Super Mario Bros Collection

Chapitre 3 : Un mariage presque parfait

6375 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 20/06/2023 22:19

Bonjour chers amis lecteurs ! Aujourd’hui est un grand jour ! Prenez place, installez-vous *indique les bancs de libres* la cérémonie ne va pas tarder à commencer.

Avant toute chose, oui, je me suis grandement inspirée d’une série très connue pour une certaine scène. C’est donc normal si certains d’entre vous ont un sentiment de déjà-vu, mais quand j’ai vu ce passage, j’ai instantanément pensé à Solfège et Bowser. C’était plus fort que moi, je devais la refaire pour eux car c’était beaucoup trop mignon !

Alors si vous avez la série en question, marquez simplement un "j’ai !" dans la section commentaire.

Un mariage presque parfait

Il avait ressorti le grand jeu pour cette occasion.

Le ciel était d’un beau bleu turquoise sans la moindre trace de nuage à l’horizon, juste ceux en lévitation autour du château mais ils étaient suffisamment éloignés pour ne pas gâcher la beauté du cadre. Le soleil brillait de mille feux sur la plateforme ronde tandis que les bancs blancs et bleus avaient été remis à leur place face à l’autel où une immense arche en forme de cœur ailé orné de roses blanches et de lumières se dressait. En contre-bas, l’habituelle lave en fusion menaçait quiconque essayerait de descendre, gardant jalousement l’ensemble du territoire de Bowser. De jolis arrangements floraux avaient été conçus pour chaque rangée de banc. Des guirlandes fleuries, des nœuds et des couronnes étaient accrochés, le grand tapis bleu et blanc partant des doubles portes jusqu’à l’autel avait été déployé, une table débordante de cadeaux en tout genre attendaient d’être déballés ... En haut des six marches se tenaient deux grands chandeliers en fer forgé ainsi que Kamek d’ores et déjà en position pour commencer la cérémonie.

Bowser regardait impatiemment les invités prendre place sur les bancs d’une légère pointe de nervosité se traduisant en gestes répétitifs. Serrant les bords de sa veste pailletée, il pianota avec sa griffe alors qu’il regardait chaque personnage s’installer sur son siège. Les frère Marto, des Hériss, des Koopas vivants et en os, deux plantes piranhas, des Maskass, des Goombas, des Bob-ombs, Voyous, les Koopalings volontairement placés tout au fond pour éviter un maximum de désordre … Et même le Roi Boo qui avait accepté de venir après avoir été sauvé par Kamek de sa transformation en pierre chez le Roi Tic-Tac. De son côté, le Roi Bob-omb avait décliné l’invitation car il n’avait pas du tout apprécié se faire exploser par la princesse Peach la dernière fois, ayant désormais une rancune contre elle. Elle l’avait fait exploser devant tout le monde ! D’accord il était décrit comme un personnage orgueilleux mais ce n’était pas une raison pour le ridiculiser en public.

Heureusement pour lui, le Roi des Koopas ne lui en tiendra pas rigueur pour une simple question de sécurité.

Au bas des marches menant à l’autel se dressait un grand présentoir sur pied en métal avec une belle pièce montée arborant des carapaces vertes à épines, des cornes, des notes de musique, un coulis de fruits rouges, et un dressage à la chantilly de couleur violet. L’immense gâteau blanc rappelait la veste blanche de Bowser avec les petits clous sur les plis, une réalisation parfaite signée par le talentueux Koopa Cuistot. C’était d’ailleurs un miracle qu’il ne fonde pas avec cette chaleur extrême ! Mais bien sûr, que serait un aussi beau gâteau de mariage sans les deux personnages trônant en son sommet ? Au lieu que Peach lui tienne le bras d’un sourire admirateur, c’était une représentation de Solfège qui tenait la main de Bowser pendant que les deux se regardaient amoureusement. La différence, même ici, était flagrante. A croire que Koopa Cuistot l’avait senti depuis bien longtemps déjà que cette pièce montée allait voir le jour très prochainement.

Tout semblait parfait. Les invités étaient presque déjà tous là et Bowser commençait enfin à se détendre d’un petit soupir discret pour relâcher ses muscles rapidement suivit par un sourire suffisant qu’il esquissa. Il voulait que ce mariage reste à jamais gravé dans les esprits ! Qu’il soit le plus beau et le plus spectaculaire possible afin que tout le monde sache qu’il était sur le point d’atteindre son objectif premier. Cependant son sourire satisfait mourut instantanément quand ses yeux se posèrent sur quatre figures qui venaient tout juste d’apparaître au bout de l’allée pour chercher une place. De les voir ici après tout ce qui c’était passé … De savoir qu’ils allaient être témoins de ses noces sans pouvoir dire ou faire quoi que ce soit le rendait presque malade. Cette impuissance l’insupportait. Mais il le faisait pour Solfège, pour lui prouver qu’il pouvait faire des efforts de tolérance rien que pour elle.

Car si ça ne tenait qu’à lui, il aurait déjà fait un scandale devant tout le monde.

D’un léger grognement de désapprobation, Bowser se contenta de garder la bouche fermée, le menton levé. Il devait prendre son mal en patience, ce qui relevait du défi. Le grand Koopa toisa avec méfiance les trois humains qui se frayaient timidement un chemin pour atteindre le premier banc de droite. Accompagnés de ce Toad bavard aux sourires agaçants, ils s’installèrent rapidement à ces places qui leur avaient été attribuées sous la demande de Solfège. Enfin, plutôt sous ses supplications étant donné qu’il avait fallu le convaincre de les laisser marcher sur son territoire en ce jour sacré … Ce qui n’était pas une mince affaire. Mais encore une fois, il le faisait pour sa future femme, pour qu’elle ait au moins quelques amis à son mariage car mise à part ces quatre énergumènes il n’y avait personne d’autre du côté de la mariée. Les amis et les fréquentations de Bowser prenaient littéralement tous les bancs disponibles !

«Mario, qu’est-ce qu’on fiche ici … Je n’aime pas du tout cet endroit, il me donne la chair de poule ! Il y a des ennemis partout. Tu te souviens la dernière fois qu’on a mis les pieds ici ? Et s’il nous fait prisonniers ? Qu’est-ce qu’on va devenir ?» S’affola Luigi à côté de son frère en grinçant des dents à tous ces visages effrayants qui les entouraient. Il glapit lorsqu’une plante piranha se lécha les babines quand elle le regarda, ou plutôt quand elle sentit l’odeur de la peur car elle était dépourvue d’œil. Cette observation lui donna des frissons dans le dos.

«Tout va bien se passer. Détend-toi Lu, je ne laisserai personne te faire du mal, tu as ma parole ! Tu ne seras plus jamais le prisonnier de qui que ce soit. Moi et la princesse on s’en assurera.» Tenta de rassurer Mario après s’être tourné vers son frère tremblant de peur et recroquevillé sur le banc. Déposant sa main gantée sur son épaule, ce geste eut un effet immédiat sur Luigi qui se mit à rire anxieusement.

«Tu as raison … Tant que nous sommes ensemble il ne peut rien nous arriver. On le fait pour notre amie.» Répéta ce dernier plus confiant dorénavant, les poings serrés d’un regard convaincu. Même si intérieurement il restait mort de trouille à l’idée de se retrouver dans le château de son pire ennemi, là où il avait failli mourir plus d’une fois ... Il déglutit bruyamment ce qui amena Peach à parler.

«Nous devons être présents pour Solfège au cas où elle aurait besoin de notre aide. Dis-toi que nous sommes ses gardes du corps en mission secrète. Au moindre signe, nous interviendrons !» Déclara-t-elle d’un clin d’œil ludique tout en montrant son biceps à Luigi pour appuyer ses mots.

En effet, ils gardaient toujours quelques doutes sur l’authenticité de ce mariage, mais à priori Solfège était bien amoureuse de cette tortue maléfique et cet amour était réciproque. Ou du moins le semblait ... Même si c’était toujours difficile pour eux de l’admettre après ces multiples chantages pour obtenir la main de la princesse. Car ils ne savaient jamais à quoi s’attendre avec Bowser ! Ni quels étaient ses plans diaboliques pour arriver à ses fins. Toutefois quoi qu’il se passe à ce mariage, ils resteront aux aguets puis protégeront leur amie si la situation le demandait. Souriante aux deux garçons côte à côte sur le banc, les beaux yeux bleus de Peach s’arrêtèrent ensuite sur le Toad le plus courageux qu’elle connaisse quand celui-ci s’exprima à son tour.

«Une mission secrète ? Trop cool ! J’adore ça le danger. Je suis le meilleur en infiltration ! Personne ne me fait peur ici, je ne crains pas tous ces gros moches ! Je les découperai en petits morceaux puis je les cuisinerai avec des oignons fris et de l’ail, vous verrez c’est succulent ! Je n’ai peur de rien.» Toad gonfla la poitrine d’un regard déterminé, cette vive exclamation faisant peur aux trois humains à sa gauche qui le fixait avec de grands yeux choqués. C’était une grande menace, ils ne s’y attendaient pas du tout venant d’un si petit bonhomme plein de joie. Tout à coup Toad perdit son expression presque effrayante pour la troquer contre un sourire joyeux qu’il offrit à quelqu’un de l’autre côté de l’allée principale.

«Hey, frangin ! Coucou ! Par ici !» Salua-t-il en faisant de grands signes à un autre Toad avec une cicatrice assis sur le premier banc entre deux Koopas. Portant une veste noire à piques, une chaine en or ainsi que des lunettes de soleil suspendues, ce dernier s’enfonça plus loin dans son siège.

«Oh pitié …» Grommela Terry d’une main couvrant sa vision périphérique à son idiot de frère qui lui mettait la honte devant tout le monde. Pourquoi il était là, lui ?! C’était le jour le plus important pour son monarque adoré et il fallait que cet imbécile soit là pour tout gâcher ! Il avait envie de tout casser, d’évacuer sa colère dans un grand cri de rage sauf qu’il se résigna au dernier moment.

«Psst, c’est qui la mariée ? C’est une princesse de quelle contrée cette fois-ci ?» Questionna une petite bombe derrière lui. Néanmoins ce fût le Koopa à gauche de Terry qui répondit d’un sourire.

«Ce n’est pas une princesse. Et elle vient du royaume du Temps.» Rappela Charlie d’un coup d’œil à son frère Marwin lorsqu’il y eut un soupir collectif à cette information.

«Pas une princesse ?!» S’ébahi un Maskass.

«Du royaume du Temps ? Pourquoi Bowser s’intéresse à elle alors si elle n’a rien à lui offrir ?» S’interrogea un Boo déconcerté dans sa voix fluette fantomatique, levant ses petits bras pour marquer son désarroi. Depuis quand le terrifiant Bowser s’intéressait à quelqu’un d’autre que la princesse Peach ? Et sans la promesse d’obtenir plus de pouvoir ? C’était le monde à l’envers !

«Du moment qu’elle nous fait pas un scandale … Et qu’elle essaye pas de tous nous congeler, moi ça me va.» Soupira un frère Forgeron à moitié affalé sur le banc, se grattant le ventre d’un long bâillement.

«En priant pour que ce soit le dernier mariage.» Grogna de lassitude un Skelerex tout en croisant les bras sous son museau squelette. C’était celui qui avait été rôti par son chef lorsqu’il avait posé une question qui fâchait concernant la réponse de Peach à l’époque.

«Vous êtes bêtes ou quoi ? Le plus important c’est que notre boss soit heureux et comblé ! Qu’elle a du pouvoir ou pas on s’en fiche du moment qu’elle remplit correctement son rôle d’épouse. Notre puissant Roi a besoin d’être épanoui pour nous guider vers la victoire ! Pour pouvoir tous les écraser jusqu’aux derniers !» Enflammé, Terry serra les poings devant lui d’un sourire démoniaque alors que Marwin et Charlie s’échangeaient des regards perplexes à cette soudaine prise de parole en faveur de leur monarque. Rien d’étonnant quand on connaissait Terry et son allégeance irréprochable.

Il n’existait pas plus fidèle que lui, un fervent adorateur de Bowser.

Les premières notes de la marche nuptiale débutèrent aussitôt que tout le monde était installé, coupant net toute interaction entre les invités. Chaque personnage se tourna vers les doubles portes en attendant de voir apparaître la future mariée au bout de l’allée. Le suspense était à son comble. Tous les regards sans exception se rivèrent sur ces portes qui n’allaient pas tarder à s’ouvrir et dévoiler celle qui allait devenir l’épouse du Roi Bowser. Celle dont tout le monde parlait depuis quelques temps, aussi mystérieuse soit-elle. Qui donc avait enfin accepté la demande en mariage du plus cruel et craint de tous les Koopas ? Les célèbres notes résonnèrent sur la plateforme dorénavant silencieuse tandis que Bowser attendait fièrement Solfège en haut des marches, sa confiance en lui se lisant sur son visage ravi. Il croisa brièvement le regard de Peach sur le banc puis son sourire s’estompa pour faire un petit froncement de sourcils au geste de la blonde.

Elle pointa deux doigts devant ses yeux avant de les diriger dans sa direction afin de lui faire comprendre qu’elle le surveillait. Evidemment de loin, mais elle sera toujours là. Il avait envie de ricaner à cette menace absurde toutefois sa nervosité le regagna vite quand les portes ne s’ouvrirent toujours pas alors que la musique continuait normalement. Se balançant sur ses pieds, la grande tortue à épines lorgna les trois humains en diagonal de sa position. Mario et son frère étaient tous les deux vêtus d’un smoking noir, sans leur casquette colorée qu’il trouvait ridicule. Heureusement ! Sinon il les aurait vite chassés de son mariage pour faute de goût. Fusillant du regard Luigi qui redressait frénétiquement son nœud autour de son cou, il passa ensuite au Toad qui le défiait ouvertement du regard, prenant exemple sur la princesse qui n’avait pas froid aux yeux.

Puis il revint à Peach qui elle, avait opté pour une jolie robe rose avec des tons blancs, de soyeux gants blancs courts, une grande ombrelle avec des cœurs et sa coiffure habituelle. Tout comme les deux frères, elle avait fait un effort vestimentaire pour l’occasion, ce que Bowser devait reconnaître malgré son aversion pour ces trois-là. Il n’arrivait toujours pas à se dire qu’ils étaient tous là et en liberté … Assis sur un banc au lieu d’être enfermés dans une cage en train de frire au-dessus de la lave. Commençait-il déjà à se ramollir avant même d’avoir été marié pour de bon ? Bowser se le demandait alors qu’il croisait les bras sous son museau à cet instant qui s’éternisait.

La musique venait tout juste de recommencer tandis que les minutes défilaient sans un signe de sa bien-aimée Solfège. Mais où était-elle ?! Derrière lui, Kamek se racla la gorge quand des murmures de confusion commencèrent à s’élever parmi les rangs. Les invités se regardèrent avec incrédulité en se demandant ce qui se passait et pourquoi il n’y avait toujours pas de mariée à l’horizon, pensant carrément que la future épouse avait finalement prit ses jambes à son cou après réflexions. Ce qui ne serait même pas étonnant au final … Rien de bien nouveau. La seule chose qui les inquiétait vraiment c’était la réaction du Roi colérique, certains Koopas se cachant déjà dans leur carapace en prévision de la possible explosion. Toute l’assurance de Bowser venait de se volatiliser alors qu’il voyait l’intégralité de ses invités chercher une explication sur l’absence de mariée, son expression s’alarmant à ce sentiment d’inquiétude qui rampait dans son estomac.

Où était Solfège ?

«Hum, je crois qu’il y a un petit souci …» Commenta le Magikoopa devant l’autel après s’être léché le doigt pour tourner une page de son livre. A aucun moment c’était écrit que la mariée devait venir en retard !

«Qu’est-ce qui se passe !» Somma Bowser dans sa grosse voix effrayante.

Peach se leva rapidement du banc en confiant son ombrelle à Mario pour marcher dans l’allée en direction des portes fermées. Elle avait l’intention de mettre toute cette histoire au clair ! Ramassant ses jupons, elle se dépêcha de disparaître des regards pour trouver son amie à l’intérieur du château. Les secondes passèrent, puis les minutes, et enfin un long quart d’heure sans que qui que ce soit ne revienne. Les chuchotements se transformèrent bientôt en interrogatoire pour Kamek qui devait faire tout le nécessaire pour calmer les invités de plus en plus irrités par cette attente interminable. Était-ce une mauvaise blague ? Pourtant le Roi Koopa paraissait déconcerté, voir même désemparé ... Finalement Bowser reprit son souffle pour descendre les marches et rejoindre à son tour les portes en trombe, fulminant tout le chemin jusqu’au vestibule pour le retrouver complètement vide.

Il haussa un sourcil intrigué. Pas la moindre trace des deux filles, mais où pouvaient-elles bien être ? Avançant jusqu’aux prochaines portes menant au couloir principal, Bowser s’arrêta dans ses pas lorsqu’il crut entendre des bruits de l’autre côté. Cela ressemblait à des voix ... Il attrapa son haut de forme pour éviter qu’il ne tombe de sa tête quand il se pencha curieusement contre le bois pour écouter ce qui se passait derrière, les yeux plissés dans la concentration. C’était étouffé par l’épaisseur des portes néanmoins il pouvait entendre des petits reniflements ainsi que la voix de Peach.

«Tu sais, il n’est jamais trop tard pour renoncer. Si tu n’es pas prête, il ne faut pas te forcer à faire quoi que ce soit. Ce choix t’appartiendra toujours ! Et si vraiment il t’aime …» La princesse s’arrêta un instant après ce mot qui avait eu du mal à sortir de sa bouche ; «alors il attendra ! C’est aussi simple que ça.»

Derrière la porte, les sourcils de Bowser se froncèrent à la colère qui prenait vie à l’intérieur de lui.

«Tu veux que je te trouve une fleur de gèle ? Ça peut s’avérer utile dans ce genre de situation, j’en sais quelque chose ! Mais tu n’as pas besoin d’avoir peur, il ne t’arrivera rien tant que nous serons là. Je t’en donne ma parole de princesse.» Rigola Peach.

Cette phrase était la phrase de trop. Il voyait carrément rouge. Était-elle en train d’essayer de saccager son mariage avec Solfège ?! Serait-ce une espèce de vengeance ou quelque chose comme ça ? Pourquoi Peach voulait faire douter sa future épouse ? Et évidemment qu’il l’aimait, quelle question ! Les poings se serrant violemment, le Koopa serra les dents à cette montée de rage qui l’envahissait au point de faire sortir de la fumée par ses narines. Il avait envie de tout détruire, de brûler cette porte et de faire déguerpir toutes ces personnes qui attendaient dehors sous le soleil. Il avait honte, il se sentait humilié ! Encore une fois. Grognant de haine, Bowser cessa subitement de trembler quand il entendit les pleurs de Solfège derrière la porte, ce qui le calma instantanément. Son cœur se brisait à ces sons déchirants … Alors calmement, il prit la poignée pour l’ouvrir et ainsi faire irruption dans le couloir qui contenait seulement les deux jeunes filles.

«Que faites-vous ici ?! Vous n’avez pas le droit de voir la mariée avant la cérémonie !» S’indigna aussitôt Peach agenouillée devant Solfège en larmes.

Bowser ne lui prêta pas attention car ses yeux étaient rivés sur la belle humaine en robe de mariée assise sur un petit banc de pierre sur sa gauche. Entre deux chandeliers apportant un peu de lumière à ce couloir sinistre, la blancheur de sa robe la faisait ressortir de ces murs grisonnants, sa longue traîne tombant sur le côté comme une cascade. Elle ressemblait à un ange tombé du ciel. Son visage était enterré entre ses mains pendant qu’elle pleurait à chaudes larmes, les coudes posés sur ses genoux. Ses épaules tremblaient alors que la princesse tentait en vain de la consoler de quelques petites tapes amicales sur son genou, ses yeux bleus soucieux cherchant à établir un contact visuel avec cette dernière inconsolable pour une raison inconnue.

«Elle avait besoin de réconfort ! D’une présence bienveillante qui la soutienne dans un moment aussi dur. Pas de quelqu’un qui lui rajoute encore plus de pression !» Insista une Peach remontée après avoir fusillé du regard le grand Koopa à l’embrasure de la porte. Elle avait presque réussi à faire cesser les larmes de Solfège avant qu’il n’entre dans la pièce … Elle avait envie de lui crier dessus pour son manque de tact ! Cependant son regard fielleux faiblit légèrement lorsque le Roi en costume lui plissa les yeux d’avertissement.

«Dehors ! Avant que je ne lance un nouveau Bill Ball sur le royaume Champignon et tous ces idiots de Toads !» Menaça-t-il d’un ton qui ne laissait place à aucun argument. Et cette menace était suffisamment efficace pour décourager Peach de lui tenir tête plus longtemps. Jetant son pouce derrière son épaule, il suivit du regard la princesse d’un haussement de sourcils dédaigneux lorsque cette dernière recommença son drôle de geste pour lui dire qu’elle le surveillait au moment où elle passa à côté de lui. Il attendit que la porte se referme pour revenir à Solfège.

Mais la jeune femme en question refusait de lever les yeux vers lui. Par chance, elle avait refusé de se faire maquiller par Wendy car elle avait voulu rester au naturel, donc ses larmes ne laissaient aucune trace sur ses joues. Cachant toujours son visage dans ses mains, elle renifla tristement lorsque la grande tortue s’approcha d’elle pour délicatement poser une griffe sous son menton afin qu’elle le regarde enfin. Il fût frappé par le désespoir contenu dans ses beaux yeux verts humides. Était-elle à ce point-là malheureuse ? Incertaine concernant ce mariage ? Pourtant elle avait l’air ravie quand il lui avait fait la proposition … Bowser ne comprenait pas mais il ne pouvait s’y résoudre à être en colère contre elle malgré la déception qu’il éprouvait. Son regard peiné le frappait en plein cœur, chassant toute l’irritation amassée tandis qu’il posait un genou au sol pour essayer de capter son regard fuyant. Le doigt replié sous son menton, il haussa les sourcils d’un sourire penaud quand il reprit la parole.

«J’ignore quels propos la princesse Peach a tenu à mon sujet, mais je pensais que ce mariage était ce que vous vouliez !» Assura-t-il d’un hochement de tête dubitatif. De rester calme dans cette situation lui demandait un effort inimaginable. Toutefois au regard choqué de Solfège à la suite de ses mots, il cligna rapidement des yeux.

«Bien sûr que je le veux !» S’écria-t-elle abruptement tout en prenant sa main dans la sienne pour l’étreindre. Ses écailles étaient lisses et chaudes sous son toucher. Elle l’avait surpris avec son cri, mais elle ne voulait surtout pas qu’il croit qu’elle n’était plus intéressée, loin de là. Et un quiproquo n’était pas nécessaire en ce jour. Chassant les larmes au coin de ses yeux avec le dos de sa main, elle renifla avant de reprendre avec une touche d’embarras dans sa voix affectée par son état émotionnel.

«J’ai déchiré mon voile … J’ai tout gâché.» Solfège attrapa le magnifique voile blanc qui traînait dans son dos pour montrer à Bowser le fameux morceau déchiré. La tortue agenouillée face à elle ne dit rien alors qu’il étudiait ce morceau de tissu avec désinvolture, l’obligeant à poursuivre.

«La princesse m’a dit que c’était un mauvais présage … Qu’un voile déchiré était porteur de malheurs. J’ai essayé de le réparer !» Dévoila ensuite l’humaine tout en jouant avec son voile. Gardant ses yeux baissés sur le tissu gâché, elle sourit amèrement à ce sentiment d’échec ; «je n’y suis pas parvenue. Et je ne veux pas vous rendre malheureux. Pas après tout ce que vous avez fait pour moi. Vous méritez de connaître le bonheur, d’avoir quelqu’un à vos côtés qui vous rend heureux. Dans les bons comme les mauvais moments.»

Face à elle, Bowser protesta.

«Ce ne sont que des sornettes ! De vulgaires rumeurs. Une panoplie de mensonges dans le but de procurer de la peur aux futurs mariés. Un voile ne peut pas avoir le pouvoir de déterminer le sort d’un mariage, c’est ridicule et insensé !» Consterné par ces propos, le Roi secoua la tête, son chapeau haut de forme manquant de peu de basculer si ses cornes ne le tenaient pas en place. Ce n’était que ça le problème ? Il gloussa un peu à cette étrange croyance cependant le regard anxieux de la jeune femme retira tout amusement de son visage.

Alors Bowser fit une chose totalement improbable. Il attrapa les bords de son joli nœud violet puis il tira violemment dessus jusqu’à entendre la déchirure familière du tissu.

«Que faites-vous !» Solfège s’horrifia.

«Comme ça, nous serons tous les deux maudits pour la vie. Je ne laisserai pas une croyance se mettre en travers de notre bonheur.» Expliqua-t-il tandis qu’il agrandissait la déchirure jusqu’à correspondre à celle du voile de sa future épouse en émoi. Se redressant ensuite d’un large sourire satisfait, il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine à l’étincelle qui se manifesta dans le regard de Solfège après son geste. Elle le regardait avec adoration et amour, un regard qu’il ne pensait jamais recevoir un jour surtout pas pour quelque chose d’aussi banal.

Et pourtant, ce geste avait tout une signification aux yeux de Solfège.

«Tous les deux maudits.» Répéta-t-elle avec émotion, sa main se posant sur les doigts de l’étonnant Koopa. Il la surprendra toujours !

Bowser esquissa un charmant sourire lorsqu’il prit quelques secondes pour admirer l’humaine sur le banc. Elle était si belle … Elle était toujours belle, mais de la voir en robe de mariée rendait sa beauté encore plus exceptionnelle. Surtout de savoir qu’elle sera bientôt sienne le remplissait d’un incroyable bonheur qu’il était incapable de cacher au fond de lui, ses émotions se retranscrivant sur son visage radieux. Touchant pensivement ses cheveux rouges du bout d’une griffe, le Koopa se délecta de la texture soyeuse, intérieurement ravi qu’elle les avait laissés libres. Il adorait voir ses cheveux tomber ainsi sur ses bras, il lui rappelait les cascades de lave de son château. Puis il recroisa à nouveau ses yeux verts encore humides mais son chagrin avait été remplacé par l’un de ses merveilleux sourires. Ceux qui réchauffaient son cœur de pierre, ceux qui lui apportaient un sentiment de sérénité inégalable.

«Les invités vont finir par s’impatienter. Il ne manquerait plus qu’ils ne gâchent nôtre mariage !» Rouspéta Bowser après avoir retiré sa griffe des cheveux de Solfège pour poser les poings à ses hanches. Il pourrait rester ici des heures à la regarder, mais il y avait plus urgent à faire et il voulait conclure cette cérémonie au plus vite.

«Ils ne peuvent pas rater le plus beau mariage de tous les temps …» Rit doucement Solfège tandis qu’elle posait ses mains sur sa chemise violette pour ensuite glisser ses doigts autour du nœud abimé qu’elle repositionna correctement autour de son cou. Elle le trouvait très élégant avec son haut de forme blanc portant fièrement son emblème, sa veste satinée et ses anneaux de couleur argentée. Elle n’en revenait toujours pas qu’il portait ce magnifique costume en son honneur.

«Je leur promet du grand spectacle !» Acquiesça rapidement ce dernier.

«Pas de sacrifices.» Alertée, Solfège plissa suspicieusement les yeux à la tortue qui semblait tout à coup suspecte avec cet air exalté propre à Bowser. Elle se méfiait quand il avait ce regard, sachant à quel point il aimait être le centre de l’attention quitte à faire du grand spectacle comme il le disait. Elle tapota gentiment son plastron au moment où il fit un petit grognement d’abattement.

«Très bien, pas de sacrifices.» Soupira Bowser tout en levant les yeux au plafond. Il avait retenu la leçon, même si certains de ses prisonniers mériteraient de faire un plongeon de la mort dans la lave pour divertir ses invités. Il voulut essayer de négocier mais Solfège lui lança un regard dissuasif avant même qu’il n’ouvre la bouche pour argumenter, ce qui se résultat par un autre rire maladroit.

Zut !

Bowser offrit son bras à la jeune mariée une fois certain qu’elle était prête à franchir le pas avec lui, pour affronter le monde extérieur et ses regards à ses côtés. Elle était nerveuse, il le sentait. Ses doigts s’accrochaient résolument à son avant-bras alors qu’ils se dirigeaient vers les doubles portes où attendaient les deux gardes Koopas faisant office de portiers. Il voyait du coin de l’œil qu’elle essayait de se rendre le plus présentable possible en passant sa main libre dans ses cheveux puis sur sa robe, sa nervosité de plus en plus forte maintenant qu’ils étaient sur le point de faire le grand pas. Sa respiration était presque suffocante. Il ne fallut qu’un signe de tête pour plonger le vestibule dans la lumière du jour alors Bowser en profita pour lui glisser un dernier mot.

«Tu es magnifique.» Lui dit-il après s’être penché vers elle, tapotant ses doigts sur sa main moite pour la rassurer.

Tout de même stressée, Solfège le remercia d’un faible murmure avant de se redresser pour esquisser un sourire lorsque les deux s’engagèrent dans l’allée avec la musique en fond. Ses joues chauffaient naturellement à tous ces regards qui se posèrent sur eux. Les visages étaient émerveillés et tous ces sourires lui donnaient du baume au cœur, sa peur se volatilisant. Le bas de sa robe était d’un vert discret qui se fondait dans le blanc du tissu, son voile descendant jusqu’au milieu de son dos nu flottant derrière elle. Elle croisa brièvement le regard du Koopa jardinier accoudé au banc de droite qui l’admirait d’une expression rêveuse. Elle lui fit vaguement signe tandis qu’ils s’approchaient de l’autel où Kamek avait failli s’endormir à force d’attendre dans la même position. Frémissant lorsque Bowser fit un bruit agacé, le Magikoopa se dépêcha de reprendre son livre en main pour enfin débuter cette cérémonie.

«Très chers amis, nous sommes réunis ici aujourd’hui pour célébrer l’union du grand Roi Koopa …» Kamek marqua un temps de pause pour jeter un coup d’œil méfiant à Solfège au cas où une envie de le frapper la prendrait. Simple précaution. Or cette dernière n’avait d’yeux que pour Bowser, alors il continua sur sa lancée avec plus de confiance cette fois-ci ; «avec la charmante Solfège ici présente.»

Au fur et à mesure que le discours avançait, les mains de Solfège se resserrèrent autour de celles de la tortue cracheuse de feu qui ne cessait de lui sourire. La joie était inscrite sur son visage écailleux. Un bonheur véritable qui ne connaissait aucune limite alors que Kamek poursuivait le rappel des engagements, ou quelque chose comme ça car Solfège avait du mal à se concentrer sur ce qu’il racontait étant donné que Bowser lui volait toute l’attention. Comment lui résister ? Imitant son expression adorable, elle entendit à peine les prochaines paroles du maître de cérémonie qui demandait si quelqu’un voulait s’opposer à ce mariage avant qu’il ne soit trop tard. Etrangement à cette demande, la tête du Roi se tourna brusquement vers les trois humains assis devant et plus particulièrement sur Peach comme s’il s’attendait à ce qu’elle ne dise quelque chose.

Mais la princesse se contenta de croiser les bras d’un regard redoutable.

«Personne ? Ouf.» Kamek était vraiment soulagé pendant qu’il passait sa main sur son front en sueur. Enfin un mariage qui se concrétisait ! Il n’y croyait plus. Redressant ses lunettes loupes sur son museau, il poursuivit impatiemment juste au cas où quelqu’un se désisterait à la dernière seconde.

«Dans ce cas-là par les pouvoirs qui me sont conférés, je vous déclare officiellement mari et femme ! Unis à jamais par les liens sacrés du mariage. Pour le meilleur et surtout pour le pire ! Et grâce à cette union, le Pays-Noir a désormais une Reine à sa tête. Allez, vous pouvez embrasser la mariée.» Déclara-t-il solennellement d’un geste invitant vers l’humaine, voyant à quel point son Roi en mourrait d’envie.

Et Bowser ne se fit pas prier. Maintenant que tout était officiel, il posa rapidement sa main derrière la tête de Solfège puis plaça ses lèvres sur les siennes dans un tendre baiser. Ils se retrouvèrent bientôt sous un tonnerre d’applaudissements. Des Koopas ailés survolèrent la plateforme pour lancer des pétales de fleurs pendant que Junior faisait enfin son entrée. Vêtu lui aussi d’un élégant costume et d’un nœud noir autour du cou, le jeune prince s’activa pour rejoindre les nouveaux époux avec les deux alliances sur un grand coussin rouge qu’il tenait avec ses deux mains. Il n’avait surtout pas envie de les faire tomber à cause de sa maladresse ! Il ne manquerait plus que son père soit en colère après lui. Habilement, il monta les marches tout en veillant à ne pas trébucher tant il était surexcité pour enfin atteindre l’autel et présenter les bagues d’un arc élégant.

Solfège se laissa prendre la main gauche pour que Bowser puisse glisser l’anneau autour de son doigt. Différente de la bague de fiançailles, celle-ci était complètement noire. Sans superflu. Elle enfila à son tour la bague plus grande à Bowser d’un sourire à lui en faire mal aux joues, les vives acclamations du public résonnant sur la plateforme en lévitation au-dessus de la lave. Elle se tourna lentement vers eux pendant que le Koopa géant incitait les autres à acclamer plus forts tout en montrant ses muscles à ce sentiment d’accomplissement qu’il ressentait enfin. Il riait d’euphorie, appelant les invités à commencer à faire la fête qui n’était pas prête de s’arrêter.

Emue, le regard de Solfège se posa sur ses quatre amis qui lui souriaient sciemment sur le banc. Peach applaudissait, Mario lui faisait un signe de tête respectueux, Luigi montrait ses pouces alors que Toad hurlait à plein poumons en réalisant une petite danse endiablée pour exprimer sa joie.

Elle était désormais l’épouse du Roi des Koopas et Reine du Pays-Noir.

Fin

C’était si beau, j’ai presque versé ma petite larme ! Ils sont enfin réunis avec la promesse d’un avenir meilleur. Bowser restera toujours le même au fond, mais avec Solfège à ses côtés, il ne peut que s’améliorer.

A bientôt, VP

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