Star wars épisode 11: L'équilibre dans la force

Chapitre 10 : A la rencontre de Mortis

4396 mots, Catégorie: T

Dernière mise à jour 13/03/2026 18:03

Dans l’immensité de l’hyperespace, Le vaisseau de Katarn dérivait comme un navire abandonné flottant dans une mer d’obscurité sans fin. Seul aux commandes, l'évadé de Mytus scrutait l’écran des instruments dont les lumières intermittentes rythmaient un temps devenu infini. Chaque pulsation du moteur semblait étirer les minutes en une éternité, accentuant sa solitude et ses interrogations.


Les souvenirs de ses nuits dans sa cellule se brouillaient dans son esprit. Était-ce réellement ce qu’il avait perçu, ou n’était-ce qu’un mirage, le fruit de la peur et de l’isolement ? Le doute s’insinuait en lui, mêlant la clarté d’un passé révolu aux ombres d’un avenir incertain.


Pourtant, au cœur de cette dérive prolongée, une envie ardente le poussait à retrouver la certitude d’antan. Il se rappelait, avec nostalgie, des moments où la Force coulait en lui comme une rivière incandescente, illuminant son chemin d’une lumière inébranlable.


A Chaque scintillement sur le tableau de bord, chaque vibration résonnant dans la coque, lui rappelait la promesse d’un destin glorieux qu’il avait un jour caressé. Pourtant, ses pensées se perdaient dans une introspection douloureuse, où le passé lumineux se heurtait à la réalité froide de son Exode. Le vaisseau, dérivant sans repères, semblait devenir le miroir de ses propres incertitudes, un exil où ses acquis se faisaient rare.


Ainsi, perdu dans ce voyage interminable, il se débattait contre l’amertume du doute. Le temps s’égrenait, sans qu’il puisse distinguer le début de la fin, chaque instant devenait une épreuve de l’âme. Pourtant, malgré l’ombre épaisse qui enveloppait son esprit, une lueur persistait—la promesse d’un renouveau qui, s’il parvenait à la retrouver, pourrait éclairer de nouveau le chemin vers son destin.


Dans cet état suspendu, Katarn ferma les yeux, espérant puiser dans la Force une once d’assurance. Il s’efforça de sentir, de laisser la présence mystique envahir ses sens, dans l’espoir de retrouver l’étincelle qui avait jadis guidé ses pas. Ce moment de méditation n’était pas seulement une lutte pour la survie, mais bien une soif de renaissance, un désir viscéral de se reconnecter à la lumière qui l’avait toujours défini comme Jedi.


il laissa sa conscience se fondre abandonné aux pulsations de la Force, il se concentra intensément, laissant les échos de ses doutes s'estomper peu à peu. Le vide environnant, loin de toute distraction mécanique, il n'était plus question de commandes ou d'instruments. Tout se résumait à cette immersion intérieure, à cette méditation qui faisait vibrer chaque fibre de son être.


Dans cette concentration absolue, la Force coulait en lui comme une rivière silencieuse, apportant à son esprit une clarté à la fois nouvelle et familière. Peu à peu, les ombres de l'incertitude se dissipaient, laissant place à une sensation d'éveil intérieur. Loin du tumulte de ses pensées habituelles, il se sentit envahi par une quiétude profonde, comme si chaque battement de son cœur se synchronisait avec l'énergie de l'univers.


Puis, alors que cette plongée atteignait son paroxysme, le paysage extérieur reprit vie. Quand il rouvrit les yeux, ce n’était pas le décor étroit du vaisseau qu’il retrouvait, mais l’immensité de l'espace révélant Mortis. Devant lui, la planète se matérialisait dans toute sa splendeur énigmatique.


Lorsqu’il rouvrit les yeux,Devant lui, un immense monolithe noir, aussi vaste qu’un monde, s’étendait dans le vide, sa surface lisse et impénétrable ne reflétant ni la lumière des étoiles ni les ténèbres environnantes. Un colossal tombeau silencieux, enfermant un secret que même la Force semblait hésiter à révéler. Katarn du s'y reprendre à plusieurs fois avant de comprendre qu'il avait Mortis devant lui , flottant dans l’immensité de l’Espace Sauvage.


À mesure qu’il l’observait, une lueur étrange parcourut l’édifice, comme si sa surface s’animait d’un frémissement imperceptible. L’intérieur de Mortis, caché au sein de cette prison minérale, abritait un monde en dehors du temps, un lieu où la Force était plus vivante et indomptable que partout ailleurs dans la galaxie. Katarn ne pouvait ni en deviner les contours exacts ni en percevoir la véritable nature, mais il ressentait son appel, une pulsation profonde qui résonnait dans chaque fibre de son être.


Il comprenait mieux, à présent, pourquoi les récits sur cette planète étaient teintés de mystère et de crainte. Ce n’était pas un simple astre perdu dans l’espace. C’était un sanctuaire, une anomalie qui échappait aux lois naturelles, un lieu où la lumière et l’obscurité dansaient sans jamais se vaincre. Une prison, peut-être, mais aussi un royaume dont l’équilibre pouvait être brisé à tout instant.


Il inspira profondément. S’il avait cherché un signe, il était là, devant lui.


Persuader que sa quête ne faisait que commencer. Abandonné aux murmures de la Force, il se prépara intérieurement à parcourir ce monde légendaire, conscient que chaque pas sur ce sol aux reflets changeants le rapprocherait d’une vérité oubliée. C’était l’heure de se confronter à l’essence même de sa destinée, de renouer avec cette lumière qui, jadis, guidait ses pas. Et, dans le silence retrouvé de son esprit, il se dit qu’enfin, peut-être, il retrouverait la certitude d’un Jedi.


Katarn programma l'ordinateur de bord pour que la vaisseau atterrisse près de l'édifice.Il quitta son siège et s’arrêta dans le compartiment arrière du vaisseau, là où Joran avait entreposé quelques affaires. Parmi elles, soigneusement repliée, reposait une tunique jedi dorée à la coupe simple mais à l’éclat subtil, comme traversée de filaments solaires. Et des bottes noires comme l'ancre qui lui arrivait au genoux.


Katarn délaissa sans regret le vêtement rêche de prisonnier qu’il portait encore, le laissant tomber au sol comme on tourne une page trop lourde. Il enfila la tunique d’un geste rapide, mais dû tirer fermement la ceinture pour la maintenir contre lui. Joran, plus large d’épaules et de ventre avait des vêtements à sa mesure, trop grands pour la silhouette athlétique de Katarn. Le tissu flottait légèrement à ses bras, mais ce relâchement avait quelque chose de libérateur. Heureusement pour lui, il partageait la même pointure que son débiteur , les bottes se moulerent parfaitement sur ses jambes maigres.


Il s’observa un instant dans le reflet du hublot. Plaça son sabre sur sa ceinture, se caressa la barbe comme pour la nettoyer. Il n’était plus un captif. Ni un fugitif. C’était un Jedi , drapé d’or, prêt à affronter l’inconnu.


Et devant lui, dans le silence de l’espace, Mortis l’attendait.


Le vaisseau glissait dans le vide, happé par une anomalie gravitationnelle qui n’émettait aucun signal connu. Devant lui, la silhouette de Mortis se découpait dans le noir sidéral, noyée dans une brume aux reflets métalliques. La planète — ou ce qui prétendait en être une — n’avait rien d’une sphère conventionnelle. Elle semblait suspendu, un fragment de réalité oublié des cartes stellaires.


Katarn retourna près des commandes. Les instruments affichaient des lectures incohérentes : pression nulle, atmosphère instable, densité variable à chaque seconde. Pourtant, la coque résistait. Et le vaisseau descendait, comme guidé par une main invisible.


La couche nuageuse s’ouvrit avec lenteur, révélant un sol mouvant. À mesure qu’il s’approchait, le paysage se déployait dans des contrastes impossibles : à l’est, un terrain stérile et noirci par des cendres figées ; à l’ouest, une mer de lumière dorée ondulant sous un vent muet. Rien ne paraissait naturel, et pourtant tout existait avec une netteté presque organique.


Sans aucune turbulence, le vaisseau se posa. L’atterrissage fut d’un calme absolu, trop parfait. Aucun impact, aucune vibration. Le cockpit était silencieux — un silence qui s’étirait au-delà de la cabine, absorbant jusqu’au moindre grésillement des systèmes internes.


Le sas cliqueta doucement.


Aucune commande n’avait été donnée.


Il s’ouvrit en silence, révélant un air fixe, inerte, mais respirable. Une lumière douce, ni chaude ni froide, baignait l’extérieur. L’odeur de l’air était étrange, chargée d’un parfum minéral, comme si la roche elle-même émettait des ions.


Devant l’ouverture, un sol de pierre ancienne, veiné de lueurs pâles, formait une clairière parfaite entourée d’arbres figés dans une immobilité irréelle. Au loin, des monolithes émergeaient de la brume, disposés avec une précision presque cérémonielle.


Katarn descendit lentement la rampe du vaisseau, ses coudes effleurant le métal encore tiède de la coque. Il posa enfin le pied au sol.


La pierre était fraîche, stable, étrangement apaisante. Après des jours passés dans l’étroitesse du cockpit, entre silences prolongés et hypersommeil agité, le contact de la terre ferme provoqua en lui un soulagement discret. Il ne sourit pas, mais il respira plus profondément, comme si ses poumons retrouvaient une mémoire ancienne. Il restait toujours prudent, mais une part de lui, silencieuse, accueillait cet instant comme un retour.


Il s’accroupit, posa une main au sol, puis la glissa lentement contre la surface jusqu’à ramasser une poignée de terre. Elle s’effrita aussitôt entre ses doigts : un mélange étrange, entre sable fin et poussière de roche, comme si la planète hésitait entre solidité et dissolution. Il laissa les grains couler lentement le long de sa paume ouverte. Rien de vivant, rien de mort non plus. Juste… l’étrangeté.


Il se redressa et porta son regard aux alentours. D’un geste d’instinct, il huma l’air, tendit l’oreille, essaya de capter quelque chose : le cri d’un oiseau, le froissement d’un feuillage, la chaleur du soleil ou l’odeur du sol. Mais tout semblait distant, comme amorti. La lumière, pourtant présente, ne chauffait pas vraiment sa peau. Le vent, pourtant réel, ne soulevait pas ses cheveux. Même les sons portés jusqu’à lui paraissaient… étrangers à l’espace.


Il comprit alors. Ce monde ne parlait pas à ses sens. Ici, la vue mentait. L’ouïe trahissait. L’odorat s’égarait.


Ce n’était pas par les moyens habituels qu’il avancerait. Ce lieu refusait les règles familières. Rien de ce qu’il percevait n’avait de consistance stable. Il lui faudrait s’en remettre à autre chose. À ce qui, depuis toujours, était plus profond. Plus fiable. La Force.


Il respira si fort que ses yeux se fermerent Et, en un instant, la lumière disparut.


Comme si le ciel s’était vidé de toute clarté, la nuit s’abattit d’un bloc. Pas un crépuscule, pas un couché de soleil pour l’annoncer. Un simple basculement, brutal. Et cette nuit n’était pas silencieuse. Elle était dense, presque palpable. Chargée d’une présence invisible, d’un poids ancien.


Katarn resta immobile, en alerte.


Une rumeur profonde se fit entendre. Il leva les yeux.


Au loin, une montagne noire, massive, se mit à vibrer. Étrange. Quelques secondes plus tôt, Katarn avait cru se tenir à l’entrée d’une forêt il en était même certain

 Un grondement sourd s’éleva, suivi d’un éclair rouge dans les hauteurs. Une colonne de feu creva le sommet, projetant une gerbe de lave qui se mit à ruisseler lentement le long de ses flancs.


La lave devint la source principale d’éclat, teignant le ciel d’une lueur rouge et mouvante.


Elle ondulait, sinueuse, traçant des chemins de lumière incandescente dans l'obscurité ambiante.


Et tout autour, le paysage semblait respirer.

Katarn décida de prendre cela comme un signe.


Il jeta un dernier regard sur son vaisseau, silhouette immobile et solitaire dans ce monde mouvant, puis tourna les talons et entama l’ascension de la montagne. Les roches tranchantes crissaient sous ses pas. La pente était raide, les contours incertains, mais il ne ralentit pas.


Très vite, il fut frappé par un paradoxe troublant : le sol, pourtant si proche des coulées incandescentes, était glacé. Il s’attendait à sentir la chaleur le traverser, à devoir détourner le regard de la lumière vive. Mais non. Rien. Aucun pic thermique, aucune vapeur. Au contraire, une morsure froide traversait ses bottes, et saisissait ses os.


Il ralentit un instant, s’agenouilla, posa une main contre la roche sombre. Elle était aussi froide que du givre. Une illusion ? Non. Ce monde défiait les lois de la matière. Il n’avait plus aucun repère.


Il se releva, plus vigilant encore. Ce n’était pas la chaleur qu’il craignait désormais, mais le vide. Que le sol cède sous son poids, et l'enfonce dans quelque abîme sans fond. Chaque pas résonnait avec un bruit creux, comme si la montagne n’était qu’une coquille.


Heureusement, les rations stockées dans le vaisseau — celles que Joran avait pensées pour ses voyage — lui avaient permis de retrouver de l'énergie. Durant les longs jours d’errance dans l’espace, il avait dosé, patienté, médité. Il n’était pas au sommet de sa forme, mais il tenait debout. Il marchait.


Et il montait.


Peu à peu, la lumière de la lave, si vive quelques instants plus tôt, commença à faiblir. Elle ne diminuait pas à cause de la distance : c’était comme si elle s’éteignait. Comme si quelque chose l’étouffait, la dévorait.


Le rouge laissait place à un gris, puis à un noir profond.


Toujours plus haut. Katarn continuait son ascension, les muscles tendus, l’esprit en alerte. Mais soudain, il dut s’arrêter.


Le monde avait sombré dans un voile noir total, sans étoile, sans lune, sans horizon. Même la lave avait totalement cessé de briller, comme si l’univers avait fermé les yeux. Mais ce n’était pas le vide qui l’avait stoppé.


C’était la présence.


Elle était là. Tapie dans l’obscurité. Elle ne se montrait pas, mais elle pesait, s’insinuait dans l’air comme une fumée épaisse. Une conscience. Menaçante, antique, étrangère. Le Côté Obscur se manifestait ici avec une intensité rare. Chaque fibre de son être lui criait que quelque chose l’observait.


Puis… un ricanement. Faible. Étrangement aigu. Un murmure dans la nuit trouble. Katarn se retourna d’un bond, mais ne vit que les ombres.


D’un geste instinctif, presque nerveux, il alluma son sabre-laser. Le faisceau vert jaillit… mais au lieu d’éclairer la nuit, il semblait s’y noyer. Son éclat jade éclatant se ternissait, comme étouffé par une noirceur plus épaisse que la matière.


Les ricanements revinrent. Plus forts. Plus proches. Ils s’élevaient autour de lui comme une danse invisible, tournoyant, grinçants, stridents, moqueurs.


L'ancien Jedi avala sa salive avec peine, se tourna sur lui-même, les sens aux aguets, cherchant la source de cette voix démoniaque. Il pivota lentement, sabre en garde, mais l’écho trompait ses repères.


Puis il la vit.


Une silhouette encapuchonnée, immobile, assise sur un rocher à quelques mètres devant lui. Drapée d’ombres, elle semblait l’attendre.

Sans dire un mot, Katarn s’avança lentement, le sabre toujours levé, éclairant faiblement le sol sombre. Chaque pas réduisait la distance qui le séparait de cette silhouette figée sur son rocher.

Il n’avait aucun doute : ce n’était pas un allié ou un ami. Le Côté Obscur suintait de cette présence, saturant l’air autour d’elle. L’aura était ancienne… mais pas éteinte.

La silhouette releva lentement la tête, dévoilant des yeux jaune étincelant et un sourire carnassier sous le capuchon.

— Moi aussi, j’étais comme toi… dit-elle d’une voix sifflante et profonde. Je me pensais fort. Plus fort que les autres. Plus rusé, plus malin, plus agile. Je croyais mériter davantage. Je voulais le prouver. Surtout à mon plus grand ennemi. Celui qui m’a coupé en deux.

Un silence pesant suivit, presque cérémoniel, puis la voix reprit, chargée de rancune.

— Mais j’ai échoué. J’ai tout gâché. Les dons que le Côté Obscur m’avait offerts… gaspillés. Comme tu gâches les tiens en refusant de t’y abandonner. Tu n’as pas ta place ici. Et j’ai été appelé ici pour te le faire savoir.

Katarn s’immobilisa à quelques mètres, le regard toujours braqué sur cette figure hantée. Il garda le silence une seconde, évaluant l’ombre, le terrain, la moindre vibration dans la Force.

Puis, calmement, il répondit, sans abaisser son sabre :

— Désolé l’ami. Mais je suis venu sur invitation. … et ça m'a coûté Cher d'arriver ici ، Donc cède gentiment le passage car je ne compte pas repartir de si tôt.

— Ah… de l’humour pour masquer ton désespoir… Tu me rappelles quelqu’un, souffla la silhouette, un rictus mauvais aux lèvres. Mon ennemi. Mon rival… Kenobi.

Le nom claqua dans la nuit comme une lame.

Kenobi ? pensa Katarn. Comme… Obi-Wan Kenobi ? Le maître de Luke Skywalker ?

Mais alors… qui était cet individu en face de lui ?

Katarn n’eut pas le temps de pousser plus loin sa réflexion.

— Si tu refuses de repartir par toi-même… alors c'est la mort qui t'attend.

Dans un grondement sinistre, un sabre rouge s’enclencha. La lame écarlate grésilla dans l’air, vibrante de rage. La capuche de l’être tomba d’un geste brusque, révélant un visage marqué par la haine : une peau rouge striée de noirs tatouages, des yeux jaunes brûlants de fureur, et une couronne de petites cornes trônant sur son crâne.

Il bondit, et l’attaque fut immédiate.

Vif comme l’éclair, il se jeta sur Katarn avec une sauvagerie telle qu’elle balaya toute stratégie. Le choc des lames résonna, et le Jedi recula, surpris, déséquilibré par l’agressivité pure de son adversaire.

Une tempête de coups destinés à briser, à écraser, à tuer. Et elle ne faisait que commencer.

Katarn, en parant une nouvelle frappe, reconnu les cornes d’un Zabrak. Mais il n'avait jamais rencontré un à la peau rouge et aux tatouages noirs signe d'une ascendance obscure. Il se souvint alors des récits sur Dathomir et ses sorcières, capables de façonner des guerriers à l’image de la haine.


Les coups pleuvaient avec une rage , un mélange de sauvagerie brute et de précision glaçante. Il n’avait pas l’habitude d’être ainsi acculé. En temps normal, il préférait mener l’offensive, dicter le rythme, prendre l’ascendant.


Mais là, il n’avait pas le choix.


Très vite, il comprit que derrière cette colère apparente, ce Sith dissimulait une véritable maîtrise du combat. Une technique subtile, parfaitement rodée, camouflée sous une pluie de frappes anarchiques. Exactement comme lui. Exactement sa stratégie préféré qu'il adorait employé.


C’était troublant.


C’était fascinant.


Mais c’était dangereux.


Pas de doute : ce guerrier-là avait un don naturel pour le sabre laser . Chaque mouvement semblait jaillir d’un instinct affûté par des années de haine et de survie. Katarn reculait, encore et encore, bloquant juste à temps, déviant les assauts avec de moins en moins d’angle. Il manquait d’air, de temps, de lucidité.


Puis les paroles du guerrier lui revenerent .


Kenobi. Obi-Wan Kenobi. Le célèbre maître Jedi, connu pour sa défense implacable, pour sa maîtrise parfaite de la Forme III… le Soresu.


Katarn l’avait lui-même étudiée, pratiquée jusqu’à la perfection avec Maître Haris. Mais il s’était toujours refusé à en faire sa posture principale. Adopter le Soresu, c’était admettre que l’autre était si redoutable qu’il fallait endurer, plier sans rompre. C’était un aveu d’infériorité.


Mais là, il n’y avait plus de place pour l’orgueil.


S’il voulait survivre, il allait devoir puiser dans ce qu’il avait appris.

Admettre la force de l’adversaire.

Et attendre…

L’instant propice.

Katarn parvint à se dégager d’une parade rapide, glissant sur le sol rugueux pour mettre quelques mètres entre lui et son adversaire. Il reprit son souffle, gardant son sabre levé, le regard fixé sur la silhouette qui ne bronchait plus.


« Qui es -tu ? » demanda-t-il, espérant peut-être, dans un reste de lucidité, tirer un peu de vérité de cette présence.


La silhouette laissa s’écouler un silence épais. Puis sa voix rauque, caverneuse, résonna :

« Je suis son serviteur. Sa volonté incarnée. envoyé ici pour en finir avec toi. »


Katarn fronça les sourcils, le vent sifflait dans la nuit noire, balayant les cendres et les ombres autour d’eux.


« Qui t’a envoyé ? Et pourquoi ? » reprit-il d’un ton ferme.


Le spectre rit doucement, un ricanement sans joie, comme si la question était naïve.

« Allons… tu dois l’avoir deviné maintenant. Je suis son vassal. Son écho. Sa colère. Plus tu résisteras, plus tu souffriras. Le côté obscur ne tolère pas la défiance. »


Le guerrier leva lentement la tête. Ses yeux, d’un jaune incandescent, brillèrent dans l’obscurité comme deux lames de feu. Et dans ce regard brûlait la démence d’un esprit consumé.


Il hurla soudainement, un cri déchirant, saturé de haine et de douleur.


« Tu n’es pas digne de ses pouvoirs ! Pendant des années, tu l’as sali en la diluant dans la lumière ! Tu as trahi ce don sacré en cherchant l’équilibre. Tu dois payer cette affront ! »


Et dans cette nuit instable, alors que le sol vibrait d’une énergie ancienne, Katarn comprit qu’il n’affrontait pas simplement un ennemi…

Mais une épreuve.

Un jugement.

Un fragment du côté obscur lui-même.

*****************************



Dans un repère sombre de la galaxie, l’éclat sinistre des étoiles filtrait à travers les vitres renforcées, baignant la salle du trône dans une lumière bleutée. Darth Nihilus était assis dans l’ombre, le coude posé sur l’accoudoir sculpté de son siège, les doigts tapotant doucement l’acier noir. Devant lui, un holocron projetait les dernières nouvelles de la République stellaire : images figées de la conférence galactique, discours creux de sénateurs, et ce logo... flambant neuf, inquiétant : le Nouvel Ordre Jedi venait d’obtenir un siège au Conseil de Sécurité.

— Mytus ne fait pas encore la une!! s'etonna le vieux Zethus presque déçu

Le serviteur, penché avec respect à quelques pas du trône, attendit que son maître réagi. Nihilus ne dit rien. Son regard était rivé à l’hologramme, figé sur l’image de Meywine Brightstar grand maître du nouvel ordre Jedi saluant le sénat galactique.

Puis Zethus s’éclaircit la gorge, rompit prudemment le silence.

— En tout cas ... l’attaque a été un succès. Plus de milles de nos soldats sont libres. Nous les avons ramèné ici comme vous l’aviez ordonné.

Nihilus hocha lentement la tête.

— Qu’ils soient réarmés et prets au déploiement. Je veux que leur loyauté soit mise à l’épreuve au plus vite.

Un bip discret résonna dans la pièce. Zethus consulta son communicateur intégré. Son visage se crispa.

— Un message a été envoyé depuis notre base vers un communicateur sur la Nouvelle Alderaan. Nos contre-mesures ont masqué son origine. Mais nous avons confirmation que le message a bien été reçu.

Un silence pesant s’installa. Zethus serra les poings, ses rides creusées par la méfiance.

— Il y a un traître parmi nous, Seigneur. Nous devons le démasquer au plus vite.

Mais Nihilus ne réagit pas immédiatement. Il semblait ailleurs, le regard perdu au-delà de l’holocron. Puis il parla d’une voix plus grave, plus posée :

— Ce n’est pas l'oeuvre d'un traître. Mais de Zain Solaris.

Zethus tourna lentement la tête vers lui, les yeux écarquillés.

— Comment le savez vous maître? Pourtant il n'a pas l'air assez courageux pour entreprendre ce genre de chose.

—Le côté obscur est bien plus que mon arme. Il est mes yeux et mes oreilles partout dans cette galaxie . Commenta le seigneur sith.

– De plus parfois le desespoire est un meilleur moteur que le courage. Mais je t'avoue que c'est étrange. Depuis son retour, je sens... une anomalie , une distorsion dans la force que je n’arrive pas à cerner. Revela Nihilus.

–Quel genre d'anomalie mon seigneur. Questionna Zethus inquiet.

Il se leva lentement, quittant le trône dans sa robe noir comme on quitte une mue.

— Le genre qui pourrait rendre notre prochaine mission bien plus facile que prévu .Mais pour cela, je dois me concentrer.

Il s’immobilisa au bas des marches, et ses yeux , effrayants d’impassibilité, se tournerent vers son serviteur.

— Je vais me retirer dans la salle de méditation. Personne ne doit me déranger. Pas un mot, pas un pas, tant que je n’en suis pas ressorti.

Zethus inclina la tête.

— Ainsi soit-il, Seigneur Nihilus.

Et dans un frôlement de cape, le Seigneur Sith disparut dans les ombres, tandis que derrière lui, les hologrammes continuaient de tourner, ignorant encore qu’une tempête bien plus grande que la conférence se préparait dans les profondeurs du Côté Obscur.


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