Ceux qui brûlent dans la lumière par

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Univers Parallèle / Romance / Fantasy

6 Espoir, foi et lumière

Catégorie: M , 3632 mots
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Espoir, foi et lumière


Ma nuit a été tourmentée par d’horribles cauchemar. Le souvenir de cette créature cauchemardesque n’avait cessé de me pourchasser. C’est alors qu’une douce lumière émergea et le fit disparaître, apaisant mes songes.

La journée fut terriblement calme et quelque peu ennuyeuse. Avec Millie, nous avons joué à un jeu de carte apparemment très populaire ici. J’étais plutôt douée, mais Millie m'a juste rétorqué l’éternelle excuse des perdants : “c’est la chance du débutant“. La voir si contrariée était divertissant.

J’avais passé également une grande partie de mon temps dans la bibliothèque du château à feuilleter tous les livres qui me tombaient sous la main. Lors de mes recherches, je suis tombée sur un bestiaire démoniaque écrit par une certaine “Demisette Cloyce“. J’ai fait quelques découvertes. Il existe d’innombrables espèces de démons ; en parcourant les pages, certaines illustrations de ces monstres tel que les "grangregardes“, mais également les "Mo’args“ m'ont fait resurgir des flashs de mon passé fragmenté. Leur apparence si abjecte me fait tressaillir. J’ai aussi reconnu le démon de ma vision, un “infernal“. Ils proviennent d’un endroit qui se nomme le "néant distordu“, mais j’ai besoin de temps et d’aide pour assimiler toutes ces informations complexe. Quand j’en aurai la possibilité, il faudra que je retourne à la bibliothèque. En cherchant plus, peut-être que je trouverai des informations complémentaires ou même des livres sur la légion Ardente. Il faut que je sache si c’est vraiment eux qui ont attaqués mon monde et pourquoi.

Repenser à tout ça me donne mal à la tête. Je sors prendre l’air sur le balcon de ma chambre. Appuyée sur la rambarde, mon regard se perd sur le lac. Mes pensées commencent à vagabonder vers quelque chose de plus envoûtant. Le visage du Roi se reflète sur sa surface bleutée, son sourire est ensorcelant. Je me noie dans ses yeux d’azur et je sens mon cœur qui s’emballe. À cette heure-ci, il se trouve probablement dans la salle du trône. Je ne sais pas pourquoi, mais au fond de moi, je ressens le besoin d’aller le voir. En courant dans les escaliers, j’ai failli bousculer Millie. Elle crie mon nom, mais je n’y prête guère plus attention que ça. Je me dépêche, obnubilée par l’idée de l’apercevoir. Je pousse alors la porte de bois qui se mets à grincer et me tourne vers le trône malheureusement vide. Je m’appuie contre un des murs de la pièce en contemplant le siège royal, je me demande ou le Roi peut être. En repensant à notre entrevu dans cet endroit paisible… se peut-il qu’il s’y trouve encore ? Sans perdre de temps, je me hâte vers le jardin jusqu’au petit bosquet de haies circulaires. Je m’arrête devant l’entrée et commence à paniquer. Je n’avais pas réfléchi à comment l’aborder ! Angoissée, j’ai subitement envie de retourner sur mes pas. Allons Lynawen, de quoi as-tu peur ?! Ce n’est pas comme si je cherchais Grisetête ! Je prends mon courage à deux mains et entre dans le bosquet, j’ai un rire nerveux incontrôlable quand je remarque que l’endroit et vide. Suis-je bête, me mettre dans un état pareil pour rien au final. C’est surement trop tard pour le voir le Roi. Je marche lentement vers l’arbre tout en essayant de me calmer les nerfs. Alors que je contemple l’écorce abîmée par mes flèches, je sens une main familière sur mon épaule.  

•        Ça risque de devenir une habitude, plaisante alors une voix chaleureuse

Je me retourne, mon cœur s’emballe en voyant le visage rayonnant du Roi. Je sens rougir mes joues, mais j’essaie de le cacher tant bien que mal. Je ne peux m’empêcher de sourire à cette situation ironique.

•        Votre Majesté !? Dis-je en bégayant un peu.

•        Que me vaut ce plaisir ? Me demande alors le Roi souriant.

•        En toute honnêteté, je vous cherchais. Confié-je avant de réfléchir à la hâte pour trouver un sujet de conversation. 

Le Roi lève un sourcil interrogateur. Je maintiens son regard, quand soudainement, j’ai un éclair de génie. Je me souviens d’une conversation avec lui sur la lumière sacrée où il avait été volontairement évasif sur le sujet et où il m’avait fait la promesse de m’en parler davantage. Je me suis mise alors à lui sourire avant de reprendre, un peu plus sur de moi, la conversation.

•        Je me souviens que vous m’avez promis de me parler de la lumière. Exprimé-je avec une voix quelque peu taquine.

•        Il est vrai, vous avez bonne mémoire. Rétorque-il.

Le Roi m’invite à m’asseoir sur le banc. Une fois installer côte à côte, il semble pensif. J’imagine qu'il cherche les mots pour m’expliquer sa magie le plus simplement possible.  

•        La lumière se trouve en chacun de nous. Lors de diverses pratiques, les premiers prêtres entrèrent inconsciemment en communion avec les Naarus, des êtres de lumière pure. Ils nous ont imprégné de cette magie.

•        Vous vénérez donc ces “Naarus“ ? En priant ?

•        C’est plus compliqué que ça. Nous, les humains, voyons plus la lumière comme un guide spirituel, elle est l’incarnation de l’espoir. J’ignore si vous comprenez ce que j’essaye de vous dire.

Je le regarde perplexe. J’essaye vraiment de comprendre mais la lumière c’est quelque chose de tellement abstrait, elle est partout autour de nous sous innombrable forme, comme la lumière du soleil ou celle d’une bougie. Dans mon monde, du moins dans mon royaume, on avait un rite. Chaque année nous faisions des offrandes à Utrion, notre terre mère, pour la remercier de nous loger et nous nourrir. En échange, d’après les croyances dans la famille royale, Utrion nous offrait des yeux d'argent, c’était un signe de noblesse, de grandeur. J’en ai héritée mais ça ne m’a pas réussie. En tout cas, je me demande comment il fait pour canaliser cette énergie.

•        Comment vous faites ? À quoi vous sert la lumière ?

•        En croyant en elle et grâce à cette foi, vous pouvez invoquer la lumière pour soigner les blessures, purifier les malades et réanimer nos soldats pendant les combats. Elle peut aussi servir d'arme pour brûler et purger nos ennemis et c'est particulièrement efficace contre les démons et les non-morts. M’éclaire-alors le Roi.

•        C’est tellement incroyable et terrifiant à la fois. Moi qui pensais que la lumière était seulement salvatrice… Je me sens vraiment idiote… Il y a tant de chose que j’ignore. Mon monde était tout ce que je connaissais, il était si simple… Il me manque tellement. Rétorqué-je, la voix tremblante.

J’enfouis mon visage dans mes mains, je sens les larmes me monter au yeux. Je veux tellement rentrer chez moi, je veux revoir ma forêt bien aimée, me balader sous le feuillage améthyste des arbres de Parme, nager dans le lac de Trancherive, traverser à nouveau les rue de Fortonerre, retourner dans cette taverne où mon oncle et moi nous allions boire des pintes, retourner dans mon château, voir la statue de ma mère… revoir mon père. Mon royaume, mon monde est-il encore debout ? Le reverrai-je jamais ? Je sens les mains du Roi saisir les miennes, le Roi s’avère compréhensif et bienveillant.

•      Votre êtes loin d’être stupide, vous avez su voir son côté bénéfique, mais comme toutes choses il y a du bien et du mal. Je suis vraiment navré mais j’ignore si votre monde est encore connecté à la porte des ténèbres. 

À ces mots, je ne peux m’empêcher d’éclater en un sanglot incontrôlable. Je lui lâche les mains pour recouvrir mon visage à nouveau. Ma respiration se saccade. Sa main réconfortante se pose sur mon épaule. Quand je lève les yeux vers lui, le roi a encore ce regard compatissant et on peut lire sur les traits de son visage qu'il est inquiet. Je le fixe un instant et, sans savoir pourquoi, je me jette dans ses bras en me blottissant contre son torse. Je l’enserre de mes bras, je sens tous les muscles du Roi se raidir, il n’ose pas m’étreindre. J’entends le rythme de son cœur s’accélérer, je finis par sentir des mains hésitantes se glisser dans mon dos, me serrant un peu plus contre lui. Je ne sais pas combien de temps je suis restée comme ça, contre lui, bercée par son torse qui bouge au gré de sa respiration. On finit par s’éloigner l’un de l’autre, je sèche mes larmes à l’aide de la manche de mon manteau, son visage est teinté de rouge.

•        Je suis désolée… Je ne sais pas qui m’as prise… Dis-je, désemparée.

•        Ce… ce n’est rien. Ce qui compte c’est que vous vous sentez mieux.

Un long silence gêné s’installe entre nous, le Roi semble aussi mal à l’aise que moi. Nous n'arrivons plus à soutenir nos regards mutuels. Il faut que je trouve quelque chose pour relancer une conversation et détendre l’atmosphère. Je respire un bon coup avant de me lancer.

•        Quand vous avez dit plus tôt dans la conversation que “La lumière se trouve en chacun de nous“ je me suis dit que rien n’est sûr pour mon cas, je viens d’un monde dénué de magie. Je ne suis pas forcement apte à l’apprendre. Dis-je avec la voix encore étranglée par l’émotion.

Le Roi, étonné que je revienne d’un coup sur notre sujet initial “la lumière“, m’offre un sourire et commence à lentement être plus détendu.

•        Ça ne coûte rien de vérifier, tout est possible avec un peu de foi.

•        Vous croyez que vous pouvez me l’enseigner ? Dis-je alors, curieuse.

Il me fixe avec un air pensif et, avec un peu d'hésitation dans sa voix, accepte finalement ma demande. Savoir que je vais pour la première fois de ma vie apprendre la magie me remonte quelque peu le moral. Pratiquer un art ésotérique, qui l’aurait cru. Je suis sûr que mon cher oncle adorerait ça, mon père, lui, serait fou de rage.

•        Vous savez, je doute que je sois un bon professeur. 

•        Permettez-moi d’en douter. Rétorqué-je.

•        C’est trop aimable.

•        Mais je vous en prie Majesté. Conclus-je en lui prenant les mains.

Nous nous regardons droit dans les yeux, mon cœur s’affole à nouveau dans ma poitrine, alors que ses mains sont moites et j’entrevois ses joues se teinter à nouveaux de rouge. Je lui souris et il me le rend timidement avant de me lâcher les mains et de tourner la tête, gêné. 

•        Retrouvons-nous ici demain soir. Annonce-t-il en évitant mon regard.

•        J’ai hâte d’y être ! dis-je avec un peu plus entrain. Vous me raccompagnez, Sir ?

Il me présente son bras avec galanterie, bras que je m'empresse de saisir. Pendant que nous marchons, j’aime l’idée de savoir que vais apprendre à manier la lumière, mais j’ai quand même une certaine inquiétude envers cette entreprise, et si j'étais incapable de m’en servir ? Tout ça parce que je suis née dans un monde dénué de magie… Cette crainte m’enserre. Inconsciemment je resserre ma poigne sur son bras.

•        Quelque chose vous tracasse ? Me demande alors le Roi.

•        Je suis juste anxieuse à l’idée de ne pas pouvoir utiliser la lumière.

•        Il faudrait être très talentueux pour y arriver du premier coup. Dit-il confiant. Ayez confiance en vous.

Je ne peux m’empêcher de sourire. Le Roi est tellement charmant et d’une telle gentillesse. Comme la fois précédente, je le contemple avec discrétion. Rien que savoir que je vais passer beaucoup de temps avec lui m’enchante grandement. Cette fois ci, il m’accompagne jusqu’à mes appartements, je lui lâche alors le bras. Il me prend timidement la main et y dépose un baiser attentionné. J’ai des frissons qui me parcoure le corps au contact de ses lèvres chaudes sur ma peau. Je rentre dans la chambre et m’affale sur mon lit, totalement charmée. Millie est juste là, assise sur une chaise et me jette un regard inquisiteur que je fais semblant de ne pas voir.

Les jours suivants s’écoulèrent non sans difficulté. Je me suis vite retrouvée face à la réalité, pour pratiquer cette magie si particulière, il faut que j'ai une grande volonté. Hélas, il semble que je n’ai pas assez la foi envers la lumière. En même temps, difficile de croire en une philosophie si étrange, ça me semble absurde. Il va falloir que je me fasse une raison et que j’accepte son existence si un jour je veux manier la lumière. Alors le Roi a transformé son temps libre et mes sessions de magie en leçon de théologie et en visite hebdomadaire à la cathédrale de la lumière, un très bel endroit tout en pierre blanche. Quand on passe l’imposante porte de bois de l’entrée, on se retrouve face à une grande arche avec deux chandeliers dorés de chaque côté. Le sol est recouvert d’un grand tapis bleu et or. Juste en face, un grand mur où le passage se scinde en deux, en l’empruntant on se retrouve dans une grande pièce très large et toute en longueur avec des colonnes surmontées d'arche de chaque côté et à leurs pieds, encore des chandeliers. On croirait presque voir la salle du trône de Fortonerre en plus lumineuse. Au fond, une série de marche recouvertes d’un tapis identique à celui de l’entrée. En haut des marches, un autel avec derrière lui trois vitraux bleu. Il n'y a aucun banc dans la salle pour s’asseoir, pas pratique tout ça. J’en reviens toujours avec un horrible mal de pieds.

Je suis en train de jouer à ce jeu de carte dont je me suis prise d'affection avec Millie, quand on frappe à la porte de mes appartements. Mon amie se lève pour aller ouvrir, c’est le majordome du Roi. Il n’attend pas qu’on l’invite pour entrer. Il se présente à moi en faisant une révérence et m’informe que sa Majesté me convoque immédiatement dans la salle du trône. Millie et moi on s’échange des regards incrédules. Je hausse des épaules en me levant, je suis le majordome en me posant plein de questions. Pourquoi me convoque-il ainsi précipitamment ? Est-ce que j'ai fait quelque chose qui a contrarié son Altesse ? Quand je rentre dans la salle audience, toujours accompagnée du grincement de cette fichu porte, je me place en bas des marches pour lui faire face, comme pour notre première rencontre. Le Roi est appuyé sur le pommeau de son épée, Grisetête est à ses côtés mais je remarque une femme que je n’ai jamais vu à sa droite. C'est une très belle femme aux long cheveux tressés aussi blanc que la neige à l’exception de certaines mèches blondes qui tombent sur son visage. Elle porte une robe à corset blanc, à manche longue et une petite veste très courte bleu. Sur ses épaules, une longue cape de la même couleur, avec des motifs dorés. Un collier en forme ancre. Une seule épaulière qui se trouve sur son épaule droite et qui est maintenue par une lanière de cuir accrochée à sa cape. Sa main droite est recouverte d’un gantelet à griffe alors que sa main gauche n'a qu’un simple gant marron. Une ceinture avec des sacoches fait la jonction avec sa jupe bleue brodée de fioriture dorées, elle est entrouverte devant et on peut entrevoir son pantalon bleu foncé et ses bottes à talon marron aux lacet dorés. Dans son dos, un long bâton avec quatre pointes de métal sinueuse et un cristal bleu lévitant en son centre. Quand son regard se pose sur moi, elle arbore un large sourire.

•        Donc, c’est elle la jeune femme dont tu m’as parlé, Anduin.

•        Sa Majesté ! Grogne alors Grisetête

•        Arrête donc d'aboyer, Genn ! Rétorque-t-elle.

La belle femme se chamaille avec Grisetête, le Roi a l’air de ne plus savoir où donner de la tête, il passe sa main sur son visage désespéré. Je trouve la situation vraiment très amusante.

•        Assez ! Je ne veux plus vous entendre. Monte-t-il le ton subitement. Il pose ensuite son regard sur moi. Je ne vous ai pas encore présentée ma conseillère, Dame Jaina Portvaillant, Archimage de son état.

•        Appelle moi juste Jaina. Me dit-elle souriante. Tu es Lynawen, Anduin est très bavard à ton sujet.

J’ai vu le Roi se crisper sur son trône et j’entends la lame de son épée crisser sur le sol de marbre dès la fin de la taquinerie de Jaina. Je ne peux pas m’empêcher de pouffer de rire, Il racle soudainement sa gorge et reprends la parole.

•        Je ne vous ai pas fait venir ici juste pour vous présenter Jaina. Je ne suis pas le seul à montrer de l’intérêt pour votre situation. Certain Ambassadeurs de l’Alliance souhaitent faire votre connaissance. Annonce le Roi. J’enverrai quelqu’un vous chercher lorsque ça sera le moment. Vous pouvez vous retiré si vous le souhaitez. 

On s’échange un sourire avant de remonter dans mes appartements pour raconter ce qu'il vient de se passer à la pauvre Millie qui n’a pas pu assister à la scène. Mais avant que je ne puisse franchir le seuil de la porte, la voix de Jaina retenti. En me retournant, la femme accoure vers moi, me prends le bras et m’attire dans le jardin intérieur pour discuter avec moi en privé.

•        Pendant notre petite entrevue, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer la couleur si particulière de vos yeux. Ils semblent renfermer le secret de votre affinité magique.

•        Je ne comprends pas ce que vous essayez de me dire, vous savez, mon monde est dénué de magie. Rétorqué-je, confuse.

•        Hmm… apparemment pas tant que ça… Me dit-elle de façon énigmatique.

Avant de pouvoir avoir le temps de répliquer quoi que ce soit, Jaina me laisse en plan, confuse.


Voilà j'espère que vous avez aimé mon chapitre.

J'ai essayé de simplifier le plus possible le sujet la lumière pour pas trop vous perdre.

La lumière est une "religion" vraiment très complexe et si vous voulez en savoir plus dessus n'hésitez pas à me demander.

Sur ce, vous pouvez me laisser un commentaire ^^

Anu belore dala'na


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