Le prix de la gloire

Chapitre 15 : Perte de contrôle

1107 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 25/01/2026 15:55

Il me manque. Je me suis attachée à Vincent, un calmant. Pourtant, on s’écrit moins car il part souvent vendre. Alors mes journées sont ennuyeuses. Dehors me manque car j’ai appris à redevenir moi…ou une illusion.

Je n’en veux pas à Adela de m’avoir récupérer car en fait, ce qui me manquait, c’était ma famille, mes habitudes, mes repères pour tenir. En fait, je ne veux pas retomber dans une boucle infernale fait de thérapies, de vérités à éclaircir et lui faire face dans un mois.

Je ne crois pas que j’avais pris le volant, je sais de source sûr qu’il a commencé à m’emprisonner dès mes quatorze ans. Je suis sûr aussi qu’il est un pédophile et qu’il a trouvé une jeune ados en quête de reconnaissance.


Une qui attendait sa sœur avec espérance, une dont l’ambiance familiale a radicalement changé. Une qui buvait les grandes paroles d’un homme bien établis, qui obéissait par honte, par peur, pour espérer quémander avec horreur des compliments.

J’ai bouclé ces années dans mon esprit, me concentrant sur le bonheur, le travail et mes relations. J’ai en fait, horreur de l’abandon, je m’accroche trop vite aux paroles et maintenant, je ne sais plus quel mois nous sommes, qui j’ai vu et qui je suis.


Quoi que, j’arrive bizarrement à modérer ma consommation surtout depuis cette étrange amitié. Antonio ou Jospeh, enfin son proche m’a accueillit avec bienveillance, m’offrant les repas et de quoi lire.

En fait, je crois finalement que ce procès qui me revient soudainement en tête, ne changera rien. Il sera en prison et alors ? Et parler pour quoi ? Il m’a violé, tué de deux mes amis, brisé ma carrière, droguer, frapper et alors ? Est-ce grave ?

Oui évidemment…Pourtant Adela a eu aussi sa carrière brisé à cause d’une chute, remplacé par une rivale, tombé dans les entrailles des substances, de la honte aussi, du rejet par nos parents. Onze longue années avant la renaissance.


Si je suis revenu chez elle, c’est parce que c’est mon miroir. J’aime mes parents, leur soutient, les petits jeux, les discussions de village pour m’ancrer mais ils ne comprennent pas pourquoi j’ai choisi de retourner chez une sœur qui a, au moins trois fois, quitté le navire, me laissait partir.

J’ai besoin d’aide pour juste respirer. Besoin sans doute de reprendre plus en plus contact avec Roberto et les autres. Ils peuvent m’aider aussi. Je veux, pour le moment, une autre renaissance. Je dois fêter cette autre décision, demain, à l’aube, je continuerais à lire, voyager, apprendre, ça m’a canaliser d’espérer une micro-flamme d’études autre que celle qui m’était destinée.


Une heure du mat, je m’en vais dans le salon, pour m’ouvrir le rhum. Deux premiers verres puis mon pochon. Aller, quatre autres puis je prends, j’aligne, je recommence. Ai-je tout pris ? Je le pense fortement, tant pis, c’est ma soirée ! J’en ai pris bien plus !

La boite d’anxiolytique me tend la main. J’ai un doute…je l’ai pris hier ? Tant pis, il ne faut jamais oublier, un ou deux ? Deux, ça ne fait jamais de mal ! L’eau est trop loin, autant finir la bouteille.

Avachis sur le canapé, je me vois sourire pour la première fois. Je touche mon nez, je renifle et je saigne non ? Je me lève trop vite, je titube et m’effondre dans ma chambre non ? J’ai du mal à me relever, je m’imagine nager ou voler. Tout se mélange, un mal de tête va apparaître, je vomis, je bouge un peu, essaye de me relever, je chute. J’ai réussi non ? Ou c’est anormal ? Pourquoi je suis là ?

….

Le réveil fût difficile, pour une rare fois, j’étais plus angoissé pour le spectacle de l’école où il a des grands noms pour repérer des futurs pépites que ma sœur. Car oui, elle semble allait mieux.

Il ne faut pas non plus s’emballer depuis un mois. Elle a encore des TOC et du mal a évoqué ce qui l’a blessé durant mes absences. Pourtant, elle a bien des consommations moindres, plus raisonnables, grâce à l’hypnose et gérer aussi ses gestes compulsives. Elle me parle plus aussi et arrive à sortir.

Cependant, le procès approche à grand vitesse et ça, elle redoute les rendez-vous avec l’avocat et surtout évite le sujet. C’est normal après tout, pour le moment elle tient. En parlant de tenir, je file préparer mon café et ma cigarette du matin en consultant mon téléphone.

C’est jetant un rapide coup d’œil dans le salon que je bloque. Tel une enquêtrice, je remarque tout ce qui est incohérent. La bouteille était pleine la veille, la boite jamais ouverte et Marta si elle consomme, ne laisse pas autant de bazar.

Et puis, je remarque des goutelles de sang sur l’accoudoir, le couloir et ma panique m’emmène dans sa chambre. Elle est blanche, inconsciente, respire à peine et un peu de vomis.


Les minutes sont longues en attendant les secours, je reste à ses côtés pendant qu’elle est en PLS. Malgré la couverture, elle reste glacée tandis que je bouillonne. Je prie pour que ce soit un geste désespérer ! Pas une tentative de…Et puis, la voir enfin prise en charge, me rassure un peu.

Désormais seule, je refume incapable de prendre une décision : appeler mes parents ou prévenir d’abord Carmen ? Plus les secondes filent, plus je me dis : elle va mourir. Qui sait à quelle heure elle a consommé tout cette bombe ? Non, faut que je sache son état. Je file sur place tourner en rond et deux heures plus tard :


« Votre sœur est dans le coma. Nous avons retrouvé des substances dans son organisme. Pour l’instant, son état est grave, mais stable. Les prochaines heures vont être importantes »


Alors, je patiente, je culpabilise avant d’appeler. Ça cassera à coup sûr, même si Marta m’a choisi, je suis bien incapable de la maintenir en vie…

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