L'éveil

Chapitre 8 : L'arrestation

1810 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 18/04/2026 21:11

  La famille entière se leva et je les imitai en observant attentivement les visiteurs. L'homme était bien celui que j'avais rencontré un instant plus tôt : grand, costaud, cheveux noirs et peau aussi pâle que celle des Cullen. La femme à ses côtés était bien différente. Elle était un tout petit peu plus petit que moi, ses cheveux étaient d'un brun clair et son expression était froide. On voyait vraiment qu'elle n'avait pas très envie d'être là. Au moment où mes yeux croisèrent les siens, une vague de froid me parcourut, mes tempes se mirent à battre et je ressentis un tiraillement légèrement douloureux dans ma poitrine, au niveau du cœur. Je détournai le regard et la sensation s'arrêta. « Très étrange », pensai-je. Prenant la parole, Carlisle me tira de ma rêverie :

- Santiago, Chelsea, que faites-vous ici ?

- Nous venons aux nouvelles, se justifia Chelsea. Un an s'est écoulé depuis notre dernière rencontre. Ne sachant pas comment la situation évoluait pour vous, Aro nous envoie.

- Cela n'a pas changé, expliqua le médecin. Renesmée grandit, nous sommes au complet, le clan se porte bien.

- Visiblement, coupa Santiago, nous sommes venus exactement au bon moment...

  Puis, il ajouta en me regardant :

- ... pour constater qu'une fois encore, vous nous cachez quelque chose. Quel est ton nom et depuis quand es-tu ici ?

  Je faillis ne pas répondre mais l'expression de la femme m'en dissuada.

- Je m'appelle Alma et je ne suis là que depuis hier, débitai-je à toute vitesse.

  Carlisle me jeta un coup d'œil, comme pour me demander s'il pouvait prendre le relais et je hochai la tête. Il enchaîna :

- Hier soir, elle est arrivée ici, inconsciente. Quelqu'un nous l'a amenée. Quand elle s'est réveillée, elle nous a raconté sa situation très délicate. (Je le remerciai silencieusement de ne pas s'étendre plus.) Nous lui avons donc proposé de rester parmi nous. Je ne supportai pas de lui cacher moi-même des choses : je lui ai dit la vérité sur nous. Je lui ai laissé le choix. J'ai dit que je devais lui annoncer une nouvelle, qu'elle était libre d'accepter ou de refuser de la connaître.

- J'ai accepté de tout savoir et de rester avec les Cullen par la suite, conclus-je.

  La femme jeta un regard noir à Carlisle.

- Tu as vraiment de la chance de n'être tombé que sur nous, maugréa-t-elle. D'autres auraient soit perdu patience, soit jugé déjà que ton infraction est cette fois-ci bien réelle et totalement inexcusable.

  Un signe dût être donné sans que j'en sois informée car en un clin d'œil, les deux s'étaient postés de chaque côté de moi et m'avaient emprisonnée les bras. Je m'agitai dans tous les sens, mais rien n'y fit. Leur poigne était trop ferme pour que je puisse me dégager.

- Laissez-la, ordonna Carlisle. Elle n'a rien fait.

- Ce n'est pas à nous qu'il faudra dire cela, gronda une voix à la porte.

  Une bonne dizaine de personnes entra en force dans la pièce. Ils se répartirent partout jusqu'à ne nous laisser aucune échappatoire. Chelsea clama alors :

- Arrêtez-les !

  Je compris que les membres de la famille Cullen n'allaient pas être assez nombreux. Nous allions perdre. Bien que je sache cela inutile, je tentai une nouvelle fois de lutter contre mes propres assaillants sans aucun succès. Je parvins juste à récolter un coup de poing bien placé de la part de Santiago, suffisamment fort pour qu'une troisième fois en peu de temps, des lumières dansèrent devant mes yeux. Je basculai en arrière et finis par perdre conscience à nouveau.

  Je m'éveillai ce qu'il me sembla être quelques minutes plus tard. Mon corps me faisait un mal de chien, en particulier le côté droit de ma tête. Au moment où je tentai de bouger, un éclair de douleur traversa la zone. Je grognai et retombai par terre. J'ouvris les yeux pour observer mon environnement.

  La pièce n'avait strictement rien à voir avec le salon des Cullen. On aurait plutôt dit une cellule. Ma première pensée fut donc que je venais de rêver, que quelqu'un avait dû me retrouver dans la forêt et m'expédier au commissariat. Mes souvenirs étaient trop brouillons pour penser que ce qui m'était arrivé était réel. Puis, tournant la tête difficilement, j'aperçus une autre personne à côté de moi. Je la reconnus tout de suite : Esmé. Je n'avais donc pas rêvé, sinon j'aurais été incapable de la reconnaître. Pour la deuxième fois, je bougeai un peu, ce qui réveilla la douleur toujours plus forte de mon crâne. Je tournai donc simplement les yeux. Un par un, je reconnus les membres de la famille, tous en train de s'affairer autour de moi pour vérifier que j'allais bien. Carlisle s'adressa à moi :

- Où as-tu mal Alma ?

- À la tête, marmonnai-je.

- Ah oui, en effet, diagnostiqua-t-il. Une belle bosse et un bleu. Décidément, il ne t'a pas loupée et pas ménagée non plus.

  Super ! Je pensai que j'aurais préféré être au commissariat en fin de compte, plutôt que de me trouver dans un endroit inconnu et d'avoir l'horrible impression que notre dernière heure allait bientôt arriver.

- En effet, le commissariat aurait été une meilleure option, rigola Edward à ma dernière pensée.

  La famille l'imita et l'atmosphère tendu se relâcha un peu. Carlisle m'aida à me lever, ce qui ne fut pas facile à cause de ma tête qui me lançait toujours. « Avait-il vraiment été obligé de me taper à ce point-là ce... » songeai-je en ajoutant un mot impossible à rapporter ici. À peine étais-je sur mes pieds et à peu près remise, hormis au niveau de ma tête bien sûr, qu'Alice réclama le silence :

- J'ai une mauvaise nouvelle, annonça-t-elle. Je suis en train de vérifier toutes les options que nous avons. La seule qui aboutit à un résultat acceptable ne me plaît pas du tout. Toutes les autres sont négatives.

  Derrière moi, Edward gronda.

- Moi non plus ça ne me plaît pas, râla-t-il.

- Tu préfères quoi ? demanda sa sœur. La deuxième option ?

- Vous allez nous les dire ou pas ces options ? intervint Emmett.

- Mais deux minutes, s'agaça la voyante. Je n'arrive pas à me concentrer si vous ne faites que me parler. Bon, les voici. Dans tous les cas, on rejoint le reste du clan dans la salle de réunion habituelle. Tous seront présents, je précise. Alma, ensuite, tout repose sur toi. Aro va tous nous lire sans exception, surtout Edward et moi comme d'habitude. Le problème, c'est que ton don va le faire bugger. Et c'est là que je dis que tout repose sur toi. Tu ne nous empêches pas d'être lus s'il te plaît, parce que dans chaque vision que j'aie, tu t'interposes et ça part mal.

- Super sympa merci, ironisai-je. Pourquoi dans tes visions mon don le fait bugger?

- Parce qu'il est inconnu, encore jamais vu et totalement en sommeil chez toi, expliqua-t-elle. Les phénomènes inexpliqués que tu as indiquent seulement qu'il va se réveiller bientôt. Quand, comment, où, pourquoi, je ne sais pas. Je sais simplement que ça va être brutal, mais ce n'est pas le sujet. C'est surtout le fait que ton don soit inconnu qui va faire bugger tout le monde, pas seulement Aro.

- S'te plaît Alice dis-moi que mon don ne se manifestera pas quand on sera là-bas, suppliai-je.

- Là est le problème, je n'en sais rien. En tout cas, comme ton don aura attiré l'attention, les charges contre nous seront aussitôt levées. Mais, on arrivera à la partie qui me déplaît le plus : tu te feras lire. Or, le don d'Aro est tellement puissant que s'il te lit, il pourrait, je dis bien pourrait, déclencher ton don sans le vouloir.

- Hein, quoi ? demandai-je. C'est quoi ce bazar ? Je croyais qu'il était télépathe pas déclencheur de don.

- Ça n'existe pas les déclencheurs de capacité, me rassura Carlisle. Ce n'est pas sa faculté qui serait capable de réveiller la tienne, mais simplement le contact entre deux forces importantes : la sienne, entièrement réveillée, et la tienne, en sommeil mais déjà très présente. Une espèce de fusion se produirait et tes capacités s'ouvriraient.

- Le seul problème, ajouta Alice, c'est que cette ouverture, si elle se produit, aurait un effet inconnu sur vous deux.

  Décidément, depuis que j'avais fui de chez moi, j'enchaînai les galères : trois pertes de connaissance, deux révélations chocs, une arrestation et, à venir, une confrontation difficile.

- Alice, demanda Esmé, est-ce que cette fusion se produira ?

- Malheureusement à ce moment-là, tout devient brouillon et je suis perdue. Cela dépend de trop de choses pour que je puisse y voir clair. Donc, je n'en sais rien.

- Est-ce que ce genre de fusion s'est déjà produite ? m'interrogeai-je.

- J'ai été confrontée à Aro étant humaine, raconta Bella. Il a tenté de me lire. Jane a essayé aussi d'utiliser son don sur moi. Il n'y a pas eu de fusion, pourtant les deux ont une énergie élevée. Je dis ça car le terme « force » ne convient pas selon moi. Ce n’est pas physique, mais mentale.

- Mon amour, chez toi, ton don était réveillé, expliqua Edward. Il n'y avait donc aucun risque. C'est aussi pour ça que je ne t'en ai pas parlé. Alma, par contre, rien n'est sûr.

- Quelle est la probabilité que cette fusion ait lieu ? demandai-je, inquiète.

  À l'unisson, Carlisle, Edward et Alice répondirent :

- Très élevée.

  J'assimilai la réponse puis osai une nouvelle question, plus cruciale encore :

- Peut-il y avoir un risque grave ?

  Carlisle hésita, puis dit :

- Il y en a, oui.

  Après un court silence, il ajouta ce que j'aurais bien aimé ne jamais entendre :

- Le plus grave est la perte partielle ou totale d'un don, voire même, quand la fusion échoue, d'une des deux âmes.

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