Équilibre
Palpatine était furieux.
Comment un détail aussi insignifiant avait-il pu se retourner contre lui ?
La Terre.
Une planète découverte par les Séparatistes.
Il se souvenait parfaitement du rapport envoyé par le comte Dooku, ainsi que de sa demande : former un assassin Sith issu de ce monde. Doremi.
Il l’avait vue pour la première fois à travers un hologramme. Petite, fragile en apparence… le parfait nerf sacrificiel.
Dans son esprit, l’issue ne faisait aucun doute.
Soit l’Élu la tuerait au cours d’un combat, soit l’Ordre Jedi s’en chargerait : exécution, emprisonnement, oubli.
Il n’avait pas prévu que Mace Windu la prendrait comme apprentie.
Une erreur… en partie de sa faute.
À cette époque, Palpatine devait encore jouer le rôle de l’allié des Jedi. Doremi n’était pas un problème immédiat, et il pensait que l’Ordre 66 réglerait ce léger désagrément en même temps que le reste de l’Ordre Jedi.
Mais non seulement elle avait survécu à la purge…
Elle avait fait bien pire.
Doremi avait activé les anciens robots sentinelles Sith et les avait retournés contre les clones de la 501e et Dark Vador lui-même. Grâce à cela, de nombreux chevaliers et Padawans avaient pu s’enfuir du Temple Jedi.
C’était… gênant.
Les Inquisiteurs se retrouvaient désormais régulièrement à cinq contre un. Palpatine avait dû leur allouer un destroyer stellaire chacun afin qu’ils puissent traquer et éliminer plusieurs Jedi à la fois.
Autant de ressources détournées de ses autres projets.
Mais le rapport que lui avait transmis Vador transforma définitivement Doremi — et la Terre — en véritables épines plantées dans son pied.
La Fédération du Commerce n’avait pas détruit la planète.
La planète avait résisté.
Non pas par une guerre de puissance brute...
Mais par une guerre informatique.
Lorsque la Terre découvrit que ses ordinateurs étaient bien plus performants et capables de pirater les signaux des droïdes de combat, l’issue devint évidente.
La Fédération ne pouvait plus gagner.
Une fois les vaisseaux ennemis piratés, il suffisait de monter à bord et de capturer le maigre personnel organique encore présent.
Sur les quatre vaisseaux saisis, un fut démonté pièce par pièce afin d’en faire de la rétro-ingénierie.
En trois ans, la Terre était devenue une petite république galactique indépendante.
Voilà pourquoi Palpatine ne les avait pas détruits lors de l’avènement de l’Empire.
Ils se trouvaient dans les Régions Inconnues, n’avaient participé que de façon indirecte à la Guerre des Clones… et surtout, leurs espions avaient découvert son complot.
Ils s’étaient préparés.
Leur plan initial était simple : frapper l’Empire en plein cœur pendant la transition entre les clones et les stormtroopers.
Mais le retour de Doremi sur sa planète avait tout changé.
Elle leur avait tout révélé.
La Terre savait désormais que même ses guerriers-magiciens ne faisaient pas le poids face à un Maître Sith. Leur plan initial — envoyer un seul champion pour éliminer l’Empereur — était voué à l’échec.
Palpatine savait tout cela.
Parce qu’ils le lui avaient dit.
Un module de rentrée atmosphérique avait traversé les défenses de Coruscant pour s’écraser… directement dans son bureau.
Le Pillar of Autumn était brièvement apparu en orbite haute, avait tiré un unique coup, coup qui contenait le module, puis avait disparu.
Tout cela pour un message.
Un message que Palpatine avait parfaitement compris.
« Nous pouvons vous tuer à n’importe quel moment.
Mais vous feriez un martyr.
Alors nous affaiblirons votre pouvoir politique.
Et nous vous capturerons. »