Les Chroniques d'un Jedi - Tome 10 : Les Rebelles

Chapitre 7 : Le point de rupture

753 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 22/09/2026 09:52

Chapitre 7 — Le point de rupture


Le signal arriva fragmenté.

Une balise rebelle, hachée, saturée d’interférences, surgit sur les écrans du Delphinus avant de s’éteindre presque aussitôt.

Scarif.

Le nom resta suspendu dans l’air de la passerelle.

Vyze ne parla pas.

Les opérateurs se regardèrent, incertains. Jaden sentit immédiatement la tension changer, comme si la Force elle-même venait de se crisper.

— Un appel de détresse… murmura quelqu’un.

— Rebelle, confirma Jaden après une rapide analyse. Très faible… mais récent… Rogue One…

Vyze resta immobile, les mains jointes derrière le dos.

Scarif était au cœur du dispositif impérial.

Y aller signifiait être vu. Être identifié !

Ne plus pouvoir prétendre à l’ambiguïté.

— Ordres, Amiral ? Demanda le capitaine du Delphinus.

Le silence s’étira, longtemps, trop longtemps...

Dans l’esprit de Vyze, les visages se succédèrent : Alyna. Les enfants. Les Medjaÿ dans l’ombre. Bail Organa. Mon Mothma. Et enfin… Vador, sur Mustafar.

“Ne confondez pas tolérance et confiance.”

— Maître, si nous y allons, dit Jaden à voix basse, il n’y aura plus de retour possible.

Vyze ferma les yeux et pris un air pensif.

La Force n’appelait pas à la prudence.

Elle appelait à la vérité.

— Vyze, appela Jaden, si nous devons vraiment faire quelque chose pour les aider, c’est maintenant ! Ou il sera trop tard !

— Cap sur Scarif, dit-il enfin. Hyperespace. En avant toute !

Personne ne protesta.


Ils arrivèrent finalement trop tard.

L’orbite de Scarif était jonchée de débris : Des ailes brisées de chasseurs rebelles, rebondissant sur la verrière de la passerelle du Delphinus. Des coques éventrées. Des capsules de survie silencieuses, dérivant sans réponse et le Profundity comme un cercueil de duracier.

La bataille était terminée.

Et elle avait été un massacre et au sol, il ne restait plus qu’un cratère comme Jedha.

— Aucun signal de vie, annonça l’officier surveillant les capteurs. Les forces rebelles ont été… annihilées.

Jaden serra la mâchoire.

Vyze sentit quelque chose se fissurer en lui. Pas de colère explosive. Quelque chose de plus froid.

— Contacts impériaux, ajouta une voix. Deux destroyers de classe Impériale.

— Ils manœuvrent pour nous intercepter, lança Jaden.

Les écrans s’illuminèrent.


Les silhouettes triangulaires se détachèrent lentement de l’ombre de la planète.

— Ils nous ont identifiés, dit le capitaine. Ordres ?

Vyze regarda le champ de ruines.

Ce qu’il restait d’un espoir.

Ce que l’Empire appelait “maintien de l’ordre”.

— Ils vont tirer, dit Jaden. Même si nous sommes officiellement impériaux.

Vyze hocha lentement la tête.

— Ils ne veulent pas de témoins.

Un nouveau silence.

Puis Vyze parla, d’une voix parfaitement calme :

— Armez le canon kyber.

Un murmure parcourut la passerelle.

— Amiral…

— Faites-le !

Les systèmes anciens s’éveillèrent.

L’énergie afflua dans les conduits cristallins, la structure même du Delphinus vibrant sous la montée de puissance.

Les destroyers ouvrirent le feu.

Des traits verts labourèrent l’espace, frôlant les boucliers du Delphinus.

— Cible prioritaire : destroyer en tête, ordonna Vyze. Feu !

Le canon libéra son énergie noire.

Ce ne fut pas une explosion.

Ce fut une disparition.

Le premier destroyer fut littéralement sectionné, sa proue se dissolvant dans une lumière blanche aveuglante avant que le reste de la coque ne se disloque en silence.

Le second tenta de virer.

— Recharge à 72 %, annonça Kara.

— Suffisant, répondit Vyze. Feu !

Le rayon noir frappa, même à puissance réduite, le destroyer impérial se désintégra, ses boucliers inutiles face à une énergie conçue pour percer l’impossible.

Le silence retomba.


Deux carcasses incandescentes dérivaient désormais parmi celles des rebelles.

Jaden fixa les écrans, encore sous le choc.

— Ça y est… dit-il enfin. Cette fois… ils sauront.

Vyze regarda Scarif.

— Oui, répondit-il. L’Empire saura.

Il tourna lentement le dos au champ de bataille.

— Enregistrez tout. Et préparez le saut.

— Destination ? Demanda le capitaine.

Vyze hésita une fraction de seconde.

— N’importe où, sauf ici !

Alors que le Delphinus passait en hyperespace, Vyze sentit la Force se refermer derrière lui comme une porte définitivement claquée.

Il venait de tirer sur l’Empire. Ouvertement. Irréversiblement.

Et quelque part, dans l’obscurité, il savait que Vador venait de lever la tête.

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