Les Chroniques d'un Jedi - Tome 10 : Les Rebelles

Chapitre 10 : Le premier monde

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Dernière mise à jour 23/09/2026 10:08

Chapitre 10 — Le premier monde


Le monde n’avait pas de nom qui circulait dans les discours officiels.

Seulement une référence bureaucratique, une suite de chiffres dans les archives impériales.

Un monde industriel.

Un monde sacrifié.

Vu de l’orbite, il brillait d’une lumière artificielle permanente : chantiers, raffineries, docks orbitaux reliés par d’immenses ascenseurs spatiaux. Tout y convergeait vers un même objectif, dissimulé derrière des couches de secret, de peur et de propagande.

Le Delphinus sortit de l’hyperespace sans escorte, silhouette massive et silencieuse.


Sur la passerelle, le capitaine de relève observait les données défiler.

Pour la première fois depuis longtemps, ce n’était pas Vyze qui commandait depuis ce siège.

— Boucliers à pleine puissance, annonça-t-il calmement. Pas d’émission superflue. On veut qu’ils nous voient… mais trop tard.

À ses côtés, les enfants de Vyze prenaient place dans les cockpits de leurs chasseurs X-Wing, fraichement livrés. Des escadrons légers, rapides. Leurs mains tremblaient à peine.

— Première vraie mission, murmura Ryn sur le canal interne.

— Et pas la dernière, répondit Syla. Reste concentré.

Vyze restait silencieux. Il ne les retenait pas. Il ne les protégeait pas davantage qu’il ne l’avait été lui-même autrefois.

La Force les entourait. Différente. Plus discrète. Mais présente et ensemble, ils seraient inarrêtables.

— Escadrons TIE en approche, signala un officier. Ils n’attendaient pas un vaisseau de cette classe.

Ryn inspira profondément.

— Laissez-les venir.


Au sol, Jaden et les Medjaÿ se déployaient dans l’ombre.

Vyze marchait en tête, capuche rabattue, ses pas étouffés par la poussière métallique des coursives souterraines. Les prisons politiques se trouvaient sous les complexes de production, là où personne ne regardait.

— Les capteurs montrent une présence civile importante, murmura le chef des Medjaÿ. Ils les utilisent comme main-d’œuvre… et comme otages.

Vyze serra les dents.

— Alors on ne fait pas de démonstration. On libère. Discrètement. Rapidement.

Ils surgirent comme des spectres. Portes découpées nettes. Verrous désactivés.

Gardes neutralisés sans un cri.

Les prisonniers, amaigris, épuisés, regardaient ces silhouettes armées avec une peur mêlée d’incrédulité.

— Vous êtes… des Jedi ? Demanda une femme à la voix brisée.

Vyze s’agenouilla devant elle.

— Non.

Il marqua une pause.

— Nous sommes ce qui vient quand on vous a oubliés trop longtemps.

Les chaînes tombèrent.

La sortie était là.


À quelques dizaines de mètres, mais entre eux et la lumière… se dressait un marcheur impérial.

Un AT-AT, immobile, colossal, ses canons déjà orientés vers l’entrée du complexe. Une barrière vivante de duracier et de feu.

Les prisonniers s’arrêtèrent net et certains reculèrent.

— On ne passera jamais… murmura l’un d’eux.

Vyze, lui, ne bougea pas, son regard remonta lentement le long des jambes du marcheur… jusqu’à la tête.

Puis il observa la structure au-dessus d’eux : Un étage supérieur, une ouverture.

— Jaden.

— Je vois.

Pas besoin de plus, Vyze inspira profondément… la Force s’étira autour de lui

Il courut jusqu’à l’étage de la prison où se trouvait une terrasse et prit appui sur une rampe métallique, bondit, attrapa un rebord, se hissa avec une vitesse sèche.

Il sauta, la chute fut brève, il atterrit lourdement sur le dos du marcheur, glissa sur le blindage incliné, rattrapa son équilibre de justesse.

Le verrou de la trappe supérieure céda sous le coup de la lame secrète dans un crissement métallique.

Vyze plongea à l’intérieur.


L’espace était étroit et oppressant.

Dans le niveau supérieur, cinq Stormtroopers le mirent en joue, Vyze activa son bouclier et commença à en projeter deux contre la paroi avec la Force, le bouclier dévia des tirs, mais vu l’étroitesse du lieu, Vyze fut touché à la jambe. Vyze, avec la Force, poussa les blasters de deux autres à l’instant où ils allaient appuyer sur la gâchette et se tirèrent mutuellement dessus. Le dernier laissa tomber son blaster et s’enfuit.

Une fois le niveau nettoyé, il boita jusqu’au poste de pilotage, les deux pilotes se retournèrent, surpris.

— Sortez, dit Vyze.

Ils figèrent.

— Maintenant.

Un des pilotes leva son blaster… Mauvais choix, la Force le projeta violemment contre la paroi.

Le second hésita instant et obéit.

Il tira son collègue à moitié conscient, et tous deux se faufilèrent vers la sortie d’urgence, Vyze les laissa partir.


Puis il activa ses sabres noirs : Deux lames parfaitement stables, un éclair de lumière dans l’habitacle sombre.

Il frappa d’abord le plafond du cou du marcheur, le premier coup entama la première couche de blindage.

Le second perfora plus profondément.

Le troisième rencontra une résistance, le métal hurla, des étincelles jaillirent et Vyze se concentra et utilisa la force pour percer encore plus loin.

Le marcheur trembla, à l’extérieur Jaden vit deux lames noires sortir du cou et commencer la découpe de la tête, il leva la main pour aider Vyze en tirant avec la Force sur le poste de commande, il sentait chaque mouvement, chaque intention et chaque déséquilibre.

À l’intérieur, Vyze fit descendre lentement ses sabres à travers la structure jusqu’au plancher.

— Allez… cède…

Le blindage lâcha : Un craquement puis un autre.

La tête du marcheur se désolidarisa lentement… Trop lentement.

— Vyze ! Lança Jaden.

Le colosse basculait.

Vyze arracha ses sabres et la tête tomba enfin, mais le marcheur commença à exploser.

Vyze ferma les yeux et sauta dans le vide.


La chute fut brutale : Trop rapide, trop haute.

Sa jambe blessée refusa un instant de répondre, sa vision vacilla.

Puis il fit appel à la Force pour amortir sa descente, Jaden l’aida à ralentir.

Vyze ralentit, juste assez mais pas complètement : Il heurta le sol dans un choc dur en lâchant un cri de douleur.

Mais il était vivant.

Derrière lui, l’AT-AT s’effondra dans un fracas assourdissant et un nuage de poussière et de feu.

Le passage était ouvert, les prisonniers pouvaient s’échapper.

Vyze resta un instant immobile.

À genoux, tenant sa jambe.

La respiration lourde.

Jaden s’approcha.

— Tu es blessé ?

— Dans mon estime, Jaden, rien de bien méchant.

Vyze releva la tête.

— Tu comptes faire ça souvent ? Demanda Jaden.

— Laisse-moi réfléchir, non ! Définitivement non…

— C’est dans ces moments là que l’on se demande : où sont passés nos vingt ans ?

— Aide-moi plutôt à relever mes vieux os, vieille branche ! Répondit Vyze en riant.

Au loin, le combat continuait.

Mais ici… Le chemin était libre.


Dans l’espace, la bataille prenait de l’ampleur.

— Ils sont rapides ! Cria un pilote de TIE en panique, juste avant que son appareil n’explose.

Les jumeaux se coordonnaient instinctivement, leurs mouvements précis, presque chorégraphiés. Ils ne cherchaient pas la gloire. Seulement l’efficacité.

— Flanc gauche dégagé, annonça l’un.

— Je te couvre, répondit l’autre.

Sur la passerelle, le capitaine de relève observait, le cœur serré mais l’esprit clair.

— Le Delphinus encaisse bien, dit-il. Ils ne s’attendaient pas à nos contre-mesures.

Un destroyer impérial tenta de se positionner.

— Canon kyber en charge ? Demanda calmement le capitaine.

— Chargé… mais ce tir sera visible dans tout le secteur.

Le capitaine hésita une fraction de seconde et demanda la confirmation à Vyze dans son comlink.

— Pas encore. On est là pour libérer, pas pour annihiler.


Lorsque les derniers prisonniers furent évacués, Vyze leva les yeux vers le ciel. Il sentit les combats, les peurs, les espoirs mêlés.

— Il est temps, dit-il simplement.

Jaden acquiesça.

— Message ouvert sur toutes les fréquences impériales locales.

Sa voix résonna, claire, posée.

— Citoyens de ce monde. L’Empire vous a menti. Il vous a pris vos proches, votre travail, votre avenir… pour nourrir un projet qui vous dépasse.

Le Delphinus se plaça lentement au-dessus du principal complexe industriel.

— Aujourd’hui, vous êtes libres.

Un tir précis, chirurgical, frappa les générateurs centraux. Sans le canon kyber. Juste assez pour faire tomber les systèmes, pour briser les chaînes sans réduire le monde en cendres.

Les sirènes cessèrent. Les lumières s’éteignirent.

Et pour la première fois depuis longtemps, le silence fut celui de l’espoir.


Quand le Delphinus passa en hyperespace, emportant les rescapés, Vyze observa une dernière fois la planète s’éloigner.

— Ce n’était que le premier, murmura-t-il.

Jaden se tourna vers lui.

— L’Empire va réagir.

Vyze hocha la tête.

— Qu’il le fasse.

Il posa la main sur la rambarde.

— Maintenant, il sait que nous existons.

Et quelque part, dans l’obscurité, une ombre plus ancienne encore que l’Empire venait de tourner son regard vers eux.

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