Passion de glace

Chapitre 16 : Sous la poussière de diamant

1327 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 21/04/2026 15:15

Voyant approcher le chevalier du Verseau revêtu de son armure dorée, les deux gardes en faction devant la chambre sacrée du Grand Pope poussèrent les lourds battants de bronze de la porte pour lui permettre d’entrer.

Camus avança vers le trône du Pope. Le bruit de ses pas étaient assourdis par l’épais tapis qui couvrait le sol tel un serpent écarlate. Le silence qui régnait dans la pièce était oppressant et le chevalier sentait naître l’inquiétude au fond de son cœur. Le siège d’ordinaire occupé par Shion était vide et le jeune français se demandait où l’ancien Bélier d’or pouvait bien se trouver. Réponse lui fut donnée lorsqu’il vit Athéna et son représentant émerger du couloir menant au temple de la déesse.

Lorsqu’ils furent arrivés à sa hauteur, le onzième gardien du zodiaque s’inclina respectueusement devant eux et attendit.


  • Relevez-vous chevalier ! fit le Grand Pope en prenant place sur son trône.


Camus obéit mais resta silencieux. Athéna n’avait pas bougé. Son sceptre d’or à la main, elle observait son gardien.


  • Savez-vous pourquoi je vous ai fait venir ici ? demanda-t-elle en rompant le silence.


Le jeune homme hocha négativement la tête. La déesse ne quitta pas du regard son chevalier.


  • C’est au sujet de Morwen !


À ces mots le français se raidit ce qui n’échappa pas à la princesse Saori, qui sourit intérieurement. La jeune femme savait que ce n’était pas très fair-play de jouer ainsi avec les émotions des gens mais le chevalier des glaces, à force de se prendre pour un vulcain, refusant tout étalage émotionnel, l’avait un peu mérité.

Le chevalier du Verseau espérait que personne ne remarquerait le trouble qui l’habitait. Athéna n’avait toujours pas repris la parole et plus le silence se prolongeait, plus sa nervosité augmentait. Qu’avait-il bien pu se passer pour que la patronne d’Athènes veuille lui parler de sa compagne ? Enfin après quelques secondes de silence qui avaient parues interminables au chevalier d’or, la jeune fille déclara :


  • Elle a parfaitement réussi l’épreuve…


Le jeune homme resta immobile, sans réaction. Les mots semblèrent ne pas atteindre son cerveau tant il s’était embourbé dans ses propres interrogations.


  • Et bien chevalier ! Je viens de vous annoncer que j’accorde ma bénédiction à votre couple et vous restez planté là ? Qu’attendez-vous pour rejoindre votre promise ?


Soudain tout fut limpide. Camus pris conscience de ce qui venait de ce produire. Il regarda sa déesse un court instant avant de la remercier et se dirigea vers la sortie.

Le chevalier des glaces dû se retenir de courir. L’ayant remarqué Athéna et Shion échangèrent un sourire entendu tandis que la lourde porte de bronze se refermait derrière le jeune français.


  • Je ne vous savais pas d’humeur taquine! fit remarquer l’ancien Bélier à la déité.


Celle-ci laissa échapper un éclat de rire avant de répondre.


  • Nous sommes en paix, on à bien le droit de s’amuser un peu ? Non ?


Shion hocha la tête. Athéna bien qu’étant une puissante déesse occupait le corps d’une simple mortelle : une jeune femme qui n’avait pas vraiment eu une enfance normale et qui, de temps en temps, rattrapait le temps perdu en se conduisant comme n’importe quelle fille de son âge.


  • Et puis, reprit-elle plus sérieusement. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit le si distant et impassible chevalier du Verseau perdre le contrôle de lui-même.


*****


Camus ne parvenait pas à calmer les battements affolés de son cœur. Lui d’habitude si serein était en proie à une avalanche d’émotions incontrôlables. Il courait désormais, le grand escalier de marbre défilait à une vitesse folle et le dôme de son temple devenait de plus en plus visible. Quelques minutes auparavant, en traversant le douzième temple, il avait manqué de renverser Aphrodite et n’avait pas pris le temps de s’excuser ni même d’écouter ce que le suédois lui avait crié alors qu’il sortait de sa demeure. Camus voulait rejoindre sa maison zodiacale le plus vite possible. Il ne ralenti sa course qu’enfin arrivé au parvis arrière du temple du Verseau.


Morwen observait le Sanctuaire d’un air songeur. Elle repensait sans cesse à la discussion qu’elle avait eue avec la déesse Athéna quelques heures plus tôt et se demandait comment elle pourrait prouver qu’elle était capable d’accéder à la demande de la princesse. La demoiselle ignorait que ce n’était pas ses actes mais sa manière d’accueillir les paroles d’Athéna qui avait permis à cette dernière de faire son choix.

La biologiste s’apprêtait à gravir la dernière volée de marches menant à la maison du Verseau quand un léger scintillement attira son attention. La partie de l’escalier menant au temple était recouverte par une fine pellicule de neige. Sa surprise s’accentua lorsque levant les yeux, elle vit tomber du ciel de minuscules flocons. La jeune femme s’émerveilla devant la beauté des cristaux se posant sur ses vêtements et dans ses cheveux et se demanda par quel prodige la neige pouvait-elle bien tomber en cette saison.


  • Les gens du grand nord l’appellent « Poussière de diamant » !


Morwen sourit à son compagnon qui venait de la rejoindre.


  • C’est joli ! murmura la biologiste tandis qu’ils rejoignaient l’entrée de la onzième maison.


À cet endroit la neige poudreuse atteignait quelques centimètres. C’est toi qui as fait ça ? demanda-t-elle au chevalier des glaces. Il ne répondit pas se contentant de lui prendre la main, l’attirant contre lui pour l’embrasser.


  • Aurais-tu quelque chose à me dire ? questionna la jeune femme soudain suspicieuse.
  • Pourquoi cette question?
  • D’habitude tu es très réservé, tu ne te laisses jamais allez aux effusions de sentiments et tu vérifies au moins trois fois que nous sommes bien seuls avant de m’embrasser. Je suis donc étonnée que tu me sortes le grand jeu en extérieur de surcroît.


Le Verseau garda à nouveau le silence. Esquissant un sourire il finit par répondre :


  • Ferme les yeux !


Morwen obéit se demandant ce qui avait bien pu arriver à son amant. Elle ne pu aller bien loin dans ses spéculations car Camus venait de poser quelque chose au creux de sa paume et de nouvelles questions l’assaillaient.


  • Tu peux regarder à présent ! chuchota le français à son oreille.
  • Qu’est-ce que c’est ? demanda la biologiste en découvrant l’étrange glaçon qui reposait dans sa main.
  • Ouvre-le.


Les mains tremblantes Morwen souleva la partie supérieure de l’écrin et resta sans voix devant ce qu’elle y découvrit.

Camus pris la bague et s’agenouilla devant-elle.


  • Oh mon dieu ! laissa échapper la jeune femme sous le coup de l’émotion.
  • Morwen voulez-vous m’épouser ? demanda solennellement le chevalier d’or.
  • Oui… Oui je le veux ! répondit la demoiselle en se jetant dans ses bras. Des larmes de joie roulaient sur ses joues.


Camus les essuya puis murmura avant de l’embrasser :


  • Dés que je t’ai vue j’ai su que tu étais la femme de ma vie !
  • Je t’aime ! Et je t’aimerai jusqu’à la fin de mes jours ! fit la jeune femme. C’est une promesse que je te fais…


sous la poussière de diamant.



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