Un monde pour nous
Ellen ne savait pas pourquoi ce souvenir lui revenait à cet instant. Peut être parce qu'à ce moment là, elle avait rêvait innocemment d'une vie normale, sans pouvoir. Et qu'aujourd'hui ses pouvoirs avaient disparus. Mais Henry, lui, n'était pas à ses côtés.
Elle ne pouvait pas croire que l'homme qu'elle avait connu et aimé, cet homme toujours gentil et souriant, celui avec qui elle avait planifié de s'enfuir, était le monstre que 011 lui avait décrit ce jour là. Et pourtant, c'était bien le cas. Henry s'était il servit d'elle pendant toutes ces années, dissimulant ses sombres plans derrière un sourire radieux et une voix enjôleuse ? Ellen ne préférait pas connaître la vérité.
Un hurlement bestial la sortit de ses réflexions, déchirant le silence de la nuit. Ellen se retourna, cherchant la provenance du bruit. Un ours ? Non elle avait déjà entendu ce cri. Une fois. Dans le réservoir de privation sensorielle. Cette chose était la, dans le monde réel, à Hawkins. Elle voyait ce que ce monstre voyait. Et il se rapprochait d'elle. Elle devait fuir.
Elle courut le plus vite possible, les bruits de la bête se rapprochant de plus en plus. Tournant la tête pour voir derrière elle, Ellen trébucha contre une racine et s'écrasa lourdement sur le sol, face contre terre. Elle se mit péniblement à genoux, sa cheville lui faisant mal. Elle tourna la tête. La chose se rapprochait dangereusement et désormais elle pouvait la voir. Toujours à terre, la jeune femme recula, le regard fixé sur la silhouette humanoïde qui n'était plus qu'à quelques mètres d'elle.
Quand la chose s'élança sur elle, Ellen se cacha le visage dans son bras, attendant le coup qui lui serait fatal. Mais rien. Lentement, elle rouvrit les yeux et vit le monstre devant elle, le bras stoppé en l'air, comme retenu par une force invisible. Puis, dans un couinement, le monstre fit demi tour, abandonnant sa proie. Ellen resta un moment, immobile, ne comprenant pas ce qu'il venait de se passer.
Puis, sans perdre une seconde, elle se releva, faisant abstraction de la douleur qui irradiait de sa cheville, et courut jusqu'à sa voiture. Elle démarra en trombe. Lorsqu'elle mît assez de distance entre elle et la forêt , elle s'autorisa enfin à pleurer.
Comment cette chose pouvait être réelle ? Et c'était quoi cette chose d'ailleurs ? Pourquoi elle arrivait à voir à travers ses yeux ? Est ce que cela avait un rapport avec l'immense faille qu'elle avait vu au labo ? Tellement de questions sans réponse. Elle allait devenir folle.
Et tandis qu'elle continuait à se triturer l'esprit, au même moment, une bande de 3 gamins en vélo tombèrent sur une drôle de petite fille au crâne rasé dans la forêt ou Ellen avait rencontré le monstre qui avait enlevé Will Byers.
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Le lendemain, Ellen se rendit de nouveau au laboratoire d'Hawkins. Elle devait retrouver ses pouvoirs et il n'y avait que la bas qu'elle pourrait trouver comment y parvenir.
- Bonjour Mademoiselle Brenner. Désolé mais votre père n'est pas présent actuellement.
Il se cacha bien de lui dire que le docteur Brenner était parti à la recherche du sujet numéro 011 avec toute une équipe armée.
- ça tombe bien, c'est vous que je suis venue voir Sam.
Le docteur Owens parût surpris. Ellen lui raconta la perte soudaine de ses pouvoirs, les visions qui l'assaillaient depuis quelques temps mais tut la partie sur sa rencontre avec le monstre dans les bois.
- Un événement traumatisant peut parfois provoquer un blocage chez certaines personnes. Dans votre cas, l'évènement traumatisant serait cette chose que vous avait vu dans le réservoir, et le blocage, la perte momentanément de vos pouvoirs.
- Mais que puis-je faire pour les récupérer ?
-Vous pourriez attendre qu'ils reviennent d'eux-mêmes, mais cela risque de prendre un certain temps. Sinon, il vous faudra affronter ce traumatisme qui annihile vos pouvoirs.
-Et comment je fais ça ? S'enquit la jeune femme, complètement perdue.
-Il vous faudra recréer la scène, revivre le moment. Mais plutôt que de fuir, vous devrez le combattre.
Instinctivement, Ellen recula d'un pas, son regard traduisant sa peur. Comment pourrait elle affronter ce monstre ? Sans ses pouvoirs en plus de ça ? Owens remarqua le malaise de la jeune femme et attrapa doucement sa main. Il connaissait Ellen depuis qu'elle était petite. Il était présent le jour de sa transfusion. Il avait vu ses pouvoirs grandir en même temps qu'elle. Il savait à quel point elle pouvait être forte.
-Si il y a bien une personne capable de faire ça Ellen, c'est vous. Vous êtes courageuse et obstinée. Ce sont ces deux qualités qui vous ont permis de maîtriser rapidement vos pouvoirs malgré votre jeune âge.
Actuellement, Ellen se sentait tout sauf courageuse. Mais obstinée ça oui elle l'était. Et si elle voulait découvrir ce qui était arrivé à ce gosse disparu, elle devait à tout prix retrouver ces pouvoirs.
- Sam, ces visions, sont elles liées à cette immense fissure dans la salle du bac de privation sensorielle ?
Owens écarquilla les yeux.
-Comment savez-vous ...
- Je l'ai vu. Répondit simplement la jeune femme. Dites moi la vérité Sam. Cette fissure, qu'est-ce que c'est ?
Owens garda le silence un moment, ne sachant si il devait lui en parler ou non. Puis, voyant le regard insistant de la jeune femme, il décida qu'il était peut être préférable qu'elle soit au courant. Car après tout, elle était directement concernée.
-Cette ... fissure que vous avez vu... c'est vous qui l'avez créée. Il semblerait que ça soit ... (il chercha ses mots) une sorte de portail. Vers un autre monde.
-Comment est ce possible ? Ellen n'arrivait pas à comprendre.
-Selon plusieurs théories, il existerait d'innombrables dimensions en dehors de la nôtre. Lorsque vous avez... tenté de chercher Henry dans le bain... la puissance que vous avez dégagé fut telle que vous avez créé une ouverture vers l'un de ces mondes.
-Alors... la créature que j ai vu ce jour là, dans le bain, elle venait de ce ... « monde » ?
-Il y a de grandes chances oui.
-Et ce portail, comme vous dites, on peut le refermer ?
Owens réfléchit un moment avant de répondre.
-Il faudrait une puissance considérable pour y arriver.
-Mais si j'ai réussis à l'ouvrir je devrais pouvoir le fermer.
-Dans votre état actuel, j'en doute.
Ellen soupira, déçue. Puis son regard s'illumina. Si elle ne pouvait pas fermer ce portail, elle savait qui avait la puissance nécessaire pour le faire. Elle remercia le Dr Owens et quitta son bureau.