Le prix de la gloire
« On a mal géré, on est fautif aussi Adela. On s’excuse de t’avoir tout mis sur le dos. Et puis, elle t’a choisi, on ne pouvait modifier sa décision. Vivement qu’il soit en taule ! »
« Si ta sœur s’en va…non, je ne peux encore l’imaginer ».
Oui papa, Alvaro a pris perpétuité sans possibilité de sortir. Et oui maman, on ne pouvait ni ne devait y penser surtout lors des six semaines suivant son arrivée, on ne parler déjà d’un état bien plus inquiétant.
Marta est là, dans le lit de ce centre de rééducation neurologique, très amaigrie, pâle, incapable de se mouvoir seule. Elle mange en petite quantité, reste assisté pour beaucoup de gestes.
Elle ne reconnait personne, fixe un point invisible et cela nous brise tous. Huit mois de coma, c’était très long, avec des hauts et des bas. On aimerait lui dire que c’est terminé, que ce type est pour le restant des jours en prison.
Hélas ou bien tant mieux, on nous a dit de ne rien annoncés. Si elle évoque son nom, on ne réagit pas, aucune question et on avise l’équipe médicale. Les priorités restent sa reprise de poids, avec dix kilos au moins à reprendre. Ainsi que sa rééducation physique et neurologique comme la marche, la parole, la mémoire.
Minimum dix mois voir un an. Ça va être encore très long à supporter mais on est unis pour lui redonner une autre vie. Avec mes parents, on a établi un planning validé par l’équipe, pour qu’elle nous voit à la même heure, le même jour et pendant une visite pour le moment très courte à raison de maximum de vingt minutes.
Ma sœur a traversé plus d’événements lourd que moi en onze ans. Elle est là encore forte, vivante. Je l’admire pour sa force intérieur et je sais que peut importe ses possibles séquelles, elle aura du caractère pour trouver une raison de vivre, s’amuser, se battre.
…
Marta, ma Marta. Des mois où je l’ai aperçu différente, droguée, faible à cause de lui. Dès l’appel de sa sœur, j’ai compris que tout allait si vite basculé. Il l’a tué à distance ce salaud !
J’aurais tant aimé fêter la victoire du procès à ses côtés avec Tania et César ainsi que sa famille. Même Carmen serait invité. Je meurs en fait sans elle et je sais que ce n’est absolument pas sa faute si elle avait de la distance.
Je me suis donc mis à louer un appartement, laissé Upa porté la gloire et chercher à travailler pour occuper mes pensées. Au fond, j’ai eu des micros-moments de peine, à deux doigts de la dépression.
« Si elle meurt, je la rejoins au paradis ».
Et là ? Je me reconnecte à sa deuxième renaissance. Elle ne me reconnaît pas, en revanche elle apprécie déjà la première visite de ma part. De simple coloriages type Mandala lui procure du bien.
Dans le lit, avec un soignant, on l’accompagne pour qu’elle tienne le feutre sans trembler. Je m’en fiche si ça donne un résultat d’un enfant de trois ans. Son cerveau à perdu énormément, elle doit réapprendre en douceur à recréer ou consolider des neurones.
Un micro sourire et un profond sommeil, ça me rend heureux. Je m’en fiche de l’avis de mon père qui me disait de l’a quitter. L’amour ne se change pas et je l’aimerais toujours même si elle ne développe pas de sentiment puissant pour moi.
….
Notre fille est remarquable enfin nos filles. On n’a jamais su les gérer, les complimenter. Toujours eu besoin de les juger, de les croire capable d’être rapidement indépendantes. On travaillait, elles étaient sages, disciplinés….
Quoi que, Marta a vite pris du caractère quand sa sœur n’a plus donné de nouvelle. Était-ce un besoin qu’on la remarque plus ? Nous, préoccupé par Adela ? On n’en saura jamais rien.
Comme on ne pouvait imaginer la prédation de ce type agréable, souriant auquel on la confiait pour améliorer ses talents avant qu’il nous l’a ramène. On l’aurait cru notre Marta…En tout cas, il est bien finit pour l’éternité.
Reste à redonner un second souffle à notre dernière. Elle n’a pas conscience de sa capacité à se relevé. Elle accepte toujours de manger les petites portions, d’être accompagné voir le demande pour s’installer mieux dans son lit. On a tous hâte qu’elle commence à remarcher en douceur.
…
Je ne regrette rien. Cette fille a tout gâché et dire qu’elle est alité dans un centre me laisse indifférent. Je l’aime, c’est ma drogue cette déesse, mon projet, ma création et je compte la récupérer le plutôt possible.
En cellule, je dors seul. Et je me donne six mois pour sortir de là, repérer les failles et préparer la suite une fois dehors. Je ne connais pas le nom du centre, je devrais faire attention aussi à ne pas me faire repérer.
Marta, dès que tu seras à moi, impossible pour toi de sortir. Chez moi, j’ai une planque datant de la seconde guerre mondiale, là où on caché les juifs. Marta sera à sa place, logé, nourrit et elle devra chanter, danser pour moi.
….
Adela m’avait prévenu pour sa sœur. Je me suis attachée à elle et j’aurais aimé la revoir. D’ailleurs c’était prévu. Seulement, je n’ai aucun droit de visite en plus, si elle a du mal a reconnaitre ses proches, moi, elle m’a côtoyé encore moins de temps. Si un jour, elle se souvient de moi, alors je serais là. Je suis en tout heureux que ce malade soit punit.