Les Chroniques d'un Jedi - Tome 5 : C‘est la guerre !
Chapitre 2 — Le nom qui circule
La guerre n’attendait personne. Les semaines devinrent des mois. Les mois, une suite de systèmes libérés, de routes commerciales rouvertes, de bastions séparatistes réduits au silence.
Le Delphinus apparut sur les cartes stratégiques comme une anomalie.
Ni flotte classique, ni force Jedi, mais quelque chose d’autre.
Les rapports s’accumulèrent : Intervention décisive en orbite haute. Usage d’armes non conventionnelles, précision extrême. Commandement centralisé, pertes minimisées.
Dans les cantinas comme dans les salles de briefing, un nom revenait : « Amiral Vyze Polaekys».
Certains l’appelaient le « Jedi sans Ordre ».
D’autres, plus bas, murmuraient l’Amiral gris.
Sur la passerelle du Delphinus, Vyze n’écoutait ni les louanges ni les peurs. Il regardait les cartes stellaires se transformer à chaque victoire, conscient que chaque monde libéré rapprochait aussi la guerre de quelque chose de plus vaste… et de plus sombre.
Jaden, désormais général à part entière, le voyait.
— J’ai des amis au Temple qui entendent des rumeurs, tu sais qu’ils parlent de toi là-bas ? Dit-il un soir.
— Ils parlent de tout le monde, répondit Vyze sans détourner le regard.
— Non… cette fois, ils hésitent.
Vyze se tourna vers lui.
— À propos de quoi ?
Jaden inspira.
— À propos de te demander de l’aide.
La transmission arriva quelques heures après.
Un signal crypté, ancien, réservé aux communications formelles de l’Ordre Jedi.
Vyze resta silencieux un long moment avant d’accepter la liaison.
L’hologramme du Conseil apparut.
Et parmi eux, Kit Fisto.
— Amiral Vyze, dit-il. L’Ordre Jedi sollicite ton concours.
— Je croyais ne plus en faire partie, répondit Vyze calmement.
Un silence pesa.
— Les circonstances l’exigent, reprit Fisto. Le Comte Dooku a été localisé.
Le nom résonna comme un écho ancien.
— Il opère avec des forces importantes, poursuivit le maître Jedi. Et il ne s’agit pas seulement d’une opération militaire.
Une nouvelle silhouette apparut dans l’hologramme, jeune, intense, déjà marqué par la guerre.
À ses côtés, une padawan à l’énergie vive, attentive, presque féline dans sa posture.
— Anakin Skywalker et sa padawan Ahsoka Tano, annonça Fisto.
Anakin croisa le regard de Vyze, intrigué.
— On dit que vous avez arrêté une flotte entière sans perdre un croiseur ! Lança-t-il sans détour.
Vyze soutint son regard.
— On dit beaucoup de choses…
Kit Fisto reprit :
— Dooku ne doit pas nous échapper cette fois. Nous voulons une action conjointe.
Jaden serra les dents.
— Vous venez chercher l’homme que vous avez exclu, dit-il froidement.
— Nous venons chercher celui qui peut l’arrêter, répondit Fisto sans détour.
Vyze ferma les yeux un instant… Dooku… Son départ… Le silence laissé derrière lui.
— Où ? Demanda-t-il enfin.
Les coordonnées apparurent…
Un monde ravagé par la guerre, à la frontière des territoires séparatistes.
— Nous partons immédiatement, ajouta Anakin.
— Le combat sera inévitable, renchérit Vyze.
Vyze coupa la transmission.
Sur la passerelle, le Delphinus poursuivait sa course, indifférent aux alliances mouvantes.
Jaden s’approcha.
— Tu sais que ce combat ne sera pas comme les autres.
Vyze acquiesça lentement.
— Dooku n’est pas un général… C’est un miroir... De moi-même...
Il posa la main sur la rambarde.
— Prépare la flotte… Mais ce combat… je le mènerai au sol, avec toi bien sûr !
Dans l’ombre de l’hyperespace, la guerre changeait de visage.
Et le prochain chapitre porterait un nom que Vyze n’avait jamais cessé d’entendre : Dooku.