L'éveil

Chapitre 6 : La conversation

1961 mots, Catégorie: G

Dernière mise à jour 04/03/2026 18:07

Ma nuit fut courte et intense. Mes rêves étaient brouillés, mon sommeil entrecoupé de réveils réguliers. À chaque fois, je finissais par me rendormir sans aucun souvenir de ces périodes. Quand j'ouvris les yeux, ce matin-là, je ne reconnus pas tout de suite la pièce dans laquelle je me trouvais. Les bibliothèques, la pinacothèque et le bureau chargé de papiers et de livres ne me disaient rien. Je rappelai à moi mes souvenirs embrumés de la veille : ma fuite, mon réveil, ma rencontre, la révélation... Je compris alors où j'étais et pourquoi. Afin d'être au calme et confortablement installée, Carlisle m'avait invité à dormir dans son bureau, le temps que je prenne mes marques.

- Tu y étais hier à ton réveil, avait-il dit. Demain, tu le reconnaîtras et tu seras moins perdue.

  J'avais acquiescé, toujours un peu secouée par la révélation qu'il m'avait faite et par la décision que j'avais prise. Encore ce matin, j'avais un peu de mal à admettre que je me trouvais dans une famille... euh pardon, un clan, constitué uniquement de vampires, donc de créatures surnaturelles.

  Trois coups à la porte me tirèrent de ma rêverie. Sachant pertinemment qu'on m'entendrait, je marmonnai :

- Entrez !

  La porte s'ouvrit et Carlisle entra. À quelques pas derrière lui, je reconnus Renesmée, et encore derrière, Bella. Je me rendis compte que je parvenais déjà à mémoriser pas mal de prénoms et cela me réjouit.

- Bonjour Alma, comment te sens-tu ce matin ? me salua le médecin.

- Je vais bien, répondis-je. Mieux qu'hier.

- C'est bien. Pouvons-nous entrer ou te dérangeons-nous ?

  Je regardai mon poignet pour consulter l'heure mais m'aperçus que j'avais perdu ma montre. Elle avait dû tomber dans la forêt hier.

- Neuf heures, m'informa Carlisle. Tu as dormi toute la nuit.

- Entrez si vous voulez, dis-je.

  Je m'assis tandis que les trois franchissaient le seuil et refermaient la porte.

- Bonjour Alma, me salua Bella. Contente de voir que tu vas bien.

- Merci, et toi, ça va ?

  La jeune femme acquiesça et rejoignis sa fille.

- Nous sommes venues ici afin que Renesmée connaisse mieux l'histoire de Carlisle en se repérant avec les tableaux, expliqua-t-elle.

- Ah, c'est ça ces tableaux ? compris-je.

- Oui, rigola Carlisle. J'ai des choses à faire, alors je les accompagne.

- Ma professeur de Français m'a dit, « qui de mieux pour raconter une histoire gue celui ou celle qui l'a vécue », déclarai-je, me souvenant de ma prof principale en 5ème.

- C'est également pour ça que je les accompagne, confirma-t-il.

  Je souris. Les deux filles se tournèrent vers le mur de tableaux, celui correspondant à la porte qu'elles venaient de franchir. Elles commencèrent leur exploration, Renesmée observant les tableaux, Bella et Carlisle commentant chaque dessin pour les replacer dans leur contexte, raconter une anecdote ou détailler une rencontre. La conversation allait trop vite pour que je puisse correctement la suivre. Je finis par me tourner vers Carlisle.

  « Je peux sortir », mimai-je.

  Le médecin fit signe aux filles d'ouvrir la porte. Je quittais le bureau quand Carlisle me rappela :

- N'hésite pas à explorer. Prends tes marques.

- Merci, m'exclamai-je avant que la porte ne claque.

  Je gagnai le couloir principal et me dirigeai dans la direction opposée à l'escalier. J'atteignais presque la première porte quand elle s'ouvrit sur Alice et Jasper. Je stoppai net avant de les percuter.

- Alma ! se réjouit Alice. Comment vas-tu ?

- Bien, rigolai-je. Et vous ?

- Ça va, déclara Jasper. Où vas-tu ?

- Je suis les conseils de Carlisle et je prends mes marques, répondis-je.

- Bonne visite alors, m'encouragea Alice. Mais, ne t'étonne pas si tu ne croises pas Emmett et Rosalie, ils sont de sortie.

- D'accord, merci.

  Je poursuivis mon chemin le long du couloir. Apercevant une porte ouverte au bout, je me dirigeai vers celle-ci.

- Alma ?

  Je me figeai et pivotai à gauche pour tomber sur Edward.

- Tu m'as fait peur, toi, le réprimandai-je gentiment.

  Il sourit.

- Tu vas où ?

- J'explore. C'est quoi là-bas ?

- Ma chambre, rien d'intéressant. Tu as besoin d'aide ?

- Non, ça va aller, merci. Je vais m'en sortir je pense.

- Tu ne croiseras pas...

- Rosalie et Emmett, je sais. Alice me l'a dit, déclarai-je. Pas grave, je ne cherche personne en particulier.

  Je repartis dans l'autre sens et lui me suivit jusqu'à l'escalier ou nous nous séparâmes. Je me dirigeai vers la dernière porte de l'étage. Je n'entendis aucun bruit, en conclus donc que le ou la propriétaire était absent. Soudain, le battant s'ouvrit et Esmé parut dans l'embrasure. Je lui assurai que j'allais bien et lui expliquai ce que je faisais. Puis, je retournai dans la direction du bureau de Carlisle.

  Je m'apprêtais à y entrer, quand j'entendis des voix provenant de l'intérieur. Alice et Edward discutaient avec le médecin. Tendant l'oreille, je réussis à capter ce qui se disait.

- Comment va-t-elle réagir quand nous le lui apprendrons ? demanda Edward.

- Je ne sais pas, répondit Alice. Qu'a-t-elle fait quand tu lui as appris notre existence ?

- Au début, je voyais bien qu'elle avait peur. Mais j'ai réussi à la rassurer je pense, expliqua Carlisle. Mais, je crois que même si cette révélation est perturbante, il fut qu'elle l'apprenne. Un don aussi fort, ça ne s'ignore pas.

- Carlisle, enfin, intervint Alice. Ça ne la mettrait que plus en danger. Humaine, au courant du secret, et maintenant médium avancée ? Comment penses-tu que ça réagira en Italie ?

  Je ne compris pas le point commun entre moi et l'Italie mais décidai de passer le détail sous silence. Un autre m'avait beaucoup plus intriguée. Alice me définissait comme médium avancée ? À moins qu'ils parlent d'une autre fille comme moi. Mais les paroles suivantes, prononcées par Edward, me détrompèrent aussitôt :

- C'est trop risqué, Carlisle. Alma a déjà suffisamment de choses à gérer avec ce que tu lui as dit hier, sa fuite et le choc qu'elle a eu de devoir quitter ses parents.

  Je me retins d'ouvrir la porte à la volée et de leur crier de me dire ce qui se passait. Apprendre que la révélation de Carlisle me mettait en danger m'avait déjà perturbée. Mais apprendre que quelque chose en moi que je ne connaissais pas augmentait cette insécurité me plongeait dans un état profond de panique. Alors, je comptai silencieusement jusqu'à trois, levai la main et...

- Entre Alma, cria Alice avant que j'ai le temss de frapper.

  Je poussai la porte, entrai et la laissai claquer derrière moi. Je croisai mes mains devant moi et demandai d'un ton ferme :

- Que ne m'avez-vous pas dit ?

- De quoi parles-tu ? questionna Edward.

- Ne fais pas ton monsieur j'en sais rien. tu sais parfaitement de quoi je veux parler.

  Puis, m'adressant aux trois, j'ajoutai :

- J'ai tout entendu. Je sais que la révélation que m'a faite Carlisle me met en danger. Je sais qu'Alice me définit comme médium avancée. Je sais que pour une raison que j'ignore, j'ai un lien avec je ne sais quoi en Italie ou quelque chose comme ça. Le problème, c'est que je ne vois pas comment vu que je ne suis jamais allée là-bas.

  J'interrompis ma tirade pour reprendre mon souffle et attendis une réaction de mon auditoire. Enfin, alice prit la parole.

- Ton malaise, Alma. Tous ces phénomènes que tu vis. Ça ne peut être que le signe que tu es une médium avancée. Tes capacités, bien qu'en sommeil, sont là. Elles vont se réveiller petit à petit.

- Ce n'est pas vrai, assénai-je.

  Mon esprit cartésien venait brusquement de reprendre le dessus. Tout ce que je vivais ne pouvait pas êsre réel. Carlisle s'avança vers moi.

- Alma, passe ta vie en revue. Repense à tout dans l'ordre si tu peux. Puis, considère chacune des révélations.

  Je m'empressai de faire le point, repassant chaque phénomène, chaque événement étrange, chaque moment où je ne contrôlais rien, en revue. Puis, je me mis dans la peau de la fille qui connaissait la vérité et tout devint plus clair. Tous les blancs de ma vie se remplirent. Je compris que les trois ne me mentaient pas. Alors, j'inspirai et murmurai :

- Vous avez raison.

  La peur m'emplit. Je refusai de poser une nouvelle question. Il fallait que je prenne l'air, que j'aille dehors, que je quitte cette pièce. Je pivotai sur moi-même et me dirigeai vers la porte. Je dévalai l'esclier, traversai le salon, ouvris la baie vitrée et sortis. Dès que je fus dehors, la pression sur moi diminua. Derrière moi, j'entendis les pas des trois autres. Qu'ils me suivent ne me dérangeait pas.

- Laissons-la respirer, entendis-je. Elle a besoin de tranquilité.

- Merci, murmurai-je en sachant qu'ils m'entendraient.

- On te voit au cas où, m'informa Alice.

  Je me dirigeai vers la forêt, de l'autre côté du jardin. La neige n'avait toujours pas fondu. Il faisait un froid de canard. Je resserrai mon manteau et commençai ma balade. Je ne courus pas cette fois-ci. Je marchai à un rythme lent, contemplant la nature autour de moi. Tout en marchant, je pris des points de repère afin de ne pas me perdre.

  Être à l'extérieur était apaisant. La forêt ne me paraissait pas très hostile tant que je ne quittais pas le sentier et gardais la maison en vue. Jepoursuivais ma marche quand mon regard fut attirée par quelque chose. Tournant la tête, j'aperçus une forme humaine à quelques mètres. Un randonneur égaré, sûrement.

  Je m'approchai discrètement. La personne était beaucoup plus grande que moi et me rappela aussitôt Emmett. Je faillis l'appeler avant de m'apercevoir que ce n'était pas lui. Quand j'avais avancé, la silhouette s'était retournée. Aussi pâle que les membres de la famille Cullen, elle ne portait pas du tout l'expression joviale d'Emmett. La sienne était dure, froide, oppressante. Je me figeai sur place, telle une statue. Baissant les yeux, je vis que la personne était quasi dissimulée sous un long manteau qui permettait juste de s'apercevoir de sa présence. Je compris donc que ce n'était ni un randonneur égaré, ni Emmett, ni un quelconque membre de la famille Cullen. Je restai immobile, regardant droit devant moi. La personne ne bougeait toujours pas. Une question me brûlait la langue. Je finis par la poser, timidement :

- Excusez-moi, vous êtes perdu ? Vous attendez quelqu'un ?

- Non, répondit fermement mon interlocuteur. Je ne suis pas perdu et je n'attends personne.

  J'eus alors la forte intuition que je devais m'éloigner et tout rapporter à la famille de Carlisle. Je fis donc demi-tour, m'éloignai sans regarder en arrière. Dès que je fus assurée que la personne ne me verrait plus, je partis en courant.

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