Le prix de la gloire

Chapitre 14 : Dans l'ombre de ma soeur

2061 mots, Catégorie: M

Dernière mise à jour 17/01/2026 00:35

« Avez-vous vu cette jeune fille ? »


Des jours, des nuits à arpenter tout les endroits possibles et imaginables pour qu’elle était de passage. Carmen fût difficile à convaincre pour qu’elle me remplace. Mais, je dois réparer cette longue fugue.

Je suis d’ailleurs seule, mes parents m’ont renvoyés dans la gueule, ce qu’ils pensent toujours de moi au fond : « Tu es une incapable ! Tu sais quoi ?! Une fois ta sœur rentrée, tu ne la verras plus jamais ! Interdiction ! « 


Je sais que Marta n’a pas que fuit uniquement à cause de moi. C’est lui qui l’a tué bien avant que je l’abandonne. Et si c’était un test ? Elle veut voir si j’irais toujours la chercher ? Toutes ces questions, cette enquête épuisante qui dure depuis bientôt un mois, la police inefficace car Marta est majeur et mes parents….

Je dors plus vraiment, je rebois, je refume et je reste déterminée à la retrouver. Même si elle me dit de la laisser, je veux au moins une réponse.


— Valentin ? Tu peux me ramener mon pull ? J’ai froid.

— Bien sûr mon anonyme.


Cette voix, je me crispe. Est-ce une hallucination ? La foule est danse dans ce bar de Barcelone. Ma sœur aurait pu aussi bien changer de pays ! D’ailleurs, je viens de penser que je n’ai pas réservé cette fois ci mon hôtel. Tant pis, la voiture fera l’affaire.

En revenant à Marta, je la cherche et j’ai cru voir son ombre avec un jeune homme. Que faire si je lui fais face ? Lui dire que je suis sa grande sœur et que je dois l’a ramener ? Et elle ? Pour le moment, j’endosse mon rôle d’enquêtrice, surveiller, suivre, noter. Faut m’assurer qu’elle soit en sécurité et non sous emprise bis.

Mes pas se frayent un chemin, ça y est. Ma sœur est bien là, plus calme, moins maigre et je crois percevoir un léger rire venant de ce Valentin. Je continue de m’approcher, je me cache finalement derrière eux, sur le canapé, j’ai mon propre cocktail, eux, du coca.


— Val ?

— Je t’écoute.

— On revient quand chez Andros ?

— Aucune idée, en tout cas, il t’apprécie beaucoup. Il a même pensé que nous étions en couple !

— Tu sais, quand je me reposais chez lui, pendant que tu allais vendre, j’ai pensé à tout ce que je voudrais te dire. Ici, dans ce brouillard, c’est le moment de te remercier pour ta confiance. Je me sens bien, moins de TOC, moins d’envie. Pourtant, tu ne sais pas tout. On peut sortir finalement ?


Il accepte après qu’ils ont tout bus. Je fais de même pour vite les retrouver vers la porte de secours. Mon cœur bat énormément.

Ces histoires de ventes, me font penser à du trafic de drogue et bien que je sois soulagée qu’elle se sente mieux, j’ai quand même le désir de me montrer pour qu’elle ne donne pas tout d’elle. Non Adela ! La surprotégée pour rattraper, n’est pas la solution !


— Marta, je ne te forcerais jamais à tout me dire.

— C’est un peu nécessaire que tu saches comment j’en suis arrivé là. Et puis, on a perdu des proches dans un accident donc point commun. Et tu es chic type, tu t’es attachée à moi, me disant de choisir ce que je veux être. Ok, parler de mes traumas est lourd mais, voilà, ma sœur.

— Ta sœur ?


Elle parle de moi avec plus de tristesse. Il la console du mieux qu’il peut. Je vois au fond qu’elle a raison, il n’est pas violent, il est comme Roberto, à l’écoute, sensible. Sinon, si cela était une relation toxique, elle serait battue.


— Il faut que tu rentres lui parler de ta peur. Je n’ai plus de famille moi et si je pouvais les revoir pour leur déballer mon cœur…

— Tu sais, elle a dû laisser tomber de me retrouver.

— Tu es parti parce que tu ne voulais pas aborder ton premier sentiment d’abandon ?

— En partie. L’article, le procès et ça…Ok, je te dirais aussi tout petit à petit. Mais tu vois, je sais qu’elle ne partira plus jamais pourtant, je crois avoir fuit parce que j’ai peur d’affronter mon ancien producteur pour tout ce qu’il m’a fais subir dès mes quatorze ans jusqu’à dix sept et…


Elle déballe tout au final en s’agitant. Il reste à distance jusqu’à qu’elle hurle ses derniers mots déchirant :


— Je ne veux plus affronter milles fois les mêmes souvenirs ! Je ne veux plus être sur scène pour briller alors que je suis éteinte ! Je ne veux plus subir mes parents acteurs qui pardonnent le comportement et le parcours de ma sœur ! Ils n’ont jamais rien assumés ! Je ne veux plus être une fille instable ! Je ne veux qu’une famille unis, en soutient ! Je ne veux que Roberto sans penser que ma santé mentale puisse m’en éloigner ! Je ne veux plus souffrir, plus être en manque, plus être sous médocs ! Je veux juste qu’on me foute la paix une fois qu’il sera condamnée ! Je veux que ma sœur me pardonne à chaque chute, qu’elle me cherche ! J’ai toujours vu en elle une confidente, une aillée, une mère, une sœur, une talentueuse danseuse, un roc, un modèle ! Elle m’a abandonné par une mais deux ! Mais moi, je lui pardonne ! Je ne veux juste pas qu’on me promette l’impossible ! Croire que boucher l’entaille géante puisse me faire aller mieux ! Je veux juste être aspirer à être en paix !


Elle s’arrête net, je me recache bien derrière le mur. Valentin se retourne, ne voit rien et pars lui demander.


— Adela !! Ne fuis pas ! On est pareil toi et moi !


Je ne sais quoi ajouter, émue telle une revenante. Il reste choqué, se dit peut-être qu’il a bu avant ou alors, les miracles existent. Ma sœur est pareil, je ne fais rien d’autre que d’observer quelques secondes avant de tout lui expliquer pour conclure :


— On s’était mal comprise ce soir là. Tu n’étais obligée de rien surtout que ça parlait de moi. Évidemment que tu l’as mal vécu ces onze années de silence. La thérapie à trois c’était aussi pour trouver des solutions pour que je t’accompagne mieux. Tu sais, tu l’as dis, nous somme semblables même dans les addictions, la fuite et nos parents qui ne pigent rien. Moi, je suis là pour l’éternité. J’ai surtout durant cette errance, à la fois, ne pas entachée l’image que tu te faisais de moi mais en plus, ne pas ajouter le poids d’une fracture. Je t’aime ma petite sœur, je t’aime et sache que nos parents ne peuvent pas me refuser te voir, d’être à tes côtés. Ils ont dit par fatigue, il leur fallait un coupable et vu mon passé, le choix était tout tracé.

— Adela…

— Je suis venu pour savoir comment tu allais. Si tu ne veux pas rentrée, c’est ta décision. J’ai conscience que tu consommes parfois, tu cherches à changer d’identité à cause de lui, je comprends. Ton ami, enchanté d’ailleurs, est, de ce que j’ai pu voir dans cette courte heure, quelqu’un de bien. Voilà, je m’en vais si tu n’as plus besoin de ma présence, ma porte sera toujours ouverte.


Elle se jette dans mes bras dès que j’ai reculé d’un millimètre. Ses excuses, ses explications défilent à nouveau et je la calme en séchant ses larmes tout en embrassant son front :


— Chut, rien n’est grave visiblement. Oui, écoutes, tu as fugué aussi la première fois mais c’était plus chaotique. Je ne t’ai jamais vu, c’est étrange de le dire, mais plus apaisé. Une sorte de cure réduite. Deux autres points dont tu peux être fier petite sœur, c’est la confiance accordée, sur le coup en vous écoutant, j’ai pris peur or je sais reconnaitre les bons des mauvais.

— Et le second ?

— En criant enfin ce que tu as sur le cœur. Tu ne l’as pas fais depuis le centre. Ça procure du bien d’hurler ses envies, ses peurs, tout. Tu veux faire quoi maintenant ?


Elle se retourne vers son ami avec un petit sourire. Ce dernier acquiesce, il valide son retour.


— Tu n’as de numéro mais si tu veux, je te l’écris sur un papier et dès que tu auras un moment, on se captera ?

— Je vais te donner de quoi écrire. Et passes chez moi, c’est important pour moi de connaitre son héros, tu l’as changé tu sais, doucement, je le ressens là.

— Je ne suis pas un héros, je suis Valentin, dix neuf ans, vivant chez Andros, un voisin…


Il me parle de sa courte vie et tout honnête, en me serrant la main, il avoue ses petits trafics.


— Marta évolue seule. Je consomme par plaisir et ne l’ai jamais forcé ni dit d’arrêter. Je l’ai pris elle-même, une première et rare amie. J’avoue aussi avoir eu un coup de foudre mais là aussi, jamais forcé. Disons, en résumé, je ne suis personne. Une simple âme qui vend pour vivre et aider un retraité qui lui-même coule sous les billets mais n’a pas changé son mode de vie depuis dix ans. Je voyage, je rencontre, je filtre pour des sans lendemain. Je suis comme ça moi, simple, bon, solitaire et heureux au final, en quête de souvent un truc, mais je ne sais jamais quoi.


Surprise, je lui donne de quoi écrire sur mon carnet de note puis je les laisse entre eux pour qu’ils discutent. Ma cigarette au bec, je m’éloigne jusqu’à la voiture du parking et pleurer une seconde fois. Mes paupières closes, j’imagine le pire : tout ça n’a jamais existé. Un hasard trop beau pour être vrai et pourtant :


— Tu m’as vraiment reconnu ?


Je les ouvre pour me dire que c’est réel. Elle a posé sa main sur ma joue, ça me rappel quand elle était bébé, en besoin de ma présence car nos parents travaillaient beaucoup. J’étais un tout pour elle et je le suis encore :


— Oui, une voix dans la foule. J’ai suivi mon instinct. Tu sais, je suis allée dans tout Madrid plusieurs fois, questionnés, observées et puis je suis là pour ma troisième soirée à Barcelone, mon troisième lieux. Tu es sûr de rentrer ?

— Oui.

— Tu as des affaires ?

— Un vieux sac, il me le ramènera.

— Vous dormez où ?

— Une chambre, je suis fatiguée, on rentre ?

— Je devais aussi réserver une nouvelle chambre car je n’ai pas pu faire la semaine complète. Je vais donc conduire, toi, reposes toi bien. On reparlera de tes aventures quand tu voudras ou pas.

— Encore désolé, je voulais juste…

— L’important c’est qu’on soit réunit, que tu te sentes mieux aussi.


Elle embrasse ma joue et s’installe. Je prends le temps de laisser un court message vocal à Carmen, pour mes parents ont verra plus tard. La route porte conseille comme le sommeil quand je ferais des pauses. Elle prendra avec plaisir un chocolat chaud et un croissant pour reprenne des forces.

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