Soudain, un chien blanc
Chapitre 4 : Partie finale
634 mots, Catégorie: T
Dernière mise à jour 08/12/2025 21:55
Dix ans plus tard...
Comme tous les ans depuis que la Barrière avait été brisée, Papyrus se rendait dans les Souterrains, le 15 septembre. Le squelette traversa en silence la salle du trône, puis se dirigea vers l'ascenseur. Alphys l'avait gardé en activité, juste pour lui, et relié à l'énergie solaire pour être sûr qu'il ne tombe pas en panne.
Papyrus ressortit à l'entrée des Hotlands, là où, dix ans plus tôt, toute son existence avait basculé. Beaucoup de choses avaient changé en dix ans. Il avait perdu un frère, il en avait retrouvé un, similaire, mais différent. Il avait voulu être un garde royal, il était devenu ambassadeur. Il avait raté un contrôle de langues anciennes à l'époque, et, ironiquement, en était devenu l'un de ses garants, et l'un des seuls à encore la protéger. Les choses changeaient.
Mais cette visite, ce pèlerinage une fois par an, lui, ne bougeait pas. Il entra dans le laboratoire d'Alphys, vide, à l'exception d'une machine. De cette satanée machine qui lui avait enlevé son frère, des années plus tôt. Il avait mis du temps à comprendre ce qu'il s'était passé, mais Sans, l'autre Sans, avait fini par recoller les morceaux.
Le docteur Gaster avait voulu voyager dans le temps et l'espace, s'emparer du même pouvoir que Frisk, et Flowey avant lui, possédaient. Il avait envoyé Sans en éclaireur. Quelque chose s'était mal passé, et Sans, son Sans, avait dû être remplacé par un autre, qui lui aussi cherchait à s'enfuir de son univers, pour une raison qu'il ne lui avait jamais vraiment dite.
Chacun son jardin secret.
Papyrus n'avait jamais dit à Sans non plus qu'il venait ici chaque année, ou pire, qu'il avait trouvé un moyen de rallumer la machine, à force de lire et de déchiffrer de vieux croquis qu'il avait retrouvé dans le laboratoire caché sous ses pieds. Il n'avait pas besoin de le savoir. Il avait bien assez sur sa conscience.
Après quelques années, Sans avait abandonné l'idée de rentrer chez lui. Papyrus comprenait, et il le soutenait, quand bien même la décision d'arrêter avait eu un effet sur sa santé mentale. Papyrus l'aimait comme son frère... Mais Sans n'était pas son frère, et l'inverse était vrai également. L'un comme l'autre avait quelqu'un de l'autre côté de cet univers, qui attendait peut-être encore leur retour.
Papyrus ne savait pas comment fonctionnait cette machine. Elle était bien trop compliquée pour lui, même pour ses compétences inégalables en puzzles. Mais... Il espérait que, peut-être, s'il continuait de la garder alimentée, de toucher à tous les boutons et de la dépoussiérer de temps à autre, alors peut-être Sans retrouverait son chemin.
Les chances étaient minimes, et pourtant...
Soudain, un chien blanc.
Papyrus se figea.
— Toi ! Qu'est-ce que tu fais ici ?
Le chien aboya.
— Arrête ça ! Pourquoi est-ce que tu apparais tout le temps quand j'ai des monologues dramatiques dans la tête ? Est-ce que tu peux lire dans les pensées ? Est-ce que tu es omniscient ?
Pour toute réponse, le chien s'approcha de la machine, renifla son angle, puis leva la patte arrière.
— Je t'interdis de faire ça. Je viens de nettoyer à terre.
Le chien, bien sûr, ne l'écouta pas et se soulagea sur les circuits. Il y eut un bip, puis une alarme se mit à rugir dans tout le laboratoire. Papyrus attrapa le chien et le serra contre lui, peu rassuré.
De la machine se dégagea une dense fumée, puis, comme la première fois que Papyrus l'avait vue, la porte coulissa.
Une main s'extirpa de l'intérieur et attrapa le rebord.
Papyrus sourit.
FIN.