Le prix de la gloire
— Marta, Marta, Marta, un diamant brut qui avait refusé mon offre. Tu es revenu me voir en espérant que vous fasses gagner ?
— Oui, c’est un peu ça. Nick, Eva, Medhi, Tao et Zoé ont accepté de m’accompagner pour rejouer sur scène pour que j’accède plus vite à la gloire, au lieu de perdre une année de plus.
Elle espère vraiment une carte passe partout. Marta ose tout, je ne vais pas, de suite, lui offrir ma réponse. Sa timidité me fait rire, elle a peur de moi alors que c’est d’elle-même. Les mains sur la table, je la fixe pendant de longues minutes. Sa beauté n’a pas changé, quoi que. Non, elle est plus que magnifique.
— L’école ne te satisfait plus ? Tu penses que j’avais raison de croire que tu n’étais pas faite pour ce moule ?
— Elle est parfaite ! Très exigeante.
— Pourquoi refuser ton rêve de petite fille ?
— J’ai vu l’affiche et je me suis rappeler que j’avais d’autres dons. L’Opéra me fera oui, une excellente carrière seulement, tant que je suis jeune, je ne veux pas m’enfermer alors que j’ai un besoin sans cesse de briller, d’exprimer tout ce que je ressens. Tu as vu en moi ce que je refuse de montrer aux autres.
— Comment ça ?
— Je réduis mes performances en musique et chant parce que j’ai décidé de démontrer que j’ai la même performance que ma grande sœur Adela. On s’est retrouvé d’ailleurs, elle est prof à l’école.
— Tu es un cas mystérieux tu sais.
— Pourquoi ?
— Tu as toujours le devoir de suivre la même voie qu’elle tout en voulant à tout prix, décider d’autre chose. Tu ne sais jamais ce que tu veux vraiment et je crois, comme tes proches ne t’aident pas vraiment, tu attends de moi que je valide ou non ton projet.
— Ils veulent que mon bonheur, que je ne regrette rien.
— Hum…je ne vais rien décider pour le passage. J’attends de voir, si tu as gardé la même énergie qu’il y a quelques années. Les autres le savent ? Je veux dire, que tu es venu me voir ?
— Non, ils le devinent.
— Non, vraiment, tu es bien particulière toi. Autre chose ?
— Si je gagne, j’aimerais négocier un contrat plus court.
— Et un super cachet aussi ?
Elle est choquée, c’est le but. Elle se croit tout permis. Je me lève pour masser ses épaules. Ça y est, elle devine surtout ce que je veux. Sa mémoire corporelle se réveille.
— Tu es tendu Marta, détend toi. Tu es majeur, en plein doute sur ton avenir. Tu espères qu’un jour, tu as un passe droit au final pour être ballerine ? Tu sautes beaucoup d’étapes, tu demandes surtout pas mal de conditions alors que je n’ai rien dis.
— Je suis revenu m’excuser pour être partit, on s’était quitté en mauvais terme. Au moins, je ne regrette pas d’être l’une des meilleures élèves.
— Une des meilleures. Tu veux être unique et tu te compares.
Je l’embrasse sur la tempe comme on bon vieux temps. Le monde trouverait cela malsain, je suis bien d’accord. Une relation cachée, un détournement de mineur. C’est du passé, elle est là, vingt-trois ans, je peux la reconquérir. Non, je dois ! Elle m’est passé sous le nez, elle est venue présenter sa faute, bien que ce n’est pas la première fois. Je sais, je la ferais gagner mais son avenir sera sous mes conditions.
— Je repère des jeunes uniques, je leurs dévoile un monde merveilleux mais réel. Un succès fulgurant, de l’argent, des dédicaces. Wolfix Music est mon studio indépendant avec surtout un porte feuille plein de noms. Tu aurais pu rentrer plus tôt dans un Opéra si tu n’avais pas refusé.
— De quoi ?! Tu aurais pu me le dire !
Elle se lève, me repousse. Sa panique l’atteint, je là laisse se reprendre. Elle me regarde entre colère et tristesse.
— Fallait deviner.
Ma blague l’a fait vaciller, elle tente de me gifler et calmement, je me saisie de son bras. Elle ne peut lutter contre ma force.
— Je t’ai laissé prendre ta route. Je ne suis pas là à chaque fois pour te donner des réponses Marta ! Tu aurais un contrat juteux et encore ton corps pour aller sur ces parquets de tapettes !
— N’insulte pas ce genre d’artistes ! Lâche-moi !
— Tu veux que je te relâche ? Si oui, je te laisse partir mais ne reviens plus.
— Tu veux quoi à la fin bordel !?
Elle cherche, elle lutte, je dessers un peu et elle s’éloigne de moi. Plus je me rapproche, plus je la colle dans le coin. Mes mains en douceur contre sa douce peau, je la désire depuis tellement longtemps.
— J’ai un petit ami Alvaro…
— Un danseur ?
— Oui…je…je ne comprends pas ce qu’il se passe ! Je suis venu pour qu’on parle et tout reviens comme avant !
— Tu n’as jamais cessé de m’aimer Marta. Tu pourrais mentir autant que tu veux sur chaque dilemme de ta vie, tout ce que tu finis par avoir, c’est me retrouver. J’ai repère ton aura de star bien avant tes parents, ta sœur, cette école de moutons et même ton petit ami.
— Tu veux quoi ?
— Chut Marta, je veux juste reprendre là où on s’était arrêté. Au fond, tu le sais que tu vas donner ta vrai nature sur scène le 8 mai pour que tu gagnes le 8 juin. Tu es fait pour être une star sur chaque parquet.
— Merci Alvaro…
— De rien mais en échange, une fois que tu as dis oui ma chère, je ne te lâcherais plus ! Tu découvriras comment marche les coulisses d’un monde sans répit. Je serais ton garde fou, celui qui te permettra de ne jamais faire de conneries dans ta carrière. Tu es tient à des arènes pleines qui hurle ton nom ?
— Oui Alvaro.
— On va voir si déjà tu me dis la vérité à propos de l’école. Si on cris ton nom, c’est finalement que j’aurais admis une erreur de jugement. File, tu es libre et ho, on se revois que le jour de l’examen. Tu m’écris ? Je ne te répondrais pas.
Elle murmure un dernier merci, je l’embrasse sur le coin des lèvres avant de l’a laissé partir. Une fois seul, je fume mon cigare tout en notant le rendez-vous. Dix jours avant les fêtes de fin d’année pour qu’elle soit enfin venu.
Dès que j’ai vu les quinze candidatures, j’ai relu plusieurs fois celle des Passagers, signé par Marta. Une belle signature déterminée comme sa lettre d’intention. Il lui a fallu des semaines pour m’affronter.
Je sais que je la dominais, que j’étais son mentor. Elle venait souvent se confier à moi plus qu’à ses parents. Elle me faisait confiance et j’espère qu’elle va continuer. De tout façon, son contrat sera professionnel. Je suis exigeant et je ne négocie presque jamais.