Le prix de la gloire

Chapitre 5 : Lui

1309 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 24/12/2025 00:46

Je ne voulais pas le revoir…sauf que tout est revenu. Ses baisers, sa voix, sa présence. Pourtant il est le seul qui peut me faire accéder à ce que je désire. Et je ne veux pas me décider au risque de paraitre faible devant Roberto ! Je me suis promis d’aller jusqu’au bout et j’irais !


— J’ai donné ma parole, si je renonce, il va me fermer les portes !


Je me parle à moi-même tout en me savonnant vigoureusement. Il rôde en moi, partout et je suis une idiote ! Alvaro a toujours tourné autours de moi. Un pervers, un calculateur auquel je n’ai jamais su dire non.


« 

Marta ? J’ai quelque chose pour toi.

— Ils m’attendent Alvaro.

— Je leur ai dit à tes parents que je te dépose moi après un dernier enregistrement.


Je tremble dès qu’il referme par le verrou son bureau. Les mains croisés, la tête baissée, je l’observe tirer les volets roulants, allumé sa petite lampe et s’installer heureux.


— Ne sois pas timide, approche, tu n’as pas le luxe de choisir. Tu as dix sept ans aujourd’hui, tu es une magnifique jeune femme qui a pris ses responsabilités. Je t’ai sauvé de ta connerie, je suis toujours dans l’exigence d’un remerciement quotidien. »


Alors, je suis allée par peur. J’aurais pu fuir et pourtant, je savais que si je le dénonçais « Tu sais ma chérie, personne ne va croire qu’on sort ensemble. Pourtant, si tu prends le risque de nuire à ma réputation, j’annoncerais à tes proches la vérité. Tes parents savent que tu passes beaucoup de temps pour ta carrière, ils auront deviné sans doute que tu me dis tout. Erwan et Melissa, aimeront bien que tu te dénonces »


Jamais ! C’est trop tard de tout manière ! Pardon mes potes de vous avoir tués ! C’était pourtant génial de prendre la route sans permis, boire, fumer ! Je vous ai tué et pire…me suis fourré chez Alvaro. Ok, ce n’était surtout pas loin.

« 


Tu as pris le volant et tué deux amis ! Tu espérais quoi en venant me voir ?


Il est en colère et je comprends. Je suis dans sa chambre, près de la fenêtre en larme, le front un peu en sang et l’esprit embrouillé. Il me force à le regarder :


— Tu as seize ans Marta ! Que savent tes parents ?!

— Ils savent que…j’ai fugué…

— Tu as vraiment un besoin de cadre toi ! Tu as pensé à ta carrière ?! Imagines que tu sois très connu, le moindre scandale passé va t’entaché !

— Désoler…

— Désolé ! Tu dois t’excuser à tes amis ! Tu as besoin de correction toi ! « 


Il m’a pris pour me poser sur le lit et me fouetter. Je n’ai rien su dire paralyser et c’est là qu’il a scellé son emprise. Un secret contre un autre. Le prix à payer pour survivre…Il a attendu ce moment là pour consommer entre douceur et violence.

Durant un an, il a continué à me montrer un cadre et obliger de tout lui dire, positif ou négatif. Et quand j’ai coupé le contrat pour l’école, il ne m’a jamais plus parlé. Je suppose que je lui ai manqué et qu’il voulait prouver que je n’allais jamais réussir à être ballerine.

Maintenant, faut que je ne lâche rien. Faire face, faire bonne figure devant mes proches, Adela et Roberto. Même la bande ne savent pas que je suis à l’origine du drame et le jour où tout ça sort, je serais isolée…En même temps, je mérite tout ce qui m’arrive avec mes milles décisions mauvaises ! De rage, je me cogne en larme contre le miroir et je me suis blessée. Je n’arrive plus à réfléchir pour m’écrouler seule contre le lavabo.


— Marta ?

— Je vais bien Roberto…

— Tu pleures et tu as des égratignures, non, tu ne vas pas bien. Je suis la, ma belle, je t’écoute.


Je ne voulais rencontrer personne surtout pas lui. Pourtant, je dois reconnaitre que sa tendresse, sa présence, son amour me réchauffe. Il m’embrasse et sèche mes joues comme si j’étais une enfant. Je lui souris :


— Merci mon cœur, ça va passer.

— Ta colère doit être d’une telle ampleur pour que ce miroir en subisse les conséquences.

— Je…c’est compliqué. Promis, je te dirais le moment venu.

— J’espère. En tout cas, dis-toi que ça s’est du passé, tu es forte.

— Merci mon amour et oui, c’est…du passé. Tu es venu pour quoi ? Je vais finir de me rhabiller.


Il ferme derrière lui pendant que je remets de mes émotions. « Tu as besoin de moi Marta. Tu adores avoir un cadre, suivre des règles et tu gonfles de joie quand on t’admire. Moi, je t’aime Marta. Moi, je suis fidèle, je ne te lâcherais jamais même quand tu chutes »


La bête revient dans les fissures. Je me retourne une seconde fois en panique, c’est que le mur derrière moi.


— Non ma belle, j’ai bien fait de venir, tu sais, j’ai vu que tu étais étrange depuis hier soir. Tu as fait quoi ?


Mon souffle est court et je me raccroche à lui. Je commence à ne plus le percevoir, je tombe dans les pommes. Mon réveil se passe à l’infirmerie sous…l’œil de ma sœur !


— Roberto est en cours, j’ai pris le relais pour cette deuxième heure. Tu n’as rien avalé toi, que ce passe t-il ? C’est la pression de la pièce de théâtre pour le dix décembre ?


J’ai soudainement froid puis un peu chaud. Sa main, son inquiétude maternelle me rappelle la deuxième année avec ma boulimie anorexie. Elle aussi je dois tout lui dire ? Non ! Personne ! Ils vont tous me bourrer de milles avis et j’ai horreur de ça !


— Ne te lève de suite. Continue à te reposer.

— Adela, je peux…juste une baisse de glycémie.

— Je t’ai pris une banane, un gâteau et de l’eau. Tu ne sors pas tant que tu n’as pas au moins mangé ça.


Elle me donne le plateau de force. Je mange et je me rends compte que je n’ai rien mangé effectivement depuis hier midi. Presque vingt-quatre heure, je ne sais pas comment j’ai pu tenir debout !


— Adela…je n’ai rien à dire. C’est juste un passage.

— Et si c’est le concours hein ?

— Je vais bien…


Elle n’est pas dupe, je sais bien que désormais, je serais scruté. Elle va se plaindre à Carmen et avec Roberto, j’aurais trois chiens fous pour aboyer dès que je tombe ! Alvaro lui ne demande rien qu’être au top et si je chute ? Bé, une baffe et on en reparle plus ! En fait, je ne cesserais jamais de penser à lui !


« Si je montre une bonne image, si j’impose surtout des limites, il me lâchera non ? » Je garde ces espoirs jusqu’au fêtes. Vivement par ailleurs de les passer ! Tout va si vite entre ma vie de couple, les répétitions, les cours…besoin de vite souffler.








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