The New Era : Échos du Passé
Chapitre 8 : HS-8 : Ne Jamais Être Oublié
3263 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 20/01/2026 11:46
Note de l'auteur : Avant de commencer ce hors-série, je vous invite à lire le Chapitre 42 : Vis Pour Lui de The New Era.
Année 1510, Moby Dick.
Quelques mois auparavant, Sohalia avait fait son baptême du feu dans les cuisines de l'équipage de Barbe Blanche. Et, soyons francs, cela avait été un échec cuisant. Pour la jeune fille, pour le cuisinier en chef, Thatch, ainsi que pour la malheureuse cuisine dont on voyait encore les traces de ce désastreux accident.
C'est pourquoi il était complètement compréhensible que le commandant de la quatrième division soit si réticent à réitérer l'expérience. Il ne voulait pas que son fabuleux lieu de travail soit à nouveau endommagé, voire carrément détruit.
Pourtant, son cœur se serra en voyant la moue adorable de déception et de supplication que lui offrait la blondinette. Après quelques minutes à essayer de ne pas croiser ses grands yeux vert, il céda dans un soupir. Comment lui refuser quand elle vous regardait comme un petit chaton mouillé et tout triste ? C'était impossible de ne pas fondre…
Tout l'équipage et quelques alliés de Barbe Blanche étaient réunis sur la proue du Moby Dick pour fêter dignement l'anniversaire du capitaine, qui avait pourtant insisté pour que rien ne soit préparé. Aucun de ses enfants ne l'avait écouté et il ne le regrettait pas quand il voyait leurs visages si heureux.
L'homme le plus fort du monde fut bien surpris lorsque Thatch et Sohalia, aidés de Marco, ramenèrent devant lui un gâteau.
Un sacré gâteau qui ne devait pas être loin des deux mètres.
Il n'était pas droit, mais bancal, penchant dangereusement sur la gauche comme la tour de Pise. Le glaçage blanc coulait par endroits, formant de petites stalactites sucrées. Le « Joyeux Anniversaire, Père » était écrit d'une main tremblante et maladroite, les lettres de tailles inégales dansant sur le dessus du gâteau. Des morceaux de fruits confits dépassaient çà et là, tentant courageusement de masquer les imperfections.
Barbe Blanche, comme ses hommes, observa le dessert en sourcillant, se demandant s'il n'allait pas s'effondrer sur le plancher du navire d'un instant à l'autre.
« Père, les gars ! » s'exclama Thatch avec un immense sourire. « Voici un gâteau fait par notre blondinette favorite ! »
Aussitôt tous les regards se portèrent sur la fillette qui fila se cacher derrière le phénix. Ce dernier sourit et la força à se montrer, avant de placer une main rassurante sur le sommet de son crâne et de lui ébouriffer gentiment les cheveux.
Des murmures s'élevèrent et Barbe Blanche entendit les doutes de ses fils qui s'interrogeaient sur la possibilité d'une indigestion. Le capitaine détailla le présent de sa fille qui semblait être prise d'une soudaine passion pour son t-shirt taché qu'elle s'amusait à triturer dans tous les sens.
« Thatch, tu me coupes une part, s'il te plaît ? » souhaita l'homme le plus fort du monde, faisant immédiatement naître des étoiles de joie dans les yeux de l'enfant.
« Père », souffla Lady, discrètement. « Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée… »
Le capitaine chassa ses doutes d'un revers de main et attrapa l'assiette de l'autre en remerciant son fils d'un sourire. Sans une ombre d'hésitation, il prit un morceau du dessert en bouche et retint un soupir de soulagement. Ce n'était pas de la grande cuisine, mais ça restait mangeable.
Comment aurait-il pu se plaindre ? Sa fille avait mis tout son cœur et toute son énergie à lui faire ce gâteau. Il sourit, attendri, et fit signe à Sohalia de s'approcher. Elle ne se fit pas prier, heureuse de le voir manger le dessert. Il la captura dans ses immenses bras et la cala contre lui sur ses genoux en la remerciant. La jeune fille rit, ravie, et passa le reste de la soirée sur son père.
Esquissant un doux sourire, Lady les quitta pour rejoindre Thatch, Marco et Itsuki, qui lui fit un discret clin d'œil en la voyant approcher, qui discutaient un peu à l'écart du cercle qui s'était formé autour du gâteau.
« Thatch ? Tu l'as aidée ? » supposa l'infirmière en chef.
« Bien sûr ! Dès que j'ai vu qu'elle voulait mettre du piment pour, je cite : 'Rajouter du goût' ! »
Le cuisinier secoua la tête, désabusé par ce manque de talent culinaire de l'enfant. Les deux amants et le phénix s'esclaffèrent en écoutant les frasques de Sohalia en cuisine que leur narrait volontiers Thatch.
Année 1514, poupe du Moby Dick.
Quatre années s'étaient écoulées.
Sohalia n'était plus l'enfant maladroite qui avait failli incendier les cuisines. Elle avait grandi. Mûri. Mais son cœur était resté le même : généreux, aimant, lumineux.
Sohalia suivait discrètement le commandant de la première division qui s'éloignait de la fête, organisée pour l'anniversaire de Thatch, qui régnait sur la proue du navire pour aller s'isoler à l'arrière du bateau. Cachée, elle le laissa se perdre dans ses pensées, avant de l'interrompre en s'asseyant sur le bastingage juste à côté de lui.
« Yo, mon poulet ! »
Son immense sourire s'étira un peu plus quand elle aperçut le coin des lèvres du phénix tressaillir à cette appellation. Il se retint, difficilement, de répliquer et lui ordonna de descendre de son perchoir avant qu'elle ne finisse à la flotte. Depuis quelque temps, la blondinette s'amusait à énerver le second de l'équipage en faisant des références plus ou moins subtiles sur son appartenance à l'espèce des volailles. Sohalia soupira, mais obéit tout de même en comprenant que son frère n'était pas d'humeur à plaisanter.
« Marco ? » le sollicita-t-elle doucement. « Pourquoi on ne fête jamais ton anniversaire ? » questionna-t-elle en le dévisageant.
« Ça n'a pas d'intérêt parce qu'avec ce foutu fruit je suis bien parti pour vivre éternellement… » grogna-t-il avec amertume sans la regarder.
La jeune fille ne comprit pas, ne voyant pas ce qu'il y avait de mal à cela. Elle ne relança pas le sujet en supposant que cela n'aiderait pas le phénix à être plus joyeux et lui prit le bras pour attirer toute son attention.
« Au lieu de déprimer, tu pourrais aider ton adorable et précieuse petite sœur à réaliser son rêve : voler sur le dos d'un phénix ! » déclara-t-elle.
« Tu as déjà réalisé ce rêve une dizaine de fois », répondit-il en comprenant qu'il s'était fait avoir les neuf fois auparavant.
Un léger sourire vint pourtant se glisser sur ses lèvres. Sohalia adoucissait toujours ses humeurs. Elle était un véritable petit médicament vivant, qui se trimbalait sur le navire en jetant sur ses frères des poignées de joie de vivre, d'émerveillement et d'innocence.
« Allez ! S'il te plaît ! » geignit-elle. « Je veux voir le bordel qu'on fout depuis le ciel ! Je veux voir jusqu'où on nous entend ! S'il te plaît ! » argumenta-t-elle en trépignant.
Dans un soupir, Marco s'écarta un peu d'elle et se métamorphosa en sa forme mystique. Elle grimpa aussitôt sur lui, craignant qu'il ne change d'avis.
Ils s'envolèrent dans la nuit étoilée.
Le vent fouettait le visage de Sohalia, ses cheveux blonds flottant derrière elle comme une bannière dorée. Les flammes bleues du phénix illuminaient la nuit, créant une aura mystique autour d'eux, projetant des ombres dansantes sur les vagues en contrebas.
Elle riait aux éclats alors que Marco faisait des loopings, plongeant vers l'océan avant de remonter en flèche vers les étoiles. Son estomac se retournait à chaque vrille, à chaque plongée vertigineuse, mais elle ne voulait pas que ça s'arrête. Jamais.
En bas, le Moby Dick ressemblait à un jouet illuminé par des dizaines de lanternes. Les chants et les rires de l'équipage leur parvenaient, portés par le vent marin. Elle distinguait les silhouettes minuscules de ses frères qui dansaient, buvaient, célébraient.
« Tu vois Thatch ?! » cria-t-elle dans le vent.
Marco effectua un large cercle au-dessus du navire.
« Là ! Au centre ! Celui qui danse comme un canard bourré ! »
Sohalia éclata de rire.
C'était magique.
Le vol prit fin quand il sentit la blondinette frissonner. Il redescendit en douceur et atterrit sur la proue, reprenant forme humaine.
« Pour me réchauffer, tu pourrais me donner un peu de saké… », tenta Sohalia.
« Hors de question », refusa-t-il immédiatement en éloignant son verre d'elle. « Tu es trop jeune ! »
« Bah, fais-moi danser, alors », soupira-t-elle, dépitée.
Avec un fin sourire, il entraîna l'adolescente près des musiciens et la fit tournoyer en tout sens. Ils se moquèrent de ceux qui étaient ivres et se déhanchaient de façon ridicule. Sohalia rit tellement qu'elle eut les larmes aux yeux. À la fin de la musique, le phénix arborait un grand sourire joyeux ce qui ravit la jeune fille.
Marco s'excusa et l'abandonna lorsque le nouveau morceau débuta. Il avait aperçu quelques-uns de ses frères commencer à se battre et il allait intervenir avant que cela ne dégénère. Sohalia n'eut pas le temps de protester qu'elle était déjà seule.
La jeune fille ne resta pas délaissée bien longtemps, car Thatch l'attrapa par la taille et la fit danser à nouveau. Le cuisinier chantait soit en avance, soit en retard avec les musiciens.
« Tu es bourré ! » s'esclaffa-t-elle alors qu'il trébuchait sur ses propres pieds.
« Pas encore assez ! » répliqua-t-il en continuant de la faire rigoler. « Tiens, cadeau ! Bois ça et vite ! Avant que Marco ne nous voie ! » chuchota-t-il vivement en lui tendant un gobelet rempli de saké.
Sohalia ne se fit pas prier et avala d'une traite l'alcool, toussant un peu quand il lui brûla la gorge.
« C'est ton anniversaire… Ça devrait être moi qui t'offre quelque chose… », soupira-t-elle en déposant un doux baiser sur sa joue pour le remercier.
« C'est déjà fait… Tu lui as rendu son sourire », souffla-t-il en désignant Marco d'un signe de tête.
« Il déprime de plus en plus pendant les anniversaires », murmura-t-elle, soudainement attristée de voir le phénix ainsi.
« T'inquiète », dit-il en lui pinçant les côtes. « Le reste de la nuit va lui faire du bien », ajouta-t-il avec un sourire pervers.
« Thatch… » grommela-t-elle, avec, néanmoins, un sourire amusé illuminant un peu plus son visage.
L'homme aux habits blancs qui la tenait délicatement dans ses bras ne changerait jamais… Mais elle ne l'en aimait que plus.
« D'abord, je compte bien profiter de ma femme préférée ! » s'écria-t-il en la faisant subitement tourner.
Thatch la bascula en arrière, déclenchant à nouveau des éclats de joie de la part de la jeune femme. Il était un charmeur et un dragueur né. Il aimait les femmes et les plaisirs qu'elles pouvaient procurer, et il ne s'en était jamais caché. Même si parfois son humour ne dépassait pas les chaussettes, elle adorait rire avec ou de lui. Oui, elle admirait, respectait et aimait plus que tout son frère, son sauveur…
Année 1522, Moby Dick, troisième jour de traversée vers Aki Island.
Huit années s'étaient écoulées. Huit années pendant lesquelles tant de choses avaient changé. Sohalia avait disparu pendant sept longues années. Thatch était mort. Et maintenant, elle était de retour.
Aujourd'hui était un jour de fête pour tout l'équipage de Barbe Blanche. En effet, il s'agissait de l'anniversaire du capitaine et tout le monde attendait avec impatience que la nuit tombe pour fêter dignement le jour de naissance de leur Père.
Cependant, Sohalia arpentait sa cabine de long en large, ainsi que de travers. Si elle avait pu marcher au plafond et sur les murs, elle l'aurait fait. Cela faisait plusieurs heures que la jeune femme cherchait une idée de cadeau pour l'homme qu'elle respectait le plus au monde.
Elle avait bien tenté de glaner des idées chez Ace, mais ce dernier était introuvable, probablement en train de faire une sieste quelque part sur le navire.
Soudain, une illumination la frappa et la pétrifia tandis qu'elle poussait un cri de joie. Elle se précipita sur son escargophone et attendit patiemment que sa cousine décroche. Elle lui expliqua précipitamment son idée et Maiya fut ravie d'aider celle qu'elle considérait comme sa grande sœur.
À l'extérieur de la cabine de la commandante de la quatrième division, le Soleil se couchait. La boîte que la blonde utilisait pour communiquer avec son île se mit à vibrer. La Shizen se précipita dessus, l'ouvrit, prit le paquet qui l'encombrait et fila sur la proue rejoindre ses frères et son Père qui avaient déjà débuté la petite fête.
Barbe Blanche prit le cadeau qu'elle lui tendait et le déballa immédiatement en souriant.
Il observa le tableau qu'il tenait entre ses mains. Une représentation des commandants et de lui. Il y avait Sohalia, bien sûr. Marco à ses côtés, protecteur. Ace avec son sourire éclatant. Mais aussi Thatch.
Son cœur se serra. Il frôla du bout d'un doigt le visage souriant du défunt commandant de la quatrième division, ses yeux s'embuant légèrement.
Thatch.
Son fils. Son cuisinier. Son enfant perdu.
Les traits étaient parfaits. Le sourire éclatant. L'éclat malicieux dans les yeux. La cicatrice sur la joue. Les cheveux en bataille. Tout. Maiya avait capturé son essence même.
Il était là, vivant sur cette toile. Éternel dans cette peinture.
À ses côtés, Ace souriait également, jeune et insouciant. Marco arborait son expression habituelle, calme et posée. Et Sohalia… Sohalia rayonnait de joie.
Barbe Blanche ferma les yeux un instant, serrant le tableau contre son cœur.
Tant qu'ils se souviendraient, Thatch ne mourrait jamais vraiment.
« Je ne suis pas l'auteure de ce tableau. C'est Maiya, ma cousine, qui l'a fait… Il ne s'agit que d'une copie qu'elle a réalisée à ma demande. L'original est accroché sur le mur de ma chambre… Sur mon île… » avoua-t-elle doucement.
Le capitaine acquiesça et dévisagea à nouveau les minois de ses fils peints. Il fit signe à sa fille de s'approcher, ce qu'elle fit, et s'agenouilla pour être un tant soit peu à sa hauteur. Il la serra contre son cœur et Sohalia ferma les yeux, appréciant l'étreinte de ce Père aimant.
C'était si rassurant et chaleureux. Son cœur battait si fort…
« Merci, ma fille », murmura-t-il contre ses cheveux.
Autour d'eux, les commandants s'étaient approchés pour voir le tableau. Certains souriaient. D'autres avaient les larmes aux yeux.
Marco fixait le visage de Thatch sur la toile.
Thatch était là.
Vivant dans leurs souvenirs.
Vivant dans ce tableau.
Vivant dans leurs cœurs.
Pour toujours.
Plus tard dans la nuit, poupe du Moby Dick.
Tard dans la nuit, alors que la fête se calmait, Sohalia trouva Marco seul sur la poupe, fixant les étoiles. Elle s'installa à ses côtés en silence. Le bruit des vagues. Les rires lointains. Le navire qui tanguait doucement.
« Tu penses à lui ? » murmura-t-elle.
Marco n'eut pas besoin de demander à qui elle faisait référence.
« Toujours. »
Un long silence s'installa. Confortable. Apaisant. Au loin, ils entendaient encore Ace rire avec les autres, probablement en train de défier quelqu'un dans un concours stupide.
« Tu sais ce qui me terrifie le plus avec cette immortalité ? » continua Marco sans la regarder.
Il fixait l'horizon, les mains serrées sur le bastingage.
« Ce n'est pas de les voir mourir un jour. C'est d'oublier leurs visages. Leurs voix. Leurs rires. »
Il se tourna vers elle, et Sohalia vit dans ses yeux une peur qu'elle n'y avait jamais vue auparavant.
« D'oublier le sourire de Thatch. Sa voix quand il racontait ses blagues pourries. La façon dont il riait en me taquinant. Les fois où il me volait mon saké en pensant que je ne m'en rendrais pas compte. »
Sa voix se brisa légèrement.
« J'ai peur qu'un jour, dans cent ans, dans mille ans… Je ne me souvienne plus. Que son visage devienne flou. Que sa voix s'efface. Qu'il ne reste plus rien. »
Sohalia posa sa main sur la sienne.
« C'est pour ça que j'ai demandé ce tableau à Maiya. Pour Père. Pour toi. Pour nous tous. Pour qu'on n'oublie jamais. »
Elle serra sa main plus fort.
« Thatch… Il vit toujours dans ce tableau. Dans nos souvenirs. Dans nos cœurs. Et tant que nous nous souviendrons de lui, il ne mourra jamais vraiment. »
Marco ferma les yeux.
« Mais un jour… Un jour, vous ne serez plus là. Père. Ace. Toi. Les autres. Et je serai seul. »
Sa voix n'était plus qu'un murmure.
« Seul avec mes souvenirs. »
Sohalia se leva et se plaça devant lui, l'obligeant à la regarder.
« Alors, promets-moi quelque chose. »
Il la fixa, intrigué par le sérieux soudain dans sa voix.
« Promets-moi que quand je mourrai… »
Sa voix était douce, mais ferme.
« Quand mon cœur s'arrêtera… Tu te souviendras de moi. »
Elle sourit.
« De mon sourire. De mes bêtises. De mes gâteaux bancals qui ont failli empoisonner tout l'équipage. De nos vols nocturnes. Des fois où je t'appelais 'mon poulet' juste pour t'énerver. »
Marco eut un rire étranglé, entre larmes et sourire.
« Comment pourrais-je t'oublier, Lia ? »
« Et promets-moi que tu continueras. »
Elle posa ses mains sur ses joues, le forçant à plonger son regard dans le sien.
« Que tu vivras. Que tu riras. Que tu aimeras. Que tu ne t'enfermeras pas dans tes souvenirs comme dans une prison. Parce que c'est ça, vivre. Ce n'est pas durer. C'est ressentir. C'est aimer. C'est se souvenir sans se perdre dans le passé. »
Elle posa sa main sur son cœur.
« Je ne serai peut-être pas immortelle comme toi. Mais je vivrai dans tes souvenirs. Comme Thatch. Comme tous ceux que tu as aimés et que tu aimeras. Et tant que tu te souviendras, nous vivrons. Toujours. »
Marco l'attira contre lui, la serrant dans ses bras comme s'il avait peur qu'elle disparaisse à nouveau. Comme elle l'avait fait pendant sept ans. Comme elle pourrait le faire à nouveau.
« Je te le promets », murmura-t-il contre ses cheveux. « Je me souviendrai. De chacun de vous. De chaque sourire. De chaque rire. De chaque moment. Des bons comme des mauvais. Des joies comme des peines. »
« Même quand ça fera mal ? » murmura-t-elle contre son torse.
« Surtout quand ça fera mal. »
Sa voix était ferme maintenant.
« Parce que la douleur prouve que c'était réel. Que vous étiez réels. Que vous avez existé. Que vous avez compté. »
Ils restèrent là, sous les étoiles, bercés par le bruit des vagues et les rires lointains de leurs frères. Un phénix immortel qui avait peur d'oublier et une femme mortelle qui lui promettait l'éternité. Non pas à travers le temps, mais à travers la mémoire.
Car au final, l'immortalité n'est pas dans le fait de ne jamais mourir.
Elle est dans le fait de ne jamais être oublié.
Et tant que Marco se souviendrait, ils vivraient tous.
Pour toujours.
REECRIT : 19/01/2026