenant, enfin, Saint Poplar.

Le navire accosta avec douceur contre le quai de bois patiné par les ans. Sohalia demeura immobile un instant, les mains crispées sur le bastingage, contemplant le port qui bruissait d'activité devant elle. Des marchands vociféraient leurs prix. Des pirates s'esclaffaient dans les tavernes. Des enfants couraient entre les étals. La vie. Le chaos. L'ineffable beauté de la liberté.

Elle descendit lentement la passerelle, son sceptre doré à la main, ses longs cheveux blonds ondulés flottant dans la brise marine. Ses pieds nus effleurèrent le bois du quai.

Elle s'immobilisa.

C'était un geste simple. Un pas. Mais après sept années d'emprisonnement, c'était tout. C'était la liberté incarnée.

Sohalia ferma les paupières et inspira profondément. L'air embaumait le sel, le poisson frais, les épices exotiques du marché. Si différent de l'atmosphère stagnante de son île-prison. Si différent du parfum capiteux des fleurs tropicales du jardin où elle passait ses journées auprès d'Emi.

« Sept ans, » murmura-t-elle.

Sept longues années cloîtrée sur cette île maudite. Sept ans à contempler les vagues en songeant à eux. À Marco qui la faisait rire. À Jozu qui la protégeait. À Barbe Blanche qui l'appelait « ma fille ».

Sept ans à vivre auprès d'Emi, à prendre soin de sa tante tout en se sentant prisonnière.

Sept ans à se demander s'ils la recherchaient. S'ils pensaient à elle. Ou s'ils l'avaient oubliée.

Un pincement au cœur. La culpabilité.

« Je t'ai promis de revenir, » chuchota-t-elle, pensant à Emi demeurée sur l'île.

L'ordre du Roi résonna dans son esprit comme un écho lancinant : « Tu dois revenir. »

Elle posa une main sur son cœur, percevant la tension entre le devoir et le désir. Entre ce qu'on attendait d'elle et ce qu'elle aspirait véritablement à accomplir.

« Pardonne-moi, ma tante. »

Mais elle secoua la tête avec détermination. Non. Elle ne pouvait se permettre d'y songer maintenant. Elle était là pour une raison précise. Retrouver sa famille. Les avertir du danger imminent. Neutraliser Jef Mentaru.

Et si le monstre se manifestait... cette fois, elle n'hésiterait pas.

Sohalia rouvrit les yeux, son regard émeraude retrouvant toute sa résolution. Elle resserra sa prise sur son sceptre.

« Je suis revenue pour eux, » murmura-t-elle. « Et pour arrêter Jef. Cette fois, je ne partirai plus. »

Elle contempla le ciel azuré, les nuages blancs dansant avec grâce.

« Mère, guide-moi. »

Puis elle s'avança dans le port, redécouvrant le monde qu'elle avait perdu.

Le port de Saint Poplar grouillait de vie. Sohalia déambulait entre les étals, observant chaque détail avec un émerveillement qu'elle n'avait pas ressenti depuis des années. Un couple qui riait ensemble. Des enfants qui se poursuivaient. Un marchand qui jonglait avec des fruits pour attirer la clientèle.

C'était bruyant. Chaotique. Et magnifique.

Mais elle n'était pas là pour se perdre dans la nostalgie. Elle avait une mission.

Retrouver Barbe Blanche.

Elle pénétra dans un bar du port, discret mais manifestement fréquenté. L'odeur de rhum et de tabac l'assaillit. Des pirates de tous horizons buvaient et riaient. Elle s'installa au comptoir, commanda une boisson, et tendit l'oreille.

« Beaucoup de pirates ces temps-ci ? » s'enquit-elle auprès du barman d'un ton détaché.

L'homme, un individu bedonnant arborant une cicatrice sur la joue, haussa les épaules. « Plus que d'habitude. Des grands noms, même. »

Le cœur de Sohalia s'accéléra. « Vraiment ? Comme qui ? »

« Barbe Blanche en personne ! » Le barman s'essuya les mains sur son tablier crasseux. « Et Shanks le Roux ! Tu t'imagines ? Deux Empereurs sur la même île ! »

Sohalia dissimula son émotion derrière son verre. « Ils se trouvent où exactement ? »

Le barman la dévisagea avec méfiance. « Pourquoi veux-tu savoir ça ? »

« Simple curiosité. »

Il ne répondit pas, retournant à ses verres.

Sohalia soupira. Elle avait la confirmation qu'ils étaient présents, mais aucune localisation précise. Elle régla sa consommation et sortit.

La place du marché bruissait d'une activité encore plus intense. Sohalia s'approcha d'une marchande qui vendait des tissus aux couleurs chatoyantes.

« Bonjour, » dit-elle avec un sourire avenant. « J'ai entendu dire que des pirates célèbres séjournaient sur l'île. »

La marchande, une femme âgée au regard vif, acquiesça avec enthousiasme. « Oh oui ! Barbe Blanche et Shanks ! Tout le monde ne parle que de ça ! »

« Savez-vous où ils se trouvent ? »

« Au nord. Dans la forêt. Ils ont établi un grand campement. » La femme se pencha, conspiratrice. « On dit qu'ils préparent quelque chose. Une alliance, peut-être. »

Sohalia sourit, reconnaissante. « Merci. »

Elle s'apprêtait à partir lorsqu'elle perçut des regards sur elle. Insistants. Dangereux.

Trois hommes l'observaient depuis l'autre côté de la place. Des chasseurs de primes, à en juger par leurs armes et leurs airs cupides.

L'un d'eux extirpa un papier froissé de sa poche. Un avis de recherche.

« C'est elle, » murmura-t-il à ses compagnons.

« Tu es certain ? »

« Cheveux blonds, yeux verts... » Il sourit avec avidité. « Deux cents millions de Berrys. »

« Mais elle a disparu il y a des années... »

« Apparemment pas suffisamment loin. »

Sohalia soupira. Même pas une heure de liberté, et déjà des complications.

Elle se dirigea vers une ruelle tranquille entre deux bâtiments, sachant pertinemment qu'ils la suivraient. Autant régler cette affaire rapidement.

Elle se retourna juste à temps pour voir les trois chasseurs bloquer l'entrée de la ruelle.

« Maîtresse de la Nature ! » vociféra le premier, un homme massif armé d'un sabre. « Tu viens avec nous ! »

Sohalia soupira. « Sept ans de paix... Même pas une heure de liberté. »

« Deux cents millions ! » ricana le deuxième. « Nous allons être riches ! »

Le cristal rouge de son sceptre se mit à luire doucement.

« Vous avez commis une erreur, » déclara-t-elle avec calme.

Ils attaquèrent.

Le premier chasseur chargea avec son sabre. Sohalia l'esquiva avec grâce, effectuant un pas de côté fluide. Des lianes jaillirent du sol, s'enroulant autour des chevilles de l'homme qui s'effondra lourdement.

« Quoi ?! »

Le deuxième tenta de la frapper par-derrière, mais des racines surgirent du mur, le repoussant violemment.

Sohalia demeura sereine, analysant ses adversaires. Pas particulièrement redoutables. Juste cupides.

« Shinrin no Ō-yari, » murmura-t-elle.

Le cristal rouge s'illumina intensément. Une lame dorée jaillit du sommet du sceptre, tel une fleur mortelle s'épanouissant. Le bâton cérémoniel s'était métamorphosé en hallebarde de guerre.

« Qu'est-ce que... ?! » Le premier chasseur, toujours emprisonné par les lianes, blêmit.

« Je vais vous accorder une chance, » déclara Sohalia, sa voix glaciale. « Partez. Immédiatement. »

« Jamais ! Deux cents millions ! »

Ils attaquèrent à nouveau, ensemble cette fois.

Sohalia fit tournoyer son hallebarde avec une grâce meurtrière. La lame traça un arc doré dans l'air. Des lianes jaillirent du cristal rouge, capturant le deuxième chasseur en plein élan. Le troisième tenta une attaque surprise, mais elle le désarma d'un mouvement fluide, la lame de son arme effleurant sa gorge.

« J'ai dit : partez. »

Elle retira la lame. Les lianes relâchèrent leurs prises.

Les trois chasseurs se relevèrent, tremblants, et s'enfuirent sans demander leur reste.

« Et prévenez les autres, » cria-t-elle dans leur dos. « Sohalia est de retour. Et elle n'est pas d'humeur charitable. »

Dans l'ombre d'un toit voisin, quelqu'un avait observé toute la scène.

Ace, accroupi sur les tuiles, siffla doucement.

« Impressionnant... Elle n'a même pas déployé tout son pouvoir. »

Il l'avait suivie depuis qu'elle était descendue du navire. Quelque chose l'intriguait chez cette femme aux cheveux d'or. Sa façon de contempler le port. Son sourire à la fois joyeux et empreint de tristesse.

Et maintenant, il venait de la voir combattre.

« Qui est-elle ? » murmura-t-il.

Il remarqua qu'elle tenait un avis de recherche dans sa main libre. Un avis arborant... le symbole de Barbe Blanche.

« Elle recherche Pops ? »

Ace sauta du toit, atterrissant silencieusement dans l'ombre.

« Tu peux sortir de l'ombre maintenant. »

Ace se figea. Elle savait qu'il était là ?

Il émergea de l'ombre, souriant malgré lui. « Tu as de bons sens. »

Sohalia se retourna, son regard émeraude le jaugeant. Puis elle baissa les yeux vers son dos, visible sous sa veste ouverte.

« Ce tatouage... »

Le symbole de Barbe Blanche.

Le cœur de Sohalia s'accéléra.

« Tu fais partie de l'équipage de Barbe Blanche. »

Ace fronça les sourcils, méfiant. « Et alors ? »

« J'ai besoin de le voir, » déclara-t-elle d'une voix ferme. « C'est urgent. »

« Pourquoi ? »

« J'ai des informations. Sur celui qui contrôle les Marines. »

Ace se raidit. « Comment le sais-tu ? »

« Parce que j'ai affronté cet homme. Et parce que Barbe Blanche doit être informé de ce qui se prépare. »

« Qui es-tu ? »

Sohalia hésita un instant. « Quelqu'un qui... qui faisait partie de cette famille. Il y a longtemps. »

Ace la dévisagea, surpris. Puis, lentement, il hocha la tête.

« D'accord. Suis-moi. »

Ils marchèrent en silence pendant les premières minutes, quittant le port pour s'enfoncer dans la forêt septentrionale de l'île. Ace maintenait ses distances, jetant des regards curieux vers cette étrange femme.

« Tu prétends avoir fait partie de la famille, » finit-il par déclarer. « Je connais tous les membres. Je ne t'ai jamais vue. »

« C'était avant ton arrivée, » répondit Sohalia, une pointe de tristesse dans la voix.

« Commode comme excuse. »

« Tu ne me crois pas ? »

« J'ai appris à ne pas accorder ma confiance aisément. »

Sohalia l'observa. Ce jeune homme, torse nu sous sa veste orange, avec ses taches de rousseur et son chapeau de cowboy. Il y avait quelque chose de familier dans son attitude. Une défiance. Une vigilance protectrice.

« C'est Marco qui t'a enseigné cela ? » demanda-t-elle avec douceur.

Ace s'immobilisa net. « Comment connais-tu Marco ? »

Sohalia sourit, un sourire doux et nostalgique. « C'était mon meilleur ami. Il me faisait toujours rire avec ses plaisanteries stupides. La tête d'ananas. Le médecin. »

Ace la dévisagea. Ces détails étaient trop précis pour être inventés. Personne en dehors de l'équipage ne connaissait le surnom de Marco.

« Tu es sérieuse ? » murmura-t-il.

« Très. »

Un silence. Puis Ace reprit la marche, cette fois un peu moins méfiant.

« Alors comme ça, tu as combattu cet individu, » dit Ace après un moment. « Celui qui contrôle les Marines. »

« Jef Mentaru. Il y a sept mois. »

« Et tu as gagné ? »

« Je l'ai emprisonné. » Sohalia resserra sa prise sur son sceptre. « Manifestement, cela n'a pas suffi. »

Ace siffla, impressionné malgré lui. « Emprisonné... seule ? »

« Avec mon sceptre et mes pouvoirs. Oui. »

« Ces chasseurs de primes ont mentionné deux cents millions... »

« J'avais quinze ans lorsque j'ai obtenu cette prime. »

Ace s'arrêta, stupéfait. « Deux cents millions à quinze ans ?! Qu'as-tu fait ? »

Sohalia contempla l'horizon, le regard perdu dans les souvenirs. « J'ai protégé ma famille. Trois navires de guerre attaquaient le Moby Dick. Je les ai... neutralisés. »

« Neutralisés comment ? »

« J'ai fait croître une forêt. Sur l'océan. » Elle sourit légèrement. « Les navires se sont retrouvés emprisonnés dans les racines et les troncs. Incapables de manœuvrer. »

« Une forêt... sur l'océan. »

« C'est mon pouvoir. La nature m'obéit. »

Ace la considéra avec un respect nouveau. Cette femme n'était pas ordinaire.

« Pourquoi es-tu partie ? » demanda-t-il finalement.

La question qu'elle redoutait.

« Je n'ai pas choisi, » dit-elle, la voix brisée.

« Que s'est-il passé ? »

« J'ai été attaquée. Blessée. Lorsque je me suis réveillée... j'étais prisonnière. »

Ace s'immobilisa. « Prisonnière ? Où ? »

« Dans un royaume. Le royaume d'où je suis originaire. » Sohalia ferma les paupières. « Ils m'ont ramenée de force. Et leur loi... leur loi m'interdisait de repartir. »

« Sept ans ? » La voix d'Ace se teintait de colère. « Ils t'ont retenue sept ans contre ton gré ? »

« C'est la loi... »

« Une loi qui emprisonne n'est pas une loi. » Ace serra les poings. « C'est une cage. »

Sohalia le regarda, surprise par l'intensité de sa réaction.

« Tu comprends. »

« J'ai passé mon existence à fuir les chaînes, » déclara Ace, la voix dure. « Les chaînes du sang, les chaînes du destin, les chaînes des attentes. Alors oui, je comprends. »

Un silence confortable s'établit entre eux. Pour la première fois depuis longtemps, Sohalia se sentait... comprise.

« Merci, » murmura-t-elle.

« Pour quoi ? »

« De ne pas me juger. De... comprendre. »

Ace haussa les épaules, gêné. « Ouais, bon... »

Ils marchèrent encore un moment avant qu'Ace ne reprît la parole.

« Pops t'a recherchée. Pendant des mois. »

Sohalia s'arrêta net. « Vraiment ? »

« Marco m'en a parlé une fois. Il a dit qu'ils avaient perdu quelqu'un d'important. Quelqu'un qui... qui faisait rayonner le navire. »

Les larmes montèrent aux yeux de Sohalia.

« Ils ne t'ont jamais oubliée. »

Sohalia essuya rapidement ses larmes. « Moi non plus. »

Ils approchaient du campement maintenant. Sohalia pouvait percevoir l'énergie dans l'air. Des centaines de pirates. Deux équipages puissants.

« Au fait, » dit Ace, « je m'appelle Portgas D. Ace. Mais tout le monde m'appelle simplement Ace. »

« Sohalia Shizen. » Elle sourit doucement. « Mais tout le monde m'appelait... Lia. »

« Et toi ? Commandant de quelle division ? »

« Deuxième. »

Avant qu'elle pût poser davantage de questions, deux silhouettes apparurent devant eux, barrant le chemin.

« Ça alors... »

Sohalia reconnut immédiatement la voix. Ce ton jovial, ce sourire perceptible dans les mots.

Shanks.

L'Empereur aux cheveux roux se tenait devant eux, son sourire habituel illuminant son visage. À ses côtés, Dracule Mihawk, les yeux dorés fixés sur elle avec une intensité troublante.

« Shanks ? » Ace sembla surpris. « Mihawk ? Que faites-vous... »

Mais Shanks l'ignora, son regard entièrement concentré sur Sohalia.

« Sept ans, » dit-il doucement. « Cela fait sept ans. »

Sohalia baissa les yeux. « Shanks... »

« Sohalia, » déclara Mihawk de sa voix neutre et précise. « Maîtresse de la Nature. Prime de deux cents millions de Berrys. »

Mihawk poursuivit, impassible. « A disparu il y a sept ans, à l'âge de quinze ans, sans laisser de trace. »

« On te croyait morte, Lia-chan, » dit Shanks, la voix plus douce maintenant.

Sohalia sentit les larmes monter. « Je suis désolée... »

« Désolée ? » Shanks secoua la tête. « Lia-chan, Barbe Blanche t'a cherchée pendant des années. Il a exploré chaque île, questionné chaque contact. Il pensait que la Marine t'avait capturée. Ou pire. » Shanks fit un pas vers elle. « Il était anéanti. »

Ace observait la scène, réalisant progressivement la gravité de la situation.

« Pops... ? » murmura-t-il.

« Tu ne l'as pas connu à cette époque, » dit Shanks en se tournant brièvement vers lui. « Mais Barbe Blanche qui pleure... c'est quelque chose qu'on ne voit jamais. »

Sohalia chancela presque. « Je ne voulais pas... »

Shanks s'approcha, posant une main sur son épaule. « Hé. Je ne dis pas cela pour te faire souffrir. Je te dis cela parce que tu dois savoir à quel point tu comptais pour lui. Pour eux tous. »

« Je n'ai pas choisi de partir. »

« Mais tu es là maintenant, » dit Shanks avec un sourire encourageant. « C'est tout ce qui importe. »

Ace, ému malgré lui, s'éclaircit la gorge. « Elle possède des informations. Sur celui qui contrôle les Marines. »

Le visage de Shanks devint sérieux instantanément. « Jef Mentaru ? »

« Tu connais ce nom ? » s'étonna Sohalia.

« Nous enquêtons depuis une semaine. C'est pour cela que nous sommes ici. L'alliance... »

Mihawk intervint, sa voix toujours neutre. « Celle qui contrôle les Marines et l'ancienne membre de Barbe Blanche qui réapparaît. La coïncidence est troublante. »

« Ce n'est pas une coïncidence, » déclara Sohalia fermement. « C'est moi qui l'ai emprisonné il y a sept mois. Il s'est échappé. Et j'ai appris qu'il collaborait avec quelqu'un. Quelqu'un de dangereux. Quelqu'un qui se fait appeler Barbe Noire. »

« Marshall D. Teach, » dit Ace, la voix dure.

Shanks et Mihawk échangèrent un regard.

« Barbe Noire et un contrôleur mental... » Shanks serra les poings. « C'est pire que ce que nous pensions. »

« Barbe Blanche doit l'entendre, » dit Mihawk.

« Viens, » dit Shanks à Sohalia. « Il est temps. »

Sohalia respira profondément. « J'ai peur. »

Shanks sourit. « Il va pleurer, probablement. Mais de joie, cette fois. »

Ils traversèrent le campement.

Et le silence se propagea comme une onde.

Des pirates de l'équipage de Barbe Blanche levèrent les yeux. Puis se figèrent.

« C'est... ? »

« Impossible... Sohalia ? »

Un pirate laissa choir son sabre. Un autre s'essuya les yeux.

« La p'tite Lia... »

Les conversations cessèrent. Les rires s'éteignirent. Tous les regards convergèrent vers elle.

Sohalia marchait, la tête haute mais tremblante, entourée par Ace, Shanks et Mihawk. Des centaines de paires d'yeux rivées sur elle.

« Ils te connaissent tous, » murmura Ace.

« J'étais... j'étais chez moi ici, » répondit-elle, la voix brisée.

Un pirate âgé s'inclina profondément. « Bienvenue chez toi, Lia-chan. »

D'autres s'inclinèrent. Le respect. L'émotion. Les retrouvailles silencieuses.

« Je suis revenue... » murmura Sohalia.

Et puis, devant la grande tente centrale, quelqu'un émergea.

Marco.

Marco sortit de la tente, des documents en main, l'air concentré sur quelque rapport.

Puis il leva les yeux.

Les papiers tombèrent lentement au sol.

« Sohalia... ? »

C'était un murmure. Un souffle. Comme s'il craignait que prononcer le nom trop fort ne fît disparaître l'apparition.

Sohalia sentit son cœur se briser et se réparer simultanément. « Salut, Marco. »

Le silence.

Marco secoua la tête, comme pour chasser une hallucination. « Non... Tu es... tu es morte... »

« Je suis là. »

« Ce n'est pas possible... » Il avança tel un automate, les yeux écarquillés. « Sept ans... On t'a cherchée... On pensait... »

Il s'immobilisa devant elle. Leva une main tremblante. Effleura son visage, comme pour s'assurer qu'elle était réelle.

« Tu es réelle. »

Sohalia posa sa main sur la sienne. « Je suis désolée, Marco. Je suis tellement désolée. »

Et Marco la serra dans ses bras.

Fort. Désespérément. Comme s'il craignait qu'elle ne disparût à nouveau.

« Où étais-tu ? » sanglota-t-il. « Pourquoi... pourquoi n'es-tu pas revenue ? »

« Je ne pouvais pas... » Sohalia pleurait aussi. « Ils m'en ont empêchée... »

« Tu nous as manqué. » Marco la serrait encore plus fort. « Chaque jour. Chaque nuit. Tu nous as tellement manqué. »

Ils demeurèrent ainsi, deux amis réunis après sept années, pleurant toutes les années perdues.

Ace regardait, la gorge serrée. Il n'avait jamais vu Marco pleurer. Jamais. Sauf... pour Thatch.

Shanks murmura à Mihawk : « C'était son meilleur ami. »

« Ils sont comme frère et sœur, » répondit Mihawk.

Finalement, Marco se recula, essuyant ses larmes d'un rire embarrassé.

« Regarde-moi... Premier Commandant qui pleure comme un enfant... »

Sohalia rit aussi entre ses larmes. « Tu m'as manqué aussi, tête d'ananas. »

Le sourire de Marco s'élargit. Un vrai sourire, immense, rayonnant.

« Personne ne m'a appelé ainsi depuis sept ans. »

« Vraiment ? »

« Tu étais la seule autorisée. »

D'autres commandants approchaient maintenant. Attirés par l'agitation.

Jozu arriva en premier. L'homme massif au bras de diamant s'arrêta net en la voyant.

« Non... »

« Jozu... »

Le géant s'agenouilla devant elle, posant délicatement son front contre le sien dans un geste protecteur.

« Petite sœur... Tu es revenue. »

« Oui. »

« Je n'ai pas pu te protéger, » murmura-t-il, la voix brisée.

« Ce n'était pas ta faute. »

« Si. J'aurais dû être là. »

Sohalia posa ses mains sur son visage. « Tu es là maintenant. C'est tout ce qui importe. »

Vista arriva en courant, ôtant son chapeau et s'inclinant profondément.

« Mademoiselle Sohalia. »

Mais Sohalia courut vers lui et le serra dans ses bras. « Pas de formalités, Vista. »

Surpris, puis souriant, Vista la souleva et la fit tournoyer comme il le faisait autrefois.

« Tu es trop légère ! »

« Repose-moi ! » rit-elle.

« Jamais ! »

Un moment de joie pure.

Puis les autres arrivèrent. Namur. Blenheim. Curiel. Tous ceux qui l'avaient connue.

« La petite a grandi... » dit Blenheim avec un sourire ému.

« Tes cheveux sont encore plus longs, » remarqua Curiel.

« Tu nous as manqué, Sohalia, » dit Namur simplement.

Un cercle se forma autour d'elle. Sa famille. Son cœur.

Ace observait tout, réalisant enfin.

« Elle n'était pas juste un membre... Elle était le cœur de cette famille. »

Puis le silence retomba.

Complet. Total.

Les commandants s'écartèrent, créant un passage.

Vers la grande tente.

Vers lui.

Barbe Blanche était assis sur son trône, le dos tourné.

« Marco, » dit-il de sa voix grave. « Je ne suis pas d'humeur... »

« Papa. »

Un mot. Une voix.

Barbe Blanche se figea.

Son épaule trembla.

« Cette voix... »

Lentement, si lentement, il se retourna.

Et il la vit.

Sohalia. Ses longs cheveux blonds. Ses yeux verts. Son sourire tremblant.

Le visage de l'Empereur - toujours stoïque, toujours fort - se brisa.

« Lia... ? »

« Bonjour, Papa. »

Barbe Blanche se leva. Ses jambes tremblaient. Chose impensable. Impossible.

« Tu... Comment... ? »

Il fit un pas.

« Sept ans... Sept ans j'ai pensé... »

Sa voix se brisa complètement.

« Je pensais t'avoir perdue. »

Sohalia courut vers lui.

« Papa ! »

Elle se jeta dans ses bras. Et Barbe Blanche la serra contre lui, délicatement malgré sa taille immense, comme le trésor le plus précieux du monde.

« Ma fille... » Il pleurait ouvertement. « Ma petite fille est revenue... »

« Je suis désolée, Père. » Sohalia sanglotait. « Je suis tellement désolée. Je ne voulais pas partir. Je ne voulais pas te quitter. Ils m'y ont forcée... »

« Chut... » Barbe Blanche la berçait doucement. « Tu es là maintenant. C'est tout ce qui compte. »

« Je regardais l'horizon en pensant à toi. À vous tous. Ma famille me manquait tellement... »

« Tu nous as manqué aussi. Plus que tu ne peux l'imaginer. »

Il posa son front contre le sien.

« Bienvenue chez toi, ma fille. »

Tout le camp était en larmes. Pirates endurcis, guerriers aguerris, tous pleuraient sans honte.

C'était une famille qui se retrouvait.

Barbe Blanche finit par s'asseoir, Sohalia à ses côtés comme autrefois. Comme toujours.

Il essuya ses larmes et rit. « Gurarara ! Les vieillards ne devraient pas pleurer autant. »

« Tu n'es pas vieux, Papa. »

Il la contempla avec tendresse, puis regarda ses commandants. « Préparez un banquet ! Ma fille est revenue ! »

Les acclamations explosèrent dans le camp.

Mais Barbe Blanche leva la main, réclamant le silence. Il se tourna vers Sohalia, la voix redevenant sérieuse.

« Raconte-moi. Où étais-tu ? Que s'est-il passé ? »

Sohalia respira profondément. « C'est une longue histoire... »

« Nous avons tout notre temps, » dit Marco en s'asseyant également.

Ace, invité par un geste de Barbe Blanche, prit place également.

Un cercle familial se forma.

« Commence par le commencement, » dit Barbe Blanche. « Le jour où... »

« Le jour où j'ai disparu. » Sohalia ferma les yeux, revivant l'instant. « J'étais sur l'île de Banaro. Mission de reconnaissance. Tu te souviens ? »

Marco acquiesça. « Oui. Tu devais revenir sous trois jours. »

« J'ai été attaquée. Trois navires de guerre. L'Amiral... il savait que je serais là. »

« Une embuscade, » grogna Jozu.

« Oui. » Sohalia serra les poings. « Ils savaient qui j'étais. Ils voulaient me capturer vivante. »

La voix de Barbe Blanche devint dangereuse. « Pourquoi ? »

« À cause de mon origine. Le Gouvernement Mondial... ils savent d'où je viens. Et ils me considèrent comme une menace. »

« Une menace ? » demanda Ace. « Pourquoi ? »

« Mon origine. Et parce que j'étais sous ta protection, Père. »

Barbe Blanche serra le poing.

« J'ai combattu, » poursuivit Sohalia. « J'ai gagné. Mais j'étais blessée. Gravement. Je me suis effondrée dans le désert de Banaro. »

« Seule... » Marco serra les poings, la culpabilité évidente sur son visage. « Blessée... dans le désert... »

« Marco, ce n'est pas ta faute. »

« J'aurais dû t'accompagner. »

« Tu ne pouvais pas savoir. »

« Quelqu'un t'a trouvée, » dit Shanks.

« Oui. Un homme. Il m'a soignée, m'a donné de l'eau. »

« Qui ? » demanda Barbe Blanche.

« Un homme banni de mon royaume. Il avait été banni pour avoir défié le Roi, » dit Sohalia. « Mais il a reconnu qui j'étais. »

« Comment ? » s'enquit Marco.

Sohalia baissa les yeux. « Il a dit que je ressemblais à ma mère, Eri. Elle est morte quand j'avais cinq ans. Mais cet homme... il l'avait connue. Avant son bannissement. »

« Qu'a-t-il fait ? » demanda Marco.

Sohalia serra les poings. « Il a contacté le royaume. Le Roi. »

« Et lorsque je me suis réveillée... j'étais là-bas. Prisonnière. »

« Prisonnière ? Dans ton propre royaume ? » s'exclama Ace.

« Ce n'est pas 'mon' royaume. C'est simplement l'endroit d'où je suis originaire. »

« Explique-nous cette loi, ma fille, » dit Barbe Blanche.

Sohalia inspira profondément. « La loi stipule que tout natif de l'île ne doit jamais la quitter. Jamais. »

« Pourquoi une telle loi ? » demanda Marco.

« Pour protéger le secret du royaume. Son emplacement. Ses ressources. Ses habitants. »

« Mais tu étais partie avant... » commença Vista.

« Ma mère s'était enfuie dans sa jeunesse. Elle a rencontré mon père, mais elle s'est fait repérer par le Gouvernement Mondial. » Sohalia sourit légèrement. « Elle a tenté de retourner sur l'île, mais le Roi les a bannis. Aucune personne du monde extérieur n'est autorisée à vivre sur l'île. Ils sont repartis. Ils ont vécu quelques années en paix avant d'être rattrapés par le Gouvernement Mondial. Tout ce que je sais c'est qu'ils sont morts sur l'île où Thatch m'a trouvée. »

« Alors pourquoi t'ont-ils gardée ? » demanda Marco.

« Parce que le Roi était furieux. J'avais attiré trop d'attention sur le royaume. Ma prime. Mon affiliation avec Barbe Blanche. »

« Le Gouvernement savait ? » demanda Jozu.

« Oui. Le Gouvernement Mondial a reconnu mon origine. Ils ont estimé que j'étais un danger. Surtout sous la protection de Père. »

« As-tu tenté de t'échapper ? » demanda Marco.

Sohalia rit amèrement. « Tous les jours pendant les six premiers mois. Puis j'ai réalisé... ils me surveillaient trop étroitement. Et j'avais... »

Elle s'interrompit.

« Quoi ? » demanda Ace.

« J'avais des personnes à protéger. »

« De qui parles-tu ? » demanda Barbe Blanche.

« Ma famille. Ma tante, mon oncle, et ma cousine. »

Surprise générale.

« C'est pour cela que tu es restée, » comprit Barbe Blanche.

« Au début, je n'avais pas le choix. Le Roi les menaçait de les bannir. Ensuite... j'ai appris à les connaître, à les aimer. Je ne pouvais les abandonner. Alors je suis restée, » continua Sohalia. « J'ai vécu auprès d'eux. Ils m'ont enseigné mon histoire, l'histoire de l'île. Ils m'ont protégée. »

« Et maintenant ? » demanda Marco. « Où sont-ils ? »

La voix de Sohalia se brisa. « Sur l'île. Je leur ai promis de revenir. »

Elle toucha son cœur. « C'est pour cela que le Roi m'a laissée partir. Parce qu'il sait que je reviendrai. Pour eux. »

« Tu as dit que tu pouvais partir pour capturer quelqu'un, » dit Shanks. « Jef Mentaru. »

« Il y a sept mois, il a tenté un coup d'État. Notre mode de vie, notre passivité, il ne le supportait plus. » Sohalia frissonna. « Il a essayé de contrôler le Roi. De contrôler les gardes. Son pouvoir... Son pouvoir est terrifiant. Il s'infiltre dans votre esprit. Il vous vole votre volonté. »

« Comme les Marines que nous avons vus, » dit Ace.

« Exactement. Je l'ai combattu. J'ai utilisé mes pouvoirs pour l'emprisonner dans une prison végétale. Mais... »

« Il s'est échappé, » compléta Marco.

« Quelqu'un l'a libéré. Et maintenant il contrôle des centaines de Marines. Peut-être des milliers. »

« Et tu as dit qu'il collaborait avec quelqu'un, » dit Barbe Blanche.

Sohalia regarda Ace qui répondit pour elle. « Marshall D. Teach. »

Tension palpable. Ace serra les poings.

« Jef n'a pas reçu d'aide extérieure au royaume, » dit Sohalia avec certitude. « J'en suis certaine. Les espions du royaume l'ont confirmé. L'alliance entre Jef et Barbe Noire date d'après son évasion. »

« Un contrôleur mental et Barbe Noire... » Shanks secoua la tête. « C'est une alliance catastrophique. »

« C'est pour cela que je suis revenue. » La voix de Sohalia se durcit. « Pour vous avertir. Pour vous aider à l'arrêter. Et pour... l'éliminer cette fois. »

L'atmosphère se détendit légèrement. Barbe Blanche acquiesça.

« Tu vas demeurer. Le temps que nous planifions notre contre-offensive. »

Sohalia sourit, soulagée. « Oui, Père. »

« Nous avons beaucoup à rattraper, » dit Marco. « Sept ans de conversations. »

« Sept ans de plaisanteries d'ananas aussi, » taquina Sohalia.

Les rires fusèrent autour du cercle. Un moment de légèreté bienvenu.

Sohalia regarda autour d'elle, cherchant les visages familiers.

« Où sont les autres ? Où est Thatch ? » Elle sourit. « Je lui dois encore une revanche aux cartes. Il trichait toujours. »

Le silence retomba.

Brutal. Glacial.

L'atmosphère changea radicalement.

Sohalia sentit son cœur se serrer. « Quoi... ? »

Elle regarda autour d'elle. Tous détournaient les yeux.

« Que s'est-il passé ? Où est Thatch ? »

Barbe Blanche ferma les paupières.

Marco baissa la tête.

« Quelqu'un... » La voix de Sohalia tremblait. « Répondez-moi... »

Ace se leva, mal à l'aise. « Je vais... je vais vous laisser... »

Barbe Blanche posa une main sur son épaule. « Reste. Tu fais partie de cette famille également. »

Ace se rassit, fixant le sol.

« Marco. » La voix de Barbe Blanche était lourde. « Dis-lui. »

Marco leva les yeux vers Sohalia. Ses yeux étaient emplis de larmes.

« Lia... Thatch est... »

Il ne put achever.

Sohalia secoua la tête. « Non... Non, pas Thatch... »

« Je suis désolé. » Les larmes de Marco coulaient maintenant.

« Comment... ? Quand... ? »

« Il y a trois semaines. »

Sohalia chancela. Jozu la rattrapa.

« Trois semaines... » Elle regarda Marco, puis Barbe Blanche, puis Ace. « Il était vivant il y a trois semaines... »

Barbe Blanche la soutint.

« Comment est-il mort ? » Sa voix était à peine audible. « Une bataille ? Un affrontement contre la Marine ? »

Le silence fut encore plus lourd.

« Dites-moi ! »

Barbe Blanche ferma les yeux, la douleur évidente sur son visage.

« Il a été assassiné. »

Le monde de Sohalia s'arrêta.

« Assassiné... ? » Elle respirait avec difficulté. « Par qui ? »

Personne ne répondit.

« PAR QUI ?! »

Marco murmura, la voix brisée : « Par Teach. »

Sohalia faillit s'effondrer.

« Teach. »

Elle se leva, chancelante. Ace hocha la tête, la douleur dans ses propres yeux. La rage remplaça le choc. Froide. Absolue.

« Teach a tué Thatch. »

« Pour un Fruit du Démon, » dit Barbe Blanche, la voix grave. « Le Yami Yami no Mi. »

Sohalia le dévisagea. « Un Fruit... ? »

Elle rit. Un rire sans joie. Amer. Brisé.

« Il a tué son frère... pour un Fruit... »

« Et maintenant il se fait appeler Marshall D. Teach, Barbe Noire, » ajouta Marco.

Les mains de Sohalia tremblaient. « Deux monstres ensemble. »

Puis elle s'immobilisa.

« Attendez... » Elle se retourna brusquement. « Attendez ! Le Yami Yami no Mi peut annuler les autres Fruits. Si Teach capture quelqu'un possédant un pouvoir utile... »

« Il peut le donner à Jef, » dit Ace, comprenant.

« Ou pire, » poursuivit Sohalia. « Jef peut contrôler quelqu'un détenant ce pouvoir. Ils n'ont même pas besoin de le tuer. »

Marco était horrifié. « Ils peuvent créer une armée d'utilisateurs de Fruits contrôlés... »

« C'est pire que ce que nous pensions, » murmura Shanks.

Sohalia se tourna vers Barbe Blanche.

« Père, ils viendront pour toi. »

« Pour moi ? »

« Ton Fruit. Le Gura Gura no Mi. » Sa voix tremblait. « Le pouvoir de détruire le monde. Si Jef contrôle quelqu'un possédant ce pouvoir... »

Silence glacial.

« Ils peuvent anéantir la Marine. Le Gouvernement. Tout. »

Ace se leva. « Alors nous devons les arrêter. Maintenant. »

« Ace, assieds-toi. » La voix de Barbe Blanche était autoritaire.

« Mais Pops ! »

« J'ai dit : assieds-toi. »

Ace obéit, frustré.

« Je suis revenue juste à temps. Mais je ne sais pas si cela sera suffisant. »

Barbe Blanche posa une main sur sa tête, comme il le faisait autrefois.

« Tu n'es pas seule, ma fille. Nous sommes ta famille. Et ensemble... »

Il regarda Shanks.

« Et avec nos alliés... »

Shanks acquiesça. « Nous les arrêterons. »

Sohalia essuya ses larmes, la détermination revenant dans ses yeux.

« Pour Thatch. Pour tous ceux que Jef a contrôlés. Pour la liberté. »

« Pour la liberté, » répéta Ace.

Tous reprirent en chœur.

« Pour la liberté. »

Barbe Blanche se leva, sa présence emplissant l'espace.

« Marco, prépare les commandants. Demain, nous planifions notre stratégie. »

« Compris, Pops. »

« Shanks, demain nous devons nous entretenir sérieusement. »

« Oui. L'alliance doit être formalisée. »

Mihawk intervint. « Et les autres Empereurs doivent être avertis. »

« Kaido et Big Mom ne vous aideront jamais, » dit Sohalia.

« Peut-être, » dit Shanks. « Mais ils doivent savoir que leurs Fruits sont des cibles. »

Barbe Blanche acquiesça. « Demain. Ce soir, nous fêtons le retour de ma fille. »

Les acclamations reprirent dans le camp.

Sohalia se tourna vers Barbe Blanche, doucement. Ils contemplèrent le ciel étoilé. La nuit tombait sur Saint Poplar.

Une famille réunie.

Mais une guerre se préparait.


Cette nuit-là, tandis que le camp célébrait, Sohalia demeura éveillée, contemplant les étoiles.

Quelque part, Jef Mentaru et Marshall D. Teach préparaient leur propre plan.

Quelque part, sa tante, son oncle et sa cousine attendaient son retour.

Et quelque part, une guerre se préparait.

Mais pour l'instant, entourée de sa famille retrouvée, Sohalia se permit de sourire.

Elle était enfin chez elle.


REECRIT : 26/12/2025

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