L'éveil

Chapitre 7 : Explications

1395 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 18/04/2026 21:06

Je courus jusqu'à regagner le jardin des Cullen. J'avais l'impression de ne plus contrôler mon corps. Mes jambes bougèrent toutes seules, ma main se leva sans que je ne le lui ai demandé et je frappai à la baie vitrée sans m'arrêter, même quand j'entendis crier :

- J'arrive ! Patience Alma !

  La porte s'ouvrit et je manquai de percuter Alice de plein fouet.

- Oh, Alma, stop ! Arrête de courir. Tout va bien.

- Non, criai-je. Appelle Carlisle.

  Moi-même je ne comprenais pas les raisons de ma panique. C'était dire à quel point mon self-contrôle était inexistant.

- J'arrive, cria le médecin depuis là-haut.

- Edward, Jasper, tout le monde, descendez aussi ! ajouta Alice.

  Le reste de la famille arriva de toutes les directions. Je remarquai aussitôt qu'ils avaient tous l'air paniqués. Cela parvint aussitôt à me faire reprendre mes esprits.

- Tout va bien ? demanda Carlisle.

- Ben, je ne sais pas trop, avouai-je.

  Je leur racontai alors ma sortie, ma rencontre et cette intuition bizarre qui m'avait faite paniquer. En même temps que je déroulais mon récit, j'observai les occupants de la ^pièce. À la mention de ma rencontre, toutes les personnes présentes s'étaient redressées, à l'écoute.

- Tu peux nous décrire cette personne ? demanda Esmé, sur un ton qui indiquait clairement qu'elle était stressée.

  Je ne comprenais pas du tout la raison de cette inquiétude, qui selon moi n'avait pas lieu d'être. À présent que j'avais totalement retrouvé le contrôle de moi-même, ce qui m'était arrivé me paraissait normal. Les bois appartenaient à tout le monde : croiser quelqu'un était donc tout à fait anodin. Enfin, selon mon point de vue. Mais en voyant la tête d'Esmé, je compris que quelque chose clochait. Alors, je me lançai dans la description de l'individu, puis je rapportai le bref dialogue que nous avions entretenu. Quand j'eus fini, ce fut d'abord un gros blanc qui accueillit mon histoire. Puis :

- Mais ce n’est pas possible, s'énerva Edward. Si je me souviens bien, Carlisle, tu as expressément demandé à ce qu'aucun membre de leur clan ne vienne dans le coin, afin de préserver notre anonymat. Je ne comprends pas là.

- Oui, et en plus, ils ont accepté, ajouta le médecin.

- Peut-être qu'on se trompe, hasarda Alice. Ce n'est peut-être pas lui.

- Pourtant la description concorde, déclara Jasper, qui avait commencé à faire les cents pas.

- Ça fait un an maintenant qu'on leur a prouvé que nous n'avions rien à nous reprocher, soupira Emmett. Que viendraient-ils faire par ici ? Je suis d'accord avec Alice, on doit se tromper.

- Excusez-moi, demandai-je, vous parlez de qui ?

- Pardon Alma, on a oublié de t'expliquer, s'excusa Carlisle.

  Il me fit signe de le rejoindre. Je m'exécutai et m'assis sur le canapé.

- Dans notre monde, commença-t-il, il y a une règle très importante, qui en englobe plusieurs autres. Nous sommes dans l'obligation de garder le secret, de ne rien dire à personne sur ce que nous sommes. Pour nous protéger, une famille importante s'assure du bon respect de cette règle.

- Et du coup, vous pensez que cet homme était un de leurs membres ? demandai-je.

- Pas exactement, expliqua Alice. Les membres de la famille à proprement parlé restent cloîtrer chez eux la plupart du temps. Ils ne sortent qu'à de rares occasions. Ils sont sous étroite surveillance : un groupe de vampires assurent leur sécurité en permanence. Ils ont à peu près tous des dons plus forts les uns que les autres.

- Des dons ?

- Oui, poursuivis Edward, prenant le relais. Certains d'entre nous ont des pouvoirs particuliers : la prédiction de l'avenir pour Alice, le contrôle des émotions pour Jasper ou encore la lecture des pensées, pour moi.

- Et eux ? questionnai-je.

- Cela dépend, déclara Carlisle. Deux en particulier sont à craindre plus que les autres. L'une peut créer une illusion de douleur en te regardant, l'autre te prive de toutes sensations.

  Houlà ! Ça ne rigolait pas.

- Et l'homme qui est venu nous voir, c'est un des deux ? questionnai-je, un peu inquiète.

- Pas de panique, Alma ! me rassura Jasper. D'abord, non, ce n'est pas un des deux. De plus, lui n'a pas de don. Ensuite, il n'y a pas de raison qui nécessiterait un déplacement jusqu'ici.

- Parce qu'ils ne vivent pas ici ?

- Non, ils siègent en Italie.

- Qu'est-ce qu'ils viennent faire ici alors ? questionna Rosalie. Ce n'est pas cohérent. Nous n'avons rien fait.

- Pourquoi vous auriez forcément fait quelque chose ? ajoutai-je.

- Ils ne viennent jamais sans raison, déclara Esmé. Normalement, ils restent là où ils sont. C'est seulement en cas d'infraction de la règle qu'ils se déplacent. Donc en effet, ce n'est pas cohérent.

- Un instant, coupa Alice. On n'a pas rien fait justement. On a mis Alma au courant de notre secret, d'une. De deux, elle a un don encore jamais vu chez nous.

- Alice, je te coupe, intervins Bella. Ton raisonnement tient la route, mais comment seraient-ils au courant ? Pour Renesmée, quelqu'un était parti nous accuser. Mais là, je ne vois pas qui. Nous ne sommes en conflit avec personne. Et puis la dernière fois, la confrontation s'est terminée de manière positive...

- Seulement lorsque Nahuel et Huilen ont débarqué.

  Tout le monde tourna la tête vers Renesmée.

- J'ai dit une bêtise ? demanda la petite, perturbée d'être soudain au centre de l'attention. C'est Nahuel et Huilen qui ont réussi à convaincre Aro de voter ...

- Si, mais nous n'avions pas pensé à ce détail, l'interrompis Alice. Merci du rappel.

  Je me plongeai dans mes pensées. Je n'avais pas songé que la révélation de Carlisle ainsi que mon don me mettaient autant en danger. Les notions de confrontation, d'accusation et de vote mentionnées par Alice et Renesmée m'inquiétaient particulièrement.

- Je ne comprends pas, dis-je alors. Je vais devoir convaincre une personne que je peux garder le secret ?

- Non, ce serait trop facile, soupira Emmett, soudain sérieux. Ça serait bien, mais ... voilà, ça ne marche pas comme ça.

- À la base, expliqua Carlisle, te révéler ce secret m'est formellement interdit, comme pour tout le monde. Une fois, quelqu'un avec qui nous étions en conflit, nous a accusé d'avoir commis une infraction grave. Bien entendu, c'était faux. Mais absolument tout le clan, j'entends la famille plus leurs gardes, s'est déplacé. La confrontation a été serrée. Au moment où nous pensions qu'il n'y avait plus d'espoir, la chance a tourné de notre côté. Grâce à des preuves concrètes qui ont démontré notre innocence, nous avons réussi à convaincre le dirigeant du clan de décider d'un verdict en notre faveur. Nous avons été disculpés.

- C'était ce qu'évoquait Renesmée ? demandai-je.

- Ouais, acquiesça-t-elle.

- Mais, commençai-je, me décidant enfin à poser une question qui me turlupinait. Que se passe-t-il si on est reconnu coupable ?

- Là est le réel problème, déclara Carlisle très bas. Pour ceux qui ont des dons, ils sont graciés et intégrés parmi eux. Pour les autres ...

  Il ne finit pas sa phrase, mais le sous-entendu était clair. Un silence lourd tomba sur l'assemblée. Je mesurai à présent l'importance de ce qui venait d'arriver. Jasper le brisa en se levant et en s'exclamant :

- Arrêtons de nous inquiéter. Si ça se trouve, c'est juste un vampire qui a la même apparence que Félix sans être lui. Détendons-nous, ce n'est sûrement rien. Tout de même, ne passons pas ce détail sous-silence !

  Alors qu'on s'apprêtait à reprendre une conversation normale, c'est-à-dire sans once de panique, quelqu'un frappa à la porte. Comme hier, Esmé partit ouvrir. Lorsqu'elle revint vers nous, elle était suivie par deux personnes : une femme et un homme, celui que j'avais rencontré.

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