Le Chêne et le Loup

Chapitre 11 : Ivresse

3268 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 02/08/2026 16:55

Ivresse


Le soleil avait disparu derrière les cimes lorsque Tirënnog s'embrasa.

Des centaines de lanternes suspendues d'une façade à l'autre s'allumèrent presque en même temps, dessinant au-dessus des rues un ciel de verre aux teintes d'ambre, de turquoise et de grenat.

La ville entière semblait avoir quitté ses maisons.

Les longues tables dressées sur les places disparaissaient sous les plats fumants. Les braseros faisaient griller des brochettes de gibier dont les jus tombaient sur les braises dans un grésillement gourmand. Des marchands faisaient tourner des noix caramélisées dans de larges poêles de cuivre.

Chaque rue avait sa propre odeur.

Ici, le pain chaud et le beurre fondu. Là, le miel et la cardamome. Plus loin, le jasmin se mêlait aux effluves du vin de lune servi dans des coupes de terre cuite.

Puis la musique changea.

Les premières notes d'une flûte s'élevèrent dans la foule. Les tambours prirent le relais. En quelques battements, une ronde venait de naître, les danseurs tournant par trois pas avant de reculer de deux. Les plus âgés guidaient les plus jeunes avec une patience amusée. Lorsqu'un novice se trompait, la ronde éclatait de rire avant de l'engloutir de nouveau dans son mouvement.

Même les gardes, raides comme des piquets, finirent par battre discrètement la mesure du pied, avant qu'une grand-mère hilare ne les entraîne sans cérémonie au milieu des danseurs, sous les acclamations de toute la rue.

— Goûte !

Avant même qu'on puisse répondre, on vous glissait un verre d'hydromel dans une main et une pâtisserie encore tiède dans l'autre.

Ce soir-là, chacun offrait un peu de ce qu'il avait.

Un panier de figues. Une bouteille. Une chanson. Un éclat de rire.

Les rues n'étaient plus qu'un immense banquet où inconnus et voisins partageaient la même table.

Au cœur de la fête, l'Arbre-Monde brillait doucement, ses lanternes reflétées dans le tronc d'opale comme mille petites lunes.

Au milieu de la fête, la reine Élisabeth Armann de la Maison Aen Tír se frayait un chemin parmi les convives, une coupe à la main qu'elle n'avait pas encore touchée.

On l'arrêtait à chaque pas. Un mot, un sourire, une révérence à rendre. Elle se prêtait au jeu avec grâce, comme toujours, sans jamais vraiment s'arrêter.

Bastien et elle ne s'étaient pas recroisés depuis leur entrée. Il avait prétexté une excuse bancale et s'était très vite éloigné.

Son regard glissait sur la foule, presque distrait, plus par habitude que par réel espoir de le trouver.

Puis, sans prévenir, il fut là.

Son cœur fit un petit bond de sardine dans sa poitrine.

Une tunique de lin sombre à la coupe elfique, une étole rouge nouée bas sur la taille. Une tenue simple mais élégante.

Le tissu épousait des épaules larges et la ceinture faisait ressortir une taille étonnamment fine. Loin de son éternelle armure de cuir, elle découvrait mieux ce corps façonné par des années de Voie. Les manches, remontées jusqu'aux coudes, laissaient deviner les avant-bras marqués de cicatrices fines. Elle les connaissait toutes. Leur histoire avec.

Ses cheveux, pour une fois coiffés en arrière plutôt que livrés au vent, dégageaient entièrement ce visage aux traits félins, si familier qu'elle aurait pu le dessiner les yeux fermés.

Il portait tout cela sans y penser, sans se soucier des regards qu'il attirait.

Elle ne pouvait pas leur en vouloir.

Elle non plus n'arrivait pas à détacher son regard de lui.

Ainsi vêtu, il paraissait presque plus... magnétique. Comme si la soie et le lin, si loin de son armure habituelle, ne faisaient que révéler ce qu'elle savait déjà de lui.

Et pourtant, ce soir, il n'avait jamais semblé aussi loin.

Elle entreprit de traverser la salle. Les yeux toujours rivés sur lui, quand elle sentit qu'on tirait sur sa robe.

Deux fillettes s'étaient approchées timidement, l'une serrant un large bouquet de freesias, l'autre portant avec un soin infini une couronne tressée des mêmes fleurs.

— Ma... Majesté... balbutia la première. Nous... nous l'avons confectionnée... pour vous.

Son regard s'attarda sur la silhouette du sorceleur encore une seconde avant de tourner vers les deux enfants. Elle leur fit un sourire radieux puis s'accroupit aussitôt pour se mettre à leur hauteur.

— J'en serais très honorée.

La fillette leva les yeux vers la couronne déjà posée sur les cheveux auburn de la reine, visiblement dépitée.

— Mais... vous en portez déjà une... et elle est bien plus jolie que la nôtre...

Élisabeth porta une main à sa propre couronne avant de reprendre, avec un sourire malicieux :

— Voilà qui m'étonnerait fort. Alors... qu'attends-tu pour me couronner une seconde fois ?

Les yeux de la fillette s'arrondirent.

Sous le regard médusé de son amie, elle s'avança avec une infinie précaution et déposa la couronne de freesias par-dessus celle que portait déjà la reine.

Élisabeth demeura parfaitement immobile, comme si ce geste constituait le plus grand des honneurs.

— Merci, dit-elle doucement. Je crois qu'aucune reine n'a jamais eu autant de chance que moi.

Les deux petites elfes échangèrent un regard émerveillé.

Puis, comme si elles venaient réellement couronner une reine, elles s'enfuirent en gloussant, leurs rires cristallins résonnant longtemps derrière elles.

Quand elle releva les yeux, son cœur se serra. Bastien avait disparu.

Elle se releva, vit un autre convive se diriger droit sur elle. Remit le tissu de sa robe en place et soupira.

Elle aurait aimé lui dire qu'il était magnifique ce soir.

Elle aurait aimé lui dire...

Qu'elle était désolée.

Qu'elle comprenait.

Et enfin... qu'elle l'aimait.

Il lui fallut une demi-heure pour s'extraire des mondanités. Elle traversa une galerie puis une autre, laissant la musique derrière elle, et se dirigea vers le jardin suspendu, cet endroit calme qu'il appréciait, loin du tumulte.

Il était vide.

Elle s'arrêta sur le seuil. La brise soulevait doucement le tissu de sa robe.

Elle espérait encore.

*

Depuis qu'il était arrivé, Aethryu les observait.

Personne ne prêtait plus attention à lui. C'était l'un de ses talents. Après un siècle passé à gouverner dans l'ombre, il savait comment disparaître quand il le souhaitait.

Un verre de vin de lune reposait dans sa main. Il les enchaînait sans vraiment s'en rendre compte. Un verre. Puis un autre. Puis... un autre.

Il n'en ressentait presque plus les effets. Ou peut-être choisissait-il simplement de ne pas les remarquer. La douce anesthésie créée par l'alcool lui faisait du bien.

Ses yeux cherchaient Elisabeth dans la foule. Il la trouva près d'un groupe de diplomates, son sourire de façade solidement en place. Puis son regard glissa, malgré lui, vers Bastien, un peu plus loin, seul près d'une colonne, qui semblait faire exactement la même chose : chercher, sans jamais trouver.

Ils se manquaient avec une régularité presque comique.

L'un retenu par la cour. L'autre par son orgueil.

Deux imbéciles, songea-t-il avec une amertume qu'il ne prit même plus la peine de combattre.

Ils s'aimaient pourtant. Personne ne pouvait l'ignorer.

Depuis leur dispute, Aethryu avait vu la distance s'installer entre eux.

Il sentait la tension chez le jeune sorceleur. Un rien pouvait le faire craquer.

Un petit rien…

Et, pour la première fois depuis longtemps, il regretta de ne pas être un elfe meilleur.

Il porta le verre à ses lèvres sans même s'en rendre compte. La musique continua, les danseurs tournoyaient sous les lanternes, et Bastien finit par disparaître dans la foule.

Quelques instants plus tard, Elisabeth releva les yeux, chercha, ne le trouva pas. Une ombre traversa son visage, fugace, presque invisible, avant que la reine ne reprenne sa place.

Aethryu détourna les yeux. Il aurait voulu pouvoir les regarder et être heureux pour eux. Il découvrit qu'il n'en était pas capable.

Quand il vit la silhouette d'Ély s'éloigner de la foule, son sang ne fit qu'un tour. Il aurait dû rentrer chez lui, la laisser partir, laisser cette soirée s'achever comme toutes les autres. Demain, la douleur aurait été toujours là. Mais au moins, il aurait pu se regarder en face.

Il vida son verre.

Il resta immobile quelques secondes. Assez longtemps pour comprendre qu'il faisait une erreur. Pas assez longtemps pour l'empêcher.

Il lui emboîta le pas dans les coursives désertes.

*

Elle ne l'entendit pas arriver. Elle n'eut pas le temps de se retourner. Une main puissante la fit pivoter puis un corps la plaqua contre l'écorce d'une colonne, brutalement, le souffle coupé net.

Pendant une fraction de seconde, la panique la submergea. Puis son corps reconnut le sien avant même que son esprit ne le fasse. Cette carrure élancée, ce parfum mélangé de cèdre et de menthe poivrée qu'elle aurait reconnu entre mille, cette présence si familière...

Son cœur ralentit.

— Rhyu ! Bon sang ! Tu m'as fait peur…

Le soulagement fut aussi bref qu'un battement de cils. Quelque chose n'allait pas. Il la retenait toujours, avec une force inhabituelle. Sa respiration, tout contre son visage, était courte, presque fébrile.

Lorsqu'elle croisa enfin son regard, elle se figea. Ses traits harmonieux, d'ordinaire si maîtrisés, étaient déformés par l'alcool et une souffrance qu'elle ne lui connaissait pas.

— Rhyu... qu'est-ce qui t'arrive ?

Aethryu ne répondit pas tout de suite. Son haleine, saturée d'alcool, lui gifla le visage.

Il était ivre.

Même ivre, sa voix resta basse et posée, presque douce, ce qui la rendait plus effrayante encore.

— Il ne te mérite pas.

— Mais... de quoi tu parles ?

— Le sorceleur ne sait pas ce qu'il a entre les mains. Il t'a eue par accident.

Il marqua une pause, comme s'il pesait chaque mot avant de le prononcer.

— Moi, je t'ai cherchée pendant un siècle.

Une panique sourde lui noua peu à peu la gorge.

— D'accord. On va en discuter. Mais lâche-moi, s'il te plaît.

— Où était-il, ce soir ? Où était-il quand tu avais besoin de lui ? Réponds-moi... Où était-il ?

Il se rapprocha encore. Son corps vint écraser le sien contre la colonne. Sans un mot, il lui ramena brusquement le bras dans le dos.

Une douleur aiguë traversa son épaule.

Le souffle lui échappa.

— Je te vois, moi. Je t'ai toujours vue.

— Aethryu... tu me fais mal... lâche-moi !

Ses mots semblèrent ne pas l'atteindre. Au contraire, ses doigts se crispèrent davantage autour d'elle.

— Depuis ton retour... je ne cesse de penser à toi...

Elle sentit l'étreinte se desserrer légèrement, ses doigts trembler sur sa taille. Elle voulut croire qu'il hésitait…

— Ma reine...

Puis son genou força un passage entre les siens.

Son corps se raidit d'un seul coup. Elle essaya de refermer les jambes, en vain. Le bois de la colonne lui meurtrissait le dos, son bras prisonnier l'empêchait de prendre appui.

La main d'Aethryu quitta sa taille. Elle glissa le long de sa hanche, puis remonta lentement vers l'intérieur de sa cuisse, là où son genou venait d'ouvrir un passage.

Un cri étouffé lui échappa. Un son qu'elle ne se connaissait pas, mélange de terreur et d'impuissance.

Puis, quelque part derrière eux, un bruit de bottes cloutées résonna dans les coursives désertes.

Aethryu se figea un instant.

Elle sentit son corps changer contre le sien. Une tension nouvelle, différente de la précédente.

Il ne s'écarta pas. Au lieu de cela, il rapprocha son visage.

Ses yeux, troubles et fiévreux, restèrent rivés aux siens une fraction de seconde.

Sa bouche vint s'ecraser contre la sienne, dure, sans douceur, sans lui laisser le temps de tourner la tête. Ses dents heurtèrent les siennes. Le goût âcre et trop fort du vin de lune la révulsa.

Elle voulut crier, mais le son mourut contre ses lèvres.

Elle se débattit, en vain. Le bras toujours prisonnier dans son dos ne lui laissait aucune prise.

*

Les sens d'un sorceleur n'ont pas besoin qu'on leur explique ce qu'ils captent.

Avant même de tourner à l'angle de la coursive, Bastien avait senti l'alcool. Puis la peur. Une odeur âcre, animale, qui n'avait rien à voir avec le vin qui coulait à flots dans la fête.

Les poils de sa nuque se hérissèrent avant même qu'il ne comprenne pourquoi.

Il pressa le pas. Puis il les vit.

Elisabeth, plaquée contre la colonne. Le bras tordu dans son dos. Aethryu, tout contre elle, sa bouche sur la sienne.

La peur sur son visage. La façon dont son corps se débattait, en vain, contre la pierre. Les doigts d'Aethryu, blancs à force de serrer.

Il voyait tout cela.

Mais son regard resta accroché à une seule chose.

La bouche d'Aethryu contre celle d'Élisabeth.

Un grondement animal lui échappa, avant même qu'il ne trouve les mots.

Ses épaules s'affaissèrent d'un coup, comme sous un poids qu'il portait depuis trop longtemps sans le savoir.

Quelque part en lui, une digue céda.

Et tout ce qu'elle retenait depuis des jours déferla d'un coup.

Pas la colère. Quelque chose de plus irréversible. Les derniers liens qui le retenaient encore ici.

Depuis des jours, il tournait en rond comme un animal en cage, sans jamais trouver l'issue.

L'issue se trouvait là. Juste devant lui.

Sous ses yeux, l'image se déforma. Le bras tordu devint une étreinte. La bouche qui écrasait la sienne devint un baiser rendu, cherché.

Deux amants qui se retrouvaient.

Un passé qui la rattrapait. Et pour lui, la certitude glaçante qu'elle n'etait plus son avenir.


Aethryu le vit arriver.

Ses lèvres étaient encore écrasées contre celles d'Élisabeth lorsqu'il croisa le regard du sorceleur.

Il y lut quelque chose qui lui glaça le sang.

Il aurait dû s'en réjouir. Il n'en fut rien.

Ce qu'il cherchait, sans se l'avouer, venait d'arriver.

Et il le regrettait déjà.

Sa prise se relâcha enfin.

Elisabeth ne réfléchit pas. Elle planta ses ongles dans son bras et le repoussa de toutes ses forces.

Aethryu recula de deux pas, chancelant.

Dans l'obscurité des coursives, deux points verts luisaient, fixes, comme deux braises. Le reflet propre aux yeux des félins, ce halo qui ne devrait pas exister chez un homme.

Bastien ne le quittait pas du regard. Il ne bougeait pas. Il ne disait rien.

La réalité frappa l'efle de plein fouet, perçant à travers les vapeurs de l'alcool.

Il fit un pas vers le sorceleur.

— Attends, je peux expli...

— Ça suffit, Aethryu.


La voix d'Élisabeth claqua, glaciale, sans appel. Ce n'était plus la femme démunie d'un instant plus tôt. C'était la reine qui parlait.

— Sortez.

Aethryu la regarda, incrédule, comme si l'ordre lui-même ne parvenait pas à s'imposer dans son esprit embrumé.

Puis il baissa les yeux.

Rajusta sa tunique d'un geste mécanique.

Et s'éloigna dans les ombres du jardin, sans un mot de plus.

Un silence de mort s'abattit.

Elisabeth tremblait légèrement. Elle repoussa machinalement une mèche derrière son oreille, remarqua sa robe froissée, puis tenta de redresser sa couronne d'un geste distrait. Elle demeura obstinément de travers.

Toujours dans l'ombre, Bastien n'avait pas bougé. Ses yeux luisaient, fixes.

Encore tremblante, elle tendit la main vers lui.

— Bastien... Aide-moi à me relever, s'il te plaît ?

Il ouvrit la bouche. Les mots restèrent suspendus un instant. Comme dans la chambre d'Elisabeth, l'autre soir.

Il prit une lente inspiration. Cette fois, il savait exactement quoi dire.

— J'aurais dû comprendre plus tôt.

La voix tomba comme une lame, glaciale. Il avança enfin hors de l'ombre.

Ce fut seulement là qu'elle découvrit son visage. Fermé. Inconnu. Et ce regard... elle ne l'avait jamais vu. Son bras retomba le long de son corps.

— Attends... Pardon ?

— « Le régent. Ne le sous-estime pas. » Geralt avait raison. Comme toujours...

Il eut un rire sans joie.

— Mais de quoi tu parles ? Il vient de m'a...

— Ne fais pas ça, Ely…

Il la coupa sans élever la voix et détourna les yeux. Comme si la vérité n'avait plus la moindre importance.

— J'aurais dû partir avec lui.

Élisabeth resta un instant immobile. Son regard errait sans vraiment rien voir. D'une main tremblante, elle remit machinalement sa couronne en place... et la fit basculer un peu plus de travers.

— Regarde-moi !

Sa voix claqua suffisamment fort pour qu'elle relève brusquement la tête.

Il écarta les bras.

— REGARDE-MOI ! J'ai oublié ce que j'étais. Je me suis laissé apprivoiser comme un vulgaire animal de compagnie... Comment ai-je pu oublier ?

Sa voix éclata.

— JE SUIS UN LOUP !

C'est à peine si elle put le reconnaître. La fureur avait déformé son visage habituellement si doux : la mâchoire crispée, les lèvres retroussées, les yeux rétrécis en deux fentes. Une veine battait à sa tempe.

Il reprit son souffle et la désigna du doigt.

— Et toi... TOI ! Je n'aurais jamais dû oublier qui tu étais.

Il secoua lentement la tête.

— Une reine...

Sa voix se fit plus basse. Plus grave, prenant soin de détacher chaque syllabe.

— Rien d'autre.

Ces mots tombèrent comme un couperet. Pendant un instant, elle ne ressentit rien du tout. Juste un vide, immense, avant que la douleur ne s'y engouffre.

Elle ne lui connaissait pas ce mépris.

Là où Aethryu avait meurtri son corps, Bastien venait de briser tout le reste.

Elle chercha les mots. Ils avaient fui sa gorge. Il ne restait plus rien. Juste cette douleur qui explosait en elle, trop violente pour qu'elle puisse crier.

Elle se laissa glisser lentement contre la colonne.

Ses doigts heurtèrent quelque chose au sol. Une couronne de fleurs, celles offertes par les deux fillettes. Piétinée. Les pétales déjà fanés, écrasés dans la terre.

Elle la ramassa sans y penser et la serra contre sa poitrine.

Bastien la fixa une dernière fois. Secoua lentement la tête, comme s'il renonçait à quelque chose qu'il ne pouvait plus sauver.

Puis il lui tourna le dos.

— Oublie-moi.

Sa tunique claqua dans la brise nocturne. Ses pas s'éloignèrent dans les bois, réguliers, décidés, comme si fuir pouvait ressembler à une décision.

Derrière lui, adossée à sa colonne, sa couronne de travers et sa robe froissée, une couronne de fleurs piétinée serrée contre elle, Ely ne bougea pas.

Chêne.

Seul.

À nouveau.


Ça y est ! Vous venez de boucler le premier arc.

Déjà... bravo d'être arrivés jusque-là. 😄

Maintenant, j'ai une petite faveur à vous demander.

Si cette histoire vous donne envie de connaître la suite, dites-le-moi. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point quelques mots peuvent motiver un auteur à retourner derrière son clavier.

Comme c'est ma première fanfiction, vos retours sont précieux. Ils m'aident à progresser, mais surtout... ils me donnent envie de continuer à faire vivre cette histoire.

Merci d'avoir partagé cette première partie avec moi. 🌳🐺

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