The New Era

Chapitre 18 : Chapitre 18 : Feu et Ténèbres

5900 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 06/01/2026 22:19

La première chose que Sohalia entendit après l'explosion de lumière fut le silence.

Pas le silence paisible d'une nuit calme. Non. Le silence absolu, oppressant, qui précède une catastrophe.

Puis vint le grondement.

Profond. Viscéral. Comme si la terre elle-même hurlait de douleur.

« Il faut sortir ! » La voix de Marco résonna dans le chaos. « Maintenant, yoi ! »

Sohalia cligna des yeux, essayant de dissiper les taches lumineuses qui dansaient dans sa vision. Elle était au sol, le dos contre une colonne froide. Au-dessus d'elle, les ailes bleues d'un phoenix la protégeaient des pierres qui tombaient du plafond.

Marco.

Il l'avait couverte de son corps au moment de l'explosion.

« Je... » Sa voix était rauque. « Je vais bien. »

Marco se transforma partiellement en humain, ses flammes bleues vacillant étrangement dans la pénombre. Il lui tendit la main et la tira debout d'un mouvement ferme.

« On bouge. Tout de suite. »

Sohalia vacilla légèrement sur ses jambes, mais son regard se fixa immédiatement au centre de la salle.

Jef.

Il se tenait debout, parfaitement immobile au milieu du chaos. Dans sa main droite brillait le troisième Fragment — cette sphère bleue argentée qui pulsait comme un cœur vivant. L'énergie crépitait autour de lui en arcs électriques visibles. Ses cheveux blancs flottaient dans un vent inexistant. Et ses yeux...

Ses yeux brillaient d'une lumière argentée intense qui n'avait rien d'humain.

« Jef ! » cria Sohalia malgré le fracas des pierres qui s'effondraient. « Tu ne comprends pas ce que tu as fait ! »

Jef tourna lentement la tête vers elle. Son expression était... étrange. Calme. Presque sereine.

« Au contraire, » dit-il d'une voix qui résonnait bizarrement, comme si deux personnes parlaient en même temps. « Je comprends parfaitement. »

Il leva les yeux vers le plafond qui se fissurait dangereusement.

« Il se réveille. Enfin. »

Un nouveau grondement secoua le temple, plus violent que le précédent. Des fissures zigzaguèrent à travers les murs comme des éclairs de pierre. Une colonne massive s'effondra à quelques mètres d'eux, explosant en milliers de fragments.

Sohalia sentit une vague de terreur viscérale la submerger.

Elle ferma les yeux une demi-seconde, laissant sa capacité de traçage s'étendre autour d'elle. Et ce qu'elle sentit lui coupa le souffle.

Quelque chose de MASSIF bougeait sous leurs pieds. Quelque chose d'ancien. D'affamé. Qui montait lentement mais inexorablement vers la surface.

« Il arrive... » murmura-t-elle.

La température dans la salle chuta brutalement. En quelques secondes, leur souffle devint visible dans l'air glacial. Les torches vacillèrent, leurs flammes diminuant comme aspirées par une force invisible.

Et les lumières bioluminescentes des plantes qui grimpaient le long des murs... s'éteignirent.

Une par une.

Comme des bougies soufflées par un vent maléfique.

L'obscurité s'intensifia.

« Mes flammes... » Marco leva sa main, observant ses flammes bleues qui pâlissaient dangereusement. « Elles disparaissent, yoi ! »

Le Den Den Mushi à sa ceinture sonna frénétiquement.

Marco le décrocha d'une main tremblante. La voix de Vista crépita à travers l'escargophone, paniquée d'une manière que Sohalia ne lui avait jamais entendue :

« Marco ! Le temple s'effondre de notre côté aussi ! La forêt... par tous les diables, la forêt MEURT ! Les plantes lumineuses s'éteignent ! »

Des bruits de course et de pierres qui tombent résonnèrent en arrière-plan.

« On court vers la plage ! Rejoignez-nous ! »

Presque immédiatement, une autre ligne s'ouvrit. Izo, sa voix hachée par l'interférence :

« Quelque chose bouge sous nos pieds ! Le sol se soulève ! On dirait que l'île entière— »

La communication coupa brusquement dans un crépitement de parasites.

« Izo ?! » Marco secoua le Den Den Mushi. « IZO ! »

Rien.

Il leva les yeux vers Sohalia, et elle vit la peur dans son regard. Une peur rare chez Marco.

« Tout le monde vers la plage ! » cria-t-il dans tous les Den Den Mushi encore fonctionnels. « MAINTENANT ! Abandonnez tout ! Courez ! »

Sohalia se tourna une dernière fois vers Jef.

Il rangeait le troisième Fragment dans une sacoche à sa ceinture avec des gestes précis, méthodiques. Puis il regarda Sohalia, véritablement. Et pendant une fraction de seconde, elle crut voir quelque chose dans ses yeux. Du regret ? De la tristesse ?

« Tu devrais partir, Sohalia. » Sa voix était redevenue normale, presque douce. « Vite. »

Sohalia serra les poings autour de son hallebarde.

« Tu ne vas nulle part ! »

Elle s'élança vers lui, mais une colonne s'effondra entre eux dans une explosion de poussière et de débris. Quand la poussière retomba, Jef avait déjà tourné le dos.

Il leva la main vers ses deux mercenaires hypnotisés qui se tenaient près de lui, immobiles comme des statues.

Un geste simple.

Les mercenaires cillèrent soudainement, leurs yeux vitreux reprenant une lueur de conscience. Ils regardèrent autour d'eux, confus, terrifiés par le temple qui s'effondrait.

« Courez, » dit simplement Jef. « Sauvez-vous. »

Les mercenaires ne se le firent pas dire deux fois. Ils détalèrent vers la sortie comme des lapins effrayés.

« Jef ! » cria encore Sohalia.

Mais Marco la tira en arrière avec une force qui ne laissait aucune place à la négociation.

« On ne peut pas l'arrêter maintenant ! » Il la força à le regarder dans les yeux. « Il faut sortir ou on meurt tous, yoi ! »

Sohalia voulut protester. Lutter. Mais Marco avait raison.

Un morceau gigantesque du plafond s'effondra exactement à l'endroit où ils se tenaient une seconde plus tôt.

« Au revoir, Sohalia, » entendit-elle Jef murmurer derrière eux.

Puis ils coururent.

Les couloirs du temple étaient un cauchemar. Des pierres tombaient de partout. Le sol se fissurait sous leurs pieds. L'air était épais de poussière et devenait de plus en plus difficile à respirer.

Marco portait Sohalia par moments, se transformant partiellement pour voler au-dessus des sections effondrées. Ses flammes bleues étaient si faibles maintenant qu'elles n'éclairaient presque plus leur chemin.

L'obscurité était totale.

Sohalia n'avait jamais connu une telle obscurité. Ce n'était pas juste l'absence de lumière. C'était comme si la lumière elle-même était... mangée. Absorbée. Dévorée par quelque chose d'invisible et d'affamé.

Ses poumons brûlaient. Son épaule, touchée par le tentacule plus tôt, pulsait de douleur.

Mais elle ne s'arrêta pas.

Finalement, ils débouchèrent à l'extérieur.

Le temple s'effondrait derrière eux dans un fracas assourdissant. Des nuages de poussière s'élevaient vers le ciel noir. La structure pyramidale qui avait défié le temps pendant des siècles disparaissait sous leurs yeux en quelques minutes.

Sohalia se retourna, scrutant les ruines.

Aucune trace de Jef.

« Il est déjà parti... » murmura-t-elle, la frustration et la culpabilité lui serrant la gorge.

« On pense à ça plus tard ! » Marco la tira vers l'avant. « Cours, yoi ! »

Ils s'élancèrent vers la forêt.

Mais ils ne firent pas vingt mètres avant que le sol n'explose devant eux.

Littéralement.

La terre se souleva, se fissura, puis explosa vers le ciel dans une gerbe de rochers et de terre. Une fissure béante d'au moins vingt mètres de large s'ouvrit juste devant eux, les forçant à s'arrêter brutalement.

Et quelque chose en émergea.

Lentement.

D'abord, ce ne fut qu'une obscurité plus dense que le reste. Comme si un morceau de la nuit elle-même se matérialisait.

Puis la forme devint visible.

Un tentacule.

Gigantesque. Au moins cinq mètres de diamètre. Sa surface était noire, mate, absorbant toute lumière qui osait l'approcher. Lisse comme du verre poli. Se tordant dans l'air avec une grâce qui n'avait rien de naturel.

Sohalia sentit son sang se glacer.

« Qu'est-ce que c'est que ÇA ?! »

Le tentacule se dressa devant eux, montant vers le ciel invisible. Dix mètres. Vingt. Trente. Il continuait de s'élever, révélant une longueur terrifiante.

Marco essaya d'invoquer ses flammes pour voir.

Une petite boule de feu bleu jaillit de sa main et vola vers le tentacule.

Contact.

Les flammes furent ABSORBÉES. Instantanément. Comme si elles n'avaient jamais existé. Même pas un crépitement. Juste... le néant.

« Bordel, yoi ! »

Le tentacule fouetta soudainement vers eux avec une vitesse qui contredisait sa taille massive.

Marco saisit Sohalia et esquiva de justesse. Le tentacule passa en dessous d'eux dans un sifflement aigu, rasant le sol.

L'impact fut cataclysmique.

Là où le tentacule frappa la terre, un cratère de dix mètres de diamètre se forma instantanément. La force du choc projeta des débris dans toutes les directions.

Mais le pire restait à venir.

D'autres tentacules émergèrent.

Trois.

Quatre.

Cinq.

Chacun aussi massif que le premier. Chacun se mouvant indépendamment. Attaquant. Détruisant.

La forêt autour d'eux fut arrachée comme de simples brindilles. Les arbres gigantesques, qui avaient dû pousser pendant des siècles, furent brisés en deux. Le sol lui-même se déformait sous les impacts répétés.

« Ce n'est qu'une partie du monstre ! » cria Sohalia alors que Marco courait désespérément entre les tentacules. « Le corps principal est encore en dessous ! »

« Alors on rejoint les autres ! » Marco vira brusquement pour éviter un tentacule qui manqua de les frapper. « Faut quitter cette île, yoi ! »

La forêt était méconnaissable.

Les arbres qui, quelques heures plus tôt, étaient couverts de plantes bioluminescentes étaient maintenant complètement noirs. Morts. Leurs troncs s'effritaient au moindre toucher, comme du charbon de bois.

Les champignons lumineux étaient tous éteints. Desséchés. Réduits en poussière.

L'obscurité était cauchemardesque.

Marco maintint une petite flamme dans sa paume pour les guider, mais Sohalia voyait bien que ça le vidait de ses forces. La flamme diminuait progressivement, aspirée par l'atmosphère même de l'île.

Derrière eux, les tentacules détruisaient méthodiquement la forêt. Le bruit était assourdissant. Arbres qui craquent. Sol qui tremble. Rugissements sourds venant des profondeurs.

Sohalia courut aussi vite que ses jambes le lui permettaient.

Puis, miraculeusement, ils débouchèrent dans une clairière.

Et ils n'étaient pas seuls.

« Vista ! » cria Marco.

Le commandant de la cinquième division courait vers eux, Jozu à ses côtés. Tous deux étaient couverts de poussière et de coupures. Vista avait perdu son chapeau habituel. Jozu maintenait sa transformation en diamant active, mais son bras gauche semblait légèrement assombri, comme si quelque chose avait tenté d'absorber même son diamant.

Ils se rejoignirent au centre de la clairière, haletants.

« Cette chose... » Vista s'appuya sur ses épées pour reprendre son souffle. « On ne peut pas la combattre ! Nos attaques ne font rien, elles sont juste... avalées ! »

« Même mon diamant, » grogna Jozu, regardant son bras affecté. « Elle le mange. »

« Où sont Izo et Haruta, yoi ?! » demanda Marco en scrutant la forêt autour d'eux.

« Séparés ! » répondit Vista. « Je ne sais pas ! »

Le Den Den Mushi de Marco sonna à nouveau.

Il décrocha immédiatement.

« Marc— sommes— plage nord— chose nous poursui— » La voix d'Izo était hachée, coupée par d'énormes interférences.

À l'arrière-plan, Sohalia entendit Haruta crier : « COUREZ ! »

Puis la ligne coupa.

Marco serra le Den Den Mushi si fort que Sohalia craignit qu'il ne le brise.

« On va à la plage nord ! » décida-t-il. « On récupère tout le monde ! »

« Direction : là où on a débarqué ! » compléta Vista.

Ils reprirent leur course.

Mais en courant, Sohalia remarqua quelque chose de terrifiant.

Le sol bougeait.

Pas juste des tremblements. Non. Il montait et descendait par vagues, comme... comme s'ils couraient sur le dos d'une créature vivante qui respirait.

Les arbres s'effondraient spontanément, pourrissant en quelques secondes.

L'air glacial brûlait leurs poumons.

Et pire encore : la gravité semblait fluctuer légèrement. Des pierres flottaient parfois pendant une seconde avant de retomber brutalement.

Sohalia comprit soudainement.

« L'île entière... » Elle s'arrêta net, forçant les autres à s'arrêter aussi. « Ce n'est pas une île. »

« Quoi ?! » Vista la regarda comme si elle était devenue folle.

Sohalia désigna le sol qui ondulait sous leurs pieds.

« Veilombre n'est pas une île normale. C'est le CORPS du monstre. Endormi depuis des siècles. La forêt, les ruines... tout a poussé SUR lui pendant son sommeil ! »

Le silence qui suivit fut absolu.

Puis Marco comprit.

« Alors quand il se réveillera complètement, yoi... »

Sohalia termina sa phrase :

« L'île disparaîtra. Tout coulera. »

Ils échangèrent un regard chargé d'horreur.

Puis Vista hurla :

« PLUS VITE ! »

Et ils coururent.

Plus vite qu'ils ne l'avaient jamais fait.

Mais le monstre ne les laissa pas partir si facilement.

Le sol s'ouvrit sous eux sans avertissement.

Une fissure géante, large de quinze mètres, les coupa en deux groupes. Sohalia et Marco d'un côté. Vista et Jozu de l'autre.

Des tentacules jaillirent de la fissure, bloquant tout passage.

Ils fouettaient dans toutes les directions, créant un mur vivant et mortel entre les deux groupes.

« Vista ! » cria Marco. « Rejoignez la plage ! On se retrouve là-bas, yoi ! »

Vista acquiesça brièvement, saisit Jozu par le bras, et ils détournèrent pour contourner la fissure.

Sohalia et Marco se retrouvèrent seuls.

Les tentacules se dressaient devant eux, bloquant leur chemin le plus direct vers la plage.

Marco se transforma en phoenix, ses ailes bleues se déployant malgré leur faiblesse visible.

« Monte, yoi ! Je vole jusqu'à la plage ! »

Sohalia n'hésita pas. Elle grimpa sur son dos en forme d'oiseau et s'accrocha fermement.

Marco s'envola.

Ses flammes étaient si faibles qu'il ne put monter qu'à une vingtaine de mètres d'altitude — bien loin de ses capacités habituelles.

Mais de cette hauteur, Sohalia put voir l'île entière.

Et la vue lui glaça le sang.

La forêt était morte. Complètement. Un tapis noir de végétation desséchée s'étendait dans toutes les directions.

Des fissures sillonnaient le sol dans tous les sens.

Des dizaines de tentacules émergeaient de partout, se dressant vers le ciel comme les doigts d'une main géante essayant de saisir quelque chose.

Le temple était complètement effondré, réduit à un tas de pierres.

Et sous la surface...

Sohalia vit les contours.

Énormes. Impossibles.

Le CORPS du monstre se révélait partiellement à travers les fissures. Bien plus grand qu'elle ne l'avait imaginé. La taille d'une montagne. Peut-être plus.

« C'est... gigantesque... » murmura-t-elle, horrifiée.

« Tiens bon, yoi... » La voix de Marco était tendue par l'effort.

Son vol devint soudainement erratique.

« Je ne peux plus... » haleta-t-il. « Mes flammes... »

Les flammes bleues s'éteignirent presque complètement.

Ils perdirent de l'altitude brutalement.

« Marco ! »

« Je suis désolé, yoi ! »

Ils crashèrent dans les arbres morts dans une explosion de branches qui se brisèrent comme du verre. Ils roulèrent sur le sol dur et s'immobilisèrent finalement dans un nuage de poussière.

Marco revint immédiatement en forme humaine, haletant, épuisé. Ses flammes étaient complètement éteintes maintenant.

« Désolé, yoi... » répéta-t-il. « Cette chose... elle me vide... »

Sohalia se releva péniblement. Tout son corps n'était que douleur. Mais rien de cassé. Des contusions. Des coupures. Rien de grave.

« C'est pas ta faute. » Elle l'aida à se lever. « On continue à pied. »

Ils se remirent debout tant bien que mal.

Le son de l'océan était audible au loin. Peut-être deux kilomètres ?

Ils reprirent leur course, plus lente maintenant, mais déterminée.

Après dix minutes qui semblèrent durer des heures, ils débouchèrent dans une grande clairière.

Entre la forêt et la plage.

Cinq cents mètres de terrain découvert à traverser.

Mais il y avait un problème.

Au centre de la clairière se dressait un tentacule géant. Trente mètres de haut. Parfaitement immobile, il se balançait doucement comme un serpent hypnotisant sa proie, bloquant leur passage.

« On peut le contourner... » murmura Sohalia.

« Pas assez d'énergie pour voler, yoi. » Marco observa le tentacule avec méfiance. « Il faut passer. »

Ils essayèrent de contourner la clairière, longeant le bord, restant dans l'ombre des arbres morts.

Le tentacule réagit immédiatement.

Il se tourna vers eux. Lentement. Comme s'il les... observait.

« Il sait qu'on est là, » murmura Sohalia.

Le tentacule frappa.

Sans avertissement. Fouettant vers eux avec une vitesse terrifiante.

Sohalia esquiva grâce à son Haki d'Observation, plongeant sur le côté.

Marco roula dans l'autre direction.

L'impact pulvérisa les arbres derrière eux. Des débris volèrent dans toutes les directions. Un cratère se forma dans le sol.

Sohalia dégaina son hallebarde, les dents serrées.

« On doit le distraire ! » cria-t-elle. « Je l'occupe, tu cours vers la plage ! »

« Pas question de te laisser, yoi ! »

« Marco ! » Elle le regarda droit dans les yeux. « Il faut que quelqu'un prévienne Père ! Va ! Je te rejoins ! »

Marco hésita. Son regard alternait entre Sohalia et le tentacule qui se dressait à nouveau, prêt à attaquer.

C'était une décision déchirante.

« VA ! » hurla Sohalia.

Marco serra les poings, puis il se retourna et courut vers la plage.

Sohalia vit son dos s'éloigner. Il regarda en arrière une fois. Leurs yeux se croisèrent pendant une fraction de seconde.

Puis il continua.

Sohalia se retourna vers le tentacule, seule maintenant.

Elle raffermit sa prise sur son hallebarde.

« Allez, » murmura-t-elle. « Viens. »

Le tentacule attaqua.

Sohalia esquiva, son Haki d'Observation lui permettant de voir l'attaque une demi-seconde avant qu'elle n'arrive. Elle roula sur le côté, puis contre-attaqua.

Sa lame trancha l'air et frappa le tentacule.

Mais l'arme traversa la surface noire comme si elle coupait de l'eau. Le tentacule se reforma instantanément, sans aucun dommage visible.

« Merde... »

Le tentacule devint plus rapide. Plus agressif.

Il attaqua de multiples directions simultanément, se tordant sur lui-même avec une flexibilité impossible.

Sohalia esquiva. Encore. Encore. Et encore.

Mais elle fatiguait.

Chaque esquive était plus lente que la précédente.

Et finalement, elle ne fut pas assez rapide.

Le tentacule la frappa à l'épaule — celle déjà blessée.

Ce ne fut qu'un contact bref. Une seconde tout au plus.

Mais la douleur fut atroce.

Ce n'était pas une douleur physique. C'était comme si son énergie était aspirée directement de son corps. Sa force vitale pompée par un tuyau invisible.

Sohalia s'effondra au sol, le souffle coupé.

Le tentacule se dressa au-dessus d'elle, prêt pour la frappe finale.

Elle ne pouvait plus bouger. Son corps refusait de répondre.

C'est fini, pensa-t-elle vaguement.

Puis—

Une colonne de feu orange frappa le tentacule de plein fouet avec une force dévastatrice. L'impact projeta le tentacule en arrière, le faisant s'écraser contre le sol à vingt mètres de là.

Sohalia leva les yeux, choquée.

Souriant avec cette confiance insolente qui le caractérisait :

Ace.

« Désolé du retard ! » cria-t-il en sautant du bateau.

Il atterrit à côté de Sohalia dans une explosion de flammes, ses poings s'enflammant instantanément.

« Ace ?! » Sohalia ne pouvait pas croire ce qu'elle voyait.

« J'ai vu de loin que vous aviez des problèmes. » Ace lui fit un clin d'œil. « Striker est plus rapide que les chaloupes ! »

Le tentacule se reforma déjà, se dressant à nouveau avec un sifflement furieux.

Ace se mit en position de combat.

« Allons-y ensemble ! »

Le tentacule attaqua.

Ace contra avec un « HIKEN ! » — son poing de feu signature.

Une colonne de flammes orange massive jaillit de son poing et percuta le tentacule de front. L'impact fut spectaculaire, créant une explosion de chaleur et de lumière.

Le monstre absorba le feu... mais différemment cette fois.

Les flammes d'Ace étaient trop puissantes, trop concentrées pour être absorbées instantanément. La chaleur intense ralentit les mouvements du tentacule, créant une « résistance » temporaire.

« Cours vers la plage ! » cria Ace en lançant une autre attaque. « Je couvre tes arrières ! »

Sohalia hésita. Encore laisser quelqu'un...

« Fais-moi confiance ! Je te rejoins ! »

Il lança un « HOTARUBI ! » — des dizaines de petites boules de feu qui voltigèrent autour du tentacule comme des lucioles, l'aveuglant et le désorientant.

Sohalia se força à courir.

Ses jambes tremblaient. Son épaule la brûlait. Mais elle courut.

Derrière elle, elle entendait Ace combattre.

« ENJOMO ! » — Lance enflammée.

« HIGAN ! » — Balles de feu.

Le tentacule rugissait — si un tel être pouvait rugir. Les attaques d'Ace le ralentissaient, mais ne l'arrêtaient pas. Chaque flamme était progressivement absorbée, même si ça prenait plus de temps.

Sohalia traversa la clairière en sprintant.

Elle déboucha enfin sur la plage.

Sable gris. Océan agité. Et le Moby Dick visible au loin, à un kilomètre environ.

Les chaloupes étaient là, sur la plage.

Et tout l'équipage aussi.

Marco se retourna en entendant ses pas. Son visage se détendit instantanément en la voyant.

« Sohalia ! »

Vista et Jozu étaient déjà là, légèrement essoufflés mais intacts.

Izo et Haruta arrivaient d'une autre direction, couverts de poussière mais vivants.

L'équipe de réserve était présente aussi — mais sans Ace, bien sûr.

Et le Striker d'Ace était amarré près des chaloupes.

« Où est Ace ? » demanda immédiatement l'un des pirates de la réserve.

Comme en réponse, une explosion de flammes illumina la forêt derrière eux.

Puis Ace émergea de la lisière des arbres en courant, essoufflé mais souriant toujours.

« Cette chose est un cauchemar ! » dit-il en les rejoignant. « Même mes flammes, elle les avale après un moment ! »

Sohalia s'approcha de lui.

« Merci de m'avoir sauvée. »

Ace lui donna une tape amicale sur l'épaule — la bonne, heureusement.

« Hé, c'est pour ça qu'on est là, non ? »

Il regarda l'île derrière eux.

« Mais faut partir. Maintenant. »

L'île de Veilombre tremblait de plus en plus violemment. Les tentacules étaient partout maintenant, se dressant vers le ciel comme des piliers vivants. Le sol s'effondrait par sections entières.

« Tout le monde dans les chaloupes ! » ordonna Marco. « On rame ! Vite, yoi ! »

L'embarquement fut chaotique mais rapide. Les pirates de Barbe Blanche étaient des professionnels — même dans la panique, ils gardaient une certaine organisation.

Les blessés furent aidés en premier. Jozu grimpa malgré son bras assombri. Haruta boitait mais refusa toute aide. Sohalia monta dans la même chaloupe que Marco, agrippant fermement le bord.

Ace sauta sur son Striker.

« Je vais devant vérifier que la zone est sûre ! » cria-t-il.

Ses flammes propulsèrent son petit bateau qui partit comme une flèche.

Les rames plongèrent dans l'eau.

Tout le monde rama. Frénétiquement. Désespérément.

S'éloignant de l'île.

Sohalia ne put s'empêcher de regarder en arrière.

Et ce qu'elle vit la hantera pour le reste de sa vie.

L'île de Veilombre était en train de mourir.

La forêt s'était complètement effondrée, réduite à un tapis de cendres noires.

Le temple n'était plus qu'un souvenir enfoui sous des tonnes de pierres.

Les tentacules — des dizaines maintenant — se dressaient dans toutes les directions, fouettant l'air avec une fureur aveugle.

Et au centre de tout...

Quelque chose émergeait de l'océan.

Lentement. Inexorablement.

C'était difficilement visible — sa surface absorbait tellement de lumière qu'il était presque impossible de distinguer sa forme exacte.

Mais c'était ÉNORME.

Plus grand que le Moby Dick. Plus grand que n'importe quel bateau qu'elle avait jamais vu.

Une masse changeante, indistincte, qui semblait faite d'ombre liquide.

Et des yeux.

Peut-être. Deux points lumineux rouge sang qui brillaient dans l'obscurité.

Le monstre les regarda.

Ou peut-être imagina-t-elle cette partie.

Puis il rugit.

Le son traversa la distance et frappa leurs chaloupes comme une onde de choc physique. Sohalia se couvrit les oreilles, mais ça ne servit à rien. Le son vibrait dans ses os. Dans son crâne. Dans son âme même.

Ce n'était pas un son d'animal.

C'était quelque chose d'ancien. De fondamental. Le cri d'une créature qui existait depuis bien avant que les humains ne marchent sur cette terre.

Puis le monstre plongea.

Il se laissa retomber dans l'océan avec une lenteur presque gracieuse.

L'impact créa des vagues massives qui se propagèrent dans toutes les directions.

Les tentacules le suivirent, disparaissant un par un sous la surface.

Et l'île...

L'île de Veilombre s'enfonça.

Sohalia regarda, fascinée et horrifiée, alors que l'île entière — le sol, les arbres morts, les ruines, tout — coulait progressivement dans l'océan.

Un tourbillon se forma au centre, aspirant les débris flottants.

L'eau remplit le vide laissé par l'île.

En cinq minutes, il ne resta plus rien.

Juste l'océan agité. Quelques débris flottants. Et le silence.

Veilombre avait disparu.

Comme si elle n'avait jamais existé.

Dans les chaloupes, personne ne parlait.

Tous regardaient l'endroit où l'île se trouvait quelques minutes plus tôt.

Choqués. Incrédules.

Ils venaient d'assister à la disparition complète d'une île.

Et à la libération d'un monstre ancien qui dormait depuis des siècles.

Sohalia sentit quelque chose de froid se loger dans sa poitrine.

Qu'avaient-ils fait ?

Qu'avait fait Jef ?

Elle scruta l'océan, cherchant désespérément un navire.

Et elle le vit.

Loin. Très loin déjà. À l'horizon nord.

Un petit point sur la ligne où le ciel rencontrait la mer.

Le navire de Jef.

Il s'échappait. Avec les Fragments 1 et 3.

Pendant qu'elle était coincée ici, impuissante.

« Il est parti, yoi. »

Marco avait suivi son regard. Il posa doucement sa main sur son épaule.

« On a échoué. »

Sohalia serra les poings si fort que ses ongles mordirent dans ses paumes.

« Je suis désolée... » Sa voix était à peine un murmure. « Si j'avais été plus rapide... »

« C'est pas ta faute. » La voix de Marco était ferme. « On a tous fait de notre mieux. Jef... il avait une longueur d'avance. »

Il marqua une pause.

« Et on est tous vivants. C'est l'essentiel. »

Sohalia voulut protester. Dire que non, ce n'était PAS l'essentiel. Que Jef avait maintenant deux Fragments et qu'il n'en restait que deux à trouver.

Mais les mots restèrent coincés dans sa gorge.

Parce que Marco avait raison.

Ils étaient tous vivants.

Contre toute attente. Contre toutes les probabilités.

Ils avaient survécu.

Les chaloupes atteignirent le Moby Dick dans un silence lourd.

Barbe Blanche les attendait sur le pont, droit et imposant malgré sa santé fragile. Son visage était grave, mais Sohalia vit le soulagement dans ses yeux quand il compta mentalement tous ses « enfants ».

Tous présents. Tous vivants.

Il aida personnellement au débarquement, sa main massive se tendant pour tirer les pirates épuisés sur le pont.

L'équipage qui était resté sur le navire se précipita pour aider. Les infirmiers s'occupèrent immédiatement des blessés. Des couvertures furent distribuées. De l'eau. De la nourriture.

Ace grimpa à bord après avoir amarré son Striker. Il fut immédiatement entouré par l'équipe de réserve qui voulait savoir ce qui s'était passé.

Sohalia monta la dernière, aidée par Marco. Ses jambes tremblaient tellement qu'elle pouvait à peine tenir debout.

Barbe Blanche la regarda intensément. Et elle vit dans ses yeux une compréhension profonde.

Il savait.

Ils avaient échoué.

Mais il ne dit rien. Pas encore.

« Reposez-vous, » ordonna-t-il simplement. « On parlera plus tard. »

Sohalia fut emmenée à l'infirmerie avec les autres blessés.

Yori examina son épaule — celle touchée par le tentacule. Une marque sombre était visible sur sa peau, comme une ecchymose profonde. Quand l'infirmier la toucha, Sohalia sentit une douleur sourde pulser.

« Ça passera, » dit l'infirmier avec une confiance qu'elle ne partageait pas vraiment. « Repose-toi. »

Mais Sohalia sentait que ce n'était pas juste une blessure physique. Son énergie était... diminuée. Comme si le contact avec le monstre avait pompé une partie de sa force vitale.

Jozu était dans le lit à côté. Son bras gauche était toujours assombri, la peau presque noire là où le tentacule l'avait touché. L'infirmier appliqua des bandages et des onguents, mais Sohalia voyait bien qu'il ne savait pas vraiment quoi faire.

Haruta avait juste des contusions. Izo quelques coupures. Vista était étonnamment intact — juste épuisé.

Et Marco...

Marco était assis sur un tabouret, refusant obstinément qu'on le soigne malgré ses nombreuses coupures et ecchymoses.

« Je vais bien, yoi, » répétait-il à chaque infirmier qui s'approchait.

Après une heure de soins, Barbe Blanche convoqua une réunion dans la salle principale.

Sohalia s'y rendit malgré la fatigue. Marco l'accompagna. Les commandants étaient tous présents — Vista, Jozu, Izo, Haruta, Ace, et les autres.

L'atmosphère était lourde.

Barbe Blanche était assis dans son fauteuil massif, son bisento appuyé contre l'accoudoir. Il les observa tous un par un, son regard perçant malgré son âge.

Marco fit le rapport.

Calmement. Méthodiquement. Sans omettre aucun détail.

Jef avait pris le troisième Fragment.

Il possédait maintenant les Fragments 1 ET 3.

Le scellement avait été brisé.

Le monstre de Veilombre avait été libéré — une créature ancienne qui se nourrissait de lumière.

L'île avait coulé, disparaissant complètement.

Et Jef s'était échappé.

Le silence qui suivit fut absolu.

Puis Barbe Blanche soupira. Un long soupir chargé de toute une vie d'expériences, de batailles, de victoires et de défaites.

« Alors on a échoué. »

Ce n'était pas une question. Juste une constatation.

Il regarda Sohalia.

« Ma fille. Comment te sens-tu ? »

Sohalia baissa les yeux, incapable de soutenir son regard.

« J'ai échoué, Père. C'est ma faute. Si j'avais été plus rapide... Si j'avais mieux anticipé... »

« Non. »

La voix de Barbe Blanche était ferme mais douce.

« Vous avez tous fait de votre mieux. Jef... il avait une longueur d'avance depuis le début. Il connaissait l'île. Il avait préparé des pièges. Il savait exactement ce qu'il cherchait. »

Il marqua une pause.

« Et il n'y avait pas la Clé ? » questionna Namur.

Son regard se posa sur le phénix et la Shizen.

« Non, je n'ai vu que le Fragment... », murmura-t-elle en se tournant vers le commandant de la première division.

Il hocha la tête pour confirmer les propos de Sohalia.

« Donc nous avons encore toutes nos chances pour le stopper. » annonça Haruta.

Ace prit la parole, se redressant légèrement.

« J'ai entendu des rumeurs sur Teach. » Son visage était sérieux — une rareté pour lui. « Il a été vu près de Water 7. Il recrute. Cherche quelque chose. »

« Le Fragment manquant ? » demanda Vista.

« Probablement. » Ace croisa les bras. « Il bouge beaucoup ces derniers temps. »

Marco ajouta :

« Et Jef a maintenant deux Fragments, yoi. Si l'un d'eux trouve le quatrième... »

Il laissa la phrase en suspens. Tout le monde comprenait les implications.

Barbe Blanche réfléchit un long moment.

Puis il se leva — un mouvement qui demandait visiblement un effort, mais qu'il accomplit avec dignité.

« Alors nous devons le trouver avant eux. »

La réunion se termina peu après.

Mais pour l'instant, l'équipage avait besoin de repos.

Sohalia retourna à l'infirmerie. L'infirmier changea ses bandages et lui donna quelque chose pour dormir.

Mais elle ne put pas.

Elle restait allongée dans son lit, fixant le plafond, revivant encore et encore les événements de la journée.

Jef. Le temple. Le monstre. L'échec.

Finalement, elle se leva et sortit sur le pont.

La nuit était tombée. Les étoiles brillaient dans un ciel dégagé — un contraste saisissant avec l'obscurité permanente de Veilombre.

Elle s'appuya contre la rambarde, regardant l'océan.

Quelque part là-bas, Jef naviguait avec deux Fragments.

Quelque part, Teach cherchait aussi.

Et elle était là, impuissante.

« Tu penses à lui, yoi ? »

Sohalia se retourna. Marco s'approchait, ses pas silencieux sur le pont de bois. Il vint s'appuyer à la rambarde à côté d'elle.

Ils restèrent silencieux un moment. Le vent frais de la nuit caressait leurs visages.

« Je n'ai pas pu l'arrêter. » La voix de Sohalia était basse. « Encore. »

« Il fait ses choix. Toi, les tiens. »

« Mais si j'avais— »

« Tu aurais pu mourir, yoi. »

Marco se tourna vers elle, son regard sérieux.

« Je préfère te savoir vivante et lui libre, qu'héroïque et morte. »

Sohalia le regarda, surprise par sa franchise.

« Merci. »

Marco sourit légèrement — ce sourire rare et précieux qu'il ne montrait qu'à elle.

« De rien, yoi. »

Ils restèrent là un moment, partageant un silence confortable. Juste deux personnes fatiguées, meurtries, mais vivantes.

Marco rejoua leur séjour sur l'île et son esprit s'attarda sur un moment en particulier.

"Je t'aimais."

Son regard se posa sur la jeune femme à ses côtés.

Jef avait parlé au passé. Mais était-ce vraiment fini pour lui ? Et Sohalia... avait-elle déjà éprouvé quelque chose ?

Il avait tant de questions, mais ce n'était pas le moment.

Pourtant, une question le hantait.

Si Jef devenait vraiment une menace pour le monde... si tout se réduisait à un choix impossible...

Arriverait-elle à faire ce qui devait être fait ?

Il espérait qu'ils n'auraient jamais à le découvrir.


Le lendemain matin, une nouvelle réunion fut convoquée.

Tous les commandants étaient présents. Barbe Blanche présidait, son expression grave mais déterminée.

« La carte s'est mise à jour durant la nuit. »

Yosei no Toketsu.

L'Île de la Fée Gelée.

North Blue.

« C'est loin. Très loin. » observa Curiel.

Marco se tourna immédiatement vers la table des cartes. Il fouilla parmi les cartes marines empilées, en sortit une représentant le North Blue, et l'étala sur la table.

Ses doigts tracèrent rapidement la route depuis leur position actuelle.

« North Blue, yoi... » Il calcula mentalement. « Plusieurs semaines de voyage. Au moins trois, peut-être quatre. »

Il marqua l'île sur la carte — un petit point dans les eaux nordiques.

« On part demain matin, yoi. »

Barbe Blanche hocha lentement la tête.

« Préparez le navire. On s'arrêtera sur l'île la plus proche pour faire des provisions. »

Il posa sa main massive sur l'épaule de Sohalia.

Sohalia regarda la carte. L'île marquée. Si petite. Si loin.

Cette fois, ils arriveraient en premier.


Cette nuit-là, Sohalia se tint à nouveau sur le pont, regardant vers le nord. Vers l'inconnu.

Quelque part là-bas, au-delà de l'horizon, au-delà de centaines de kilomètres d'océan, se trouvait l'île Yosei no Toketsu.

Elle posa sa main sur la rambarde, ses doigts se serrant autour du bois froid.

Elle savait quelque chose qu'ils ne savaient pas.

Elle savait OÙ chercher.

Et elle ne laisserait personne — ni Jef, ni Teach, ni personne — prendre ce Fragment.

Plus jamais.

« Cette fois, » murmura-t-elle dans le vent nocturne, sa voix chargée d'une détermination d'acier, « on arrivera en premier. »

Les étoiles brillaient au-dessus d'elle, silencieuses et éternelles.

Et au loin, très loin vers le nord, l'attendait une île de glace et de fées.

Une île où l'attendait le quatrième Fragment.

Et peut-être... la clé pour tout arrêter.


REECRIT : 06/01/2026

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