Sanctuary's songs

Chapitre 13 : Ça fait mal

Chapitre final

936 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 28/04/2026 22:06

J’ai d’abord cru que tu avais suivi ce gamin dans le seul but de me faire enrager, mais quand tu as prétendu le défendre au péril de ta vie, j’ai réalisé que tu étais sa Reyaâ et une pointe de jalousie m’a transpercé le cœur.

Puis les Marinas de Poséidon sont arrivés, je me suis senti tiraillé entre mon désir de tuer cet avorton d’Artiste afin de te garder pour moi seul et mon devoir de général envers Arès. Dans l’intérêt d’Arkham, j’ai donc choisi de vous laisser pour affronter les hommes du Sanctuaire Sous-marin. Mais j’étais seul et ce Sorrente ne mit pas longtemps à me clouer au sol.

Quand il m’a arraché le collier que je portais, ce collier que tu m’avais offert et qui représentait pour moi un fol espoir, quand il me l’a arraché en m’accusant de l’avoir dérobé à l’empereur des mers, à cet instant où j’ai croisé ton regard mon sang s’est glacé et j’ai pris conscience que tout ceci n’était qu’une mise en scène, un piège que tu m’avais tendu.

Face à cette trahison dévoilée j’ai senti quelque chose se briser en moi. Je te faisais confiance Achaias et tu m’as trahi…


Le ciel s’efface devant soi

Et la terre se dérobe en silence

La vie devient ce vide immense

Où la mort prend alors tous ses droits

J’ai cette image qui me déchire

D’un monde où l’amour nous a trahis

Qu’il ne nous a donné que le pire

Sans personne à qui se retenir


J’ai enfin compris ton jeu et cette révélation me fait mal. Les Marinas m’emmènent avec eux et je n’ai même pas la force de réagir, je me laisse faire sans rien tenter. J’ai si mal… Pourquoi as-tu fait ça ? Savoures-tu ton triomphe avec lui ?


Ça fait mal

On n’en guérit pas

Ça fait mal

On n’imagine pas

Tellement mal à l’être

Tellement mal à l’autre

Tout ce mal

Ça fait mal


Tout est noir autour de moi, aucune lumière pour éclairer le cachot au fond duquel on m’a jeté. Aucun son, aucun bruit pour me permettre d’évaluer le passage du temps.

Il n’y a ici que le silence accompagné d’une odeur nauséabonde qui me retourne l’estomac, et cette douleur dans ma poitrine qui te rappelle sans cesse à moi.

J’essaye de comprendre tes raisons Achaias mais je n’y parviens pas. J’espérais que tu comprennes ce que j’éprouvais pour toi, que tu comprennes que ce mariage arrangé avait une toute autre signification à mes yeux, hélas ce ne fut pas le cas.

Des bruits de pas, une porte qui grince, quelqu’un approche. Le verrou de ma cellule s’ouvre dans un bruit de métal rouillé. Un garde vérifie que les chaînes qui me retiennent sont toujours en place puis sort sans se retourner tandis qu’un air de flûte s’élève jusqu'à moi.


A quoi servent ces peines que l’on traîne

Et l’espérance si le chemin se perd

Quand elle joue à mettre mes doutes en scène

Si tout s’achève et nous laisse à terre

A même en oublier que je t’aime

On ne garde pas la vie en prison non

Et quand l’incertitude tremble à peine

La passion a perdu la raison


La torture, voilà ce qu’ils ont utilisé contre moi. Ils voulaient que j’avoue où se trouve le trident de Poséidon. Ma seule consolation fut la rage de Sorrente face à mon refus de répondre. Mais comment aurais-je pu puisque je ne connais pas la réponse?

Le Marina est maintenant parti bien qu’il ne tardera pas à revenir. Moi qui me croyais capable de supporter la douleur, je dois reconnaître que la souffrance endurée a eu raison de mon arrogance au point que j’en vienne à attendre la mort comme une délivrance. Mais cette attente vient-elle réellement de la douleur physique ou plutôt de ce qui continue à me broyer le cœur ?


Ça fait mal

On n’en guérit pas

Ça fait mal

On n’imagine pas

Tellement mal à l’être

Tellement mal à l’autre

Tout ce mal

Ça fait mal

On ne s’en sort pas

Ça fait mal

On ne s’en remet pas

Tellement mal pour rien

Et de mal pourtant

Tout ce mal

Mes épaules sont en feu, je voudrais m’étendre sur le sol mais les chaînes entravent mes mouvements. La porte s’ouvre sur un inconnu. C’est un Artiste d’apollon. Un Artiste comme celui que tu protèges. Je sens la rage monter en moi mais je parviens à la contenir. Les soins qu’il me prodigue apaisent mes blessures. Toutes sauf une…

Mon répit est court mais bénéfique, néanmoins ma reconnaissance s’arrête là. Je ne l’aiderai pas à soigner ce soldat. Je l’ai contrarié mais je n’en ai cure. L’obscurité m’enveloppe à nouveau et le temps passe.


J’ignore combien d’heures se sont écoulées mais tu es de retour Mikérinos ! Je ne répondrai pas à ta question, par contre toi, sans le savoir, tu m’as donné une réponse.

Fragile est la frontière entre l’amour et la haine, en apercevant ta Reyaâ j’ai su que je venais de la franchir. Achaias…


JE TE HAIS !




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