Le prix de la gloire

Chapitre 17 : Et les oiseaux chantent

Chapitre final

922 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 26/01/2026 22:43

— Un type est mort en prison, je crois.


Je serre les dents pour éviter de dire une connerie. Deux mois, elle l’a mis du temps pour l’évoquer. Enfin, au fond, je me dois d’innocemment poser des questions pour établir son état. Alors, pendant que dépose mon sac à main à mes pieds, elle change la chaîne.


— Tu peux m’en dire plus ?


Elle continue de fixer l’émission de cuisine avec Gordon Ramsey en rattrapant la télécommande. Ses progrès sont notables bien qu’il en reste énormément. Dès que je suis assise sur l’autre fauteuil, elle tourne lentement la tête de mon côté :


— Tu disais ?

— Tu m’as parlé que tu as entendu quelque part qu’un homme est décédé en prison. J’aimerais savoir plus sur l’affaire.

— Pourquoi ?

— Pour partager même si c’est un sujet particulier et puis, ça reste un jeu de mémoire.

— TV, ce matin, je crois

— C’était une émission ? Ou le journal ?

— Mon nom et une sensation. Car, visage.


Ok, elle l’a bien entendu le sujet tabou. Je ne montre rien qui pourrait lui montrer que j’en sais plus.


— Tu as reconnu quelqu’un ?

— Non j’ai cru.

— Tu veux parler de quoi maintenant ?

— Alvaro, voilà. Il s’appelait et si mon prénom a été dit, j’ai dû rêver.

— De quoi il est mort ?

— Bagarre. Oiseaux ?


Alvaro est bien mort à cause d’une rixe. On n’a pas su plus et on ne le souhaite pas. Tout ce qu’on a eu accès, c’est son carnet scotché sous son bureau qui indiquait toute ses pistes pour s’échapper et récupérer Marta. Le monstre est enfin en fumé et même dans ses souvenirs. Je rebondis à sa demande :


— Qu’entends tu par oiseaux ?

— Parc, veut chercher ceux du livre là, table.


Elle me désigne le bureau à côté la TV. Le guide des oiseaux du jardin vient de la bibliothèque du centre. Nous sommes heureux qu’elle lise. Roberto lui a d’ailleurs laissé dans son placard ainsi que mes parents, d’une pile de revus, petits romans et BD ainsi que ce qui sert pour le coloriage et la peinture.

Depuis quinze jours, elle aborde pas mal la nature. Lors des dernières promenades, elle a essayé de nommer les plantes en comparant avec des photos ou encore chercher le moindre animal, petit ou gros. Je me suis idiote d’avoir posé la question, elle veut sortir.


— Pas de problème.


Elle éteint pendant que je ramène son fauteuil avec une couverture. Même s’il fait chaud dehors, on ne peut plaisanter aves fragilité. Et puis, elle a souvent froid. Avant de quitter, je reprends mes affaires.

Elle s’est rapproché du bureau, pour prend le guide, un petit carnet et un crayon de papier. Je reste ébahis de cette rare planification de A à Z. Je la félicite ce qui lui permet de reprendre confiance en elle. Elle ne réagit pas et je ne permets pas de secondes pour qu’elle passe au moins dix minutes pour l’activité.


C’est fou comme la nature lui procure du bien. Elle est plus apaisée, plus curieuse et je ne sais pas laquelle Marta je préfère. La danseuse me manque or celle actuelle, qui semble née il y a deux mois, je l’aime aussi.

C’est étrange de le penser c’est vrai. Cependant, on est tous d’accord, le fait qu’elle n’a rien comme souvenir des bons comme des mauvais moments, qu’elle nous reconnait car on lui rend visite sans vraiment nous relier au passé…tout ça nous fait imaginer qu’on a un nouveau né.

Ma petite sœur a un monde à redécouvrir et raser les deux ans avant est libérateur. Dans le centre, on a partagé des groupes de paroles pour les soutient des patients atteint de différentes façons pour des causes tout aussi divers.


Ce sont par quelques membres qu’on a adopté ce revirement positif. « Mon père est un bébé et oui, c’est dur de voir qu’il peut parfois avoir des crises, des chutes. Pourtant, je le vois comme du bonheur. On félicite, encourage chaque pas. On ne l’engueule pas s’il recule, on lui dit c’est normal, rien n’est grave. Chaque chose en son temps. L’essentiel même si tu vas l’oublier, c’est que je t’aime papa et ça je te le répèterais à jamais »


La psychologue du groupe a validé cette vision en rappelant des nuances et des conseils aussi pour accompagner. Marta a deux mois, j’ai a chaque fois onze ans et je m’amuse à chasser les pinsons, les rouges-gorges, les nommer et la faire rire.

Une époque révolu donc qui flotte dans mes pupilles pour me souvenir que nous sommes adultes, qu’on doit lui parler normalement, jamais infantiliser bien que c’est dur. J’ai hâte qu’elle sorte du centre pour découvrir encore plus ce qu’il attend dehors. Elle a payé le prix fort pour la gloire or au final, je devine que ça meilleure notoriété sera celle où elle brillera avec elle-même après tout ces années. 

Laisser un commentaire ?